50 ans après...

19 octobre 2018

16 octobre 2018 preuve que la révolution, même citoyenne, ne sera jamais un diner de gala.

119209150Les perquisitions, chez Jean-Luc Mélenchon, ses collaborateurs, nos locaux et les domiciles de ceux qui l’accompagnent dans notre combat, perquisitions qui sont entachées, semble-t-il de fortes irrégularités notamment le blocage des responsables à l’extérieurs des lieux perquisitionnés, l’absence des PV légaux etc… ne sont en fait qu’une mauvaise manœuvre d’intimidation et de mise à mal de la principale force d’opposition. La prestation du Président de la République, les suites judiciaires laissent à penser que l'opération va se retourner contre ses géniteurs.

Ils se sont opérés dans le cadre de procédures préliminaires, c’est-à-dire sur ordre du parquet dépendant du politique  et n’ont rien à voir avec ce qui s’est passé en d’autres situations (Fillon, Le Pen) où la procédure était judiciaire donc sous contrôle d’un juge indépendant.

Ajoutons que, contrairement à Mme Le Pen, nos camarades se présentent à la convocation des juges, Jean-Luc Mélenchon en tête.

C’est donc bien de politique et non  de justice qu’il s’agit et, quoi qu’en dise une presse anesthésiée par le libéralisme et la bien-pensance, quoi qu’en disent les media qui font leurs choux gras d’une altercation tout à fait légitime, quoi qu’en dise le parti majoritaire qui est chargé d’applaudir à chaque phrase du gouvernement et quoi qu’en pensent les partis, syndicats et mouvements qui se terrent dans le silence, l’indignation est légitime, la colère de gens réveillés injustement à l’aurore et l’impossibilité de responsables à assister à la perquisition de leurs locaux ne l’est pas moins.

Mais cette affaire, la première émotion passée, est éclairante sur l’attitude de classe et sur les moyens mis en œuvre pour contrer toute volonté d’en finir avec le vieux monde, de décréter la république sociale et le pouvoir du peuple sur la bourgeoisie.

Ce n’est pas nouveau, à chaque fois que les forces du capital sont aux abois et les 7 millions d’électeurs sur le programme de Jean-Luc Mélenchon font qu’elles le sont, à chaque chance de victoire, la classe dominante a toujours employé les mêmes moyens :

-         Intégrer presse et média dans le système de pensée par la possession financière, par la formation des journalistes qui cherchent deux ans avant qui sera le candidat au lieu de décortiquer honnêtement le programme, qui donnent le choix du second tour avant que le premier soit fait ou par la pression subtile sur ces derniers par les forces de l’argent.

-         Utiliser la force d’appoint du système qu’est l’extrême droite pour la mettre au pinacle et organiser à son profit la peur de la voir réussir

-         Criminaliser l’action syndicale et l’action politique par la répression des manifestants, par l’accusation de troubles, par l’action judiciaire.

-       Passer aux stades supérieurs que sont l’intimidation des responsables en vue, utiliser leurs colères et leurs déclarations pour casser leur mouvement.

-         Et enfin passer au stade ultime fascisant de l’empêchement d’agir par la prison ou l’assassinat.

 Ils ont utilisé ce déroulé dans toutes les périodes d’évolution pour la victoire, par l’assassinat de Robespierre et les accusations posthumes fausses et développées par l’histoire officielle  qui le concernent, par le massacre des communards, l’assassinat de Jaurès où ailleurs par le discrédit international sur Cuba ou le Venezuela là aussi par des informations fausses et ces mois derniers l’emprisonnement de Lula pour que triomphe leur outil politique d’extrême droite, on pourrait trouver les exemples à l’infini..

Les évènements de mardi situent la réalité française actuelle au point 4 de ce programme.

Nous le savons depuis belle lurette, la révolution ne sera pas un diner de gala.

S’il est foncièrement absolument exact que la victoire présidentielle nous est indispensable pour enclencher le processus, si dans le temps présent, il me paraît utile de réaffirmer que, pour moi, l’homme de la situation est Jean-Luc Mélenchon, l’époque est sans doute venue, à la lueur de ces évènements de nous réinterroger sur la stratégie employée.

Outre le fait que nous n’avons pas, me semble-t-il, à nous noyer dans un scrutin pour un parlement européen sans pouvoir ou à nous polariser comme force politique sur l’élection si compliquée des conseils municipaux, nous devons être clairs sur l’élection présidentielle et renoncer à cette attitude de la FI du légalisme à tout crin.

Oui nous devrons affronter les institutions de la 5ème République et ce n’est pas, par crainte du conseil constitutionnel, en demandant au peuple de confirmer son choix de la Constituante par referendum, que nous y arriverons. Revenons à la position initiale du PG : une Constituante élue décidée par le Président de la République et comme l’a dit en son temps Jean-Luc Mélenchon « dont l’élection sera convoquée dès le jour de l’investiture »

Oui nous devons mobiliser le peuple sur le terrain qui le concerne directement, celui du social où dès la victoire et encore mieux si c’est avant, il doit être mobilisé entreprise par entreprise, quartier par quartier sur la victoire sociale et replaçons-nous dans la tête du combat en relançant l’appel du 23 septembre 2017 au front social du monde du travail et des catégories exploitées.

Oui nous devons dénoncer, dénoncer sans cesse les mascarades du pouvoir, démontrer le mensonge permanent et s'il est exact qu’à défaut d’un parti fort et démocratique pour le faire, une bonne partie des députés du programme de l’AEC le fait très bien.

Mais de grâce, ne prenons pas le risque de nous embourber dans un légalisme exacerbé, dans cette fausse conception d’une démocratie, la démocratie bourgeoise, qui se limiterait à un chèque en blanc à des pouvoirs élus par une minorité d’électeurs, nous n’avons pas inventé la lutte des classes, elle est une évidence permanente mais organisons-nous pour reprendre le chemin de la victoire car pour le moment c’est la classe du patronat et de la finance qui la gagne.

Souvenons-nous simplement, clairement avec détermination que la victoire présidentielle n’est qu’un moyen, pas un but, que notre choix est le choix initial du Parti de Gauche, la Révolution par les urnes que nous appelons citoyenne mais la révolution, pas le gain de sièges locaux, européens ou départementaux. Evitons l’angélisme qui consisterait à penser que tout se passera en douceur, que ce système ne se défendra pas, que nous n’aurons pas face à nous en intérieur les forces institutionnelles et leurs auxiliaires, police, justice, media et qui sait même l'armée et que sans mobilisation des forces de notre peuple, nous referons inexorablement 1983 ou Tsipras.

Non vraiment, ne nous préparons pas à un diner de gala mais à un combat méthodique certes mais long et engagé…..

16 octobre 2018

Maurel et compagnie…bien triste fin de partie pour la Révolution citoyenne.

J’avais cologo PGmmencé la rédaction de cet article de blog hier, pensant le mettre en ligne ce matin. Il est bien sûr évident devant les éléments nouveaux de ce jour, à savoir une inacceptable et scandaleuse attitude de la « macronie » chez nos camarades, que ce ne sont pas quelques divergences de stratégie qui vont empêcher mon soutien qui reste inconditionnel à l’homme et camarade Jean-Luc Mélenchon, mon amitié aux camarades du siège de notre parti et ma solidarité dans l’épreuve aux camarades députés et militants de l’Avenir en Commun »

Ainsi ça y est, enfin dirais-je, après 35 ans de dérives du PS, après 5 ans d’une mandature scandaleuse, se drapant dans les couleurs d’une virginité retrouvée, les éléphants sortent de la jungle, se prétendant d’une aile gauche alors que nous le savons bien, la véritable aile gauche a quitté ce navire en 2008 derrière la courageuse attitude d’un Jean-Luc Mélenchon qui, créant le parti de Gauche sur le thème de la Révolution citoyenne a permis la renaissance d’un espoir perdu chez tous ceux qui, comme moi se trouvaient en « déserrance » des voies révolutionnaires nées d’un certain 13 mai 1968 suite aux « évolutions" libérales de la CFDT et du PSU, à l’impasse des mouvements alternatifs et à l’incompréhension avec le PCF.

Ces prétendus  frondeurs qui pendant ces dernières années ont allègrement laissé faire, voire soutenu dans certains cas les lamentables attitudes du gouvernement Valls, qui n’ont pas bronché quand Mélenchon fustigeait l’attitude d’un ministre de l’Intérieur immobile devant l’assassinat de notre camarade Rémi Fraysse à Sievens, quand un premier ministre faisait passer la casse d’un code du travail sous 49-3, quand dans chaque manifestation à Paris, à Rennes, à Nantes ou ailleurs, nos camarades se faisaient bloquer dans des nasses organisées et tabasser à tout va...

Voyant le vent tourner et leur parti moribond s’enfoncer dans son agonie, après le candidat bloqueur de Mélenchon nommé Hamon, les dénommés Maurel, Lienemann et même Dray décident qu’il est temps de sortir et de s’assurer une place dans les scrutins à venir et plus directement avec la seule force qui porte un vrai programme de gauche, le mouvement dit Insoumis.

Soyons clairs, je ne pleure pas sur la situation qui en résulte pour ce parti libéral. La situation qu’ils créent par leur départ aurait même tendance à provoquer dans mon esprit un certain grand plaisir, après tout ils ont compris ce qu’est le choix de ce parti 35 ans après beaucoup d’autres dont moi-même  et 10 ans après l’aile gauche que portait Mélenchon.

Je n’interviens pas dans les positions de la France Insoumise qui ne me concerne plus depuis pas mal de mois et qui fera sans doute un choix conforme à sa nouvelle ligne politique en accueillant certains d’entre eux, les bras ouverts et les postes d’éligibles à la clé.

