50 ans après...

13 avril 2021

Parce que je suis un militant, pas un politicien…en 2022 c’est Mélenchon et personne d’autre.

10620527_771823629522602_5891450159602612604_nJe l’ai déjà dit, je l’ai exprimé plus clairement dans un livre qui sortira peut-être…, dès mon adolescence, j’ai fait le choix de la vie militante vécue pour des causes auxquelles je crois et pour lesquelles je me suis largement investi notamment dans le syndicalisme, la lutte anti raciste, les combats pour l’égalité des droits.

La démocratie bourgeoise, les joutes électorales, la recherche d’un poste d’élu à n’importe quel prix n’ont jamais fait partie de mes aspirations, d’autant plus que cette vie militante s’est émaillée de tant et tant de désillusions, de nombreuses manifestations de victoire ridicules de mes camarades militants politiques. J'ai toujours tenu cette ligne, m^me au prix parfois de défaites électorales amères ou de propositions alléchantes refusées.

Je ne me souviens que trop bien de ces joies absurdes proférées à l’issue des municipales d’Orléans dans les années 70 «  c’est nous qui avons viré Secrétain (résistant, maire d’Orléans etc…) »  au profit d’un autre homme sans rapport direct avec nos aspirations de l’époque, du communiqué de victoire de la liste communiste à laquelle je participais à Gien parce que nous passions de 7 % avec 2 élus à 9% avec un seul sans parler de cette fête de mai 81 pour une victoire certes un peu prometteuse mais trahie en 2 années à peine.

Non ces combats ne sont pas les miens, mes admirations s'appellent Commune de Paris, Robespierre, Jean Moulin, le CNR, Jaurès ou Mélenchon, pas les victoires électorales de 36 ou de 81.... et c’est parce qu’il portait contre vents et marées, avec un courage exemplaire, une proposition de loi sur les droits des couples de même sexe que j’ai découvert en 1990 Jean-Luc Mélenchon, que j’ai suivi ses positions, ses combats jusqu’à la victoire du Non en mai 2005.

C’est parce que, en 2008, j’ai décelé une attitude prometteuse de ce beau parti, le Parti de Gauche, parce qu’il portait en son sein l’ensemble de mes combats depuis 68, l’égalité des droits, la révolution sociale, la volonté d’une Constituante élue pour une nouvelle République, l’écologie et l’abandon du nucléaire que j’ai, avec enthousiasme adhéré à cette forme de choix politique, celui de la Révolution citoyenne. Les années qui suivirent, la superbe campagne de 2012, le magnifique congrès de Bordeaux en 2013, la charte écosocialiste ont conforté ce choix.

Depuis 2015, notre parti est à la peine. Pour des raisons qui ne s’expriment légitimement qu’en interne, j’ai fait le choix de participer à sa nécessaire refondation, choix conforté par cette situation de ce printemps où, pour la première fois depuis cette période, en un congrès quelque peu surréaliste…une partie importante de nos militants et de membres de notre conseil national s’est enfin prononcé pour une telle alternative et nous permet d’espérer une opposition constructive et au final victorieuse d'un parti refondé, organisé, autonome, développé, révolutionnaire et écosocialiste.

Mais la situation de ce moment, particulièrement complexe, est celle de l’année électorale dans laquelle nous entrons.

Je ne commenterai aucunement cette phase présentée comme importante des régionales/départementales de cette année. Elle revient comme à chaque fois avec son cortège d’énergie déployée pour quels sièges gagnés à n’importe quel prix…Ici, accords avec les amis de M. Hamon qui dès 2012 ne se gênait pas pour déclarer « que le rôle d’un candidat PS est de barrer la route à Mélenchon », ailleurs avec les amis de M.Jadot qui déclare à tout va son amour pour l’Europe de Maastricht ou encore que « l’écologie est tout à fait compatible avec le capitalisme ». Même si j’irai voter, même si je ferai mes choix comme je l’ai toujours fait, ces scrutins ne mobiliseront ni mon enthousiasme ni mon énergie.

Car la politique, pour le militant que suis, n’a qu’une raison d’être…Utiliser les institutions de cette satanée 5ème République pour engager la seule raison d’être de mes engagements : permettre l’émergence de la Révolution citoyenne dont le premier acte est la rupture avec les institutions de la 5ème en imposant, par le seul courage du Président élu, la convocation d’un Constituante élue.

Dès lors, il ne s’agit pas de "négocier sur un coin de table" (serment d ela Porte de Versailles) quelques arrangements pour paraître consensuel avec les règles bourgeoises, il n’ s’agit pas de négocier tel ou tel accord pour un groupe parlementaire de 32 au lieu de 17,  il ne s’agit pas d’adapter notre programme pour qu’il puisse être réalisable dans le cadre d’une Europe que nous combattons, il ne s’agit pas de donner un côté réaliste à nos revendications salariales, type salaire net au lieu du brut, il s’agit d’engager la révolution par le peuple, pour le peuple, avec le peuple, c’est la seule raison d’être d’un investissement dans cette élection capitale.

Dès lors quelles sont les possibilités des forces en présence ?

Une droite qui va du RN au PS où chacun joue sa partition sur le thème habituel tantôt de l’immigration ou l’identité nationale, augmentation du poids du capital, défense des intérêts du privé, abandon des politiques publiques…Une mouvance dite verte qui base l’écologie sur un capitalisme adapté sur base d’efforts individuels sans toucher aux logiques de production…Un semblant de fausse gauche préoccupée par le maintien de quelques postes avec possibilité, en espérant me tromper, d’alliances sur le même thème avec le PCF, tout ce beau monde appelant à l'alliance de la carpe et du lapin pour occuper le palais élyséen….

Et puis, il y a ce que nous avons construit avec le Parti de Gauche et Jean-Luc Mélenchon, celui d’une victoire des forces se réclamant de la révolution citoyenne et même si, hélas, mille fois hélas, le programme de la FI comporte un certain nombre d'ambiguïtés mille fois dénoncées par votre serviteur, nous n’avons dans la logique de notre action qu’un seul candidat d’espoir, qu’un seul candidat possible Jean-Luc Mélenchon.

Pourquoi, alors qu’il est l’initiateur de ce que tu dénonces à la FI, soutiens-tu Mélenchon, me demandent certains très bons voire proches amis ?

Alors oui pourquoi ?

Je le répète, j’ai, pour l’homme de culture, pour l’homme de courage, pour l’homme de l’honnêteté politique un respect, une confiance qui ne s’est jamais, dans mon esprit, démentie.

Mais ceci n’est pas une argumentation politique suffisante. La victoire présidentielle n’est qu’un outil au service de notre cause, elle n’est en aucun cas une occupation du siège élyséen pour notre plaisir et Jean-Luc, plus peut-être que tout autre sait où il met ses pieds.

Il sait combien, à la lueur entre autres, des répressions et difficultés sud-américaines organisées par les USA, des forces capitalistes qui, ici comme ailleurs, ne négligeront aucun des moyens, y compris les plus vils pour tuer dans l’œuf toute idée révolutionnaire, et je pense qu’il sait que tout l’arsenal institutionnel, médiatique, policier sera dès le premier soir de résultat en action pour démonter la stratégie.

J’ai coutume de dire que si, nous le peuple, ne sommes pas capables de mobilisation dès le premier matin qui suit l’investiture, mobilisation dans les services, les entreprises et la rue pour imposer nos choix et soutenir le Président en ce sens, alors, même s’il n’a pas la volonté et j’ai la faiblesse de croire qu’il ne l’a pas, de céder, il sera contraint de faire au mieux du Mitterrand, au pire du Rocard ou du Tsipras.

Alors oui, certes, JLM a, comme tout humain et ça reste louable de rester humain, son caractère, ses mots parfois durs même avec ses soutiens les plus fidèles, ses déclarations et ses colères…

De grâce ne tombons pas dans ce piège de juger l’homme sur ces traits et regardons la réalité. Avec vigilance, nous n’avons aucun autre choix, aucune autre voie d’espoir que celle de porter Jean-Luc Mélenchon pour que la Révolution Citoyenne s’enclenche au travers de la prise du pouvoir par cette voie et que la victoire porte notre peuple à s’y engouffrer.

