50 ans après...

26 février 2019

Trois décennies d’incubation pour une nausée

Réalités e33585434_10213295834689505_3124957022760468480_nt mises en scène nous font vivre une situation écœurante et indigne de notre passé, celle du refus de l’autre, celle des faux prétextes et celle qui remonte des entrailles nauséabondes de certaines périodes de notre histoire où, de l’affaire Dreyfus à Vichy, les boucs émissaires furent légion, ils eurent nom Juifs, francs-maçons, communistes accusés de noyauter la République en étant pilotés par des puissances extérieures.

Le régime de Vichy en prêtant allégeance au régime nazi, fut sans complexe le fournisseur officiel  en juif, tsiganes, asociaux, homosexuels, politiques de gauche des camps de la mort.

Drapés dans la victoire de la Résistance et forces alliées, nous nous étions crus débarrassés de ce poison.

L’arrivée dans les années 50 d’un Le Pen laissait notre peuple de marbre, malgré ses frasques algériennes, il  n’inquiétait pas électoralement.

La guerre de libération du peuple algérien, la manière dont elle fut menée et conclue n’est cependant pas étrangère à l’expression d’un racisme anti-arabe latent mais qui n’atteignait pas le pouvoir politique qui utilisait ses armes pour la combattre. Les actions de l’OAS, le putsch des généraux félons soudaient notre peuple dans la détermination démocratique.

Et puis sont arrivées les années 80, on commença à tolérer la parole raciste, on décréta que le parti qui les portait avait droit de normalisation, tout ceci sur le fondement d’une gigantesque partie d’échecs qui permettait le maintien des majorités dans une parfaite alternance.

Et cette partie d’échecs a eu le résultat escompté le 21 avril 2002, le sieur Le Pen au second tour de la présidentielle. Les cris d’orfraies des militants du PS sonnaient bien mal dans une situation où depuis 1983, leur responsabilité n’est pas négligeable, d’abord par la partie d’échecs engagée, ensuite par une politique libérale ou poltronne qui va des « dénationalisations » au boycott de la première loi sur le PACS en passant par le choix de l'Europe libérale ou le scandale de la casse des PTT, ceci explique beaucoup de phénomènes de notre temps y compris l’abstention massive, ce qui ne l’excuse pas forcément.

Rendons justice cependant à plusieurs politiques dans cette triste évolution, d‘abord Jean-Luc Mélenchon qui, de là où il était à combattu fermement le parti nauséabond jusqu’à signer une demande d’interdiction non suivie d’effet pour cause de blocage de son parti d’alors et, ayons l’honnêteté de le reconnaître, le Président Chirac qui de Dreux en 1983 à la montée du sarkosisme a toujours combattu, je le crois avec sincérité, les avancées vers un rapprochement de la droite avec le FN.

Mai 2007 est arrivé…le sarkosisme triomphant avec lui et c’est parti pour la grande dégringolade, trahison du vote des Français contre le traité européen à Lisbonne, déclarations fracassantes contre les noirs, les Roms, les banlieues, ligne Buisson et rapprochements avec les idées du FN, abandon du respect historique des droits du peuple Palestinien pour soutenir Tel-Aviv . Bref pour garder le pouvoir, le PS jouait avec le Pen en pion sur l’échiquier, Sarkosi lui, joue officiellement contre le FN en popularisant les idées de ce dernier…

Mai 2012 voyait Sarkozy battu, arrivait Hollande qui commença par maintenir les décisions de Lisbonne et continua avec son ministre Valls, la stigmatisation des Roms, des banlieues etc… en y ajoutant la casse du droit du travail avec son ministre Macron et une organisation aussi méthodique que scandaleuse de la répression.

Mai 2017, une campagne de caniveau autour des affaires Fillon/Le Pen, une opération PS pour barrer la route à Mélenchon en l'ouvrant à Macron aboutissent à un record d’abstentions et au non-choix possible entre Macron et Le Pen qui aboutit à l’élection de Macron  avec à peine 20% des inscrits. La constitution de la 5ème République aggravée par la bêtise du quinquennat aboutit logiquement à la majorité parlementaire « godillote » que nous connaissons.

Dès lors, nous sommes arrivés à ce point de rupture qui tient à un écœurement, une nausée qui risque de conduire à tous les dangers que confèrent toujours et dans toutes les époques l’appel au refus de l’organisation, à l’anti parlementarisme, à des vertus supposées à tout ce qui bouge.

Nous sommes dans le temps du mensonge triomphant, dans le déploiement en pleine lumière de l’acceptation des plus vils desseins, de la justice de classe illustrée par l’affaire Benalla entre autres opposée à la répression expéditive policière et judiciaire des manifestants lambda, de l’antisocial qui brise tous les acquis du CNR et des lois sociales (SNCF, statut de la Fonction Publique, Sécurité sociale, Retraites etc…), dans ce temps nauséabond du retour sur la scène de la bête immonde qui  se nourrit  de racisme anti juif, anti arabe, anti noir, d'homophobie meurtrière et autres horreurs.

Dans cette situation, nous n’en sortirons ni par des incantations, ni par des énergies gaspillées dans des élections sans effets, ni par la seule occupation de la rue mais bien par deux incontournables, le blocage de la production par la grève générale illimitée et sa jonction avec  le programme politique structuré, porté par une force organisée qui ne peut être que le parti de masse et de classe qu’aurait pu et dû être le PG et par une personnalité capable du talent et du courage nécessaire. Jean-Luc Mélenchon est de cette trempe pour peu qu’il reprenne en mains la situation comme il sait si bien le faire avec l'apport d'une génération jeune et enthousiasmante issue du PG, en évitant la dérive social-démocrate et les jeux de pouvoir qui se font jour au sein du mouvement bien peu démocratique et maigrement organisé dit Insoumis.

Y parviendrons-nous, c’est mon rêve le plus cher en tous cas même s'il est teinté de beaucoup de doutes....

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27 janvier 2019

L’état policier doit être fermement combattu

11403220_10205330811288898_3516334211356826784_nDepuis ces décennies de vie militante, ces dizaines de grèves parfois dures et ces centaines de manifs, j’ai eu cette chance de ne connaître que quelques gaz lacrymo, une bonne rossée de nerfs de bœuf par le syndicat fasciste  à la porte d’une usine du Loiret et une seule et courte garde à vue…

C’est parce que j’aurais pu 100 fois être la jeune étudiante d’Orléans que j’ai vue à 18 ans trainée par les cheveux, parce que j'aurais pu finir comme Pierre  Overney, Rémi Fraysse ou Jérôme Rodriquez que je garde cette sensibilité à fleur de peau contre la répression ordonnée par le pouvoir et exécutée sans état d‘âme par ceux à qui le statut de la Fonction publique permet dans certains cas de dire non.

Oh il n’a jamais manqué de journalistes pour expliquer que la police fait son métier, que les casseurs se sont infiltrés, il y eut toujours de bonnes âmes pour expliquer que la violence c'est mal et qu'elle vient de supposés 2 côtés (alors que, comme l’a très bien expliqué Jean-Luc Mélenchon encore aujourd’hui, il n’y a pas deux côtés mais un peuple et une police/gendarmerie à son service, alors que tous ceux qui ont manifesté savent comment s’organise la répression en provocant jusqu’à l’escarmouche qui permettra la riposte, parce que l’infiltration de casseurs se tolère voire se facilite) ou encore qu’il suffit de ne pas prendre de risques en ne venant pas dans ces manifs etc… Mais laissons là ces faux arguments.

Je l’ai dit et redis, je ne suis pas Gilet Jaune pour de toutes autres raisons maintes fois expliquées et qui d’ailleurs commencent à se prouver de jour en jour mais ceci n'entame ni mes convictions révolutionnaires ni mes indignations face à la répression dans ce pays où tout ce que nous avons, à commencer par la liberté, a été gagné par la lutte.

Non cette répression n’est pas digne du pays des Droits de l’Homme, non cette violence policière ne peut être tolérée d'autant plus qu’avec des armes aussi sophistiquées que celles qu’ont les policiers ils visent la partie du corps qu’ils choisissent et qu’en l’occurrence ils choisissent la tête.