Non je ne me préoccupe avec tristesse que de la situation dans laquelle se trouve mon parti, le Parti de Gauche, initiateur de la conception de Révolution Citoyenne comme remède pour notre peuple, porteur d’un programme intégrant à la fois la nécessité de mettre fin à la 5ème République, de créer les conditions d’une république sociale et éco socialiste par la Constituante élue, de porter haut et fort l’idéal d’une révolution par les urnes appuyée sur la mobilisation populaire et qui « ne ferait aucun arrangement sur un coin de table » en « ne s’arrangeant qu’avec le Peuple lui-même ».

En perdant son rôle critique, en abandonnant son programme dans le mouvement FI, en se mettant au service inconditionnel, avec tristesse je suis amené à penser que notre parti s’est perdu lui-même.

Et pourtant quelle espérance, il a apporté. La détermination de son Président d’alors, la jeunesse rejoignant en grande masse nos rangs, l’apport inestimable des écologistes qui ne trouvaient pas leur place dans le mouvement dit du même nom et qui, avec le slogan magnifique « Dans le capitalisme vert, le problème n’est pas la couleur » ont largement contribué à ce travail magistral que fut la charte éco socialiste. Le choix exprimé par 46 % de ses adhérents d’une dénonciation claire des traités européens et de la sortie de l’Euro lors du congrès de 2015 confortaient cette volonté exprimée d’un parti fort, démocratique, développé pesant de tout son poids sur les choix électoraux auguraient d’une nouvelle période fructueuse pour notre parti et notre peuple et je garde au fond de mon coeur ce slogan qui est né chez beaucoup d'entre nous à la suite de l'horreur des régionales 2015 "PLUS JAMAIS PS".

Les mois qui ont suivi et le congrès de 2018 n’ont pas confirmé ces orientations, nous le  paierons très cher longtemps mais ce parti, pour ce qu’il m’a apporté, pour le travail que nous y avons ensemble accompli reste une grande part de moi-même et celles ou ceux qui me verraient le mettre en danger en seront pour leurs frais même si pour les années qui me restent, sans évolution, j'ai choisis d’en être un simple adhérent.

Parce que la révolution citoyenne passe effectivement par la prise du pouvoir central, elle ne peut avoir lieu sans la mobilisation des masses. Sans l’affrontement inéluctable avec les forces dominantes notamment les institutions de la 5ème République, tel est le sens de mon opposition à la procédure  référendaire préalable pour la constituante décidé à Lille.

Parce que la prise de pouvoir et la révolution citoyenne implique automatiquement un choix social de classe, tel est le sens de mon opposition au choix du salaire net sorti lui aussi lors de la convention de Lille.

Pour ces raisons, je me suis écarté de ce mouvement sur lequel j’étais dès le départ dubitatif, ayant déjà vécu l’expérience de ce genre de truc hors partis dans les années 80.

Les déclarations, prises de positions sur le plan B notamment, les rencontres ici ou là avec Hamon et compagnie, n’ont pas calmé, malgré les attitudes plus que positives de certains députés, je pense à Mathilde, Loïc, Adrien, Ugo, Éric, Caroline et bien sûr Jean-Luc notamment, mes inquiétudes.

L’accueil réservé à Maurel et autre Lienemann, dans les rangs, dans les statuts sur les réseaux sociaux, dans les déclarations de responsables dits insoumis est, hélas la révélation de ce qu’il adviendra de la FI car ce serait vraiment un angélisme béat que de croire que ces transfuges d’un PS qu’ils ont accompagné dans sa dérive droitière et même répressive vont accepter en l’état un programme de l’AEC dont ils ne peuvent accepter ni la dénonciation des traités, ni la sortie de l’Euro, ni même la fin de la 5ème et dans lequel ils militeront pour une amélioration du fonctionnement existant de l’Europe, conduisant de fait le mouvement dans les travers du PS Bis….

Face à tout cela, un PG fort, ayant son autonomie dans la FI, aurait pu le dire et dénoncer. Hélas, mille fois hélas, il ne fera ni ne le pourra.

 

 

 

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10 octobre 2018

9 octobre, une sacrée série de dates

408735_478355455532936_160131224_nTrois de ces 9 octobre auront marqué ma vie personnelle et militante.

Ce fut d’abord 1967, nous apprenons par nos transistors (que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître), là-bas vers Villegrande, l’assassinat de celui qui aura fait rêver mon adolescence, le tenant de l’Internationalisme, le combattant de la Sierra Maestra, l’un des commandantes libérateurs de Cuba, Ernesto Guevara, médecin argentin devenu citoyen et ministre de la nation cubaine qui choisit de continuer le combat pour libérer ce pauvre et martyr continent d‘Amérique du Sud.

Puis 1978, dans un autre genre, à 49 ans, le chanteur belge qui enchanta notre enfance et notre adolescence, Jacques Brel, quelque part là-bas aux Marquises tirait sa révérence après nous avoir gratifié de son dernier disque et d’un superbe hommage sous ce titre «  Pourquoi ont-ils tué Jaurès »

J’ai choisi pour ce 9 octobre de limiter mon propos, de retenir un autre évènement survenu en 1998, à l’histoire d’une trahison, celle d’une grande partie de majorité des députés de l’Assemblée nationale, vous l’aurez compris, celle des députés PS.

Depuis 1970, avec Jean-Louis Bory, Guy Hocquenheim et le mouvement qu’il a créé, le FHAR, je suis, parmi tant d’autres combats de cette époque bénie entre toutes, de cette lutte légitime, celle de la reconnaissance et de la dépénalisation de l’homosexualité. J’en étais comme j’étais militant du droit des femmes, bref femmes, homos etc… l’égalité des droits quoi…

La volonté politique d’un Robert Badinter devait consacrer notre lutte par la dépénalisation comme Simone Weil avait consacré les combats de Gis-èle Halimi pour le droit à l’IVG. Nos luttes avaient imposé le droit… comme toujours.

Le combat était loin d’être terminé, nous voulions l’égalité totale, le droit à l’union, à l’adoption et c’est avec bonheur que nous vîmes émerger ce débat porté également par Elisabeth Badinter sur la scène politique par la proposition de loi d’un jeune sénateur Jean-Luc Mélenchon.

Elections désastreuses pour le PS en 1993, la proposition ne sera pas suivie de débat et reviendra sur le devant de la scène avec la majorité issue de la dissolution de 1997 sous la forme d’un projet de loi appelé pacte d’Union Civile.

Présenté au débat le 9 octobre 1998, je « sèche un de mes cours de cadre supérieur à l’ESSEC pour enfin jouir de ce signe de nos victoires » mais en fait de débat ce fut bien d’une trahison que je fus témoin. La plus que grande majorité des députés PS désertera ce jour le débat, laissant le champ libre à une motion d’irrecevabilité portée par la droite. Le député Noêl Mamère aura ce mot « " le PS ne voulait pas d'une loi pour des pédés"   Guigou/Jospin bafouillaient des prétextes à la noix du type « je regrette même si vous savez bien, ce n’est pas mon mode de vie » (Jospin) ou « ce n’était pas que pour les homosexuels, ce texte pouvait organiser la vie de gens voulatn vivre ensemble, cousins, voisins etc.(Guigou).
L’ouvrage fut remis sur le métier en 1999, le texte fut mis en débat mais une fois de plus, devant la fronde d’un « quarteron » de maires de droite tonitruant que «  jamais, ils ne célébreraient une telle cérémonie »,madame la ministre retira du texte la cérémonie en mairie et les couples qui voudront se pacser se contenteront d’une déclaration au greffe du tribunal… Bref j’ai vécu cela comme une réplique de la trahison de 98, ainsi pas question d’accès pour des homos à la maison Commune, ce serait trop voyant... Si cela n'est pas révélateur d'une réelle homophobie...

2013, le PS évitera la décision rapide, organisera par ses cafouillages et son indécision claire, la montée des intolérances, de l'homophobie au travers de la MPT, refusera énergiquement d'inscrire le droit à la PMA et traitera par les déclarations méprisantes, un utile et intelligent débat sur la GPA. L'égalité des droits n'est toujours pas totalement assurée à ce jour.

1983 m'avait révélé le PS antisocial, 1998/1999/2013 m'auront prouvé le PS lâche et homophobe.

Autant d'éléments pour alimenter mon choix trentenaire du "plus jamais PS" et je m'y tiens...

Mieux vaut en effet ne jamais être élu que devoir sa place à ces gens....

Oui, sacrée date ce 9 octobre.

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26 août 2018

Jean-Luc Mélenchon oui mais…..

27973258_155321615275899_1917419852262668404_nCe n’est un secret pour personne, je pense;  j’ai pour Jean-Luc Mélenchon depuis 1989, le respect, l’admiration pour l’homme de courage, pour le tribun, pour le fin analyste géopolitique qu’il est et je garde au fond de mon esprit ce que je lui dois dans la magnifique aventure que nous avons vécue avec le Parti de Gauche. N’étant en aucun cas groupie, ce qu’on a pu lui dire de moi, ce qu’il peut penser ou écrire à mon sujet ne fait rien à l’affaire, il aura toujours, parce qu’il est l’un des quelques hommes remarquables de nos républiques depuis Robespierre, mon soutien sans faille tant qu’il s’agit de son nom et de ses combats.

Ce n’est pas de cela qu’il s’agit dans les débats en cours, dans la formidable partie qui se joue contre le capital depuis des siècles. Ce qui est en jeu c’est l’avenir des forces et des projets qui nous mènent vers ce qui nous a fédérés, motivés, au sein du parti qui était notre ciment, la Révolution Citoyenne via la construction par le peuple lui-même d’une rupture avec les forces oligarchiques, donc avec les institutions de la 5ème République par une Constituante imposée par le président élu.

