50 ans après...

24 novembre 2019

5 décembre, une lutte jusqu’à la victoire ou une défaite dramatique et durable

12802844_10153947809077970_5107639456700288819_nLa situation sociale, sociétale, politique de notre pays est dans une impasse.

En 12 ans, 3 présidents et leurs majorités ont conduit par leurs choix et leur soumission à la politique libérale européenne une situation qui est la nôtre aujourd’hui. A cette situation s’ajoute l’évolution autoritaire logique du gouvernement vers la répression policière et judiciaire politique si bien décrite dans le dernier sorti des excellents livres de Jean-Luc Mélenchon : « Et ainsi de suite »

En ouvrant toutes grandes les vannes de la pensée xénophobe au travers de la ligne Buisson, en menant une politique internationale de guerre et de règlements de comptes sur le base d’un retour dans le commandement intégré de l’OTAN et de guerre en Lybie, en favorisant les banques, en trahissant à Lisbonne le vote du peuple français en 2005, le Président Sarkosy a ouvert la voie.

En acceptant sans en changer une virgule le traité de Lisbonne, en favorisant par ses maladresses la montée des intolérants de tous poils autour des religieux de toutes obédiences, en organisant avec le ministre Valls tout à la fois la plus grande casse du système social français et notamment celle du  droit du travail et en mettant en place la plus grande et intolérable répression qui soit, le président Hollande a réussi non seulement à détruire un parti qui se disait de gauche (appellation très exagérée par ailleurs) mais à, éloigner des urnes une frange importante de l’électorat, ce qui est beaucoup plus grave.

Par deux fois cependant notre peuple a confirmé l’espoir que portait Jean-Luc Mélenchon et le programme largement inspiré du travail de notre beau Parti de Gauche. Conforté par le passage de la barres des 11% en 2012 et aux portes du second tour en 2017, il s‘est malheureusement heurté à la logique du PS jouant la carte Hamon pour barrage et ralliement logique de ce dernier  à Macron au second tour.

C’est ainsi que porté par un phénomène de jeu ridicule et dangereux avec Le Pen et avec une couverture médiatique idoine, notre actuel Président règne sur notre pays depuis 30 longs mois.

Il ne lui restait plus qu’à surfer sur les bases installées par ses deux prédécesseurs pour enclencher la guerre sociale telle qu’ils l’avaient préparée.

Ainsi sur la base de la casse du programme du CNR, mois après mois, sous les applaudissements d’une assemblée de godillots et malgré la valeur, l’engagement, l’énergie d’une grande partie du groupe présidé par Jean-Luc Mélenchon dont tous les amendements passent à la trappe, en soumission totale aux desiderata de la commission européenne, se votent les lois scélérates et tout y passe. Ainsi dans la droite ligne de son prédécesseur, la répression prend des proportions jamais atteintes depuis la lointaine période de la guerre d’Algérie, des policiers à bout de force ont quasiment en toute impunité, la possibilité de tirer à bout portant sur les yeux de manifestants, des nasses pour concentrer les manifestants avant d’interdire leur manifestation comme place d’Italie samedi dernier et un Préfet, fonctionnaire d’Etat qui a porté serment d’être au service de la Nation peut se permettre, outre ses exploits de Bordeaux et Paris sur deux députés et des dizaines d’éborgnés, de se déclarer dans l'un des camps de ladite Nation, ceci couvert par les ministres devant lesquels il est responsable.

Le climat social de notre pays prend donc, sous la seule responsabilité de son gouvernement et de sa majorité, des allures dangereuses menaçant la paix civile.

Parce qu’il est intelligent le système a organisé tous les moyens de sa survie, y compris les plus infâmes. Ne nous faisons aucune illusion il les utilisera tous si nous ne savons pas y faire barrage.