Oui le président et le gouvernement sont responsables, et en premier lieu le ministre de l'Intérieur qui devrait en toute connaissance de ses responsabilités, démissionner ou être démissionné comme aurait dû l'être son alter ego à la mort de Rémi Fraysse mais également le ou les policiers qui exécutent ces ordres sans états d'âme et parfois avec zèle doivent en assumer les conséquences judiciaires...

La seule force qui permettrait de l’enrayer est la force organisée, celle des syndicats et des partis politiques. Une force dont l'organisation est à géométrie variable comme les GJ ne peut aboutir qu’à une escalade extrêmement dangereuse et pour ma part, je l’ai dit, je le redis clairement : ce n’est pas d’un épisode XII très dur dont notre peuple a besoin, c’est d’un coup très fort qui aurait dû, car il est peut-être déjà trop tard, être engagé dès la blessure de notre camarade alliée à l’arrestation de Bordeaux et au coup de force de l’extrême droite contre les militants de NPA et ce coup ne peut être porté que par les syndicats et partis politiques qui refusent l'instauration d'un état policier dans notre pays.

Qu’on ne me dise pas c’est compliqué, nous l’avons déjà fait notamment le 11 mai 68 et ce n’était pas plus simple qu’aujourd’hui, bien au contraire. Décidé dans la nuit du 10 au 11,  nous l'avons réussi le 13 mai 68, c’est comme ça que le feu qui couvait grâce aux étudiants a bénéficié de l’étincelle…

Il fallait, oui, dès hier après-midi qu’une des forces syndicales ou politiques appelle les forces organisées du peuple de gauche à se réunir immédiatement et à organiser la riposte. Malheureusement, alors que nous nous gorgeons de nos technologies qui soi-disant permettent tout, cette allumette n’a pas été grattée…

J’aurais tant aimé qu’à l’instar d’un Eugène Descamps, secrétaire général de la jeune CFDT en son temps, ce soit mon beau parti, le Parti de Gauche qui prenne cette initiative, c’est hélas un acte manqué…..

 

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22 janvier 2019

Parce que démolir Jean-Luc Mélenchon, ça suffit

La m27973258_155321615275899_1917419852262668404_node est à la chasse au Mélenchon et aux espoirs qu’en notre nom il porte.

J’ai toujours été très clair, je ne suis pas dans une secte, Jean-Luc Mélenchon n’est pas un gourou encore moins mon seul maître à penser et je n’ai jamais ni en privé ni en public, caché nos points de désaccord, tout comme j’ai toujours donné la primauté au parti qu’il a fondé, dans lequel je l’ai accompagné, tout comme j’ai regretté la place que mon parti a délaissé lors de la création de la FI en s’auto affaiblissant à cette occasion, tout comme j’ai déploré l’évolution social-démocrate de la FI progressive depuis sa mise en place lors de la convention de Lille, tout comme je regrette le sort de mes camarades Djordje, Corinne ou François et certains propos tenus à cet égard, tout comme je déplore le sort fait par la FI et pas forcément par Jean-Luc à l’éco socialisme pour lequel nous sommes tant battus au profit de revendications plus électoralistes, tout comme je n’adhère pas à l’engouement pour le mouvement dit des Gilets Jaunes même si je peux le comprendre à la place qu’il occupe.

Mais cette chasse est infâme, indigne de celles et ceux qui la profèrent.

Ainsi, selon ce qu’on entend, ce qu’on lit, JLM serait en perte de vitesse, JLM serait responsable de tous les maux d’un affaiblissement du mouvement dans lequel il n’est d’ailleurs  que le Président d’un groupe parlementaire de 17 députés.

Alors, quels que soient ces fameux désaccords, soyons un peu sérieux et un peu capables de discernement.

En 1990, alors qu’au milieu de tous les combats que depuis 1968 et l’espérance portée, nous avons menés avec des centaines de camarades, alors que la désespérance de 1983 m’avait éloigné de toute force politique et surtout de ce parti dit socialiste que je considérais comme traitre à ce pourquoi il était élu, alors que je m’apprêtais, pour les mêmes raisons à quitter le syndicat auquel j’avais tant donné depuis 26 ans, alors que j’expérimentais et commençais à voir les limites du mouvement alternatif, un jeune sénateur que je ne connaissais pas sortait du lot et avec le grand courage de ceux qui comme moi se sont investis dans l’égalité des droits homos/hétéros, présentait en un temps où c’était loin d’être évident la proposition de loi « pour l’organisation de la vie commune des couples de même sexe ».

Projetant qu’un jour il y aurait conflit entre cet homme-là et ce parti-là, je me suis senti porté par son courage et l’ai suivi dans ses déclarations et ses actes. Je n’ai pas pour autant adhéré au PS même dans son courant, ceci me paraissait absolument impossible

Je me suis engagé en 2005 dans le débat pour le « Non au traité européen » qu’il portait là-encore avec grand courage et la victoire fut au rendez-vous.

Enfin vint novembre 2008, enfin Jean-Luc et l’aile gauche avaient quitté ce satané parti et naissait le Parti de Gauche.

J’y ai adhéré avec enthousiasme, j’ai applaudi, même si logiquement je n’étais pas dans la salle, «  le bruit et la fureur » et commença pour moi une des deux belles aventures militantes de ma vie.

Mes camarades du Loiret me font l’honneur d’être délégué au conseil national et c’est là, qu’au-delà de l’admirable tribun, du visionnaire géopolitique, j’ai découvert l’homme Mélenchon et je ne fus vraiment pas déçu.

Jean-Luc Mélenchon est un camarade sensible, d’une culture hors du commun que j’ai encore vérifiée dans ce beau reportage récent sur LCP dans Livres et vous. C’est un homme en recherche permanente de transmission de l’expérience et du savoir et ce n’est pas par hasard mais bien grâce à Jean-Luc que le Parti de Gauche s’est révélé comme la pépinière exceptionnelle de centaines de  jeunes talents brillants en analyse, en expression, maintenant en mandats électifs comme nous le voyons avec les députés Adrien Quatennens, Ugo Bernalicis ou autres et leurs assistants. C’est enfin un être social, doté d’une sensibilité à fleur de peau, qui produit certes une attitude comme celle des perquisitions que, contrairement à beaucoup, je ne considère pas comme une erreur, mais qui se révèle au quotidien dans les conseils qu’il donne, dans les situations qu’il comprend, dans les aides morales qu’il apporte.

Pour revenir sur le terrain politique, je continue à croire que JLM n’a qu’un objectif, conduire ce pays à le porter à la Présidence pour décréter la convocation de la Constituante en espérant qu’il puisse se débarrasser des « peureuses décisions » de la convention de Lille, redonner à la France sa démocratie et sa grandeur,au peule sa place et partir heureux d’une vie accomplie.

Alors oui, il y a des désaccords sur la stratégie, non je ne sais rien de l’avenir et je ne sais pas si Mélenchon sera Mendès France capable de ne pas renier l’objectif ou Mitterrand qui lui le fut tout à fait, je ne suis sûr de rien mais l’homme Mélenchon garde et gardera la confiance et l’admiration que je lui porte depuis ce soir de 1990 où, avec un ami Chilien exilé, hétéro et peu enclin à tolérer,  son initiative permit une longue nuit de discussion, autour d’un rhum cubain découvert ce jour, sur les réalités des homosexuels et sur les compréhensions mutuelles que le débat incarne.

Oui je sais, comme dans notre combat nous le savons tous, rien ne nous sera épargné ni la répression, ni la médisance, ni les déclarations les plus absurdes par une presse aux ordres ni même l'altération des sentiments et des amitié. Oui je sais le poids des réseaux et l’exploitation des mots et des phrases, oui je sais la faiblesse des hommes, nos erreurs, nos doutes mais gardons une seule chose à l’esprit :

LES PROGRAMMES POLITIQUES, LES STRATEGIES DOIVENT ETRE DISCUTEES, NOUS POUVONS NOUS Y ECHARPER, SOUVENT NOUS LE DEVONS MEME MAIS EN AUCUN CAS LA VIE PERSONNELLE, LA VIE INTIME, LES IDEES PERSONNELLES DES HOMMES ET DES FEMMES QUI PORTENT LE MESSAGE NE MERITENT DE TELLES INDIGNITES ET POUR CONCLURE MERCI JEAN-LUC POUR TOUT CE QUE TU AS REDONNE COMME SENS A LA GAUCHE ET CE QUE TU NOUS A APPRIS…..