Et ce n’est en aucun cas, ni faire injure à Jean-Luc Mélenchon, ni renier nos combats et notre objectif commun que de dire que, non seulement nous nous sommes trompés au PG auquel, que personne ne se réjouisse, je reste fidèle adhérent, mais que la FI nous entraîne sur une pente tout à fait contraire à l’objectif fixé.

La révolution citoyenne exige des outils et une stratégie.

La stratégie, nous la connaissons, conquérir le pouvoir présidentiel, décréter la Constituante et convoquer son élection, commencer avec le parlement élu et en soutenant la pression populaire indispensable le programme des réformes sociales pour mettre fin à la misère organisée par 35 années d’euro-libéralisme.

En quoi avons-nous fauté ? Pourquoi n’avons-nous pas réussi à fédérer les classes populaires contre les lois Macron/El Khomri ? Comment n’avons-nous réussi la formidable campagne contre la casse du statut des cheminots ?

Beaucoup de questions sur tous ces thèmes mériteraient une profonde réflexion interne à notre parti et accessoirement au sein de la FI si tant est que ce mouvement ait un avenir. Réflexions qui à elles seules auraient motivé le maintien de l’université d’été du PG, désormais bien trop absent du paysage et qui auraient dû mobiliser ces fameux amfi2018 à Marseille.

Commençons par le Parti de Gauche. J’ai la chance et elle m’aura marqué pour longtemps, d’avoir rencontré ce parti, d’avoir vécu la belle aventure de conseils nationaux en conseils nationaux, de congrès en congrès. Même si j’ai combattu la stratégie du parti creuset, de l’erreur enfin reconnue du Front de Gauche et fortement douté, à l’expérience je n’avais pas tort, de celle de la FI, je me suis battu sincèrement et je le crois respectueusement, sans jamais tomber dans les attaques ad hominem, parce que ce n'est pas mon fonctionnement et que si tout venait de quelques hommes ou femmes, ce serait simple à régler, pour ce à quoi je crois.  

Et ce que je crois, je le dis et le redis sur tous les tons : il n’y a pas de solutions sans un parti fort, clair sur la stratégie et les alliances éventuelles de circonstance ( on ne peut pas passer de l’extrême d’aduler le PCF à l’extrême de ne plus le rencontrer par exemple, encore moins et de loin du « plus jamais PS » à l’acceptation d’une soi-disant aile gauche valable ou de socialos porteurs des aberrations « hollandiennes » ), un parti organisé, développé, démocratique avec une politique décentralisée de cotisations, de formation, avec un outil d’information performant. Avec les nombreux camarades qui se retrouvaient sur cette ligne et qui contraints ou écœurés, ont malheureusement quitté le navire, je reconnais que nous avons perdu et que l’allégeance à la FI est un naufrage dans lequel nous serons les premiers à sombrer. Cependant cette réalité du parti fort n’est pas nouvelle, le PC par son organisation en fut très fort en son temps et reste solidement ancré, le PS à Epinay s’en est servi pour conquérir le pouvoir, même s’il a dérivé en 1983.

Mais aujourd’hui, la FI sur un programme qui était celui du PG, y compris, et peut être surtout, la belle charte éco-socialiste, qu’elle s’est contentée d’amender et pas en bien pour ce qui concerne la Constituante mais surtout et beaucoup plus grave, par l’abandon de la notion de salaire en faisant référence au salaire net etc. se situe en mouvement électoraliste. Faut-il trouver normal que la lutte contre le capital se transforme uniquement en lutte anti-Macron avec l’aide éventuelle de forces de droite qu’il s’agisse de LR ou de PS ? Ne doit-on pas s’inquiéter d’utiliser tous les scrutins, y compris le scrutin européen à cet effet ? Faut il accepter que les idées et fonctionnement personnel soient modifiées pour quelques voix? Devons-nous systématiquement nous user dans toutes les élections, y comris le  plus inutiles pour notre stratégie ou construire enfin la seule victoire importante dans notre état, la victoire au niveau du pouvoir national?

Certes, nous avons élu des députés et la majorité d’entre eux, celle  que je ne soupçonne pas d’ambitions électorales démesurées, fait un travail formidable, je pense notamment à Loïc, Mathilde, Ugo, Adrien mais le fonctionnement de cette Assemblée, les méthodes de débats, la volonté justifiable d’exister et d’apparaître ne risquent-elles pas de conduire à des compromis sur la ligne du programme l’Avenir en Commun qui, même imparfait sur certains points, reste et doit rester notre seul base électorale ?

Surtout ne mettons pas sous le tapis la réalité de notre pays, des services publics massacrés, un service de santé exangue, une pauvreté qui se répand de mois en mois, le programme du CNR aux oubliettes, une détérioration écologique consécutive à la loi du fric. C'est sur ces points que l'étincelle mettra le feu à la plaine et nous devons être prêts à la soutenir et à y répondre, c'est plus important que nos milliers d'amendements déposés et bananés par la majorité de godillots qui sera toujours une réalité dans la 5ème République et dans l'imbécilité du choix du quinquennat.

La logique d’un mouvement dit « gazeux » qui, par nature n’a ni structures viables, ni vrais pouvoirs de décision sur la ligne ne conduit elle pas au pouvoir exorbitant de ses élus et n’est-ce pas ce que nous découvrons peu à peu dans une évolution qui va de la révolution citoyenne à la construction d’un nouveau PS qui ne sera pas celui d’Epinay mais celui qui conduisit à la dérive libérale et finalement au « Hollandisme », à une organisation qui fonctionne à coups de clics et de tirages au sort, empêchant de fait toute vie réellement démocratique..

Sans esprit critique, l'admiration légitime peut conduire, et je l'ai vécu plusieurs fois au soutien d'un homme ou d'une équipe. Il est vital d'y faire toujours attention et dans la création de la FI, dans l'allégeance du PG à la FI, dans la campagne des législatives, il y eut de ça aussi...restons ce que nous sommes, des militants conscients, critiques, c'est notre meilleur atout.

Autant de questions qui me vaudront sans aucun doute le retour habituel des accusations d’aigreur, de redondance, de lourdeur et j’en passe mais qui ne me feront pas dévier du fil de ma pensée. Oui Mélenchon est et reste l’homme d’état dont nous avons besoin, oui les années de travail du Parti de Gauche permettent l’espoir et il de la responsabilité de ceux qui ont la force et à qui reste la motivation d’exiger du PG qu’il prenne enfin sa place de parti de la Révolution Citoyenne et qu’il remplace l’allégeance à la FI par l’esprit critique…faute de quoi, mes amis, nous avons perdu pour longtemps et les discours brillants et mobilisateurs ne remplaceront pas la nécessaire force pour une société nouvelle, .sociale et démocratique, bref pour que viennent enfin les jours heureux.

 

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21 août 2018

Faut-il le redire ? Militant …pas politicien

15741187_646532938851467_8415851070963041619_nJ’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, je suis un militant qui se bat contre le système capitaliste, contre ses conséquences injustes, contre ses iniquités, contre ce qu’il produit de haine, de guerre, de divisions entre les individus sous prétexte de races, de différences d’orientation sexuelle, de couleur de peau et autres discriminations…

Ce combat-là ne cessera jamais et je me situe clairement au niveau de la réalité de la lutte des classes, dans la classe qui est la mienne, celle des victimes et des exploités.

En son nom, la vie m’a donné ce bonheur d’être à leurs côtés dans le combat syndical depuis ce jour de décembre 1964 où je m’y suis investi, depuis la belle espérance révolutionnaire de mai 68, depuis tous les combats sociétaux des années 70 où j’ai découvert les réalités des situations vécues dans les luttes pour l’égalité, contre la situation faite aux femmes ou aux homosexuels, les combat des paysans au Larzac, les dangers du nucléaire et cette action du pot de terre contre le pot de fer à Dampierre suivie de tant d’autres qui durent encore aujourd’hui. Grâce à elle, j’ai découvert le goût du voyage et ces premières études si enrichissante du système Yougoslave en 1971/72, ensuite de Santa Clara à la zone DMZ du Vietnam se révélait de magnifiques espérances, celle des vainqueurs de notre camp contre les impérialismes du capital et je devais m’inscrire à jamais dans l’espoir d’une Palestine libérée de ses colonisateurs et en paix…enfin.

Le monde politique quant à lui, ne m’aura pas réservé les mêmes espérances. Longtemps, très longtemps, j’ai cru que la victoire politique était le complément indispensable à nos combats et que sans cette victoire, dans ce qu’est aujourd’hui notre pays, nous n’avions aucune chance de réussite, je le crois encore aujourd’hui en partie, mais en partie seulement…

Même si, en politique je n’ai caressé en réalité qu’un rêve , devenu aujourd’hui difficile en raison de l’âge et des turpitudes de la vie politique locale, celui d’être le premier magistrat de ma ville de naissance qui a subit tant d’avatars depuis sa belle renaissance dans les années Dézarnaulds, le pouvoir n’a jamais été mon objectif de vie…Fort heureusement sans doute, la vie politique me l’a bien rendu.