Déjà, à coup de misère sociale, de chômage, de prise en main du système médiatique (n’oublions pas que la presse, au travers de ses concentrations, est dans les mains de 9 milliardaires, ce qui ne remet pas en cause dans mon esprit le talent, les qualités, l'honnêteté de milliers de journalistes) et de maîtrise des instituts de sondages, ils réussissent à convaincre, comme le dit un slogan circulant sur les réseaux attribué je crois à Olivier Besancenot que « "ce sont ceux qui gagnent 150000€ qui arrivent à faire croire à ceux qui gagnent 1500€ que ce sont ceux qui touchent 400€ qui sont le problème".

C’est donc le temps de la cristallisation des colères où la rue ne suffira pas à faire reculer, où la grévette d’une journée chacun à son tour se révèlera être une impasse, c’est le temps de la grève générale reconductible où il faut savoir perdre un peu de salaire pour empêcher de se séparer de beaucoup plus et, en vieux soixantehuitard que je suis, je reste toujorus étonné devant ces micro-trottoirs où des interlocuteurs gémissent de ne pouvoir se rendre à leur travail en cas de grève alors que la seule réflexion à se faire est : "Comment dans mon entreprise, organiser cette participation à la grève générale".

Le 5  décembre, ce qu’il est convenu d’appeler le peuple de gauche n’a pas le choix… se mettre collectivement, ensemble, étudiants, travailleurs, chômeurs, retraités en rébellion collective, pas à la manière de la décennie passée  en grèves catégorielles à dates différentes, pas en mode gilets jaunes, action tout à fait respectable et juste mais qui a le défaut d’oublier  la réalité du salariat et de la lutte de classe en ne s’attaquant qu’au politique et peu au grand patronat mais bien à la seule forme de combat qui n’a jamais failli dans ses résultats et dans ce qu’elle a apporté de positif au monde, la lutte déterminée ensemble et durablement….ou…disparaître pour longtemps dans les méandres de forces politiques avides de place dont le seul objectif est électoral.

C’est la logique du concept de révolution citoyenne qu’avec le Parti de Gauche nous avons porté, la victoire présidentielle de notre camarade Mélenchon, la Constituante élue pour tout refonder et la mobilisation populaire pour y parvenir.

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11 novembre 2019

15 000 visiteurs…Merci, merci, merci mais il reste tant à dire, tant à faire ensemble…

12802844_10153947809077970_5107639456700288819_nCe blog vient de passer le cap des 15 000 visiteurs… Grand merci à tous, à toutes, mais prenons un peu de recul.

C’était un soir de l’automne 2015, dans un bar de ma bonne ville de Gien, sirotant une bière avec Fabien, un des amis de ce beau comité du Parti de Gauche que nous animions. Nous discutions de tout et de rien, de nos actions, du congrès que nous avions vécu récemment et de ce souhait déjà ancien d’écrire cette fameuse autobiographie politique dont j’ai le projet et qui sera dans les meilleurs librairies un jour, j’espère pas trop lointain..

« En attendant, tu sais écrire, pourquoi ne pas faire un blog sur tous ces combats que tu as menés, les enseignements à en tirer, ce serait sûrement utile » me dit mon ami.

L’idée est lancée, prend forme et c’est ainsi qu’à partir de cette idée est né cet essai de publication avec des maladresses, avec ma non-maîtrise de ces techniques informatiques, avec cette volonté de témoigner pour ce que l’expérience peut servir à nos objectifs, à notre cause.

Cet objectif de témoignage s’est peu à peu dilué dans tous évènements qui ont marqué la réalité de nos luttes, dans le vécu d’évènements témoins de ce fait avéré que l’on ne récrit pas l’histoire mais que ce qui la fit revient sans cesse sur le devant de la scène.

L’espoir de l’après 68,  de ces années 70, de cette volonté qui était la nôtre de construire autour de la CFDT de cette époque le syndicalisme nouveau au cœur du mouvement révolutionnaire, nos exigences de socialisme, d’autogestion, de planification démocratique collaient à merveille à la naissance et aux objectifs de notre parti en 2008.