09 décembre 2018

La révolte en cours…vers une révolution citoyenne ou une situation à l’italienne ?

10620527_771823629522602_5891450159602612604_nDepuis le 17 novembre, notre peuple est en ébullition.

Partie sur la révolte contre les augmentations de taxes sur les sacro-saints carburants, la révolte évolue vers une prise de conscience d’une réalité sociale due à des années, en fait 3,5 décennies de régression du monde du travail en matière de droits conquis par 150 années de luttes ouvrières ainsi que par le mépris inauguré par le Président Sarkosy qui devait, entre autres déclarations scandaleuses,  «liquider l’héritage de mai 68 », le Président Hollande auteur des lamentables lois travail et porteur à vie des répressions sanglantes sur nos camarades et du Président Macron dont les déclarations méprisantes pour le peuple sont légion sans compter  les lois scélérates imposées au pas de charge par une majorité de godillots sans réflexion autre que la décision du maître des lieux.

Personne ne peut nier ce fait réel et ce ne sont pas les sondages bidon, l’organisation de la peur et les tentatives de division par un pouvoir aux abois qui peuvent l’arrêter.

Cependant, pour ma part je reste dubitatif quant aux possibilités de sortie de cette crise et je ne partage pas l’optimisme de Jean-Luc Mélenchon et des militants dits insoumis dans cette aventure.

Ce mouvement est parti sur des bases et des thèmes qui sont ceux qu’avec JLM et le parti de Gauche nous n’avons jamais défendus notamment la négation de l’utilité, de l’honnêteté, du réalisme  des forces politiques et syndicales, encore moins le questionnement sur la nécessité de l’impôt, pas plus l’affirmation d’un anti-parlementarisme qui ressort au travers de points figurant au catalogue de revendications. Chaque jour apporte son lot de preuves sociologiques de la nature profonde d’une partie non négligeable des participants, déclarations homophobes, anti politique, refus de participation de militants syndicaux surtout CGT sous leurs couleurs, « livraison » de migrants à la police, orientation vers une liste dite apolitique aux européennes etc…

Alors quelle attitude avoir, quelle stratégie adopter car je le redis, personne ne peut nier que nous sommes entrés dans une révolte populaire qui prend ici ou là des tournures de la révolution que nous souhaitons? Personne de notre camp ne peut s’en désintéresser.

Les députés dits insoumis, le mouvement FI soutiennent la thèse de participer activement afin de peser de tout son poids sur une évolution vers le programme de l’Avenir en Commun copié en grande partie dans la liste des revendications à côté d’autres points beaucoup plus inquiétants. Je respecte cette position mais ne crois pas, à tort ou à raison, à la capacité du mouvement FI, son évolution des derniers mois, l’influence inéluctable des forces l’ayant rejoint malgré leur ardent soutien à la politique Valls/Hollande comme le témoigne la liste aux européennes, à orienter cette révolte vers la révolution citoyenne que nous voulons.

Le parti de Gauche quant à lui ne s’exprime plus, laissant totale carte blanche à la FI. Le PC est devenu si électoral qu’il ne renie en aucun cas ses accords avec le PS à chaque élection et ne calcule hélas qu'en nombre de sièges maintenus. La CGT forte de ses 700 000 adhérents tient compte de la réalité de la situation où rien n’est possible sans mobilisation des travailleurs en grève et sait très bien et à juste titre, résultats de son expérience historique, que ce n’est pas d’un seul appel de sa confédération que dépend le déclenchement de la grève générale et des occupations qui seraient la seule issue possible.

Les heures ou les jours qui viennent nous laissent présager une crise politique, celle-ci emportera-t-elle dans son sillage la défaite du pouvoir et de ses institutions…Je n’y crois pas, la 5ème République a été conçue pour ce genre de crise et quelle que soit sa nature, elle a les outils nécessaires, certains odieux certes  pour en sortir et perdurer tant que la production et l’économie ne seront pas bloquées car elles restent la seule solution de classe pour sortir par le haut.

Une dissolution de l’Assemblée est possible mais rien ne permet de penser, au vu des paroles saisies ici ou là sur les ronds-points que le vote des électeurs, ceux qui n’ont pas déserté ce terrain, qu’elle ne conduirait pas à un vote introuvable à droite et donc à un retour des forces antisociales dont Macron n’a pas le monopole

Une démission du Président reste certes  la meilleure solution, nous y sommes prêts avec notre programme et la valeur de notre candidat à la Présidence, encore faudrait-il qu’elle puisse avoir lieu. Macron n’est pas De Gaulle loin de là...si la grève sociale parvenait à s’imposer, elle est possible mais quand bien même elle aurait lieu, quel programme reste-t-il quand on voit la réalité des interprétations diverses de l'AEC.

Nous sommes donc à la croisée des chemins, quelles que soient les annonces supposées prochaines du Président Macron, quelle que soit la décision prise…saupoudrage de mesurettes sociales,  « démission » du gouvernement, dissolution de l’Assemblée, se posera la question de la suite.

Hormis le cas qui semble peuvprobable d’une démission du Président qui pourrait ouvrir une autre voie avec une candidature Mélenchon pour peu qu'elle puisse se faire à l’exclusion de toute autre hypothèse du mouvement FI, que pourrions–nous attendre d’une dissolution de l’Assemblée sinon une majorité hétéroclite élue par une minorité de citoyens et nous sommes dans la situation italienne où réapparaitrait sans doute une majorité du type de celle qui gouverne de l’autre côté des Alpes ou même pire, celle d’une majorité issue de listes fomentées par les Gilets Jaunes qui refléterait leur réalité sociologique et nous amènerait à une solution type Bepe Grillot , leurs revendications proches du programme l’Avenir en Commun risquant fort de n’avoir été que la copie nécessaire à la popularité du mouvement comme, copiées, elles le furent, très mal d’ailleurs,  par B.Hamon pour barrer la route à J.L. Mélenchon.

Certains lecteurs vont me trouver très pessimiste, d’autres vont très vite me qualifier de soutien objectif de Macron mais la vie militante m’a appris à me méfier, à douter du soutien rapide à tout ce qui bouge. La vie au PG m’a instruit du fait que l’essentiel est la Révolution citoyenne, pas l’élection à partir de toutes les opportunités même des meilleurs d’entre nous, la vie syndicale m’a conforté dans une certitude, c’est du monde du travail et de ses luttes que viendra la vraie révolution sociale qui ne souffre pas d’ambiguïtés et désigne l’adversaire clairement et cet adversaire c’est le capitalisme et ses serviteurs du grand patronat qui a su neutraliser les groupes de presse et organiser les lobbies nécessaires, pas l’élu du peuple, pas le service public du peuple, pas le militant syndical et nous paierons très cher le prix qu'elle n'ait pu s'imposer face aux lois anti sociales et de "détricotage" des conquis sociaux et du code du travail et là encore, il serait trop simple d'en accuser les seules directions syndicales, la situation des travailleurs, leur aliénation bien organisée par le fric, l'individualisme érigé en valeur en sont beaucoup plus responsables que le manque d'appel à une grève générale .

 

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28 novembre 2018

Il y a 10 ans, jour pour jour, renaissait l'espérance.

lancement PG_20181122_0001_NEWIls étaient près de 3 000 ce 29 novembre 2008 à l’Ile Saint-Denis, autour de Jean-Luc Mélenchon, de François Delapierre et des premiers fondateurs, en présence de Robert Guédiguian et Oskar Lafontaine pour lancer ce qui fut une très belle aventure, le Parti de Gauche.

Avec mes 44 ans de vie militante, avec près de 20 ans de suivi de ce grand homme politique courageux qu’est Jean-Luc Mélenchon, j’ai regardé ce rassemblement avec un  grand intérêt, avec beaucoup de prudence aussi, instruit comme je le suis des échecs douloureux vécus avec le PSU et la CFDT.