Plein d’espoir et d’énergie, en parallèle de mes engagements syndicaux et sociétaux, je suis entré en 1969 dans le PSU au travers de la campagne de Michel Rocard. Mon ami, Jean-Pierre, beaucoup plus clairvoyant que je ne l’étais, m’avait prévenu de cette impasse avec une phrase que je n’ai jamais oubliée… « Être élu, député ou même choisi comme ministre ne servira à rien tant qu’il n’existera pas un couple d’hommes mariés pouvant se rendre en Palestine libérée ». C’était une image, quelque peu provocatrice bien sûr mais qui résonne si bien au terme de toutes ces décennies de combats…

Le PSU, belle aventure, belle école de formation politique a fini par me révéler la perversité du système, celle de la volonté de la conquête de sièges et de l’ambition électorale qui conduisit le parti à se fondre dans le PS pour un seul objectif, celui de la conquête du pouvoir présidentiel pour celui qui passa allègrement du pouvoir autogestionnaire à son soutien au virage de 1983…et bien pire ensuite…

Vint ensuite la période des alternatifs, comme tous les déçus de l’échec du PSU, de la CFDT révolutionnaire et surtout du virage droitier de la « gauche au pouvoir » en 1983, j’ai fréquenté le mouvement alternatif, celui qui croyait que les partis étaient dépassés et qu’il fallait passer au « mode citoyen ». Avec eux, j’ai porté 3 candidatures, municipales d’Orléans 1989, législatives 1993, cantonales Orléans 1994. Cette expérience là aussi fut très riche d’enseignements dans ce qu’est le mouvement politique. Certes nous avions rassemblé des centaines de non-engagés, nous avions fédéré des énergies et nous avions cru à leur agrégation…La suite nous a démontré les limites de ce type d’organisation et de ce qu’il produit comme générosité et comme désillusion, celle de l’illusion de vie démocratique interne  et notamment celle de créer des légions de déçus qui se retrouvent à chaque élection dans le but de rechercher « l’organisation idéale des non-organisés »

1995, pour les élections municipales de Gien, le PCF me contacte pour participer à leur liste, sorte de compagnonnage de route. Malgré les réserves que je pouvais faire sur l’attitude de ce parti en mai 68, vous savez, le fameux « juif-allemand », je me dis que tout parti évolue et je m’y engage. J’y ai découvert toutes les qualités et tous les vices que ce parti véhicule, j’y ai côtoyé des militants admirables, un idéal officiel proche du mien et un comportement permanent qui n’a pas changé et que je puis résumer en « pas de vérité en dehors du parti », les accompagnants sont les bienvenus, l’unité est un mot d’ordre mais la décision, l’analyse sont de la seule responsabilité du parti et de ses membres. Je vérifierai cette position lors de l’aventure, l’erreur comme j’ai essayé de le faire comprendre à mes camarades, beaucoup plus tard dans l’aventure du Front de Gauche.

Et puis se présenta le plus beau des espoirs un jour de novembre 2008. Un des politiques qui reste pour moi, en dépit de ce qu’il peut dire ou penser de mes analyses actuelles, l’homme du courage, le camarade brillant tribun qui sera un jour notre Président et je l’espère le dernier de cette 5ème République, Jean-Luc Mélenchon fonde le Parti de Gauche.

J’hésite, échaudé par les expériences politiques. Un jeune camarade, Bastien, admirable animateur local du Non en 2005 est le responsable local du parti. Je le contacte, J’adhère et découvre que les thèmes sont ceux, dans leur intégralité que je porte depuis mai 68, que le fonctionnement m’est assuré comme celui d’une totale liberté d’action et d’expression pour les adhérents et je me dis, naïvement sans doute, que le désaccord sur la stratégie « creuset » et » Front de Gauche » peut se modifier de l’intérieur. Je m’investis donc pleinement, comme dans tout ce que je fais, dans cette belle espérance.

Mes camarades me font l’honneur et la joie de me porter au conseil national du parti. Je prends cette décision comme une possibilité supplémentaire de me battre pour l’évolution du parti, pensant ingénument que je pourrais lui apporter l’expérience de toute cette vie militante. Ainsi commence pour moi, l’action pour un parti fort, organisé, démocratique avec les triptyques qui ont fait en son temps, la CFDT révolutionnaire des années 70 : organisation, information, formation. Une décennie après sa fondation, qu’en est-il ?

L’échec prévisible du Front de Gauche s’est révélé dès 2013 avec la perspective des municipales et l’attitude permanente du PCF qui se révèle conforme à sa nature. L’attitude du Parti de Gauche, notamment à Paris est courageuse et admirable. Ce petit parti (12 000 adhérents à l’époque) est capable de se mobiliser de constituer des listes dans les 20 arrondissements parisiens et de réaliser un score, certes moqué par les pisse-vinaigre de l’époque, mais remarquable par les conditions même du scrutin. Nous le mesurons encore aujourd’hui par l’attitude claire et déterminée de la seule élue du Parti de Gauche au conseil de Paris.

Nous avions donc tous les atouts. Portés par un programme riche, amendé positivement par la charte éco socialiste, il nous suffisait à ce moment de dénoncer la stratégie du Front de Gauche et de nous engager résolument dans une attitude de parti autonome, dans son développement massif, dans une politique de formation et d’information offensive.

Malheureusement, il n’en fut rien, dès l’été 2014, notre fondateur, le candidat que nous portons comme la seule solution, je le considère encore aujourd’hui, fait le choix du mouvement plutôt que du parti sur une analyse qui lui est propre, que je respecte mais à laquelle je n’adhère pas tant la vie m’a démontré que cette stratégie est suicidaire et ce fut l’émergence du premier mouvement dit M6R se fondant sur un seul thème certes fondamental mais isolé de la stratégie, la 6ème République

Mais  la logique électorale de conquête des places eut très vite raison de mes espérances, des centaines de militants engagés dans les élections départementales, des accords inadaptés dans les régionales eurent très vite raison de la faible évolution du congrès de 2015 où, pourtant avec enthousiasme et des mois de débats, nous avions inscrits dans les textes tout au moins, la non-viabilité de la stratégie du Front de Gauche et la volonté d’une politique de développement et d’organisation.

Puis ce fut la belle aventure de la présidentielle avec son déroulement parfait, ses meeting colossaux et le développement d’un talent de stratège et d’orateur hors pair. La campagne s’est faite sur la base d’un choix, celui du mouvement appelé France Insoumise, stratégie électorale pourquoi pas ? À la seule condition qu’elle reste une stratégie électorale….

La FI s’est construite sur le programme l’Avenir en Commun,  base des 8 années de travail du Parti de Gauche, sur le programme et la charte pour l’éco socialisme très vite amendés par quelques exigences électoralistes type le respect de la Constitution de la 5ème République pour convoquer la Constituante ou, ce qui est peut être pire, l’abandon de la notion de salaire brut au profit du salaire net. Le PG quand à lui, dès janvier 2016 se met en position de service et non de soutien critique du mouvement FI.

Se pose dès lors la question de la nature de la stratégie qui doit nous conduire à l’inévitable affrontement avec les forces du capital, en premier lieu le libéralisme imposé à toute l’Europe par le traité de Maastricht et l’Euro. Une visée électorale certes nécessaire en ce qui concerne la présidentielle vaut elle certains abandons type la nécessaire sortie de l’Euro par le plan B ? Vaut elle la mise en conformité d’un non affrontement avec les institutions de la 5ème  des 20 années combat de Mélenchon pour une 6ème République ?

Comme beaucoup le savent et comme chacun l’aura compris, je pense que la FI est une impasse, que les structures politiques de parti restent la solution, que le refus des partis par l’électorat est une légende et qu’enfin d’autres stratégies se sont construites et ont tenu le haut du pavé qu’il s’agisse du PS renégat mais qui s’est battu sur la phrase autant historique qu’hypocrite de François Mitterrand « celui qui ne croit pas à la rupture, celui-là n’a aucune place dans le parti socialiste » ou sur l‘organisation, à défaut d’une stratégie que je n’approuve pas, du PCF qui a su mobiliser quartier par quartier, usine par usine, fédération par fédération et bâtir une structure qui lui permet de tenir encore aujourd’hui beaucoup plus solidement qu’on ne le croit.

Pour toutes ces raisons, et les invectives de mes camarades, y compris ceux que j’admire le plus, ne vont pas manquer mais je le dis et l’écris, je ne suis pas un soutien de la FI, pour tout ce qu’il m’a donné et parce qu’il est notre seul espoir, je ne quitte pas le Parti de Gauche, je me mets en réserve de sa vie avec la conviction que l’histoire me donnera raison même si en cette semaine, il sacrifie son université d’été pour être « au service de la FI » et je maintiens, contre vents et marées, contre ce qui peut se dire ou se penser de mon analyse, mon admiration et mon soutien total à Jean-Luc Mélenchon en espérant sa victoire et sa persistance après dans les engagements qu’l porte.

Pour le reste, militant je suis, militant je reste et si, au moment de ces affres crépusculaires, les forces mentales et physiques continuent d eme le permettre on me trouvera dans els luttes sociales, dans les luttes écologistes du nucléaire au respect de la vie animale et végétale, notamment celle des arbres massacrés pour les projets  capitalo pharaoniques, aux côtés des migrants comme du valeureux peuple palestinien.

 

 

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17 juillet 2018

Triste fin de vie politique….la vie militante continue…entre autres

29498101_1835907056440541_1670714151881058648_nMilitant depuis mon adolescence marquée par les années de répression de la guerre algérienne de libération, l’horreur du putsch d’Alger vécu par radio interposée et des actes odieux de l’OAS y compris dans nos petites villes et les victoires du peuple cubain à Santa Clara mais surtout Playa Giron, il me serait impossible de renier cette situation et d’y mettre un terme.

Acteur investi à fond dans l’espoir de Mai 68 qui continue encore aujourd’hui, j’ai vécu comme déjà relaté, tous les combats qui en ont découlé, qu’il s’agisse du pouvoir dans l’entreprise, de la révolte légitime de la jeunesse et de l’espoir de la révolution sociétale que nous portions.