Ma participation aux combats écologiques découverts en 1972 à Dampierre-en-Burly, au travers du nucléaire, se sont naturellement retrouvés dans la superbe charte éco socialiste que nous y avons élaborée.

La volonté d’un parti fort, les articles sur l’impasse du mouvement dit gazeux sont eux aussi le lien entre l’échec de l’expérience vécue chez les alternatifs dans les années 80, le retour de l'espérance avec le PG en 2008 et les réalités motivant mon départ du conseil national en 2016 et de la FI en décembre de la même année.

Même si hélas ce blog est resté plus que timide en nombre d’abonnés, le nombre de lecteurs constants à chaque article, vos commentaires et réactions tant sur le blog que sur les parutions Facebook prouvent l’intérêt que chacun porte à cette vue sans profondeur intellectuelle certes mais guidée uniquement par cette expérience de Mai 68 au PG, de Descamps à Mélenchon, des combats sociétaux des années 70 au sauvetage des platanes de Gien.

Et aujourd’hui, on en sommes-nous ?

Nous vivons un temps  exécrable de pré-fascisation où se développent tous les racismes en tête desquels on trouve le racisme antimusulmans et l’homophobie, où se cassent, à l’endroit d’une classe ouvrière anesthésiée par les techniques anglo-saxones de gestion /"management" et un discours libéral ultra médiatisé, 150 ans d’acquis du monde du travail et le magnifique programme du CNR. S'y ajoutent le mépris d’une majorité qui entend se maintenir au  pouvoir par le mensonge et la répression qui nous conduit à des organisations ou actes aussi spontanés qu’irréfléchis et dangereux pour nos libertés même.

Mais dans le monde entier se révèlent les mobilisations des peuples sur la base de nos espoirs portés depuis 10 ans par Jean-Luc Mélenchon et notre beau Parti de Gauche, la Révolution citoyenne par la prise du pouvoir par les urnes et l’immersion du peuple sur la scène de l’Histoire par une Assemblée Constituante élue.

Mais il nous reste tant à faire, vous qui avez suivi article par article, l’évolution de cette pensée, le poids de cette expérience, ne croyez à aucun moment que c’est sans douleur profonde que j’ai vécu cette régression de notre parti en 2015/2016, cette prise en otage, consentante ou pas, de l’homme de courage que j’ai tant admiré, et que j’ai fait serment de ne jamais abandonner, par un mouvement si gazeux qu’il s’évaporera demain ou après-demain. Croyez bien cependant que les accusations d’aigreur furent lourdes à porter mais la foi est souvent plus forte que la désespérance.

Aujourd’hui un goût de miel me revient en bouche quand je revois la réflexion constructive renaître au sein de mon parti, quand je lis certains de ceux qui me moquaient ou pire se dire qu’il faut revenir aux fondamentaux, que la FI a du plomb dans l’aile et que finalement notre beau parti a de beaux jours devant lui.

Nous aurons donc encore, ensemble, la force de porter la nécessaire refondation de notre parti sur ses bases fondatrices, la République, l’éco socialisme et sur son positionnement de classe et de masse.

Puisse dans ce temps où les conséquences des phénomènes d’intoxication, de cette possibilité de penser posément, dans ces périodes où le rythme de la vie frénétique s’impose à nous au travers des déversements médiatiques et des réseaux sociaux, se retrouver l’analyse et la mobilisation populaire que peuvent seuls porter les organisations structurées et fortes, notamment  les syndicats et pour ce qui nous concerne le Parti de Gauche,  organisant les conditions d’une révolution citoyenne en France  et que puisse se présenter et triompher, au travers de la victoire politique nécessaire au maximum en 2022, le visionnaire, l’analyste géopolitique brillant, l’homme de courage et de culture qui était et qui reste l'alternative: Jean-Luc Mélenchon.