Ce lancement m’apparut cependant très vite comme la concrétisation d’une grande espérance, celle de voir renaître nos aspirations nées de mai 68 et des combats sociétaux inaboutis des années 70. Le choix fait par la plupart des fondateurs de quitter, comme je l’avais 25 ans plus tôt ce parti socialiste renégat qui avait trahi tous nos combats par l'amnistie des généraux félons d'Alger et son virage libéral de 1983, entraînant dans son sillage la CFDT que nous voulions construire comme le pivot du mouvement révolutionnaire…

Oh certes, divers choix de ce nouveau parti me paraissaient dangereux, cette notion du parti creuset et son corollaire du Front de Gauche dominé par le PCF où il me  semblait, au su de mon expérience de quelques années de « compagnon de route » que ce dernier nous utiliserait pour se débarrasser de nous dès que nous ne serions plus utiles…

Mais, localement, un jeune camarade, Bastien, très jeune militant politique qui m’avait fort impressionné par ses capacités d’analyse et de débat lors du combat pour le non en 2005, était de cette fondation. Nous prenons le temps d‘en discuter. Meurtri lui aussi par le temps qu’il passa au PS, il sait me dire qu’au PG, nous pourrions enfin débattre de nos divergences librement, jouer les cartes de ce que nous voulions faire évoluer et j’adhère.

Commençait alors pour moi, une extraordinaire renaissance, finies les années tristes des échecs militants consécutifs à la recherche de l’inaccessible étoile d’abord chez les alternatifs où après de belles campagnes municipale d’Orléans, législative et cantonale, après la recherche difficile d’une agrégation des mouvements, nous vivons le délitement et l’essaimage dans la nature de ces militants prônant la non-organisation en recherche permanente de l’association des inorganisés…, finies les années de « compagnon de route » du PCF où, parce que, pas au parti, ta place éligible sur la liste est refusée mais ta place non-éligible est vivement souhaitée en raison de ta notoriété locale…

Le Parti de Gauche a été pour moi la renaissance politique, les combats retrouvés, sociétaux, celui de l’égalité des droits hommes/femmes, homos/hétéros, celui de l’anti-nucléaire et de l’écologie, celui du social et de ce thème extraordinaire qui coiffe le tout : la Révolution Citoyenne.

Nous travaillons, nous affichons, tout notre pays Giennois qui n’en a pas trop l’habitude, se couvre en permanence des affiches rouges de nos combats, des slogans de notre beau parti, nous réfléchissons, nous rêvons de ce temps où nous ouvrirons sur le Giennois notre local, où nous aurons notre journal et comment ne pas évoquer ces dimanches à réfléchir, amender les textes de notre ligne d’horizon, nous faisons adhérer, bref un temps radieux du bonheur politique retrouvé

2011, Bastien me propose d’être candidat à sa place au conseil national du parti, proposition appréciée à sa juste valeur, acceptée avec joie et je participe à mon premier CN ouvert par François Delapierre et clôturé par Jean-Luc Mélenchon. J’y découvre de jeunes camarades qui me rappellent ma propre expérience dans les conseils confédéraux de la CFDT en 69, ils auront nom Matthias, Alan, Raquel, Alexandre, Boris, Vincent, Bastien et tant d’autres qui sont restés pour la plupart, malgré les aléas dommageables qui se produisirent 5 années plus tard de très bons camarades, pour certains des amis estimés.

En rentrant, enthousiasmé de ce premier CN, je fais à mes camarades du Loiret mon compte-rendu, ne sachant pas encore que mon mandat serait renouvelé pendant 5 années, que je vivrais aux côtés de Valentin, un jeune camarade lui aussi qui était un ami, plusieurs de ces années de CN et deux congrès dont le sublime congrès de Bordeaux, celui ou François nous fit ajouter l'oeillet rouge à notre "panoplie" ignorant aussi que nous sortirions la plus belle des chartes écologistes, la charte écosocialiste du Parti de Gauche.

La présidentielle de 2012 fut un moment très fort,comment oublier ce meeting de la place Stalingrad, ces salles combles dans toute la France, ce serment de la porte de Versailles, ce beau résultat et même si j'ai jugé comme un marché de dupe la part qui nous fut réservée aux législatives, quel beau cru que ces milliers d'adhésions reueillies dans cette magnifique campagne.

2013, comme je l’avais subodoré, le Parti communiste que, grâce au Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon avait remis en selle, oubliait les accords et serments, s’alliait au PS à Paris et dans 50 grandes villes pour les municipales 2014 et je suis admiratif des capacités de notre petit parti qui, à Paris, se lance seul dans l’aventure, arrive à présenter des listes complètes dans les 20 arrondissements. Nous n’avions pas la capacité de faire quelque chose sur Gien, je me mets à la disposition des camarades de Paris, quelle belle expérience motivante, enrichissante !!! Malheureusement, le parti n’a pas compris dès cette époque qu’il était temps de sortir du FDG pour vivre en toute autonomie…

Investi à fond dans le parti, je me mets à la disposition de ce qui s’appelle le pôle organisation composé de volontaires compétents et sérieux mais vivant sans contrôle démocratique,  et je viens chaque semaine depuis ma ville désertifiée et avec grand bonheur, donner une journée de mon temps à mon parti, expérience où je découvre la situation organisationnelle, bien loin de ce que j’avais appris comme permanent de la CFDT où l’on m’avait formé au triptyque nécessaire à tout développement : «organisation-formation-outil d‘information» qui nous avait si bien réussi alors. Malgré un travail régulier et assidu d’argumentation au CN et à deux congrès, je ne fus point entendu sur ce point…Dommage…

Et puis est venu le temps politique des déceptions, des tristes réalités politiques, cancers permanents des partis en ces moments où la recherche de la victoire électorale prend le pas sur la grande espérance, où la victoire nécessaire à la présidentielle fait oublier que cette dernière n’a qu’un objectif, celui d’enclencher la révolution citoyenne.

Le congrès de 2015 fut pour nous, pour moi, militants de l’organisation, de la sortie des traités un grand moment d’espoir, approuvée par 46 % des adhérents, notre plateforme alternative devait permettre une belle évolution…Le fonctionnement fit qu’il n’en fut rien et les régionales 2015 devaient aboutir à une situation interne difficile qu’il ne convient pas de commenter sur un blog de ce genre mais qui provoqua le départ de camarades méritants, sincères et d'un haut niveau d'analyse et d'action, je n'en citerai que quelques uns, Ramzi, Mathilde, Alexandre, Stéphane, Sébastien. Il aboutit hélas, mille fois hélas, avec déception et grande tristesse à mon départ  du conseil national après cinq années vécues intensément qui auront marqué ma vie militante pour le temps qui me reste.

Ainsi les vieilles lunes sont revenues, le choix de la stratégie de la France insoumise, fort utile pour l’élection présidentielle mais dont je n’approuve ni la pérennisation ni l’évolution de la stratégie et qui, à mon sens, ne peut finir que comme ont fini les alternatifs a considérablement affaibli ce beau et prometteur parti et nous allons le payer très cher et pour longtemps.

Mais qu’on ne se méprenne pas, je ne suis ni aigri, ni révolté à la mode des curés ou des communistes défroqués, je suis un militant qui se bat pour des causes, celles qui furent toujours les miennes, celle du monde du travail, celle de l’écologie politique, celle de l’égalité des droits, celle de l’anti racisme et tant d’autres comme celles que le combat pour les arbres de Gien m’a permis de découvrir.

En ce temps où chacun se raccroche à tout ce qui bouge y compris ce qui s’agite porté par des idées dangereuses et incontrôlables, un Parti de Gauche clair, démocratique, solidement ancré dans les masses manque beaucoup au combat éco socialiste, ce phare d’un espoir renaissant.  Malheureusement l'histoire se renouvelle et le départ récent de camarades de haute valeur soit de la direction soit du parti doit être analysé comme une sortie de route désastreuse. 

J’en  suis toujours cependant et j’en reste un militant, même si l’âge, la maladie, une certaine lassitude consécutive aux échecs normaux de cette vie trépidante,  peuvent diminuer possiblement mes possibilités d’action. J’accompagnerai ce parti, qui m’a tant donné,  dans son agonie et, si le reste de vie me le permet,  je serai là au jour espéré de sa résurrection.

