14656365_10154566465044326_4389821742396691543_nIl est deux réalités auxquelles je tiens, ma fidélité à l’homme politique courageux sincère, honnête, cultivé et visionnaire, découvert dans l’un de ses engagements difficiles  il y a 26 ans déjà, Jean-Luc Mélenchon et mon engagement pour un parti dans lequel je l’ai rejoint avec enthousiasme, en retrouvant l’ardeur militante de mes premiers combats des années 60, le Parti de Gauche.

Quoi qu’il arrive je ne faillirai pas au soutien dans les deux cas.

Mon soutien à Jean-Luc Mélenchon est indéfectible, pour ce que j’en ai dit précédemment mais aussi parce que, dans cette période où l’amnésie, le calcul de bas étage ou la trahison ont tout à la fois cassé l’idée vertueuse de la politique et pour ceux qui se reconnaîtront.ou…pas, les valeurs de ce qu’est la gauche. Oui, JLM a et aura mon soutien jusqu’au bout dans la victoire comme dans la défaite, oui tout ce je pourrai faire pour qu’il puisse être candidat malgré le scandaleux blocage des parrainages et tout ce que je pourrai faire pour qu’il soit élu et puisse entamer la révolution citoyenne, je le ferai.

Ma volonté farouche de sauver le parti de gauche, avec la conscience qu’il est ou qu’il aurait dû être depuis ce beau soir de sa création fin 2008, le parti de la révolution citoyenne, ce que ses errements dans la désastreuse stratégie du Front de Gauche, son refus viscéral d’une organisation et d’un développement planifiés, ses erreurs électorales dans les élections notamment régionales n’ont pas permis.

Incontestablement, si l’on se situe du point de vue de l’impact populaire, la convention de Lille est un succès, un ancrage de haut niveau dans cette campagne, ouverte brillamment par notre camarade Alexis Corbière, fermée magistralement par un discours de haut niveau comme Jean-Luc Mélenchon nous a habitués.

S’il m’est permis, en tant que militant, de m’exprimer sans me faire traiter d’aigri ou pire à chaque petit désaccord ou à chaque tentative de lancement de débat, je pense qu’il nous appartient à nous, engagés dans ce processus de nous interroger sur les facteurs réels de réussite tant dans la campagne présidentielle que, dans le cas de victoire, des deux campagnes qui devraient être concomitantes, celle de la Constituante, celle des Législatives.

Je sais que je vais à contre courant, je sais que l’invective tient souvent lieu d’argument mais je m’inquiète quand je vois l’argument du sans parti … les partisans de la grande distribution tuent allègrement nos centre villes, nos commerces de proximité et nos petits exploitants avec un seul argument ; « tenir compte d’un changement des habitudes de consommation ». Ne commettons pas la même erreur avec « on tue les partis car les gens en ont marre des partis » Dans un cas comme dans l’autre, interrogeons nous plutôt sur la base de « Quelles sont les causes ? Que faisons-nous pour inverser cette tendance au lieu de l’accompagner ».

Pour ce qui est de la campagne présidentielle, elle est très bien lancée et la stratégie choisie, celle de s’appuyer sur les acteurs de la vie sociale, sur les victimes est la bonne mais elle est la bonne à deux conditions :

1-  Qu’elle soit le mouvement temporaire qui conduit à la victoire présidentielle.

2- Qu’elle soit l’outil pédagogique qui conduit à l’adhésion au parti qui est depuis 7 ans, celui de la Révolution citoyenne écosocialiste, le Parti de Gauche

Penser aujourd’hui que cette base, comprenant nombre de ceux qui, comme je les ai connus et temporairement accompagnés dans les années 80 sont et veulent rester « non-encartés », qui n’existent qu’à chaque élection peut se transformer en organisation politique, sous quelle forme d’ailleurs, est, à l’expérience du vécu, un leurre. Un parti politique comme un syndicat (nous y avons d’ailleurs vécu le même phénomène avec les coordinations) est un ensemble de camarades qui bâtissent un projet social ou politique cohérent, qui transforment collectivement avec leurs outils d’analyse, le problème vécu et ressenti en revendication ou en acte politique. C’est aussi un extraordinaire réservoir de volontés militantes qui investissement temps, argent, souvent carrière et parfois encore plus pour des idées partagées. Toute organisation qui ne situe pas dans ce type de règles est voué à l’échec ou pour le coup à l’aigreur que l’on voit ressortir à chaque élection où ils investissent le champ des partis.

C’est donc bien de cela que sera fait l’après 7 mai que nous gagnions ou que nous perdions.

Si nous perdons, il nous faudra réinvestir le terrain, pas forcément perdre son temps dans des élections législatives pour gagner 3 sièges et être tributaires d’un groupe parlementaire que nous ne maitriserons pas et consacrer toute notre énergie à reconstruire le grand parti nécessaire.

Si nous gagnons, ce que souhaite et même ce que je crois très possible, nous sommes dans un bouleversement tel que nous devons être prêts sur plusieurs fronts.

Jean-Luc Mélenchon a toujours déclaré, « le lendemain de mon élection, on convoque l’assemblée constituante », c’est effectivement l’attitude à tenir et il est normal, dans ce cadre que je m’interroge sur deux aspects de la convention, celui qui consiste à ne pas avoir voulu trancher sur la méthodologie de cette décision. Je souhaite pour ma part, qu’on sorte du Tirage au Sort, principe curieux si l’on se situe dans le raisonnement que « La République procède  de la volonté du peuple » et donc pas de la volonté du sort mais encore faut il le trancher d"mocratiquement et celui qui consiste à ne pas partir de suite sur le nombre et la désignation des candidats pour ce scrutin. Tout de même quelle gueule ça aurait si nous pouvions dire «  parce que nous allons gagner, x électeurs doivent aujourd’hui être investis pour cette élection sous la forme suivante". Une autre allure que de dire qu’un des axes est le « le referendum sur un processus constituant »

Enfin les Législatives, où hormis une désignation d’un nombre annoncé qui en dit long, le processus adopté peut se concevoir sans toutefois, là aussi, mettre au ban les partis qui ont un rôle à jouer et dont les candidats ne peuvent être hypocritement masqués sous le vocable FI….

Et puis, quand tout ceci sera passé, et bien, je suis de ceux qui pensent qu’en tous cas, ce que nous sommes, ce que nous avons bâti, ce qu’il nous reste à améliorer en démocratie interne, en organisation démocratique, en développement devra être  très vite remis sur le chantier et si la santé ne fait pas défaut, je serai à disposition pour ce combat, pour que vive sous son nom porteur d’espoir, sous sa logique de parti de la révolution citoyenne écosocialiste, le PARTI DE GAUCHE.