 

20 octobre 2019

Pour ces cheminots à qui nous devons tant…soutien total

73081304_10217845045775388_811108370600689664_nDans la déjà longue et belle histoire du Chemin de fer français, une date est majeure, celle du 31 août 1937 à laquelle est créée la Société Nationale des Chemins de Fer français sous le sigle SNCF.

Elle est encore jeune quand la corporation des cheminots se trouve confrontée à son utilisation dans les activités funestes de l’occupant. Ils vont y trouver par leur comportement exemplaire, la reconnaissance de la nation libérée 5 ans plus tard grâce à leur rôle pivot et sacrificiel dans la Résistance française.

Du courageux cheminot Léon Bronchart qui le 31 octobre 1942 refusa  de conduire la locomotive du train de déportés aux sabotages et actes de résistance, retardant le trafic économique et les trains de déportés, les titres de gloire n’ont pas manqué pour faire d’eux les héros incontournables de notre libération.

Ils en ont payé le prix fort, 800 exécutés pour refus d’obéissance aux ordres, 1200 déportés pour actes de sabotage et de résistance, 2361 tués dans les combats.

L’esprit de résistance n’a jamais quitté le monde des cheminots, les valeurs du service public non plus, la volonté de maintenir cette entreprise nationale au premier plan du progrès et des technologies pas plus.

Les ingénieurs de la SNCF ont conçu les prouesses technologiques, le Capitole roulant à 200 kms/h entre Paris et Vierzon dès 1967, le TGV passant le cap en toute sécurité des 500 kms/h en 1981.

Les cheminots en gare ou en train ont réalisé la performance des trains qui arrivaient en gare à la minute près, l’accompagnement des voyageurs en toute sécurité. Comme les PTT, l’EDF/GDF, l’Education nationale, les Finances, le service public de la SNCF se remarquait dans le monde au rayon des plus beaux résultats.

Mais une telle réussite ne pouvait satisfaire les tenants du capital qui très vite se sont évertués à briser un tel équilibre, calculant comme toujours les revenus substantiels que leurs actionnaires pourraient en tirer et ils se sont organisés. Comme partout, ils ont organisé la dégradation du service, la modification des statuts, la séparation des métiers, la baisse des moyens et des effectifs en attente du jour où les conditions seraient réunies pour récupérer ce goûteux gâteau.

Mais ils ont trouvé  les cheminots en tête de tous les conflits pour la défense et le maintien d’un service public de qualité. Nous militants de ce beau mois de mai 68 n'oublions pas combien leur détermination, leur blocage total du pays et des gares nous ont permis de tenir et de gagner socialement de belles avancées.

Il fallait affaiblir les outils de lutte, gouvernement et direction  s’y sont attelés dès 2004 par la loi sur la continuité du service, arguant hypocritement du fait qu’il fallait contourner la demande de limiter encore plus le droit de grève et à chaque conflit, les médias n’ont pas manqué de trouver à cette occasion à chaque conflit les usagers mécontents qui parlaient d’otages sans que soient développées à aucun moment les motivations du conflit très souvent axées sur la volonté d’un service de qualité pour les dits usagers.

Ceci n’empêcha pas, les cheminots de rester en tête de nos combats, les grèves sur les retraites, le conflit contre la volonté du ministre Valls de modifier et pas en bien le statut en 2014 et enfin la magnifique résistance en 2018 à l’ouverture à la concurrence.

Force est de constater que nous n’avons pas réussi à venir efficacement à leurs côtés et à globaliser les luttes pour empêcher ce sinistre projet et que nous ne pouvons en être fiers…

Mais il fallait aussi continuer d’affaiblir le réseau, ce fut la baisse des moyens, la mise en concurrence des métiers, des pans entiers du réseau négligés et nous avons vécu le drame de Brétigny.

Il fallait s’attaquer au personnel et ce fut la baisse drastique des effectifs, 20 000 postes supprimés entre 2005 et 2016, gares fermées, dessertes supprimées (nos camarades d'Argenton-sur-Creuse qui se battent si bien en sont témoins) et suppression des contrôleurs en train.