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09 mars 2021

9 mars 2021-Jour de deuil en pays Giennois

 

Mardi de l'Histoire

En ce deuxième mardi de carême, devait se tenir à Gien, comme c’est depuis 1441 ans (moins une interruption de 16 ans sur laquelle je reviendrai), l’élément capital de notre patrimoine local et le vecteur important de notre année commerciale,  la foire des Cours.

Elle n’aura pas lieu, non pas à cause de la crise sanitaire, ce qui aurait été compris (encore que la COVID, très maligne en somme, ne s’attaquera aucunement aux coureurs fortunés du nouveau dieu  de notre temps équipé de bicyclettes de compétition  et à ses adeptes qui vont animer notre ville en lieu et place de cette manifestation historique s’il en est) mais à cause d’une décision sous pression.

Je ne reviens pas sur l’histoire de cette foire, abondamment développée et qu’on retrouve rapidement résumée dans l’illustration jointe.

Non, il m’a semblé plus judicieux de reprendre les fausses raisons qui conduisent une nouvelle fois à son assassinat et sur ce qui pouvait, si nous l’avions voulu procéder de sa renaissance, de son adaptation à notre temps, de son maintien en vecteur essentiel de développement commercial de notre cité qui en a  bien besoin, car c’est bien de foire commerciale qu’il s’agit et en aucun cas d’ »ancestrale fête agricole », alias comice bis, comme se plaît à le répéter un quotidien local qui aurait pu explorer plus avant cette affaire, j’étais à son service si besoin mais …

Pourquoi en sommes-nous arrivés à cette situation ?

1998, par un jour de mauvais temps qui affecta notre foire comme tant de fois dans son histoire, le lobby agricole local pousse la municipalité de l’époque à en finir avec ce mardi de foire.

 Cette journée où du pont à la faïencerie, de la crèche Dezarnaulds au carrefour du Puy de Dôme, les étals des marchands de tous genres, les éleveurs et paysans venus  de Berry, Bourgogne, Puisaye, Gâtinais en ce carrefour éternel des provinces, couvraient les rues de leurs produits et productions, où des milliers d’acheteurs faisaient leurs emplettes, où les enfants et leurs parents libérés quelques heures pour l’occasion,  découvraient les produits de la ferme, les animaux, les productions des commerces et usines de Gien lançait de manière très fructueuse le commerce de la cité.

Il fut donc décidé que notre foire commerciale devenait manifestation historico-folklorique du dimanche matin avec quelques vaches, chevaux et autres animaux pour que les enfants admirent la vie campagnarde. De là vient sans doute le vocable d’ »ancestrale fête agricole » et pour l’occasion le comité d’organisation de la foire, composé de toutes pièces par la municipalité devient « l’association de la foire des Cours »

Ceci devait donc durer pendant 16 années.

En 2014, une nouvelle majorité conquiert la mairie. Courageusement, face  à l «association » le nouveau maire de Gien et son équipe décide de rendre à la foire son statut historique et invite la foire à la date que l’histoire lui a conféré : le deuxième mardi de carême. Ce fut dès la première année en 2015, un réel et incontestable succès même si malheureusement,, il ne fut pas possible d’engager une réflexion nécessaire sur l’adaptation à notre temps de cet évènement commercial d’importance et si la place des commerçants sédentaires et des industriels ne fut ni réussie ni encouragée.

Mais les tenants de l’annulation de ce mardi, ceux de 1998, n’avaient pas désarmé et dans la perspective des élections municipales 2020, la pression se fit très forte sur les candidats pour l’annulation pure et simple des décisions de 2014…

Ceci marcha si bien que, hormis le maire sortant bien sûr, les deux autres têtes de liste inscrivirent dans leur programme le retour au folklore du dimanche et l’annulation de ce mardi. Dire qu’il fallait se mettre autour d’une table, réfléchir avec tous les acteurs (commerçants sédentaires ou pas, industriels, services, associations) à en faire un évènement commercial d‘importance s’est révélé tout simplement impossible, se limitant à des éléments éculés comme impossibilité de libérer les écoliers, collégiens, lycéens quelques heures (l’inspection académique ne le souhaitant pas paraît- il), de la difficulté d'organisation, du refus des entreprises de libérer du personnel ce que d’ailleurs personne ne demandait mais de réflexion approfondie que nenni !!!! Notons ici que pour ce fameux Paris Nice d’aujourd’hui, certains services ou commerces sont amenés à ne pas travailler, les écoles sans doute perturbées par les difficultés d’accès, les travailleurs qui poseront certainement des RTT pour voir la course, des services municipaux mobilisés pour une organisation de haut niveau mais bien sûr tout cela est bien plus simple que d’organiser une foire enc entre ville !!!!

TOUT AU LONG DE SA LONGUE HISTOIRE NOTRE FOIRE S’EST ADAPTEE, UNE REFLEXION ETAIT ET RESTE NECESSAIRE SUR LA SITUATION DE NOTRE EPOQUE ET, OUTRE L’ASPECT PATRIMONIAL LA SUPPRESSION EST LA PLUS MAUVAISE,  LA PLUS ANTI-COMMERCIALE QUI SOIT.

Il y avait d’autres solutions

Bien sûr, comme tout au long de son histoire, notre foire devait s’adapter aux réalités commerciales de ce temps. La fixation des cours du tan s’est effacée devant la vente des produits manufacturés comme les bonnets des Chennevières, le commerce de la marine de Loire , le sel a cédé la place aux produits de la faîencerie qui à son tour cédé de la place à l’arrivée de l’automobile puis des produits électro-ménagers.

Une grande concertation, comme, reconnaissons-le, la nouvelle municipalité sait le faire et en a la volonté, aurait dû précéder une telle décision, il était indispensable de mettre autour d’une table :

-les représentants des commerçants et artisans sédentaires et non-sédentaires pour inscrire la foire dans un évènement commercial d’importance

-les représentants de l’industrie pour valorisation de leurs productions et l’étude de promotions de vente-foire. Qui peut valablement dire que Shisheido, OTIS, Pierre Fabre et autres n'ont aucun produità valoriser ou à vendre, aucune technologie à présenter dans une grande foire

-le monde associatif pour mise en valeur des activités

-les services pour les adaptations nécessaires

Etc…Etc…

En lieu et place de cette réelle opportunité, on a préféré jouer petit, reculer sur une manifestation capitale pour notre histoire, notre région, notre commerce, céder à la pression tenace d’un milieu agricole qui a, certes, comme tous les acteurs, ses problèmes et ses contraintes, mais n’est pas de toutes façons, en notre temps, l’élément dominant d’une grande foire commerciale.

On pourrait se contenter de dire c’est dommage ou, comme un précédent maire de Gien, évoquer « une nostalgie d’un passé révolu ».

Pour ma part, je ne m’y résoudrai pas, certain comme je le suis que notre ville mérite mieux que de jouer petit, que l’annulation de ce patrimoine qui rejoint tant d’abandons patrimoniaux comme les puits de Gien en leur temps, la grange Bourgoin, la crèche Dezarnaulds, la chapelle Saint- Lazare, la non-préemption du château d’Arrabloy et tant d’autres témoins d’un riche passé sur l'autel du modernisme ou d'un prétendu progrès.

Oui ce 9 mars 2021 est bien un triste jour de deuil. Que chacun où qu’il se trouve, qu’il apprécie ou pas l’évènement qui meuble cette journée ait, au minimum une pensée pour feue la foire des Cours.

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29 novembre 2020

La Constituante, un enjeu majeur…qui doit rompre avec l’ambiguïté de 2017

Dan10620527_771823629522602_5891450159602612604_ns son brillant développement numérique d’hier au soir, Jean-Luc Mélenchon a réaffirmé et expliqué avec la pédagogie qui le caractérise, les raisons et la situation qui rendent impérative la nécessité de ce choix, qu’il porte depuis 1992, celui d’une 6ème République affiné par nos travaux du Parti de Gauche dans le sens d’une Assemblée Constituante chargée d’écrire une nouvelle constitution pour une autre République.