Je me suis jeté à corps perdu dans l’évolution que nous voulions pour la CFDT révolutionnaire notamment le plus beau des congrès en 1970 où, grâce à Eugène Descamps nous avons proposé à ce peuple du monde du travail le fameux triptyque  AUTOGESTION- PLANIFICATION DEMOCRATIQUE-SOCIALISME et reconnaissant comme base du combat social de la lutte de classes. Ce congrès ouvrait aussi pour moi, la plus belle expérience de ma vie, celle de permanent confédéral chargé, comme 2 autres camarades,  du développement et de l’organisation dans l’union régionale interprofessionnelle du Centre et de la structuration de l’union régionale des syndicats PTT.

Les années 70 furent celles de tous les combats sociétaux qui perdurent encore aujourd’hui : la rencontre avec les militants de la cause homosexuelle Jean-Louis Bory et Guy Hocquenheim et le début d’un long, très long combat pour le respect des différences et l’égalité des droits, ce furent Gisèle Halimi, Simone de Beauvoir, les 343 salopes pour le droit à l’avortement, ce fut le Larzac, la démocratie dans l’armée et la découverte des dangers et de la supercherie du nucléaire avec Dampierre, et au travers cela du problème global de l'écologie…

Les années 80, outre la déception portée par le virage de la CFDT dans le sillage de celle du PS, fut pour moi celle d’un grand combat solitaire, trop solitaire sans doute, d’un dossier d’adoption en célibataire, période où j’ai découvert la perversité d’un système, celui de la loi qui prévoit le cas, des réactions catho des assistantes sociales qui parlent d’intérêt de l’enfant avec le slogan « l’intérêt de l’enfant commande un papa-une maman », du Conseil d’Etat qui invalide la décision négative du TA et de la DDASS moralisatrice qui sait détourner la décision judiciaire en publiant de nouveaux arguments jusqu’à la lassitude du demandeur et probablement la disparition de l’enfant à sauver dans un pays en guerre civile.

Curieux temps que celui que nous vivons où un certain politique notamment PS a récupéré les lauriers de la gloire en  adaptant ou pas, les victoires nées de ces combats. Gisèle Halimi est restée dans l’ombre de la « panthéonisée » Simone Veil, les militants des 50 ans pour la cause homosexuelle sont effacés par la loi Taubira en oubliant même, sauf chez les militants, le courage d’un Mélenchon en 1989, le nucléaire s’est banalisé et anti-nucléaires d’aujourd’hui nous sommes encore plus ringardisés que nous l’étions il y a 45 ans, le Larzac continue à Bure, à Notre-Dame des Landes avec des difficultés et des répressions que la droite giscardienne n’a jamais voulu nous infliger à ce point…

Le temps de la vie, c’est le temps long, pas celui de la prochaine étape électorale, celui de la cause sociale et sociétale, celui de la longue marche vers les jours heureux que probablement je ne connaitrai pas mais de laquelle je suis un militant et jusqu’à ma dernière opération, mon dernier traitement même lourd, mon dernier souffle, je le resterai, fidèle, toutes proportions gardées à mes symboles admirables de jeunesse: Che, Fidel,Camillo, Ho Chi Minh, Tito, Jean Moulin et tant il reste de causes à défendre en dehors du champ politicien…Citons les combats du moment, la lutte contre la désertification de nos villes moyennes et zones rurales et pour ce qui me concerne, ma ville aimée de Gien, le combat pour le respect des êtres vivants et, récemment découverte, la nécessaire globalisation des actions contre les abattages absurdes et mercantiles des arbres plus que centenaires de nos villes, le droit à la vie des peuples colonisés, en premier lieu les Palestiniens, le développement au rail public et déjà se profilent d’autres combats comme les compteurs Linky. Oui comme depuis le début, je suis, je reste et je resterai un militant.

La vie politique c’est autre chose, depuis 1970, je pense que la victoire politique est la condition indispensable d’aboutissement de nos rêves et de nos utopies qui ne sont comme chacun sait, que les évidences de demain mais depuis 1970, le choix politique est aussi le lieu de toutes mes déceptions et le cimetière de nos espérances.

En 1969, porté par les écrits et déclarations de Michel Rocard, j’adhère au PSU, lequel finira comme chacun le sait dans l’escarcelle du PS sous le poids des ambitions électorales de Rocard qui porte une lourde responsabilité dans la dérive libérale de 1983 et bien plus dans celles années 90. Je suis donc amené à le quitter assez rapidement.

En 1978, un peu anesthésié par les sollicitations d’amis, j’accepte une adhésion au PS, pensant que je pouvais être utile et que Mitterrand qui n’est pas ma tasse de thé depuis l’Algérie ou sa tentative de récupération en mai 68, serait vite dépassé par de jeunes et brillants camarades…Belle erreur de ma part même, si je respecte l’homme de culture que j’avais rencontré avec une délégation conduite par Edmond Maire en 1974, et son statut de grand Président. En 1982, il amnistie les généraux félons d’Alger, en 1983 il choisit clairement l’Europe libérale face à l’Europe sociale…Je rectifie donc mon erreur en quittant ce parti immédiatement.

Et puis est venue l’expérience des alternatifs avec qui j’ai été une fois candidat aux législatives, deux fois à des élections locales, les municipales d’Orléans et les cantonales. Ce que j’en retiens, c’est la générosité des militants mais la limite de ce type de mouvement, limite qui atteindra inévitablement la France Insoumise, à savoir que le refus d’organisation conduit très vite des militants à l’isolement et la recherche permanente de l’organisation idéale des anti-organisation.

Une expérience électorale fut la dernière en compagnon de route du PCF à Gien en 1995 où j’ai vite compris la réalité de ce parti…Ou tu y entres comme en religion ou tu ne seras sollicité que pour faire effet sur la prochaine liste pour le prochain scrutin….

2008 fut pour moi une autre révélation, un homme d’exception comme il existe peu, un camarade courageux, un tribun comme on n’en voyait plus, auteur de la proposition de loi pour la vie commune des couples de même sexe en 1989, animateur du combat pour le non en 2005 quitte enfin le PS pour créer le Parti de Gauche; Jean-Luc Mélenchon.

Etudiant ce projet, découvrant avec grand intérêt qu’on y retrouvait, mis au goût du jour, tous nos espoirs et nos thèmes de 1968 et de la CFDT révolutionnaire, ayant établi une relation personnelle dans le Giennois avec un brillant jeune camarade qui m’impressionna en 2005 et qui l’animait, j’adhère immédiatement et nous faisons un boulot formidable sur notre secteur qui me conduit assez vite à entrer et j’en remercie mes camarades du Loiret au Conseil National du PG pendant 5 années, à faire l'effort malgré la distance d'une journée par semaine au secteur organisation, à participer aux congrès ou universités d'été.

Ces années furent formidables, ce furent vraiment les seules années passionnantes de ma vie politique et pour cette raison, quoi qu’il arrive, ce parti encaissera toujours ma cotisation. Nous avons su, dès 2013, nous apercevoir que la stratégie du front de Gauche nous conduisait à l’impasse, nous avons élaboré la plus belle des chartes : la charte éco socialiste.

Malheureusement le travers de toute organisation politique, l’ambition électorale  a gagné notre parti dont le but était la révolution citoyenne basée sur la victoire à la présidentielle et l’affrontement politique avec les forces de l’ancien monde notamment la constitution de la 5ème République, électoralisme qui nous conduisit au gaspillage d’énergie sur toutes les échéances, y compris les plus inutiles stratégiquement et à la constitution d’un mouvement qui apparaît de plus en plus électoraliste, qui impose de s‘adapter aux exigences du système, qui remplace le choix d’appeler à la Constituante dès la victoire par l’anticipation de l’opposition réelle des forces de la 5ème République, qui oublie peu à peu la réalité de la lutte des classes pour une union du peuple qui peut conduite à recréer l'illusoire union de la gauche, qui cherche à coller aux instincts rapides du peuple électoral et qui conduit même à la conversion au sport populaire et à ses dérives mercantiles.

Malheureusement, alors qu’il se devait d’être l’aiguillon anti dérive organisé et fort, notre beau parti a choisi de se mettre « au service », c’est sa plus grosse erreur de stratégie.

Chacun l’aura compris, la situation marque tristement pour ce qui me concerne la fin de toute vie politique, même si, je le répète, pour les raisons invoquées je ne quitterai pas le parti de gauche, même si je ne répondrai jamais aux invectives qui me sont faites. Inutile pisse-vinaigre sans doute mais inutile pisse-vinaigre respectueux du bonheur retrouvé que ce parti et son fondateur m'ont permis…

Et maintenant…. Eh bien, la vie continue, le militant sera toujours présent sous les platanes de Gien, dans les combats contre le nucléaire, l’homophobie et tous les racismes, le peuple de Palestine et tant d’autres luttes nécessaires.

L’individu quant à lui, entré dans ce temps du crépuscule et de ses affres, outre la recherche et publications sur l’Histoire de Gien, essaye de s’atteler à une tâche rêvée depuis l’adolescence, l’écriture sous la forme d'un roman autobiographique si une vie militante aussi riche peut-être utile…

En espérant que les centaines d’amis, au moins ceux qui n’ont pas cessé de communiquer en raison d’une forme de sectarisme, continueront de témoigner de nos sentiments réciproques, en tous cas la maison leur reste ouverte….

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12 juillet 2018

Pour en finir avec cette histoire de foot et de fric….