Ceci ne pouvait aboutir qu’à ce qui s’est passé cette semaine, un accident majeur, un conducteur seul dans son train, blessé dans l’accident qui courageusement, malgré son état, s’est organisé pour éviter un sur-accident tragique et aider ses passagers. N’osons pas imaginer ce qui serait arrivé si par malheur, il avait été tué dans la collision et notons avec colère que ni la direction ni le gouvernement n’ont un seul mot pour ce valeureux agent.

Ce fut la goutte d’eau qui a  fait déborder le vase, dans toute la France, sans mot d’ordre directif, les cheminots ont fait valoir le droit tout à fait légal de protection de leur sécurité et de celle de leurs passagers, le droit de retrait.

Que croyez-vous qu’il se passa ? Que direction et gouvernement ont reconnu qu’il y avait réel problème, qu’ils s’étaient trompés en supprimant les contrôleurs dans les trains ? Qu’ils invitaient à une négociation sérieuse sur la sécurité du service ? Que nenni…

A coup de mensonges sur la confusion grève/droit de retrait, sur l’affaiblissement du mouvement et de menaces type mouvement de menton et coups de poing sur la table, ils parlent de faire reprendre coûte que coûte le travail aidés en cela par certains media serviles qui plaignent ces pauvres usagers qui vont en vacances et répètent en type perroquet la propagande gouvernementale mais même cela ne prend plus, la plupart des media de grande écoute ne pouvant plus cacher la différence entre grève et droit de retrait, axant plus l’info sur les réactions des usagers qui préfèrent cette fois parler des moyens solidaires qu’ils prennent pour se déplacer que de prise d’otage.

MAIS CETTE FOIS, AU MOINS, NE LAISSONS PAS LA VALEUREUSE CORPORATION DES CHEMINOTS SEULE DANS CE COMBAT-NOTRE SOUTIEN, NOTRE SOLIDARITE SONT DES ATOUTS MAJEURS SUR LESQUELS NOUS NE DEVONS PAS FAIBLIR.

Les moyens doivent être redonnés au service public, aucun train ne doit rouler avec un seul agent à bord, ça dépend aussi de nous tous et toutes….

 

 

 

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10 octobre 2019

Un long et beau combat finalement victorieux L'alignement de platanes des quais de Gien—abattage reconnu illégal

73324630_860571167672602_1637424327043317760_nCe jour 10 octobre, à deux jours du triste anniversaire du massacre du quai Lenoir sous protection gendarmerie armée, le Tribunal administratif d’Orléans vient d’annuler l’arrêté municipal d’abattage du quai Joffre, reconnaissant donc de fait l’illégalité des abattages sur les deux quais.