Dans cette déclaration réaffirmée «  Dès lors que nous aurons gagné, il nous faudra convoquer une Assemblée Constituante » comme un écho à sa déclaration de septembre 2016, approximativement «  dès le jour de mon investiture, je décréterai, l’élection d’une Assemblée Constituante ».

Comme un effet du hasard, à la suite de ce performant discours numérique, en seconde partie de soirée, LCP diffusait un documentaire sur le choix de 1962 d’élire directement le président de la République au suffrage direct. Loin de moi l’idée de défendre ce choix, l’une des causes de nos malheurs et du glissement inévitable vers la situation monarcale que nous connaissons aujourd’hui mais cette affaire est très riche d’enseignements sur la latitude qu’a, sous la 5ème République,  un Président de la République en situation de crise pour affronter ou, au moins pire, s’affranchir, de l’opposition du Conseil Constitutionnel opposé à une décision que la situation du pays impose.

Cette problématique est, sachons la regarder avec lucidité, celle qui sera la nôtre en cas de victoire pour plusieurs choix et puisque le temps serait, semble-t-il venu de critiquer, proposer, amender certains aspects de l’AEC sans recevoir les foudres du mouvement LFI, évitons de nous en priver et reprenons ce débat sereinement.

Septembre 2016, c’est la déclaration de Jean-Luc à laquelle j’ai applaudi des deux mains mais il y eut octobre 2016, la convention de Lille et certains reculs de type social-démocrate ou, au mieux, électoralistes.

Pour ma part trois choix, celui du Tirage au Sort, celui de la revendication salariale en net et décalée de la revendication des syndicats CGT et SUD et surtout, surtout, celui d’un déport de la convocation de la Constituante à un nouveau referendum, comme  pour savoir si le peuple qui avait approuvé le programme, en voulait vraiment. Ces trois éléments ont entraîné mon éloignement de la FI sous les quolibets de beaucoup, les insultes de quelques-uns et le plus attristant, le mépris, l’arrêt des relations avec certains amis proches, logique FI qui en fit bien d‘autres depuis….

Mais revenons à nos moutons, à ce programme prometteur et surtout à ce choix vital qui n’est pas, ne peut pas être un point accessoire du programme, celui de la convocation à l’élection d‘une Assemblée constituante car Président élu, c’est une chose, Président condamné à gouverner dans le cadre de la 5ème République en est une autre et, sauf cas de mobilisation populaire qui n’est pas à ce jour démontrée, c’est se condamner à faire au pire du Tsipras, au moins pire, encore que, du Mitterrand.

Dans cette affaire imposée à la FI par d’éminents juristes, il me fut longuement expliqué et réexpliqué que le Conseil constitutionnel risquait de s’opposer à notre choix et qu’il faudrait le contourner par un referendum qui, s’il était gagnant, légitimait le choix. Comme si nous pouvions penser qu’il en soit autrement, venant d’une des institutions dont les membres sont soigneusement triés sur le volet et où siègent les anciens Présidents qui, que je sache, ne sont pas à la veille de nous faciliter la tâche, comme si nous pouvions être sûr qu'un referendum raté ne serait pas pire pour notre peuple.

Dans ce domaine comme dans d’autres, nous ne sommes pas au pays des bisounours et le choix est simple entre assumer la rupture, ce qui est je pense, en tous cas j’espère,  dans l’esprit de Jean-Luc Mélenchon ou se mouler dans la fonction telle que la prévoit la Constitution tant qu’on en l’a pas changée comme l’a fait Mitterrand avec les dérives que nous avons connues et qui se reproduiraient inévitablement.

1962, c’est l’exemple même du conflit qu’il nous faut assumer sans barguigner, c’est dire au Conseil Constitutionnel ce que l’intérêt supérieur du pays exige, c’est ne garder l’appel au peuple qu’en position de force et surtout éviter de vouloir paraître sage en ne choquant ni l’électeur ni les institutions, ainsi se présente le combat que dans la crise actuelle, nous devons mener.

Ainsi, le processus référendaire tel qu’il est inscrit dans l’AEC doit être complètement reformulé pour abandonner l’idée d’une consultation préalable au lancement du processus constituant et dire clairement que sur ce point, la décision populaire de conférer le pouvoir à un Président dont le programme comporte l’élection d‘une Constituante a force de loi et s’applique en priorité dès le jour de l’investiture et du premier gouvernement, c’est placer l’élection d’une Constituante en point central du programme et pas en 17ème place comme en 2016 car, enfin, nous le savons bien, faute de sortir de ce système du Président Roi élu, rien ne sera possible.

Oui je sais bien, je ne suis qu’un militant de base, pas un juriste, mes cours limités de droit constitutionnel se limitent à la formation basique de ma préparation au concours de cadre supérieur des PTT; travaillant à l’âge de 17 ans,  ce que je sais, ce que j’ai appris, je le dois à ma vie militante et aux possibilités internes que m’a permis mon métier mais, je suis un soutien sans réserve de Jean-Luc Mélenchon, un militant du Parti de Gauche et, de grâce, réfléchissons puisque nous nous sommes donnés du temps pour ça et améliorons certains points de l'AEC puisque ceci nous est proposé…

11 novembre 2020

Maurice Genevoix au Panthéon … tout à fait mérité mais sa vie en bord de Loire...

ob_f13048_ob-277bb7-monument-aux-morts-d-equeurdA grand renfort de couverture médiatique, Maurice Genevoix entre au Panthéon 102 ans après la fin de cette tragique et sanglante Grande Guerre. Pourquoi pas ? Il l’a bien mérité, autant et même beaucoup plus que certain mari de…

102 ans c’est loin, beaucoup de mélange dans les esprits, beaucoup parlent de libération, confondant allègrement cette guerre de revanche avec la deuxième (qui hélas ne restera sans doute pas la seconde) que les résistants transformèrent en vraie guerre de libération.

Comme pour tous les enfants nés peu après 1945, mon enfance fut baignée par « Ceux de 14 », par la lecture programmée de son livre dans mon « cursus scolaire », par cette sempiternelle projection des « Croix de Bois » dans nos après-midi du jeudi en parascolaire chaque année au plus proche jeudi du 11 novembre, par notre participation quasi obligatoire (et c’était une bonne chose) au défilé de ce jour et par les réalités :  l’œil de verre  de mon grand-père, résultat des combats d'octobre 1915 à « La fille morte », et décédé quand j’avais 5 ans avant d’avoir eu le temps de me raconter,  des deux pieds coupés à « la route de  l’homme mort » de son frère mon grand-oncle que j’adorais,  qui lui me narra sans compter les horreurs de ce temps, la guerre, la blessure, les traitements et les séjours sanitaires. Oui 1914-1918, ceux de ma génération en ont une idée plus que précise.

Très vite d’ailleurs, les souvenirs officiels faisant des héros avec tous ces pauvres gars qu’on envoya au massacre se sont enrichis de la lecture d’Anatole France « on croit mourir pour la Patrie, on meurt pour les Industriels », les premières sorties du Gien natal pour des sorties, des fins de semaine avec les copains ou amis ont apporté ces quelques monuments portant l’inscription « maudite soit la guerre », puis la vie militante permit la connaissance des mutineries de 17, des « fusillés pour l’exemple », de la « Chanson de Craonne » et l’adolescence sur fond de guerre d’Algérie pas plus propre que les autres était là pour nous rappeler que le rêve des poilus d’avoir vécu la « der des der » était un vœu pieux…

Genevoix a écrit « Ceux de 14 » avec son talent, il n’y a pas valorisé les va-t-en-guerre, pas décrit une guerre d’exploits dits glorieux mais bel et bien son horreur, sa réalité quotidienne, celle du copain qu’on voit rire avant que la balle tirée le fige à jamais dans la boue d’une tranchée, celle du ventre ouvert, de la « gueule cassée » et de l’infirmité pour toute une vie. Qu’il en soit remercié aujourd’hui est tout à fait normal et même appréciable mais heureusement Genevoix ce n’est pas que « Ceux de 14 ».