Je reste un inconditionnel de l’homme  Jean-Luc Mélenchon dont le courage qui me fut révélé un soir de 1989, confirmé le 29 mai 2005, décisif dans ma volonté de l’accompagner il y a 10 ans, est pour moi indissociable de lui dire mon ressenti quand le mouvement qu’il a créé dépasse son fondateur et le fait dériver de la ligne initiale de notre parti commun : La Révolution citoyenne et rien d’autre…

 Quoi qu’il arrive, quoi qu’on me dise, quoique l’on m’abreuve de propos acerbes voire insultants et quoi qu’on fasse l’aventure du Parti de Gauche est avec celle de la construction d’un syndicalisme révolutionnaire à la CFDT d’alors, la plus grande espérance de mon existence et la plus belle de ma vie militante et Jean-Luc reste l’homme qui aura incarné cette superbe renaissance politique des années 2000.

 

 

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17 novembre 2018

La perversité des idées bien plus dangereuse que les partis d’extrême droite, idiots utiles des grands se partageant le pouvoir…

crédit photo Sébastien RoussetteBon la journée « gilets jaunes » se termine, comme prévu les media ont fait une couverture exceptionnelle, bien loin des minorations ou de  l'ignorance volontaire des conflits sociaux, des manifestations de 120 000 personnes réduites médiatiquement à 7 000 ou des violences organisées imputées aux manifestants…

Même si je considère la colère populaire comme tout à fait légitime, je n’ai pas participé à cette journée et ai expliqué pourquoi, en ayant reçu mon lot habituel de critiques et certaines injures du type « troll au service de Macron ». Certaines venaient de camarades un temps côtoyés dans la belle aventure de l’espoir qu’était le PG. Peu importe, la vie militante et l’honnêteté intellectuelle à laquelle j'ai toujours été fidèle au prix des réussites électorales d'ailleurs, m’ont si bien habitué, sauf avec quelques amis tristement perdus,  depuis si longtemps, à ce genre de choses, que j’y survivrai.

Je n’ai pas participé à ce truc pour plusieurs raisons :

D’abord pour l’essentiel, l’éco socialisme, cette belle charte élaborée par le PG, reprise dans le programme 2017 du candidat Mélenchon qui pose le problème du carburant autrement que pour son prix. En effet dans cette affaire, le problème n’est pas le prix du carburant, c’est le carburant lui-même. Le choix que nous avions fait, celui que je prends en tous cas à mon compte, c’est bien la volonté de sortir des énergies carbonées et d’organiser la vie pour que désormais nous ne prenions plus à la planète plus qu’elle ne peut donner.

Sortir de l’énergie carbonée, c’est organiser le territoire pour que la voiture ne soit pas indispensable à la base de la vie, pour que l’école, la poste, le médecin, l’alimentation et les produits de nécessité  soient remise au centre du village en lieu et place des trusts capitalistes de la grande distribution, des maisons médicales en périphérie, des postes et des écoles disparaissant obligeant à la voiture , c’est concevoir la production pour éviter les approvisionnements coûteux en transports, sortir de la stratégie du «  juste à temps » et permettre sans sanction fiscale les stocks au plus près du lieu de vente, concevoir le déplacement nécessaire en transport en commun notamment ferroviaire, c’est mettre en place le vrai circuit court du paysan au consommateur par les formules de proximité, c'est bien sûr aussi taxer comme cela se doit les vrais pollueurs que sont le kérosène ou les gigantesques cargos et autres bateaux de croisière.

Je ne sais pas si «notre camp» devait se joindre à ce mouvement. Sauf chez les inconditionnels qui suivent sans réflexion et répondent parfois avec sectarisme, les avis diffèrent sur ce point et tous les arguments sont respectables. Mais s'il devait participer, j’aurais trouvé judicieux qu’au moins on y aille en développant ces points plutôt que cette tarte à la crème du « tous contre Macron » qui sert désormais de stratégie en lieu et place de la Révolution citoyenne que nous préparions au PG et j’aurais aimé que le discours du politique que j’admire et soutien, Jean-Luc Mélenchon, outre ce développement, revienne à ce qu’il avait dit si clairement à Lille « ceux qui participent ont droit à notre respect, ceux qui ne participeront pas également ». Malheureusement, l’outil FI qu’il a créé domine désormais sa stratégie et ne lui permettait pas autre chose que de se lancer dans ces slogans discutables de soutien absolu autour de la colère, du « fâchés pas fachos » ou du « Macron dehors ».

La seconde raison pour laquelle je n’ai pas participé est plus profonde, plus imprégnée de l’histoire et de l’expérience.

Certes pour ce mouvement, parti d’un appel aux opinions non identifiées, très très vite relayé par les deux partis d’extrême droite RN et LP, soutenu par la droite extrême des LR, ma réaction première était logique « je ne me mélange pas avec ceux qui me mettront en prison, m’enfermeront dans un stade ou me contraindront à l’exil », je n’ai jamais parlé de complot de ces partis pour la seule et bonne raison que ce n’en est pas un. Le problème est en effet ailleurs.

Le problème est dans la vulgarisation des idées et des comportements tragiquement libérée par les attitudes conjointes du PS des années 80 qui imposa leur parti porte parole comme ayant droit de cité et la période Sarkosi des années 2000 qui les a portées au pinacle.

Ne pas laisser la rue et la colère au RN et à LP, en se joignant à tout ce qui bouge, est à mon sens une fausse solution car elle est illusoire en termes d'efficacité dans le combat contre ces idées et ces idiots utiles de tous les partis se partageant le pouvoir depuis 35 ans élus au nom du moindre mal qui est quand même le mal.

Le problème, chacun peut le mesurer, il se trouve dans les têtes remplies par la logique du libéralisme qu’ont imposée à la fois PS, LR, LREM, facteur de banalisation d'idées enfouies dans des esprits qui les refoulaient jusqu'alors. Il se voit dans les discussions quotidiennes, dans la rue, chez les commerçants, au comptoir des cafés, dans les discussions d’amis ou de famille. Il se concrétise par les arguments de refus de la différence, de slogans du type « gitan voleur de poules », « arabe ou musulman systématiquement islamiste », » homo forcément pédophile », « juif riche, profiteur et avide de fric », dans l’utilisation d’un vocable qui use et abuse des termes révélateurs, les youpins (si si on l’entends encore) les bougnoules, les cousins, les gris, les voleurs de poule, les pédés et les gouines,  bref tous les éléments qui ont conduit tant de gens à se retrouver ensemble derrière certains barbelés. A titre d'exemple, j'ai eu ce 11 novembre, sur l'une de ces manifestations du souvenir une discussion avec un monsieur âgé, respectable, gentil, ancien ouvrier sans doute et très vite j'entends ce discours qui peut paraître décalé et tiré par les cheveux mais tellement révélateur que tout argument raciste est possible " tous ces morts de 14 n'ont pu faire d'enfants, donc à la libération, ces enfants auraient été nécessaires, nous sommes allés chercher des ouvriers dans le magreb, aujourd'hui leurs enfants qui n'ont pas de boulot et qu'on finance nous conduisent à l'islamisation". j'en suis resté coi mai oui, le mal est profond, très profond et le terrain est prêt pour renouveler l'horreur du fascisme.

Cette campagne pour la baisse du prix du carburant est révélatrice de cette situation. Sur les vidéos amateur qui ont circulé, dans les discussions qui ont alimenté ces journées pré-manifs, nous n’avons pas vu et entendu autre chose que «  les politiques sont corrompus » « tous pourris » « les syndicats tous achetés », et surtout la contestation de l’impôt en tant qu’impôt,  j’en passe et des meilleures qui sont le langage courant du comptoir de bistrot et de la « fachosphère ».

Ce n’est donc pas un  hasard si ce mouvement bénéficie d’une couverture médiatique exceptionnelle, encore moins si le nombre sera sans doute présenté comme réussi car le nombre n’est que le reflet de ces pensées profondes et dangereuses libérées.

Vouloir lutter contre ces idées en s‘y agglomérant relève pour moi, d’une attitude fort dangereuse, déjà tentée lors du poujadisme et dont le résultat fut la mise en selle de Le Pen dès les années 50 et je maintiens que « souper avec le diable même muni d’une cuiller à longue queue » est un jeu suicidaire.