36890907_2032289880178825_6967418062081359872_nJ’ai eu l’occasion c’est vrai, de commenter l’esprit du Mondial, j'ai déjà fait et referai les mêmes pour les manifestations du même ordre et pour le scandale des JO 2024 si neutres que pour aménager, il semble que la vente au privé de la gare du Nord soit l'une des motivatins, de tenter d’expliquer le rôle de superstructure que joue le sport professionnel de haut niveau, de déplorer que nous ne sachions pas nous mobiliser aussi massivement face aux décisions sociales qui impactent notre avenir pour quelques générations, de déplorer ce matraquage idéologique que véhiculent nos média et de dire comme l’avait si bien chanté Tachan que « ce serait chouette s’il n’y avait… »

Je ne suis pas le seul, j’ai essayé, pour ce qui me concerne, de rester sur le terrain idéologique et de ne jamais condamner le fait que le peuple a droit à des loisirs, à admirer de belles actions, à faire la fête même si je déplore dans ces soirées, un certain chauvinisme qui n’a rien à voir avec ce qu’on veut nous présenter de l’esprit sportif .

Il n’en faut pas plus pour un véritable déchaînement d’internautes, nous taxant d’ennemis du sport, de la liesse populaire, nous montrant des photos du camarade Fidel tapant dans un ballon, nous expliquant en long, en large et en travers qu’on peut être révolutionnaire et aimer le foot, (ce qui, d’ailleurs, est  l’exacte vérité) etc…

Soyons donc clair une fois de plus en commençant par ce qui n’est pas le problème…

 Je ne suis pas un sportif dans l’âme, je ne suis pas un fan du foot et je ne joue pas au « Paris vaut bien une messe » en faisant semblant d’aimer pour gagner les voix nécessaires à un mandat politique aussi haut soit-il. Je me limite pour ce sport à soutenir un petit club par respect de la mémoire de mon père qui contribua à le fonder il y a 77 ans et je préfère les sports d’eau ou l’athlétisme sans être pour autant un acharné….Mais j’aime que les jeunes ou les moins jeunes s’enthousiasment pour cela comme pour d’autres choses et à tout prendre, je préfère et de loin, je préconiserais même, si j’avais quelque pouvoir, de développer les initiatives sportives et culturelles qui ne s’opposent pas forcément car ce serait préférable au désœuvrement dans les quartiers…..Merci donc de m’éviter ce faux procès.

Car oui, décidément, le problème posé est ailleurs :

-         Le sport professionnel  est gangréné par le fric quel que soit le sport, il n’est que de voir le brassage d’argent des « mercatos », le salaire exorbitant des joueurs, les alliances qui se nouent avec les pires régimes tel le Qatar pour ingurgiter l’argent frais nécessaire, les dépenses somptuaires et magouilles des grands clubs et de certaines villes pour s’offrir le plus bel emplacement, le massacre des serres d’Auteuil pour Roland Garros, certains abattages d’arbres pour tel ou tel évènement ou les millions dépensés pour acheter le meilleur joueur, s’offrir le meilleur coureur etc…

-         Ce « gangrénage » engage automatiquement la perversité qui lui est nécessaire et l’on ne compte plus les cas de dopage pour battre le record de la performance précédente. Les directeurs sportifs ont beau jurer la main sur le cœur regretter cette affaire et tout faire pour l’éradiquer ; même si certains sont sans doute sincères, ils ne sont de toutes façons que les maillons impuissants d’un système qui le nourrit.

CE SPORT LA EST CLAIREMENT ET NETTEMENT LA SUPERSTRUCTURE NECESSAIRE PARMI D’AUTRES A LA SURVIE DU SYSTEME CAPITALISTE OU DE TOUT AUTRE SYSTEME TOTALITAIRE

-         Que ceci nous plaise ou pas, le sport de ce niveau a remplacé la religion dans son rôle d’opium du peuple »

Il l’est par la démonstration qu’en font les politiques…

-       Un Président qui s’offre deux allers-retours de Russie en 4 jours, calculant les retombées d’audience d’un tel soutien en cas de victoire

-       des candidatsou de élus  ici ou là qui « tweetent » à tour de bras à chaque but marqué

-       des édiles municipaux qui investissent à qui mieux mieux dans les rassemblements de foules autour d’écrans géants

Il l’est par la volonté de porter et de développer l’esprit de compétition, doctrine chère aux tenants de la finance et du marché qui prétendent, à mon avis à tort, que la compétition est la seule porteuse de vertus.

Il l’est par le choix de compétition entre les Nations, valeur porteuse de tous les dangers, la première démonstration de chauvinisme en étant la liesse en cas de victoire de son pays et la tristesse en cas de défaite, sentiments dans lequel apparaissent très peu, la beauté des actions du match d’où qu’elles viennent ou les actions méritoires de l’adversaire.

Il l’est enfin par la monopolisation des esprits sur un évènement somme toute mineur au vu des situations sociales de 60 % des téléspectateurs, auditeurs, lecteurs, monopolisation encouragée par le niveau scandaleux des droits de retransmission et les conséquences juteuses qui en découlent, monopolisation qui permet d’éviter toute info sérieuse sur les projets sociaux calamiteux en cours de débat comme en ce moment….

Il y aurait encore sans doute beaucoup à dire et ce débat ne sera sans doute jamais clos ; que chacun le prenne pour une contribution sans aucun esprit polémique et pour ceux qui s’y passionnent, je souhaite un beau match dimanche, de belles émotions quelles que soit les équipes et je me moque comme de ma première brassière de savoir qui sortira vainqueur en espérant, si c’est la France que chacun saura faire la part des choses et de n’attribuer la victoire qu’aux joueurs, pas à notre système politique et à son Président, ce qui m’apparaît comme très loin d’être évident.

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17 juin 2018

Les platanes de Gien…un combat exemplaire loin d’être terminé

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Depuis que je suis tout petit, j’ai horreur de voir abattre un arbre. Comment l’expliquer, je ne suis pas psychanalyste mais à minima, je dirais que l’arbre était là longtemps avant moi, il porte une histoire, une mémoire, il devrait être vivant longtemps après moi et intègre le vécu, la vie de mon époque.

Gien, cette ville qui fut magnifique sur le bord du dernier fleuve sauvage d’Europe bénéficiait depuis 1832 d’un extraordinaire alignement de platanes bordant ses quais.

Ils ont connu les meurtrissures de l’histoire, les crues tragiques de la Loire aux XIXème et XXième siècles, le conflit de 1870 et la terrible bataille de Gien des 15-16-17 juin 1940. Ils en portent encore et les marques des éclats de bombes incendiaires et  les stigmates dans leurs troncs semi-brulés.

Ils ont vécu les mauvaises tailles, l’enfouissement de leurs troncs dans des bitumages ne leur laissant aucune respiration et pourtant,  majestueusement à chaque printemps, il renaissent avec le même éclat, à chaque automne ils offrent  les coloris somptueux de leurs feuilles, toute l’année, ils abritent les colonies d’oiseaux et de petits rongeurs et combien ils portent les souvenirs des enfants de toutes les générations, nos parties de cache-cache dans leurs ouvertures de troncs, les feuilles d’automne que nos instits nous faisaient ramasser pour en faire des œuvres, piètres œuvres pour ce qui me concerne mais quels souvenirs d’une enfance merveilleuse dans cette école du Centre, quelle fierté que celle de nos programmes du théâtre de l’Abeille illustrés avec nos « œuvres ».

En avril 2016, par l’intermédiaire de l’hebdomadaire local, incontournable vecteur de l’actualité giennoise, nous apprenons la sortie d’un projet annoncé « Gien cœur de ville », projet séduisant à bien des égards, pour cette ville qui se meurt comme beaucoup de villes moyennes mais aussi à cause d’une politique commerciale à base d’une ceinture d’hyper marchés qui ont tué le commerce local et d’une non volonté de politique culturelle digne de ce type de cité.

Mais le journal fait un encadré sur une partie du projet qui m’émeut profondément « Les platanes des quais devront être abattus ». Comme je le fais souvent quand je suis meurtri par une décision qui m’offusque, je communique immédiatement mon sentiment au journal qui a la grande gentillesse de le publier.

J’espérais, je pensais sincèrement que ce cri d’angoisse était partagé par de nombreux Giennois qui ne manqueraient pas de s’organiser pour empêcher un tel massacre. Je vivais d’illusions, à part un vieux Giennois amoureux comme de sa ville, ce fut l'indifférence et un silence coupable de l'association qui se devait de défendre le patrimoine…

Bien sûr, et nous verrons dans notre action que c’est pareil partout, le motif indiqué était la production d’un rapport phytosanitaire déclarant les platanes tous malades, ce qui ne sera pas prouvé du tout, remplacés par une essence insensible au capricorne alors que nous savons que cette sale bestiole ne s’attaque aucune à cette espèce de platane…bref si on veut noyer son chien…

Les choses restent donc en l’état, le combat semblait cesser avant d’être commencé faute de combattants et je vivais une fois de plus, le sentiment que je connais beaucoup trop d’incompréhension sur des combats que j’estime justes au point de m’y investir sans compter.

Heureusement, il y eut rebondissement et ce dernier se présenta en septembre 2017 lors de la fête des associations. Un militant sensibilisé à ce massacre fait l’entrée du forum avec une banderole « sauvons les platanes ». Victime d’une grosse opération, je suis de près cette action depuis mon lit d’hôpital et communique aussitôt mon plaisir de voir le combat repris.

Enfin, des Giennois de tous bords rejoignaient l’action pour sauver notre alignement et il y eut dès ce mois de septembre 2017, des manifestations relativement importantes place Leclerc, place Charles de Gaulle, une belle cérémonie de merci aux platanes… Bref, un peu marri certes de cette année perdue par indifférence des Giennois à mon appel, je suis très heureux de voir l’évolution de la situation à laquelle, hélas, ma santé ne me permet pas de participer plus.