Le talent de Genevoix toucha chez moi une sensibilité beaucoup plus grande qui ne m’a jamais quitté, l’amour de la Loire et de ce pays ligérien, et je me souviens de cette étude de texte que nous donna notre merveilleux prof de français du collège public de Gien, M.Petit, avec ce bel extrait de Rémy des Rauches qui commence par « Il regardait la Loire » et qui contient ce paragraphe superbe : « « Lorsqu’une libellule passe devant ma porte et vole à la pointe des rauches, je l’écoute grésiller comme une verte étincelle et je lui dis seulement : « Sois libellule. » Et mes yeux qui la suivent s’en vont vers la Loire ; et la Loire prend mes yeux ; et je lui dis seulement, tout au fond de mon cœur : « Sois la Loire. » »

Tout comme ceux qui se battent actuellement avec les défenseurs de la Loire face à un pont près de sa maison de famille, je pense qu’il les aurait soutenus et aussi qu'il aurait rejoint les nombreux et prestigieux parrains de nos platanes de Gien.

J’en profite pour signaler un magnifique article que m’a fait connaître mon amie politique Brigitte Blang « la dernière bataille de Maurice Genevoix-lettre ouverte à Emmanuel Macron (https://genevoix-vivra.frama.site) qui resitue Maurice Genevoix dans l'ensemble de ce que fut sa vie qui ne se limite pas à "Ceux de 14".

Il n’est pas non plus étranger à mon amour de la nature et des bois.  Et comment ne pas me souvenir de la célébration de ce pays de Sologne qui gagna mon cœur dans ces années 60 et ces superbes week-ends avec l’ami Jean-Pierre, bien trop tôt disparu qui repose là-bas dans ce petit cimetière de Sennely ….

Oui Genevoix c’est «  Ceux de 14 » générateur de l’hommage aujourd’hui rendu mais pour moi, c’est avant tout et pour toujours « Rémy des Rauches »,  "Raboliot » et tant et tant d'autres belles pages....

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02 novembre 2020

Réflexions sur le commerce, entre autres le commerce giennois

 

Foire des Cours 4En  35 ans, j’ai vu mourir ma ville. Les collusions entre les différentes municipalités et les enseignes n’y sont pas pour rien….

Années 80 : s’installe sur fond de crise de la faïencerie ce qui deviendra un magasin du trust capitaliste : Auchan, pas seules conséquences, mais conséquence principale quand même, mort du quartier du Champ/Palissy….Depuis la mairie comme beaucoup d‘associations s’alimentent ici pour la plupart de leurs manifestations ; disparition de Prisunic, véritable poumon du centre-ville.

Années 90/2000 :

- transformation du magasin STOC/CHAMPION en magasin Carrefour, déménagement et extension autorisés

- déménagement du magasin Intermarché vers la zone Nord probablement en vue d’une autre opération

- création de la zone Val Sologne, belle opération surtout immobilière en vue de « résister », la bonne blague!!!!!! aux velléités du trust Leclerc qui visait notre cité depuis pas mal de temps

Années 2010 : installation avec l’accord, voire l’aide active de la même majorité, du centre Leclerc en zone nord.

Ce schéma n’est, hélas, pas seulement giennois mais général sur tout le territoire et explique en grande partie la situation actuelle exacerbée par la crise sanitaire et son utilisation tentaculaire pour divers objectifs du monde de la finance et du capitalisme qui pilote la France « macronienne ».

Ces objectifs touchent à la mort du lien social, à l’orientation des activités vers les seules sources de profit, d’où les choix faits, ceux de sacrifier les activités associatives, les activités culturelles, le spectacle vivant, les librairies et bien évidemment le commerce de proximité.

Depuis des années, parmi tant d’autres, mais aussi hélas parmi trop peu d’autres, dans un réel désert d’indifférence, quand il ne s’agit pas d’un océan d’ironies, je dénonce ce phénomène, cette stratégie du capitalisme en matière de commerce, cette mort programmée de nos centre- ville et de nos paysans, qui s’étend hélas à beaucoup d‘autres activités. Je pense entre autres aux TPE types garages face aux vendeurs de pneus en E-Commerce ou autres réparateurs de pare-brise.

Oui car à cette catastrophe des hyper s’ajoute le phénomène et son engouement du numérique et  donc de la vente en ligne, mille fois plus puissante, mille fois plus dangereuse.

Pensez donc, me rétorquent des tas de détracteurs « faire ses courses en ville, ça prend un temps fou et c’est tellement plus simple d’acheter son paquet de pâtes et ses petites culottes au même endroit » ou encore le sempiternel «  il y a des parkings », le truc qui tue "en librairie je ne reçois pas mon libre le lendemain" sans parler de l’argument  souvent faussement démontré de l’économie réalisés.

Et pourtant si nous réfléchissons, nos parents ou grands-parents, les miens en tous cas, travaillaient à deux 48 h par semaine du lundi au samedi soir, avec des salaires plus que moyens faisaient leurs courses en ville et nous avons toujours mangé à notre faim.

Donc cette crise arrive à point nommé pour terminer le travail…

Oh loin de moi l’idée de nier que la crise sanitaire est réelle, que ce virus circule, que sa gestion n’est pas simple et qu’il ne faut pas transiger sur les précautions à prendre mais franchement, les choix sont bizarres…

Sans parler du reste, limitons-nous à ce problème du commerce. En mars, les marchés étaient interdits à quelques mètres des grandes surfaces où l’on pouvait allégrement se côtoyer, patiner des fruits et légumes déjà bien tâtés, ramasser des viandes suant sous cellophane elles aussi bien « examinées ».

Ce coup-ci « on a appris » disent- ils donc les marchés sont autorisés, les commerces dits  « non-essentiels’ sont fermés mais les hyper peuvent continuer à vendre ces produits.

Mais, enfin pour la première fois, la conscience des citoyens s’éveille, et surtout, les commerces de proximité, acculés à la faillite par une telle attitude se mobilisent, les municipalités même favorables au système entrent en résistance….Enfin la crise révèle la vérité des années de déni…..

Que trouve le gouvernement comme réponse à l’opposition unanime qui le frappe?  Ouvrir avec protocole sanitaire strict, les commerces de proximité et les librairies ? QUE NENNI ! Non fermer, dans un bégaiement absolu certains rayons de la grande distribution….Ainsi au rayon hygiène, le produit maquillage sera isolé et ne peut être vendu…. Quel amateurisme.

Enfin amateurisme, à moins qu’il ne s’agisse, au final que d’une stratégie plus claire qu’il n’y paraît, celle de ne rien céder à la logique qui est celle de son camp : En finir avec le petit commerce, avec l’artisanat, la petite paysannerie et favoriser la solution finale, celle du numérique, celle de l’E-Commerce, celle qui accompagnée du télétravail, du téléenseignement, du télé-culturel isolé devant son cinéma perso, permettra enfin la fin de ce lien social qui, in fine, leur est tellement menaçant…

Triste réalité du monde prévu par Orwell dans son livre :  1984….

 

 

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27 octobre 2020

Plus que jamais, devant le climat qui s’installe, soutien sans faille à Jean-Luc Mélenchon

119209150Jean-Luc est en réflexion sur une 3ème candidature à la présidentielle.

Sa décision, bien sûr individuelle, n’est pas simple même si pour ma part, je la souhaite ardemment pour des raisons maintes fois  exprimées : son courage, sa culture, sa détermination d’humaniste et d’homme de gauche, sa stature d’homme d‘Etat tant de fois démontrée.

Dès l’annonce d’une décision annoncée pour novembre 2020, les haines se déchaînent…

Oh pas sur le programme politique, ce qui, en démocratie serait tout à fait normal mais il serait vite démontré que ce programme tient la mer, qu’il est réfléchi et élaboré et surtout surtout qu’en face, au niveau éligibles, ne pourraient se présenter que des programmes qui finalement se rejoignent tous en se résumant  à une seule logique: un soutien et une dépendance aux institutions de la 5ème République avec en corollaire adhésion et soumission au libéralisme européen.

Non, ce serait trop demander, alors c’est à l’homme Mélenchon qu’on va s’attaquer et ce n’est plus sous la forme ridiculement éprouvée du « couteau entre les dents », aux perquisitions sur des fondements plus que discutables ou pire aux allusions sur sa vie privée.