Non décidément, la révolution telle que nous la voulons ne peut passer par ce genre de manifestation, elle ne peut exister que par la mobilisation du monde du travail, le blocage de la production et du service alliée en France à la prise du pouvoir central par une force imposant la Constituante pour une 6ème République, bref la stratégie du Parti de Gauche portée brillamment en 2012 et 2017 par Jean-Luc Mélenchon, pas du blocage de quelques ronds-points suite à appel ambigu et soutenu par quelques tristes sires….

Ensuite et bien, je dis banco…si ce mouvement continue socialement, si demain comme dans un certain mois de mai, l’un après l’autre les lieux de production sont occupés, si la grève devient enfin générale, si la revendication et l’action poussent ce pouvoir vers la sortie et cette 5ème République à en mourir pour laisser la place à notre camp en imposant la Constituante, s’il permet au mouvement syndical et à la vraie gauche portée par Mélenchon ou l’un ou l'autre de mes brillants camarades du PG d'incarner le peuple de gauche,  alors je ferai amende honorable et j’en serai.

Mais je suis malheureusement tenté par un autre pronostic, celui qui, au travers du prix du carburant et du refus de l’impôt, continue ou se manifeste au-delà de ce jour, ce dont je doute, il conduira à une toute autre issue, une catastrophe autour des idées nauséabondes où chacun, comme dans une autre époque, se défendra d’avoir pu la prévoir…

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04 novembre 2018

Etats d’âme

Aragon_20181104_0001_NEWEtat d’âmes fut le titre d’un bon film de fin des années 80 qui, malheureusement, n’a pas eu le succès et donc la diffusion qu’il aurait largement méritées.

Il exprimait toute la déception des militants de l’espérance révolutionnaire des années 70 qui ont conduit nombre d’entre nous à espérer de 81 et à vivre la désespérance qui surgit lors de l’amnistie des généraux d’Alger et  le virage de 83.

Le parcours de ce que nous fûmes, la recherche d’un ailleurs, la tentation des alternatifs et l’impasse de ce type de mouvement, le petit tour de valse non concluant du côté du PC, les tentatives personnelles pour tenter de rester cohérents et fidèles à nos engagements, les trahisons encore et encore du PS ou de la CFDT, nous sommes des centaines à les avoir vécues, à nous y être usés, à avoir espéré, convaincus qu’il y avait un chemin.

Puis revint la lumière, autour de Mélenchon, le 29 mai 2005, nous fêtons pour la première fois depuis si longtemps, la victoire du non au traité européen et je suis de ceux qui se sont enthousiasmés un soir de 2008 aux accents du « bruit et de la fureur » d’un parti qui intégrait nos aspirations nées de 68 et de nos combats des années 70, celle du socialisme à visage humain, de l’écologie et de la République, celles de la laïcité et de l’égalité des droits.

Avec le tempérament qui est le mien, je m’y suis engagé sans compter. Bien sûr, je pressentais les germes de quelques erreurs, la stratégie du parti creuset et du Front de Gauche pouvaient freiner le développement d’un grand parti de masse et de classe, empêcher de prendre cette place vide, désertée depuis si longtemps par le PS et victime des louvoiements électoraux du PCF. L’expérience de ma vie militante pouvait enfin être utile, apporter sans rien espérer en retour cette part d’éclairage était mon vœu le plus cher, porter  et tenter de faire partager les thèmes qui firent notre réussite dans le développement de la CFDT en son temps, développement, organisation, formation, information constituèrent l’essentiel de mes activités, elles ne furent pas comprises, pas grave pour ce qui est de mon ego, dommageable pour la vie de ce beau parti et de ce que nous aurions pu en faire mais regardons le temps présent.

Notre société vit au rythme des réseaux sociaux, dangereux s’il en est avec son corollaire non moins dangereux, le rejet de toute organisation. Que tel ou tel individu aux opinions non identifiables se plaigne du prix du carburant lance un appel relayé très vite par les forces de droite extrême ou de l’extrême droite et la machine embraye vantée par les media bien absents en d‘autres circonstances, entraînant les populations à la remorque d’un mouvement aux suites si incertaines qu’elles ne peuvent qu’‘être dangereusement inquiétantes et notre parti exsangue ne peut plus jouer le rôle critique que la situation imposerait, la mouvement dans lequel il s’est noyé se trouve condamné à une déclaration de circonstance et à se diviser sur l’attitude à tenir alors que les propositions du programme présidentiel de Mélenchon, l’AEC, portait les revendications les plus claires et les plus ambitieuses sur la situation.

Sur ces mêmes réseaux sociaux, ce jour, nous entendons un phénomène encore moins développé et, au combien inquiétant lui aussi, l’appel à détruire des boucheries au nom du véganisme…Faut-il aussi le relayer s’il se développe parce qu’il vient du peuple ?

Faudra-t-il relayer cette soi-disant colère lorsque que tel ou tel loustic appellera un jour ou l’autre à envahir telle ou telle banlieue pour y faire le ménage et qu’il sera lui aussi populaire ?

Non, de grâce, posons-nous et réfléchissons quelque peu à la différence qu’il y a entre colère et revendication, entre mouvement social et agitation mais qui peut le faire ?

Oui qui peut le faire à part une organisation développée, pédagogique, structurée composée de vrais adhérents qui réfléchissent dans des structures organisées ?

Qui peut le faire alors que le tout numérique conditionne les individus à tout régler, sans aucun contact humain, derrière la machine ou le clavier, l’adhésion au parti comme les gestes élémentaires de la vie, des achats comme de la démarche administrative, la réaction épidermique sur tel ou tel évènement.

J’ai toujours cru que rien n’était perdu, que l’être humain avait les capacités pour se ressaisir, que si nous le voulions, nous pouvions maîtriser les situations et notre destin.

Au vu de ce qui reste de notre parti qui portait l’espérance, au vu du ballotement constaté du mouvement FI au gré des calendriers électoraux, des évènements ou des appels des réseaux, en ce temps de ma vie ou les affres cruspuculaires se font sentir, j’avoue avec tristesse voir revenir ce temps que de 2008 à 2016, je croyais révolu….celui des états d’âme, des incompréhensions, bref ce temps où l'on veut encore croire que notre belle jeunesse aura les sursauts salutaires mais où l'on souffre de notre réalité d'homme de devenir impuissant devant les forces colossales du capital.

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19 octobre 2018

16 octobre 2018 preuve que la révolution, même citoyenne, ne sera jamais un diner de gala.

119209150Les perquisitions, chez Jean-Luc Mélenchon, ses collaborateurs, nos locaux et les domiciles de ceux qui l’accompagnent dans notre combat, perquisitions qui sont entachées, semble-t-il de fortes irrégularités notamment le blocage des responsables à l’extérieurs des lieux perquisitionnés, l’absence des PV légaux etc… ne sont en fait qu’une mauvaise manœuvre d’intimidation et de mise à mal de la principale force d’opposition. La prestation du Président de la République, les suites judiciaires laissent à penser que l'opération va se retourner contre ses géniteurs.

Ils se sont opérés dans le cadre de procédures préliminaires, c’est-à-dire sur ordre du parquet dépendant du politique  et n’ont rien à voir avec ce qui s’est passé en d’autres situations (Fillon, Le Pen) où la procédure était judiciaire donc sous contrôle d’un juge indépendant.

Ajoutons que, contrairement à Mme Le Pen, nos camarades se présentent à la convocation des juges, Jean-Luc Mélenchon en tête.

C’est donc bien de politique et non  de justice qu’il s’agit et, quoi qu’en dise une presse anesthésiée par le libéralisme et la bien-pensance, quoi qu’en disent les media qui font leurs choux gras d’une altercation tout à fait légitime, quoi qu’en dise le parti majoritaire qui est chargé d’applaudir à chaque phrase du gouvernement et quoi qu’en pensent les partis, syndicats et mouvements qui se terrent dans le silence, l’indignation est légitime, la colère de gens réveillés injustement à l’aurore et l’impossibilité de responsables à assister à la perquisition de leurs locaux ne l’est pas moins.

Mais cette affaire, la première émotion passée, est éclairante sur l’attitude de classe et sur les moyens mis en œuvre pour contrer toute volonté d’en finir avec le vieux monde, de décréter la république sociale et le pouvoir du peuple sur la bourgeoisie.