C’est le 12 octobre que se produit la première salve d’un coup de force sans aucune concertation, sans que nous ayons pu expliquer notre position constructive c’est-à-dire  que le projet, tout le projet était absolument réalisable autour et non pas contre les platanes, fut donnée.

A l’heure du laitier, maire et élus accompagnés des forces de l’ordre, ont escorté les engins nécessaires jusqu’au quai  Lenoir, lieu de ce premier

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abattage. La journée fut pour de nombreux Giennois, une triste journée d’écœurement, à coup de pelleteuses, les branches tombaient, les troncs se déchiquetaient. Sur les souches apparentes, chacun put constater à 6 exceptions près, l’absence de trace de pourrissement et la bonne santé de l’arbre victime.

Nous aurions pu subir les effets du désastre, nous dire que tout était fichu, écouter les bien-pensants du coin qui nous disaient que « la vue depuis le quartier du Berry était bien plus belle » et autres arguments du même acabit. Nous aurions pu nous réfugier derrière le fait que le bel alignement était définitivement rompu et que ça ne valait plus le coup de se battre.

C’était sans doute l’objectif du coup de force, en finir avec ça, et bien  c’est raté. Nous continuions le combat sur le quai Joffre, objectif prochain d’abattage où 31 arbres restent à sauver.

Sur ce secteur, existe un autre combat qui n’est pas le mien mais qui est respectable comme tout combat, celui des riverains de la rue Louis Blanc qui proposent immédiatement leur aide tant les deux aspects d’abattage et de sens des rues sont complémentaires. Ma santé le permettant désormais, je  suis très heureux de les retrouver dans le collectif « sauvons les platanes »

Enrichis par l’expérience du quai Lenoir, le groupe décide  de structurer l’action en lui apportant diverses richesses. Ce fut tout d‘abord la recherche de parrainages de Giennois et de gens instruits du combat pour les  arbres liée à une opération de rencontres avec les Giennois « Gien sous nos platanes » tous les dimanches à 15 heures.

Cette opération fut riche d’enseignements et de bonnes surprises. D’abord nous sommes surpris par le nombre (immédiatement plusieurs dizaines) de Giennois répondant à la recherche de parrains, ensuite par la qualité et la quantité des personnes émérites se présentant comme parrains, Alain Bougrain-Dubourg, Hubert Reeves, Matthieu Richard, Nicolas Vanier, de notabilités de la politique, des arts, et tant d'autres qui m'excuseront de ne pas les citer tous et toutes… Le grand spécialiste Alain Baraton nous réserve une chronique sur France Bleu.

Le combat pour les platanes de Gien prend une dimension nationale et m’apportera pour ce qui me concerne, mais je ne suis sans doute pas le seul, des éléments que je ne mesurais pas tant leur étendue est colossale.

De partout nous parviennent des présentations de  situations semblables à la nôtre, ici abattage pour la construction d’un hypermarché, là abattage pour une voie de contournement, ailleurs abattage pour une situation semblable à la nôtre à savoir un projet d’aménagement.

Nous en sommes donc pas seuls et nous, que l’on veut faire passer pour des rétrogrades, des nostalgiques d’un passé révolu, des doux rêveurs qui pensent aux arbres aux petits oiseaux et oublient les réalités économiques, et bien partout en France, nous avons nos alter égo, ces militants de la cause de la nature qui refusent el tout béton et les projets pharaoniques.

Mais revenons au combat de Gien, le groupe entame aussi l’action juridique et, inquiet de l’avancée des travaux sur le quai Lenoir et de la proximité d’un nouveau coup de force sur l’abattage du quai Joffre décide de déposer avec l’aide de nos amis de la rue Louis Blanc un recours en référé  au tribunal administratif.

Le recours abouti à la suspension de l’abattage, première victoire ou plutôt demi-victoire puisqu’il nous faut attendre l’examen sur le fond qui seul peut décider de l’interdiction d’abattre mais ne boudons pas notre plaisir d’avoir gagné ce premier round.

Il n’en reste pas moins vrai que dans ce programme de travaux, il existe une plaie, une meurtrissure incommensurable, celle d’un quai Lenoir raté, d’arbres en bâtons de sucette appelés Féviers d’Amérique et de lieu de promenade rendu plus difficile en raison d’un stationnement autorisé et de terrasses non harmonisées, qui ne permettra pas aux Giennois et touriste la promenade ombragée que leur permettaient les platanes.

En conclusion, que dire de tout cela sinon qu’avec un peu de complément d’étude en concertation ce massacre du quai Lenoir et cette épée de Damoclès sur le quai Joffre auraient pu se négocier autrement et qu’il était possible d’amender le projet autour des arbres et non contre eux et surtout que le combat n’est pas terminé, nous gardons l’espoir et surtout la détermination à sauver les 31 platanes du quai Joffre et nous les sauverons, en tous cas je serai de ce combat tant qu'il me restera la force et un souffle de vie.

Pour ma part, quoi qu’il arrive, avec mon expérience des luttes et de la vie, je garderai de combat le sentiment d’exemplarité que ceux qui l’ont mené méritent, j’enregistrerai pour le temps qui me reste, la leçons qu’il m’a confirmée, quelle que soit l'ampleur des ripostes, la mauvaise foi ou la fausseté des arguments employés, les pressions exercées ici ou là, celle de ne jamais désespérer d’une cause toujours reliée à une situation plus grande que celle de nos pauvres vies.

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27 mai 2018

26 mai…Quel que soit son coefficient, chaque marée érode la falaise...

Crédit photo Rémy Blang

Le 26 m33585434_10213295834689505_3124957022760468480_nai, cette fameuse marée populaire a eu lieu. Ne perdons pas notre temps sur des bagarres de chiffres tout aussi faux les uns que les autres malhonnêtes dans certains cas quand on arrive à dénombrer 30 000 manifestants sur une place de la Bastille qui en contient 40 000 et déborde de toutes ses rues adjacentes.

Ce qui est important dans ce phénomène c’est de regarder et d’analyser les réalités ? Certes ce n’est pas le million espéré en septembre avant que cette proposition prometteuse ne tombe du fait d’un refus syndical de défiler avec le politique.

Ce 26 mai est cependant une date historique, celle où le syndicalisme de combat, les associations, les partis et mouvements ont réussi à appeler ensemble à une manifestation d’ampleur contre la politique de la majorité LREM mais elle est riche d’enseignements.

Nous attendions depuis des mois, des années même, le dépassement des luttes limitées à telle ou telle profession. Souvenons-nous de notre déception quand les dockers ou les raffineries en grève nous faisaient espérer une généralisation qui n'a pas réussi à globaliser et ne boudons pas notre plaisir de voir les conflits des cheminots, des fonctionnaires et de tas de catégories se retrouver avec tous les mécontents de la politique Macrobienne, les étudiants, les retraités dans 130 villes de France, certaines de taille très moyenne comme ce fut le cas à Gien par exemple.

C’est donc bien une vague de fond qui s‘est révélée ce jour et ce ne sont pas les commentaires médiatiques, les remarques sur un faible coefficient de marée qui pourront l’endiguer, elle enflera jusqu’au ressac qui abattra la falaise.

Mais cette situation implique pour nous tous, nous toutes une réalité sur quoi doivent porter nos coups de boutoir. Ne refaisons pas l’erreur de fin mai 68 où les tenants de la négociation sociale, réfugiés derrière la belle victoire indiscutable des accords de Grenelle, appelaient ou espéraient la fin de la grève et se trouvaient opposés aux travailleurs et aux étudiants qui voulaient continuer le combat. Même si je reconnais que les conditions du moment, notamment en terme de relais politique n’étaient pas les mêmes, ce fut pour moi une erreur vécue qui m’a poursuivie depuis dans tous mes rapports avec ceux qui croient à la primauté de la satisfaction de revendications sociales sur la volonté de s’affronter aux tenants d’un monde que nous devons abattre, le système capitaliste et ses serviteurs zélés et organisés.

Nous devons donc être clairs, ce n’est pas M.Macron que nous voulons abattre, c’est un système pour le remplacer  par d’autres relations sociales dans et en dehors de l’entreprise, c’est un combat pour abattre le premier bastion qui est celui de la 5ème République, c’est la volonté d’instaurer un pouvoir pour les ouvriers et les salariés à l’intérieur même de l’entreprise.

Cet objectif porte un nom, c’est celui de la République Sociale Ecologique et, dans notre option stratégique  ne peut s’instituer que par une Assemblée Constituante élue après que nous ayons gagné la seule élection qui nous y conduit, la présidentielle et sans renouveler l’erreur du légalisme poussé à son paroxysme comme lors de la convention de Lille car ne rêvons pas, ils ne nous épargneront rien, nous le voyons bien quand ils parlent du Venezuela et ce que nous aurons nous ne le gagnerons que par la mobilisation du peuple, croire autre chose, c'est de l'angélisme.

Cette stratégie n’a qu’une finalité, pousser par la généralisation des luttes et l’expression de la volonté populaire en manifestations, la majorité à se démettre et à provoquer au plus vite l’élection présidentielle qui nous permettra de commencer la révolution citoyenne par la mise en mouvement du programme l’Avenir en Commun.

Arrêtons donc de dire, d’écrire, de jouer sur des arguties.

Nous voulons la démission de M.Macron non pas parce qu’il ne serait pas légitime mais parce qu’il est temps de lui signifier que le Peuple ne veut plus de lui, de sa majorité, de son programme.