Ainsi, seul avec ses petits bras, notre camarade est confirmé en quelques jours, sous fond de pensée globalement raciste avec les musulmans en bouc émissaire, dans le rôle du responsable de tous les maux, de tous les attentats, du climat qui affecte notre pays avec ce qualificatif ronflant d'islamogauchiste.

Peu importe que, notamment depuis l’installation tragique du sarkosime, assimilé par l’équipe Hollande/Valls sans difficulté, développé par le macronisme, notre pays ait sombré dans les pires contrats et embrassades avec tous les fauteurs de terrorisme du monde, peu importe qu’ils aient stigmatisé en permanence les musulmans de ce pays qui à 90% sont des gens pratiquant calmement, dans leur cœur, la religion qu’ils ont choisie ou pas de religion du tout d’ailleurs, peu importe qu’on ait exploité les tragiques évènements de Charlie ou du Bataclan, peu importe qu’on ait cassé les services de renseignements, utilisé et organisé la police pour chercher noise, à coup d'yeux crevés ou de mains arrachées, aux manifestants la plupart pacifiques, non tout cela ne compte pas, il faut un responsable qui prend le nom ronflant d’Islamo gauchiste. Il faut désigner un meneur qui ne peut s’appeler que Mélenchon et nous autres, camarades de ses combats, comme je le suis, qui de sa position courageuse de 1990 à la belle vie du Parti de Gauche en passant par la victoire de 2005, qui sommes à ses côtés, fidèles à son parcours et déterminés.

Alors, on va rechercher dans les archives et miracle, voilà qu’on a trouvé la cause de tous nos maux, le mal absolu qui peut couler le vieux militant.

Voilà, qu’un jour de novembre 2019, nous étions avec les camarades de dizaines d’organisations de gauche, politiques, syndicales, associatives en manifestation de soutien aux musulmans de France, victimes une fois de plus, d’une attaque raciste devant l’une de leur mosquées.

Peu importe qu’il y ait toutes ces organisations en signataires, peu importe la présence des camarades de la CGT, du PCF dont leurs députés, du NPA et de multiples personnalités, peu importe que la manif soit organisée suite à un attentat d'extrême-droite contre une mosquée, il y a un responsable, quelqu’un qui aurait pu côtoyer (et donc être des leurs et 200 % en accord avec eux) des militants dits islamistes, c’est Jean-Luc Mélenchon.

Moi je ne me souviens du seul motif invoqué pour être de cette manif « foutez la paix aux 99 % de musulmans pacifistes de notre pays » mais non, ce n’est que lubie d’islamo-gauchiste, l’un des auteurs de cette trouvaille n’ayant sans doute pas à répondre de ses participations aux manifs d’extrême droite espagnole…

Et telle la calomnie, le venin se répand, aujourd’hui c’est le PCF qui se voit gratifier du qualificatif de collabo, attaque odieuse vis-à-vis du parti qui tint un rôle majeur dans la Résistance, le parti des fusillés et peu importe nos désaccords de ce temps, nous ne devons pas l'accepter. Personne ne peut se laisser berner, il y a derrière tout cela la patte bien acérée de l’extrême droite , celle qui il y a 85 ans portait le slogan « plutôt Hitler que le Front Populaire », celle qui jouait les justiciers dans la guerre d’Algérie, celle des commandos d’Occident et autres engeances qui nous provoquaient en mai 68 et celle des attentats contre les musulmans devant leur mosquée.

Les actes et discours de la macronie, ceux des groupes de presse qui leur sont assujettis, c’est-à-dire 90 % de la presse tenue par une dizaine de milliardaires, mais aussi la fausse gauche des Valls et Hollande  qui nous classent au rayon de ce qu’ils appellent les islamo-gauchistes, terme qui ne veut à la fois rien dire et tout dire préparent, même s’ils s’en défendent, l’évolution des esprits vers une situation où la victoire de l’une ou l’autre de ces forces porte l’esprit populaire vers une dictature des idées, une restriction drastique des libertés individuelles et collectives.

Face à cette situation, il n’est qu’une urgence, celle de renverser la table, celle d’en finir avec un système monarchique, celui de la 5ème République, celle d’en finir avec une réalité antisociale, celle que nous impose l’Union européenne, celle d’en terminer avec une situation monétaire qui crée la misère et l’inégalité, celle de l’Euro, celle que seuls, avec Jean-Luc Mélenchon, nous proposons.

Devant cette urgence à laquelle se joint une situation climatique désastreuse que personne hormis notre courant ne prend vraiment au sérieux, il n’y a qu’une alternative la victoire présidentielle pour imposer de nouvelles règles avec une Constituante élue dès la victoire, il n’y a qu’un accompagnement nécessaire et incontournable, la mobilisation populaire par l’arrêt de l’économie et l’exigence de mettre en négociation favorable les forces du grand capital à savoir le grand patronat, celui du MEDEF et du CAC 40, il n'y a qu'une volonté celle d'ouvrir la voie d'une gestion écosocialiste de la production. .

Nous sommes donc arrivés à ce stade, celui de l’affrontement nécessaire entre les forces gigantesques du capital et la volonté populaire de sortir de cette misère. Tel est le ton du moment, le temps des courages et des déterminations.

Alors ça continuera, après le Mélenchon colérique, le Mélenchon « perquisitionnable » pour rien, le Mélenchon trainé devant les tribunaux, le Mélenchon milliardaire, nous voici au Mélenchon repeint en islamiste…que sera-t-il demain ? Le Mélenchon qui ramena le virus de ses voyages à l’étranger ? Le Mélenchon qui, par ses incantations a déréglé le climat pour enclencher une révolution mondiale ? Je ne sais ce qu’ils trouveront mais ils trouveront…c’est sûr

Alors oui, le temps n’est plus à barguigner sur une phrase d’il y a 50 ou 30 ans, et même si je suis, comme je l’ai toujours dit depuis 3 ans en désaccord sur la stratégie de la FI, je le dis et je l’affirme encore plus fort aujourd’hui, Mélenchon n’est pas la FI, il n’est pas limité à l’AEC  il est bien plus que ça, il est l’Homme d'Etat incontournable par lequel passe la victoire présidentielle qui nous est indispensable et devant les attaques odieuses dont il victime, notre devoir de militant de gauche, notre espérance d’un monde meilleur, notre vœu du retour aux jours heureux passe par:

UN SOUTIEN SANS FAILLE AU MILITANT HUMANISTE, A L’HOMME DE GAUCHE, AU FONDATEUR DU PARTI DE GAUCHE.

A NOUS D’ETRE PRETS A SUBIR LES INSULTES QU’IL RECOIT, A NOUS DE RIPOSTER CALMEMENT A CETTE BOUE REPANDUE, A NOUS DE SAVOIR QUE SA VICTOIRE EST INDISPENSABLE MAIS QU’ELLE NE SUFFIRA PAS ET QUE LA MOBILISATION POPULAIRE EST L’AXE FONDAMENTAL DE SA REUSSITE

23 septembre 2020

Mélenchon, la Constituante, 2022… et tutti quanti

120098240_10158831481873750_7344105649684809616_oIl y a eu 228 ans le 22 septembre naissait la République, idée neuve s’il en était, temps magnifique où un peuple rencontre son espoir, un peuple qui avait porté l’abolition des privilèges, puis cassé les baronnies locales en créant les départements, qui avait décidé la fin du pouvoir royal et remporté la veille à Valmy, la plus belle des victoires sur les coalisés des monarchies d’Europe.

Valmy, cette belle date de notre histoire concluait ce cycle de la révolution entamée en 1789 en permettant la décision du 22 septembre, celle d’instaurer la République en France et de porter son idéal universaliste aux peuples du monde.