Ce n’est pas nouveau, à chaque fois que les forces du capital sont aux abois et les 7 millions d’électeurs sur le programme de Jean-Luc Mélenchon font qu’elles le sont, à chaque chance de victoire, la classe dominante a toujours employé les mêmes moyens :

-         Intégrer presse et média dans le système de pensée par la possession financière, par la formation des journalistes qui cherchent deux ans avant qui sera le candidat au lieu de décortiquer honnêtement le programme, qui donnent le choix du second tour avant que le premier soit fait ou par la pression subtile sur ces derniers par les forces de l’argent.

-         Utiliser la force d’appoint du système qu’est l’extrême droite pour la mettre au pinacle et organiser à son profit la peur de la voir réussir

-         Criminaliser l’action syndicale et l’action politique par la répression des manifestants, par l’accusation de troubles, par l’action judiciaire.

-       Passer aux stades supérieurs que sont l’intimidation des responsables en vue, utiliser leurs colères et leurs déclarations pour casser leur mouvement.

-         Et enfin passer au stade ultime fascisant de l’empêchement d’agir par la prison ou l’assassinat.

 Ils ont utilisé ce déroulé dans toutes les périodes d’évolution pour la victoire, par l’assassinat de Robespierre et les accusations posthumes fausses et développées par l’histoire officielle  qui le concernent, par le massacre des communards, l’assassinat de Jaurès où ailleurs par le discrédit international sur Cuba ou le Venezuela là aussi par des informations fausses et ces mois derniers l’emprisonnement de Lula pour que triomphe leur outil politique d’extrême droite, on pourrait trouver les exemples à l’infini..

Les évènements de mardi situent la réalité française actuelle au point 4 de ce programme.

Nous le savons depuis belle lurette, la révolution ne sera pas un diner de gala.

S’il est foncièrement absolument exact que la victoire présidentielle nous est indispensable pour enclencher le processus, si dans le temps présent, il me paraît utile de réaffirmer que, pour moi, l’homme de la situation est Jean-Luc Mélenchon, l’époque est sans doute venue, à la lueur de ces évènements de nous réinterroger sur la stratégie employée.

Outre le fait que nous n’avons pas, me semble-t-il, à nous noyer dans un scrutin pour un parlement européen sans pouvoir ou à nous polariser comme force politique sur l’élection si compliquée des conseils municipaux, nous devons être clairs sur l’élection présidentielle et renoncer à cette attitude de la FI du légalisme à tout crin.

Oui nous devrons affronter les institutions de la 5ème République et ce n’est pas, par crainte du conseil constitutionnel, en demandant au peuple de confirmer son choix de la Constituante par referendum, que nous y arriverons. Revenons à la position initiale du PG : une Constituante élue décidée par le Président de la République et comme l’a dit en son temps Jean-Luc Mélenchon « dont l’élection sera convoquée dès le jour de l’investiture »

Oui nous devons mobiliser le peuple sur le terrain qui le concerne directement, celui du social où dès la victoire et encore mieux si c’est avant, il doit être mobilisé entreprise par entreprise, quartier par quartier sur la victoire sociale et replaçons-nous dans la tête du combat en relançant l’appel du 23 septembre 2017 au front social du monde du travail et des catégories exploitées.

Oui nous devons dénoncer, dénoncer sans cesse les mascarades du pouvoir, démontrer le mensonge permanent et s'il est exact qu’à défaut d’un parti fort et démocratique pour le faire, une bonne partie des députés du programme de l’AEC le fait très bien.

Mais de grâce, ne prenons pas le risque de nous embourber dans un légalisme exacerbé, dans cette fausse conception d’une démocratie, la démocratie bourgeoise, qui se limiterait à un chèque en blanc à des pouvoirs élus par une minorité d’électeurs, nous n’avons pas inventé la lutte des classes, elle est une évidence permanente mais organisons-nous pour reprendre le chemin de la victoire car pour le moment c’est la classe du patronat et de la finance qui la gagne.

Souvenons-nous simplement, clairement avec détermination que la victoire présidentielle n’est qu’un moyen, pas un but, que notre choix est le choix initial du Parti de Gauche, la Révolution par les urnes que nous appelons citoyenne mais la révolution, pas le gain de sièges locaux, européens ou départementaux. Evitons l’angélisme qui consisterait à penser que tout se passera en douceur, que ce système ne se défendra pas, que nous n’aurons pas face à nous en intérieur les forces institutionnelles et leurs auxiliaires, police, justice, media et qui sait même l'armée et que sans mobilisation des forces de notre peuple, nous referons inexorablement 1983 ou Tsipras.

Non vraiment, ne nous préparons pas à un diner de gala mais à un combat méthodique certes mais long et engagé…..

16 octobre 2018

Maurel et compagnie…bien triste fin de partie pour la Révolution citoyenne.

J’avais cologo PGmmencé la rédaction de cet article de blog hier, pensant le mettre en ligne ce matin. Il est bien sûr évident devant les éléments nouveaux de ce jour, à savoir une inacceptable et scandaleuse attitude de la « macronie » chez nos camarades, que ce ne sont pas quelques divergences de stratégie qui vont empêcher mon soutien qui reste inconditionnel à l’homme et camarade Jean-Luc Mélenchon, mon amitié aux camarades du siège de notre parti et ma solidarité dans l’épreuve aux camarades députés et militants de l’Avenir en Commun »

Ainsi ça y est, enfin dirais-je, après 35 ans de dérives du PS, après 5 ans d’une mandature scandaleuse, se drapant dans les couleurs d’une virginité retrouvée, les éléphants sortent de la jungle, se prétendant d’une aile gauche alors que nous le savons bien, la véritable aile gauche a quitté ce navire en 2008 derrière la courageuse attitude d’un Jean-Luc Mélenchon qui, créant le parti de Gauche sur le thème de la Révolution citoyenne a permis la renaissance d’un espoir perdu chez tous ceux qui, comme moi se trouvaient en « déserrance » des voies révolutionnaires nées d’un certain 13 mai 1968 suite aux « évolutions" libérales de la CFDT et du PSU, à l’impasse des mouvements alternatifs et à l’incompréhension avec le PCF.

Ces prétendus  frondeurs qui pendant ces dernières années ont allègrement laissé faire, voire soutenu dans certains cas les lamentables attitudes du gouvernement Valls, qui n’ont pas bronché quand Mélenchon fustigeait l’attitude d’un ministre de l’Intérieur immobile devant l’assassinat de notre camarade Rémi Fraysse à Sievens, quand un premier ministre faisait passer la casse d’un code du travail sous 49-3, quand dans chaque manifestation à Paris, à Rennes, à Nantes ou ailleurs, nos camarades se faisaient bloquer dans des nasses organisées et tabasser à tout va...

Voyant le vent tourner et leur parti moribond s’enfoncer dans son agonie, après le candidat bloqueur de Mélenchon nommé Hamon, les dénommés Maurel, Lienemann et même Dray décident qu’il est temps de sortir et de s’assurer une place dans les scrutins à venir et plus directement avec la seule force qui porte un vrai programme de gauche, le mouvement dit Insoumis.

Soyons clairs, je ne pleure pas sur la situation qui en résulte pour ce parti libéral. La situation qu’ils créent par leur départ aurait même tendance à provoquer dans mon esprit un certain grand plaisir, après tout ils ont compris ce qu’est le choix de ce parti 35 ans après beaucoup d’autres dont moi-même  et 10 ans après l’aile gauche que portait Mélenchon.

Je n’interviens pas dans les positions de la France Insoumise qui ne me concerne plus depuis pas mal de mois et qui fera sans doute un choix conforme à sa nouvelle ligne politique en accueillant certains d’entre eux, les bras ouverts et les postes d’éligibles à la clé.

Non je ne me préoccupe avec tristesse que de la situation dans laquelle se trouve mon parti, le Parti de Gauche, initiateur de la conception de Révolution Citoyenne comme remède pour notre peuple, porteur d’un programme intégrant à la fois la nécessité de mettre fin à la 5ème République, de créer les conditions d’une république sociale et éco socialiste par la Constituante élue, de porter haut et fort l’idéal d’une révolution par les urnes appuyée sur la mobilisation populaire et qui « ne ferait aucun arrangement sur un coin de table » en « ne s’arrangeant qu’avec le Peuple lui-même ».