Nous voulons la démission de cette majorité non pas pour la remplacer mais pour instaurer par la Constituante, une autre forme de rapports sociaux et politiques, une autre expression de la démocratie, un autre programme social.

Bien sûr les syndicats, les partis, les associations ont chacun leur rôle différent à jouer mais nier pour les uns que le but est éminemment politique, croire pour les autres que de l’alliance de partis, et pas toujours de partis qui n’ont pas failli dans un proche passé, est la solution politique du moment, croire pour les troisièmes que l’essentiel est la lutte pour le salaire ou les conditions de travail dans l’entreprise ou la branche, penser enfin qu’il faut user nos forces dans des élections intermédiaires sont autant d’impasses qui conduisent inéluctablement à l’impuissance sur la nécessité du moment, en finir avec le système.

Plus que jamais, la vague qui va s’enfler doit être la résurgence de la volonté profonde du peuple et bien de son union à lui qu’il s’agit.

Il est donc inutile de savoir qui est le meilleur, qui a raison ou qui a fauté, notre révolution citoyenne, comme toutes les révolutions n’est pas un long fleuve tranquille, elle subit des progressions fulgurantes et des reflux spectaculaires, la seule gauche politique qui existe se retrouve dans quelques partis, ceux qui refusent les compromis avec le PS pour quelques sièges, la seule représentation syndicale contestataire se retrouve dans deux/trois confédérations, toute recherche d’unité au-delà de cette ligne n’est qu’énergie perdue et inutile.

Finalement, au-delà de tout ceci, la seule solution c’est la classe des exploités et victimes du système dans ses diverses composantes qui soit capable de s’unir dans la lutte et dans la rue et elle ne peut avoir qu’un programme l’Avenir en commun et pour des années encore un vrai porte-parole : Jean-Luc Mélenchon qui, par ailleurs, a su faire confiance à une grande équipe de camarades et à la jeunesse pour que le fil de notre victoire ne soit jamais rompu.

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13 mai 2018

50 ans de fidélité militante au 13 mai de l’espérance

 

Les mursIl faisait beau en ce lundi du 13 mai 1968, le ciel était bleu, nos rêves couleur d’espérance nous portaient en des lieux prometteurs.

Avec Jean-Pierre Reculé, nous portant une amitié très profonde qui ne s‘est jamais estompée même après la tragédie de son absence depuis 1976, nous nous intéressions de très près depuis la fin de 1967 aux luttes de nos camarades travailleurs mais aussi aux mouvements étudiants. Ensemble nous vivions l’espoir que les choses bougent, ensemble nous vivions les indignations portées par les étudiants, le pouvoir absolu des « mandarins » comme le mépris d’un article de l’huma parlant « d’anarchistes et trotskystes à la solde d’un juif-allemand » qui ressemblaient si fort au caporalisme, à la situation des jeunes que nous connaissions sur notre lieu de travail. Nous avions en effet cette chance, car c’en est une, d’être à la fois jeunes et travailleurs donc de faire la synthèse de ces deux problématiques, celle de jeune proche des camarades étudiants et celle de travailleurs confrontés aux réalités tant salariales que relationnelles de ce milieu.

Militant depuis fin 1964 à la toute jeune CFDT, j’étais responsable du groupe d’ adhérents que nous avions fait se syndiquer dans notre centre de tri postal et très sensibilisé à la dimension interprofessionnelle de l’action, j’avais été élu en avril 68 au bureau de l’Union départementale du Loiret.

La nuit du 10 au 11 mai, la fameuse nuit des barricades, nous étions sur notre poste de travail. A cette époque, bien sûr pas de portables, pas de transistors autorisés, nous rentrons dormir après notre vacation à 6 heures du matin et ne nous réveillons comme d’habitude que pour le repas de midi. Nous retrouvons donc les copains pour déjeuner comme chaque jour au restaurant des PTT qui existait rue des Ponts de Cé et là, Michel, un autre ami, me dit « ça a pété à Paris, Europe 1 appelle tous les responsables syndicaux à rejoindre leur UD, tu devrais te dépêcher » Bon je déjeune vite fait et je me dirige vers l’UD effectivement en grande ébullition.

Après m’être sévèrement fait tancer pour mon retard bien involontaire, je m’informe des réalités. La grève générale est décrétée pour lundi 13 mai, Eugène Descamps alors secrétaire général de la CFDT a appelé à la « nécessaire jonction des ouvriers et des étudiants » et après m’avoir à nouveau rappelé que j’avais retardé la réunion, nous nous mettons au travail….

Il fallait écrire et prononcer le discours du 13 mai sur la place De Gaulle à Orléans. Vexé un peu par les reproches, tout compte faits logiques qui m’étaient faits, dans toute l’inconscience de ma jeunesse et parlant en public pour la première fois, je m’entends prononcer cette phrase : « je veux bien participer à la rédaction et prononcer le discours ». Ce choix fut très vite entériné, mes camarades m’encourageant, me disant entre autres « t’inquiète pas, Orléans est une ville bourgeoise et s’il y a plus de 1000 à 1500 manifestants, c’est que la révolution est en route en France ».

Nous nous attelons donc à la tâche, rédaction de tracts, rencontres intersyndicales et pour nous un petit groupe qui se met à la rédaction du discours. Nous voulions être dans la ligne confédérale, celle de l’appel d ‘Eugène et placer la lutte sous le signe du rapprochement des ouvriers et des étudiants, sous l’exigence du changement sociétal nécessaire. Notre texte s’intitulera « Ce n’est pas la fin d’une lutte, c’est le début d’une libération » et s’articulera sur l’exigence du pouvoir dans l’entreprise, lancera comme partout le concept d’autogestion, posera les problèmes de la jeunesse etc…

Bien sûr notre fin de semaine fut intense, rencontres intersyndicales, distribution de tracts, assemblées générales et discussions, ne nous ont pas laissé un temps de sommeil bien fourni mais nous avions 21 ans…..

Arrive donc ce lundi 13 mai, porteur de mon discours, sans trop d’inquiétudes, je me dirige vers la place De Gaulle et déjà, la place est pleine, dépassant largement les 1000/1500 manifestants habituels. De l’endroit où avec les responsables des UD syndicales et de l’UNEF nous sommes postés, nous voyons les cortèges arriver par la rue des Carmes, par la rue Jeanne d’Arc encore décorée de ses fanions des fêtes Johanniques, par la rue de…… Finalement nous avons évalué cette manifestation à 10 000, les observateurs à 7000, peu importe, je mesure l’ampleur du phénomène.

Le responsable régional, Paul Raffin, s’approche de moi, s’enquiert de mon état d’esprit, me demande si je suis prêt … "ben oui, c’est comme à la piscine, si on sait nager, 2 mètres ou 40 mètres ne changent rien à l’affaire » lui réponds-je avec toute l’impétuosité de ma jeunesse, surtout pour un mec qui à l’époque ne savait pas nager…

Et finalement tout se passe très bien, cette position de la CFDT largement différente des positions syndicales traditionnelles basées sur les salaires et conditions de travail est très appréciée par l’UNEF et les étudiants et sera par la suite porteuse d’un grand développement dans la jeunesse des idées et des adhésions à la CFDT.

Puis nous partons pour la plus belle des manifs orléanaises, nous passons avec de grands sourires rue Bannier sous l’une des nombreuses citations des fêtes johanniques suspendues « laissez les aller, il ne convient pas à Messire qu’on les combatte aujourd’hui »

Sitting devant la préfecture où avec les étudiants nous relayons ce cri de « Libérez nos camarades », le 13 mai se termine, ce n’était pour nous que le début d’une libération, elle continue encore aujourd’hui.

Bien sûr d’autres textes viendront étayer cet espoir de Mai, on y retrouvera le congrès de l’évolution de 1970 avec le triptyque » Socialisme, Autogestion, Planification démocratique », on y retrouvera tous les combats sociétaux dans lesquels, nous militants du 13 mai nous sommes trouvés mêlés dans un grande camaraderie, la volonté de faire de la CFDT le pivot de l’action révolutionnaire, les luttes pour les droits des homosexuels, les droits des femmes, la démocratisation de l’armée, le Larzac, la découverte de l’écologie et des dangers du nucléaire au travers de Dampierre et tant et tant de combats….

Bien sûr, nous avons tenu notre poste, bien sûr j’ai vécu les désespérances, la mort de Jean-Pierre, la grave dérive de la CFDT, le combat pour une adoption dans la ligne de ce que j’ai toujours défendu où il fallut affronter l’impossible et les attitudes de quelques grenouilles de sacristie dans les services sociaux probablements devenues porteuses du slogan "un papa, une maman", les années de recherche d’un hypothétique ailleurs avec les alternatifs, la tentative désastreuse d’un compagnonnage avec le PCF, bien sûr il y eut des orages, la perte des amis dans les désaccords et le départ de la CFDT et puis il y eut le retour de l’espoir avec la voie choisie par Jean-Luc Mélenchon et la belle aventure du Parti de Gauche qui remettra au goût du joru l'ensemble de nos slogans et de nos combats de mai 68 et des années 70….

En ce moment où se dessinent les affres du crépuscule, je mesure le chemin parcouru, je suis fier de la fidélité à ce jour du 13 mai 68 qui n’était que le début d’une libération, je suis heureux de ce que nous avons fait évoluer, je savoure chaque jour l’investissement de la jeunesse que j’ai pu apprécier dans la belle aventure du PG en souhaitant ardemment que celui-ci résiste aux dérives dont il est l’objet parfois pour réaliser, ce que nous n’avons pas réussi avec la CFDT, être le vecteur de la force révolutionnaire de notre temps.

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