Comme il sait si bien le faire avec grand talent, Jean-Luc Mélenchon a célébré hier ce grand évènement dans une magistrale démonstration des circonstances qui conduisent un peuple à ce cheminement qui va de la révolte souvent confuse face à des situations diverses pour arriver collectivement à ce constat qui s’impose à nous aujourd’hui : Il faut en finir avec cette situation et la voie de sortie porte un nom : Nouvelle République donc nouvelle constitution adaptée aux besoins non satisfaits de notre temps : besoins sociaux, sociétaux, économiques, écologiques, démocratiques, bref en un seul slogan les thèmes réfléchis, développés, formalisés par les orientations de ce beau Parti de Gauche, créé dans la prise de conscience de la dérive libérale du PS, en 2008 : Ecologie- Socialisme- République

Dès lors, bien sûr, chacun le sent bien, la seule hypothèse de candidature crédible pour porter efficacement ces thèmes est bien celle de Jean-Luc Mélenchon sur la base du programme qui fut le sien en 2017 pour peu qu’il sache en extraire les effets réducteurs apportés par le mouvement FI, notamment lors de la convention de Lille sur la base de critères essentiellement électoraux, qui sont, en grande partie, un des éléments explicatifs des voix manquantes aux résultats de 2017.

Ne pas tenir compte de la seule réalité qui soit, celle d’une non-rupture avec les règles de la 5ème République, celle d’une étrange alliance avec les responsables de la situation qui nous a conduit là où nous sommes, à savoir le PS, tout le PS et ses alliés divers conduiraient inéluctablement le Président Mélenchon, et ce qu’il le veuille ou pas,  à finir par devenir au mieux le Mitterrand de 83, au pire le Jospin de 98, c’est-à-dire épouser une stratégie de renoncement, de capitulation devant de soi-disant réalités économiques.

Je sais la difficulté qui est réelle pour un homme, fut il Jean-Luc Mélenchon à avoir le courage, la foi nécessaire à s’engager dans un tel combat mais devant l’histoire et le rôle qu’elle lui confère, s’il était compréhensible et humain qu’il renonce, une situation de non-candidat Mélenchon nous amènerait avec tristesse à repousser l’espoir de toute sortie du marasme et à laisser le champ libre peut-être à une issue aussi aventureuse que tragique. Difficile dilemme et solidarité Jean-Luc pour cette décision compliquée que cependant, je souhaite de tout mon être.

Et puis, pour revenir à ce débat essentiel, celui du programme, soyons clairs et ne renouvelons pas l’erreur majeure de 2017, celle qui depuis Lille, amena le point capital de notre programme, l’axe central de notre révolution à un nouveau débat référendaire relégué d’ailleurs assez loin dans le programme : La Constituante.

LE CHANGEMENT DE REPUBLIQUE, LA DEFINITION DE CE PROJET SONT L’AXE ESSENTIEL DE NOTRE ACTION.

Un maintien dans la constitution actuelle, un président monarque qu’il s’appelle Mélenchon ou pas, une assemblée nationale chambre d'entregistrement, fut elle majoritaire ce qui n’est pas prouvé ne résisteront pas longtemps aux institutions rôdées, verrouillées pour peu que forces de répression tirent les pieds pour se soumettre et que le peuple ait, comme c’est actuellement le cas, du mal à se mobiliser, ne pourra se terminer que par un moulage dans le système comme s’y est moulé Mitterrand en son temps et d’autres ailleurs en Europe.

Il nous faut donc assumer la rupture et la convocation de la Constituante doit être le premier acte du président investi comme, manifestement si l’on regarde ses intervention de septembre 2016 JLM le prévoyait avant Lille. La rupture doit se faire sans craindre les institutions et les règles de la 5ème. On ne peut pas, comme on l’a fait à Lille, arguer du fait qu’il nous faut rester réalistes et que nous ne pourrons décréter la Constituante sans un nouveau référendum du peuple qui l’autorise, avec les risques que ceci comporte, avec les grandes probabilités d’abstention record sur ce point, avec la tribune redonnées à toutes les forces de pression liguées pour donner le coup de grâce au Président élu.

Non, la Constituante doit être le point clé du programme, elle doit figurer en première place de la campagne, être le fédérateur qui redonne au peuple de France l’espoir et le sentiment qu’il peut retrouver sa place et le jour de la victoire. Avec l'élection du président le programme est adopté de fait, devient force de loi, il peut sans souci s’appliquer, légitimé par le scrutin populaire et être le premier élément d'affrontement y compris s'il le faut avec l'institution du Conseil Constitutionnel, ce conflit permettant au peuple de s'imposer autour de son Président.

C’est à ce prix et à ce prix seulement que peut s’ouvrir le chemin des jours heureux au tour du plus brillant de nos camarades et du bel espoir de la Révolution citoyenne..

 

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30 août 2020

Bien peur qu’on ne s’en sorte jamais, la fausse gauche est trop utile au système.

119209150Un billet en allure de petit coup de gueule à l’heure où le PS est présenté comme l’incontournable de la gauche et où la vraie gauche (tout au moins le mouvement qui se présente comme tel) n’a rien de mieux à faire que d’accepter leur invitation et même de participer activement.

Quoi de mieux pour illustrer ceci que se me remémorer 50 années de relations difficiles entre ce parti et les idées qu’avec tant d’autres je porte avec l’espérance du retour aux jours heureux.

Dans les évènements de 68, alors que le pouvoir est vacant pour quelques heures, M.Mitterrand alors à la SFIO se présente en recours. Avec mon ami, nous resituons l’attitude cet individu en Algérie et à ce titre, nous jurons ensemble de ne jamais voter pour lui.

Nous sommes donc indifférents à la création du PS en 1971 et pour ma part, j’ai adhéré au PSU en 1969.

Par attirance du pouvoir, le PSU fait le choix majoritaire de s’inféoder au PS avant les élections de 1974, fin de l’histoire pour moi, je quitte le PSU et ne vote pas Mitterrand mais Dumont aux présidentielles et abstention au second tour. Culpabilisation de tout ce que mon environnement compte de « gôche », je fais partie « des 300 000 qui firent élire Giscard »…Peu importe, le serment est tenu.

1978, après âpre explication avec un secrétaire de section du PS, intelligent et sincère, qui m’explique que le PS a changé, que Mitterrand a changé etc.., j’accepte une adhésion au PS et vote (seule et amère trahison de notre serment) Mitterrand en 81, je m’enthousiasme des avancées sociales, des nationalisations, de l’abolition de la peine de mort, de la dépénalisation de l’homosexualité etc...

L’enthousiasme est de courte durée, en 1982, Mitterrand amnistie les généraux félons d’Alger, (le PS proteste un peu pour la forme et finalement cautionne)  et fait le choix en 1983 de l’Europe libérale qui entraînera tout le lot des reculs qui suivirent.

C’en est trop, je démissionne de ce parti, me jurant de ne pas revenir dans un parti avant bien longtemps.

1990, découverte du camarade Mélenchon, de son courage, de sa culture. Cet homme-là porte pour moi un espoir mais si je suis avec passion ses positions et activités, je ne le rejoindrai pas tant qu’il reste au PS. C’est ainsi que je le vois se battre, non suivi, pour l’interdiction du FN ou pour la 6ème République.

1998, la proposition de loi Mélenchon a fait son chemin et vient devant l’Assemblée, la loi pour un Pacte Civil de Solidariré. Boycott des débats par les députés PS, la loi est reportée. Ce jour-là, étant venu à l’Assemblée pour assister au débat qui consacre mes années de lutte pour l'égalité des droits, je me suis fixé dans la tête ce qui devint un slogan beaucoup plus tard « Jamais je ne voterai PS désormais ». La loi revenue un an plus tard est votée après une scandaleuse concession de la ministre PS : « pas de cérémonie en mairie » donc non reconnaissance par la République suite aux oppositions d’un quarteron de maires de droite.

Referendum de 2005, le PS appelle dans sa logique de 1983 à voter OUI, Mélenchon organise avec d’autres, les comités du NON et le Non l’emporte.

2008 enfin, je rejoins Mélenchon qui avec beaucoup d‘autres a quitté le PS et je fais le choix de l’accompagner en m’investissant à fond  dans cette belle aventure, ce grand espoir qu’est le Parti de Gauche.