En perdant son rôle critique, en abandonnant son programme dans le mouvement FI, en se mettant au service inconditionnel, avec tristesse je suis amené à penser que notre parti s’est perdu lui-même.

Et pourtant quelle espérance, il a apporté. La détermination de son Président d’alors, la jeunesse rejoignant en grande masse nos rangs, l’apport inestimable des écologistes qui ne trouvaient pas leur place dans le mouvement dit du même nom et qui, avec le slogan magnifique « Dans le capitalisme vert, le problème n’est pas la couleur » ont largement contribué à ce travail magistral que fut la charte éco socialiste. Le choix exprimé par 46 % de ses adhérents d’une dénonciation claire des traités européens et de la sortie de l’Euro lors du congrès de 2015 confortaient cette volonté exprimée d’un parti fort, démocratique, développé pesant de tout son poids sur les choix électoraux auguraient d’une nouvelle période fructueuse pour notre parti et notre peuple et je garde au fond de mon coeur ce slogan qui est né chez beaucoup d'entre nous à la suite de l'horreur des régionales 2015 "PLUS JAMAIS PS".

Les mois qui ont suivi et le congrès de 2018 n’ont pas confirmé ces orientations, nous le  paierons très cher longtemps mais ce parti, pour ce qu’il m’a apporté, pour le travail que nous y avons ensemble accompli reste une grande part de moi-même et celles ou ceux qui me verraient le mettre en danger en seront pour leurs frais même si pour les années qui me restent, sans évolution, j'ai choisis d’en être un simple adhérent.

Parce que la révolution citoyenne passe effectivement par la prise du pouvoir central, elle ne peut avoir lieu sans la mobilisation des masses. Sans l’affrontement inéluctable avec les forces dominantes notamment les institutions de la 5ème République, tel est le sens de mon opposition à la procédure  référendaire préalable pour la constituante décidé à Lille.

Parce que la prise de pouvoir et la révolution citoyenne implique automatiquement un choix social de classe, tel est le sens de mon opposition au choix du salaire net sorti lui aussi lors de la convention de Lille.

Pour ces raisons, je me suis écarté de ce mouvement sur lequel j’étais dès le départ dubitatif, ayant déjà vécu l’expérience de ce genre de truc hors partis dans les années 80.

Les déclarations, prises de positions sur le plan B notamment, les rencontres ici ou là avec Hamon et compagnie, n’ont pas calmé, malgré les attitudes plus que positives de certains députés, je pense à Mathilde, Loïc, Adrien, Ugo, Éric, Caroline et bien sûr Jean-Luc notamment, mes inquiétudes.

L’accueil réservé à Maurel et autre Lienemann, dans les rangs, dans les statuts sur les réseaux sociaux, dans les déclarations de responsables dits insoumis est, hélas la révélation de ce qu’il adviendra de la FI car ce serait vraiment un angélisme béat que de croire que ces transfuges d’un PS qu’ils ont accompagné dans sa dérive droitière et même répressive vont accepter en l’état un programme de l’AEC dont ils ne peuvent accepter ni la dénonciation des traités, ni la sortie de l’Euro, ni même la fin de la 5ème et dans lequel ils militeront pour une amélioration du fonctionnement existant de l’Europe, conduisant de fait le mouvement dans les travers du PS Bis….

Face à tout cela, un PG fort, ayant son autonomie dans la FI, aurait pu le dire et dénoncer. Hélas, mille fois hélas, il ne fera ni ne le pourra.

 

 

 

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10 octobre 2018

9 octobre, une sacrée série de dates

408735_478355455532936_160131224_nTrois de ces 9 octobre auront marqué ma vie personnelle et militante.

Ce fut d’abord 1967, nous apprenons par nos transistors (que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître), là-bas vers Villegrande, l’assassinat de celui qui aura fait rêver mon adolescence, le tenant de l’Internationalisme, le combattant de la Sierra Maestra, l’un des commandantes libérateurs de Cuba, Ernesto Guevara, médecin argentin devenu citoyen et ministre de la nation cubaine qui choisit de continuer le combat pour libérer ce pauvre et martyr continent d‘Amérique du Sud.

Puis 1978, dans un autre genre, à 49 ans, le chanteur belge qui enchanta notre enfance et notre adolescence, Jacques Brel, quelque part là-bas aux Marquises tirait sa révérence après nous avoir gratifié de son dernier disque et d’un superbe hommage sous ce titre «  Pourquoi ont-ils tué Jaurès »

J’ai choisi pour ce 9 octobre de limiter mon propos, de retenir un autre évènement survenu en 1998, à l’histoire d’une trahison, celle d’une grande partie de majorité des députés de l’Assemblée nationale, vous l’aurez compris, celle des députés PS.

Depuis 1970, avec Jean-Louis Bory, Guy Hocquenheim et le mouvement qu’il a créé, le FHAR, je suis, parmi tant d’autres combats de cette époque bénie entre toutes, de cette lutte légitime, celle de la reconnaissance et de la dépénalisation de l’homosexualité. J’en étais comme j’étais militant du droit des femmes, bref femmes, homos etc… l’égalité des droits quoi…

La volonté politique d’un Robert Badinter devait consacrer notre lutte par la dépénalisation comme Simone Weil avait consacré les combats de Gis-èle Halimi pour le droit à l’IVG. Nos luttes avaient imposé le droit… comme toujours.

Le combat était loin d’être terminé, nous voulions l’égalité totale, le droit à l’union, à l’adoption et c’est avec bonheur que nous vîmes émerger ce débat porté également par Elisabeth Badinter sur la scène politique par la proposition de loi d’un jeune sénateur Jean-Luc Mélenchon.

Elections désastreuses pour le PS en 1993, la proposition ne sera pas suivie de débat et reviendra sur le devant de la scène avec la majorité issue de la dissolution de 1997 sous la forme d’un projet de loi appelé pacte d’Union Civile.

Présenté au débat le 9 octobre 1998, je « sèche un de mes cours de cadre supérieur à l’ESSEC pour enfin jouir de ce signe de nos victoires » mais en fait de débat ce fut bien d’une trahison que je fus témoin. La plus que grande majorité des députés PS désertera ce jour le débat, laissant le champ libre à une motion d’irrecevabilité portée par la droite. Le député Noêl Mamère aura ce mot « " le PS ne voulait pas d'une loi pour des pédés"   Guigou/Jospin bafouillaient des prétextes à la noix du type « je regrette même si vous savez bien, ce n’est pas mon mode de vie » (Jospin) ou « ce n’était pas que pour les homosexuels, ce texte pouvait organiser la vie de gens voulatn vivre ensemble, cousins, voisins etc.(Guigou).
L’ouvrage fut remis sur le métier en 1999, le texte fut mis en débat mais une fois de plus, devant la fronde d’un « quarteron » de maires de droite tonitruant que «  jamais, ils ne célébreraient une telle cérémonie »,madame la ministre retira du texte la cérémonie en mairie et les couples qui voudront se pacser se contenteront d’une déclaration au greffe du tribunal… Bref j’ai vécu cela comme une réplique de la trahison de 98, ainsi pas question d’accès pour des homos à la maison Commune, ce serait trop voyant... Si cela n'est pas révélateur d'une réelle homophobie...

2013, le PS évitera la décision rapide, organisera par ses cafouillages et son indécision claire, la montée des intolérances, de l'homophobie au travers de la MPT, refusera énergiquement d'inscrire le droit à la PMA et traitera par les déclarations méprisantes, un utile et intelligent débat sur la GPA. L'égalité des droits n'est toujours pas totalement assurée à ce jour.

1983 m'avait révélé le PS antisocial, 1998/1999/2013 m'auront prouvé le PS lâche et homophobe.

Autant d'éléments pour alimenter mon choix trentenaire du "plus jamais PS" et je m'y tiens...

Mieux vaut en effet ne jamais être élu que devoir sa place à ces gens....

Oui, sacrée date ce 9 octobre.

Posté par Micmilitant Gien à 12:22 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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