Nous travaillons, ayant cette chance inestimable d’une génération de jeunes militants investis qui me rappellent mai 68, nous élaborons le beau programme qui fut celui de tous mes combats depuis le beau mois de mai et du congrès de l’évolution de la CFDT 1970, autour des thèmes de la démocratie, du socialisme, de la planification auquel par bonheur nous ajouterons avec des militantes de la valeur d’une Corinne Morel-Darleux, la charte de l’écosocialisme.

2012, JLM recueille 4 Millions de voix, le score à deux chiffres que nous espérions et tous les espoirs sont permis.

Mais commence la sempiternelle obsession des partis, celle des places à tout prix et c’est le désastre, l’hémorragie qui suivit les régionales 2014 et quelques alliances avec des PS ici ou là et fis prendre, aux 46 % de la plateforme alternative que nous étions, le slogan qui me réjouis et que j’applique avec fidélité « PLUS JAMAIS PS »

C’est avec grande joie que nous accueillons la décision de candidature de Jean-Luc Mélenchon et la mise en route d’un mouvement destiné à favoriser la victoire : la France Insoumise.

Comme en 1981, la joie fut pour moi de courte durée, les limites du mouvement devaient m’apparaître dès fin 2016, au travers d’un programme électoraliste de type PS Bis qui atténuait nos exigences en matière de rupture avec le système, qui imposait la notion de salaire net contraire à toute logique revendicative et remettait la Constituante au choix d’un aléatoire referendum… Je suis donc amené une fois de plus à prendre du recul avec ce mouvement.

Le scrutin présidentiel nous amenait à 7 millions de voix, à quelques petites marches du second tour et de la victoire possible. Malheureusement comme trop souvent, la lutte des places repris ses droits pour composer un groupe parlementaire, on se dispensa de quelques obligations, on permit des candidatures dispensées des contraintes édictées  et l’on rentra dans la traditionnelle valse des principes et des alliances pour les élections intermédiaires.

Le beau serment de 2012: "nous ne arrangerons avec personne d’autre que le peuple lui-même » prit un peu de plomb dans l’aile. Sans contestation interne une tête de file aux européennes put déclarer qu’au Venezuela « le président élu Maduro et le putschiste Guaido pouvaient être renvoyés dos à dos" en même temps que des anciens PS faisaient leur apparition sur la liste. Aux municipales la tambouille fut bien plus révélatrice et nous n’avons pas brillé sur ces deux scrutins…

Et aujourd’hui, une représentante intervient à l’université du PS qui ne se gêne pas pour en triompher et se présenter une fois de plus comme le pivot central d’une soi-disant gauche unie, c’est-à-dire une union autour de son choix de 83 de force active du néo libéralisme européen.

La boucle est bouclée, le PS a réussi son opération, la FI a terminé son cycle de force sage, fréquentable aux arguments électoralistes assumés, débuté en octobre 2016.

Il est temps de dire que pour moi, avec la tristesse d’un retour à nos errements d’antan, la page d’un quelconque  accompagnement de ce mouvement PS bis est tournée…Ca n’étonnera ni même m’émouvra personne…

Mais qu’on ne s’y trompe pas, depuis 1968, je suis et reste fidèle à mes idées, mes espoirs, mes serments intimes ou partagés et dans le temps présent l'un s’appelle Jean-Luc Mélenchon et, s’il se présente, il aura mon soutien et ma voix même si je n’accompagnerai pas la campagne du mouvement dont il est hélas, otage  et l'autre se nomme Parti de Gauche où jusqu’à sa mort ou la mienne, je militerai pour une refondation sur la base de nos superbes projets et de notre magnifique objectif : la Révolution citoyenne pour une République sociale, écosocialiste et républicaine.

Qu’on veuille donc bien admettre à la fois ma désillusion et mon espérance et savoir que » s’il n’en reste qu’un…et bien je serai celui-là ».

 

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29 juin 2020

Stratégie…élections…révolution citoyenne…finalement on en est où ?

114428897Je ne suis pas un fin analyste politique comme le sont certains amis du PG qui excellent en ce genre, je n’ai pas ce niveau et sans doute n’ai pas fait, pour cela, les efforts nécessaires. C’est donc en simple et vieux militant que j’apporte mon sentiment sur ce qui se passe dans notre pays.

Analyser l’état de notre combat qui devrait être le seul, celui de la Révolution citoyenne par une combinaison des urnes, de la mobilisation populaire, de la rupture avec le système par l’élection d’une Constituante imposée le soir de l’investiture du Président qui en l’état actuel des choses ne pourrait être que Jean-Luc Mélenchon, telle doit être la base de notre action.

Telle est la logique voulue dans mon adhésion en 2009 au Parti de Gauche, celle de mon combat permanent contre des solutions à seule vocation électorale, celle de mes oppositions à l’adhésion directe au Front de Gauche comme celle de mon refus d’une soumission sans esprit critique à la France Insoumise.

Il est dans la nature bourgeoise des forces politiques, notamment des partis de considérer que toute élection doit être honorée et le PG n’a pas hélas échappé à cette logique. Cette dernière a comme caractéristique essentielle de vouloir participer et gagner quelques sièges avec les combinaisons électorales que ceci implique et qui sont souvent bien malheureuses et comme conséquence accessoire d'éparpiller les forces et l'énergie au détriment de la construction d'un parti fort.

Nous l’avons vécu à tant et tant de reprise dans notre courte existence d’une décennie, nous avons connu la rupture du Front de Gauche par la seule volonté du PCF de pratiquer cette tambouille en 2014, nous avons vécu la triste et suicidaire crise interne du Parti de Gauche aux régionales de 2015 ou des accords de second tour faisaient face à notre slogan presque majoritaire du « plus jamais PS », nous avons subi les mascarades du comité électoral de la FI aux législatives de 2017, aux européennes et à ces municipales.

Et tout ceci n’a pas empêché la preuve éclatante à la présidentielle de 2017, qu’une autre stratégie est possible, qu’un programme autonome, certes insatisfaisant pour 20%, portant des relents dommageables sur des thèmes majeurs comme la Constituante ou la revendication de salaire, porté par un candidat d’exception frôle le second tour avec 7 000 000 de voix.

Faut-il se satisfaire pour autant de la stratégie qui, à ces municipales, nous conduit, nous Parti de Gauche à ne pas exister, à ceux qui me sont proches malgré tout, mes camarades du PG dans la FI, à se trouver noyés dans un océan de fausses analyses et de propagande médiatique pour de soi-disant victoires de ce qu’ils appellent la Gauche (en réalité l’attelage inconcevable du PCF et du Parti dit Socialiste responsable depuis 37 ans de notre situation) et d’une montée en puissance de ceux qui se font appeler Ecolos auto proclamés (et convaincus que le capitalisme est compatible avec l’écologie) depuis les Européennes comme solution d’avenir de tous les scrutins.

La vérité, c’est que tout ceci n’a rien à voir avec l’aspiration d‘un peuple qui le manifeste par ce que Jean-Luc Mélenchon appelle une « grève civique » et qui, pour moi, risque fort de porter un autre nom, celui de la résignation car, enfin si la grève était civique, elle se traduirait par un transfert ailleurs de la protestation, par la grève sur le vrai terrain des luttes, celui des lieux de production, elle se traduirait par des manifestations touchant aux millions de participants, elle se traduirait par un refus des forces de police de jouer le sale rôle qu’on leur fait jouer, bref, elle serait porteuse d’un esprit révolutionnaire…Nous en sommes très loin.

Dès lors, il est plus que temps, de repenser la stratégie, de ne s’organiser qu’autour de deux objectifs bien ciblés la mobilisation populaire et la victoire présidentielle sans se perdre à nouveau dans l’élection intermédiaire qui vient, celle des régionales.

Il est plus que temps pour Jean-Luc Mélenchon de se positionner clairement comme l’homme de la situation, de se sortir du carcan que lui impose la FI qu’il a créée et qui ne joue que sur l’objectif du maximum de sièges à chaque élection au prix souvent de concessions sociales-démocrates et d’alliances de circonstances bien discutables, il est nécessaire de redonner au Parti de Gauche la place qu’il n’aurait jamais dû perdre et de le refonder pour le seul objectif qui doit être le sien, celui de l’outil central de la Révolution citoyenne écosocialiste, il est fondamental de replacer l’élection de la Constituante au centre de notre combat et le projet social urgent comme base de premières mesures.

Réaffirmer la rupture comme essentielle, assumer l’affrontement clair des idées avec les forces diverses du capitalisme, y compris, et sans doute surtout, celles du capitalisme vert ou du capitalisme dit social sont les bases des mois à venir faute de quoi, nous ferons le bilan habituel de la 3ème place et du regret sur le taux d’abstention en même temps que du deuil pour très très longtemps de toute émancipation de la classe qui est la nôtre, ce que nous avons parfois trop tendance à oublier.

 

 

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06 juin 2020

La police…pour essayer de réfléchir sans passion.

Le déb27657428_336616693502790_8376093662262326069_nat qui fait rage, celui de l’horrible affaire des USA, qui ravive en même temps la non moins scandaleuse affaire Traoré, a pour corollaire tout un développement de thèses et d’antithèses sur la racisme d’une partie de la police française.

Et si on essayait, malgré la légitime passion suscitée par ces scandales de réfléchir à ce qu’est la police, ce qu’elle fait, ce qu’elle devrait être car cette affaire dépasse, à mon sens, et de loin, le racisme réel qui l’a contaminée depuis les années 2000 et j’y reviendrai.

Entendons-nous bien, nous parlons ici de la Police Nationale, ni de la Gendarmerie, ni de la police municipale dont le rôle se doit d’être différente et qu’il grave et irresponsable de vouloir armer ici ou là.

Toute société, qu’elle que soit sa forme a besoin d’un corps qui, dans le cadre des lois et règlements qui le garantissent, garantit la paix civile, qui protège contre les crimes et délits, qui assiste le peuple et notamment les plus défavorisés dans les situations vécues.

Depuis 55 ans que je milite, que proteste et manifeste, j’ai eu comme tout militant des contacts positifs ou négatifs, individuels ou institutionnels avec les policiers.

Outre les périodes des années de collaboration et de guerre d’Algérie que je ne veux pas traiter ici mais qui intègrent soumission majoritaire aux ordres de Vichy et la guerre d’Algérie avec Charonne en point d’orgue, il convient de distinguer deux périodes dans ce parcours, celle qui va grosso modo des années 60 aux années 2000 et celles des années 2000/2010 où se manifeste une évolution tragique de situations jusque-là exceptionnelles se généralisant.

Des années 60 aux années 2000, j’ai vu les débordements, ma découverte à Orléans en 1964, sur ordre du préfet de l’époque, d’une répression d’étudiants manifestant calmement sur la place Albert 1er et particulièrement d’une jeune fille de mon âge trainée par les cheveux, mais je suis aussi témoin d’une police qui en mai 68 à Orléans, accompagnait nos manifs, nous contactait pour l’organisation voire certains policiers nous prévenant discrètement de tel ou tel risque. Bien sûr il y eut à Paris ou en plus grande ville certaine répression tout en ne taisant pas le fait que les consignes du préfet de police de l'époque étaient cadrées, responsables et respectées. Bien sûr il y eut les combats anti nucléaires, il y eut la tragédie de Creys Malville avec la mort de notre camarade Vital Michalon mais je me souviens aussi de notre combat contre Dampierre, de la grande manif rallongée de 3 kms en dernière minute vu l’affluence après concertation cordiale avec les forces de police, il y eut Malick Oussekine mais dans ces affaires, notamment pour Malick , les responsables ont été sanctionnés, les politique sont démissionné.

On peut donc dire, avec le minimum d’objectivité requis, qu’à cette époque, la police servait dans l’esprit de son statut, aux ordres du ministère de l’Intérieur et des Préfets, avec les débordements incités par quelques-uns de ces derniers mais avec un esprit républicain, ce qui ne veut pas dire oubli ou pardon pour certains de leurs actes mais analyse réaliste de ce qu’elle était.

Pourquoi les choses ont dévié dans les années 2000 et se sont considérablement aggravées dans les années 2010.

Pour ma part, je pense qu’analyser la situation à laquelle nous sommes arrivés sous le seul angle du racisme qui a gangrené ce corps, ce qui est une terrible réalité, est nécessaire mais notoirement insuffisant.

La crise économique, la ghettoïsation des banlieues, la misère accumulée ont abouti à une réelle nécessité de trouver d’autres formules que la répression pure et simple et c’est ainsi qu’est née et mise en application la police de proximité. Je suis suffisamment critique vis-à-vis du gouvernement Jospin pour me permettre sur ce point de dire combien il avait raison et, malgré le niveau de difficulté, ceci ne fut pas négatif loin de là.

Parallèlement, la montée du FN et de son idéologie raciste nauséabonde, fait partie du phénomène et la contagion au sein des forces de police a commencé.

L’arrivée au ministère de l’Intérieur de M.Sarkosy, très sensible comme il l’a prouvé dès sa Présidence aux sirènes anti banlieues, anti musulmanes et tutti quanti, son accession à la présidence ont enclenché le vrai phénomène du racisme, mettant officiellement la police en victime de la « racaille dont il fallait se débarrasser », couvrant systématiquement les actes de violences policières comme celles de 2005 avec la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré.

Ce fut aussi la remise en cause de la police de proximité par le même M.Sarkosy, qui n’hésita pas à moquer, je crois à Toulouse, un policier pratiquant le rapprochement et le calme de cette banlieue au travers de matches de foot…

Avec la défaite de ce président en 2012, il eut été logique de croire que ces attitudes, ce soutien inconditionnel aux actes de violences policières allaient cesser. Que nenni, c’était bien mal connaître la nature du PS converti en 1983 aux vertus du nouvel ordre économique dont le marché est le seul maître et c’est ainsi que notre camarade Rémy Fraysse est abattu de dos par un tir de grenade au barrage de Sievens…Bavure ? Acte délibéré ? le ministre Cazeneuve reste silencieux, les enquêtes finissent en non-lieu, bref impunité totale pour le responsable de l’acte, impunité pour les décideurs, silence coupable du ministre.

Puis ce fut l’affaire Adama Traoré qui hante encore aujourd’hui tous les citoyens épris de liberté individuelle et simplement de respect de la vie.

Les choses ne pouvaient s’arranger avec son successeur, le sinistre Valls (dont on reparle hélas ces temps-ci), aux prises avec les lois Macron, El Khomri qui « perfectionne » la répression, organise les techniques de la nasse et commence, sous couvert de blacks blocs, arrivés par miracle dans les manifs, à utiliser les armes à base de LBD et nous pouvons compter le nombre de nos camarades aux yeux crevés, gazés, arrêtés, jugés en comparution immédiate.

Devant la révolte des Gilets Jaunes et dans le combat contre les lois retraite, cette expérimentation sera développée à très grande échelle, portée par un système médiatique acquis à l’information officielle qui voudrait que les forces de police n’ont fait que se défendre face à de dangereux manifestants alors qu’en réalité ces derniers qui manifestaient pacifiquement ont été nassés, gazés, débordés par des éléments infiltrés généreusement, excités parfois pour provoquer l’incident voulu.

Comme on peut le voir dans cette analyse sans doute maladroite (je travaillais à 17 ans et n’ai fait ni l’ENA, ni Science Po), il serait trop simple de se limiter à un caractère raciste qui est réel, à l’implantation d’une mouvance majoritaire d’extrême droite dans les forces et l’un de leurs syndicats. C’est de la nature même de la conception républicaine du pouvoir et des policiers, de la limite d’obéissance aux ordres reçus (ce que permet le statut) des forces la Police Nationale, d'organisation générale de la sécurité, du respect du droit à s'exprimer et manifester qu’il s’agit.

QUAND NOUS AURONS DEMAIN, PAR L’ELECTION DE LA CONSTITUANTE, A TOUT REORGANISER, C’EST DE LA NATURE, DE L’ORGANISATION, DU FONCTIONNEMENT REPUBLICAIN DE LA POLICE ET SANS DOUTE DE CERTAINS COMPORTEMENTS A INTERDIRE ET SANCTIONNER.QU'IL NOUS FAUDRA TRAITER.

Posté par Micmilitant Gien à 18:45 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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