Il nous faut cependant rester vigilants, imposer que les quelques arbres malades sur Joffre soient remplacés par des platanes et dire et redire que si cohérence il y avait, mais ce sera plus difficile à gagner, le quai Lenoir doit être replanté en platanes.
Mais quelle belle victoire et en cette belle journée, me reviennent en mémoire toutes les étapes de ce superbe combat.
📷C’est par une présentation en avril 2016 dans le Journal de Gien d’un projet cœur de ville, par ailleurs nécessaire et que les plans de départ présentaient objectivement comme très beau, avant que ça ne dévie vers un désert commercial et touristique, que nous apprenons l’abattage des platanes des quais.
Dès la parution, je réagis par la même voie de presse contre cette absurdité et je remercie la presse locale d’avoir répondu à cet appel. Les platanes de Gien font partie de son patrimoine, ils sont les témoins de 190 ans de notre histoire, de deux conflits importants dont la bataille de Gien de juin 1940 et peuvent parfaitement s’intégrer dans le projet cœur de ville.
📷Comme hélas bien souvent, les Giennois restent indifférents à cet appel à l’exception d’un Giennois amoureux comme je le suis de cette ville et de son fleuve qui me contacte, qui intervient dans la presse à son tour, contacte la société historique dont l’une des missions est la défense du patrimoine et s’y voit éconduire au nom des arguments de la mairie…
Vient une longue période de non réaction et c’est finalement en septembre 2017 qu’un Giennois que je ne remercierai jamais assez, Mickael, entame avec courage, une action en marge de la fête des associations sous le slogan « Sauvons les platanes »
Les manifestations, auxquelles malheureusement un traitement opératoire et chimio m’empêche de participer autant que je le voudrais, se développent place Leclerc, place De Gaulle, quai Lenoir….
📷Vient ce jour sinistre du 12 octobre. Un ami, Antoine, me prévient à 7 heures qu’une opération d’envergure se déroule quai Lenoir : le maire, le sous-préfet, accompagnés de gendarmes en armes ont commencé le chantier d’abattage. Malgré le traitement chimio du jour, je m’y rends dans la journée et je vis ces images cauchemardesques de la destruction d’un alignement que Alain Baraton qualifiera quelques temps après « d’alignement à couper le souffle ».
Un cri me gonfle la poitrine et je sais qu’il était en communion avec tant d’autres : » Nous replanterons des platanes et ils n’auront pas le quai Joffre ».
Dès lors un groupe « Sauvons les Platanes » se met en place, crée sa page Facebook, se donne une coordonnatrice, Pascale, qui fera un travail formidable de motivation, de construction du combat.
De ce jour, rien n’aura été épargné à notre groupe: accusations de rouler pour « les privilégiés de la rue Louis Blanc », de combat au service d’ambitions électorales pour 2020 et autres fantaisies. Les qualificatifs qui nous sont attribués vont de « combats d’imbéciles » à irréalistes et un petit groupe de serviles y va de son couplet sur les arguments de la mairie, arbres malades, racines qui feraient tomber tout le monde, arbres creux, arbres qui cachent les façades, on est même allé jusqu’aux platanes masquant le château….
Peu importe, notre groupe fonctionne. La sympathie de nombreux Giennois nous est témoignée, nous organisons des rencontres hebdomadaires sous nos platanes, lançons une opération parrainages et des centaines de Giennois de vie ou de cœur y souscrivent, plus impressionnant encore des dizaines de personnalités de haut rang se déclarent parrains.
La reconnaissance nationale vient à son tour au travers de colloques, de manifestations et récompenses d’associations d’arbres, d’un colloque à l’Assemblée nationale, d’affichages de notre alignement par exemple à la gare de Paris-Lyon etc…
Vient le temps de l’action judiciaire. Après étude, le groupe utilise l’article L350-3 du code de l’environnement qui prévoit, sauf 3 cas très précis, qu’il est interdit de toucher à un alignement d’arbres et c’est le début d’un long processus devant le tribunal administratif.
Constatant qu’une opération similaire à celle du quai Lenoir se prépare pour le quai Joffre, le groupe intervient auprès du tribunal en référé, lequel prononce un arrêté suspensif. Faisant appel en Conseil d‘Etat, le maire de Gien se voit opposé un refus de ce dernier.
Restait à attendre le jugement sur le fond, celui-ci est arrivé ce jour pour notre plus grand bonheur, l'arrêté d'abattage était illégal et si, comme il l’a dit, le maire de Gien ne fait pas appel, nos arbres sont sauvés; reste à veiller à ce que les quelques- uns qui sont malades soient remplacés par la même essence et, au moins de dire et redire que l’illégalité vaut pour tous y compris quai Lenoir qui devrait à ce titre être remis en l’état avec des platanes.
Que penser de tout ça :
D’abord qu’une fois de plus, contrairement à l’indifférence relative qui nous accompagna, il faut toujours, sans faiblir se battre contre les décisions que nous n’acceptons pas.
Ensuite que toute cette affaire, ce gâchis du quai Lenoir et ces années de procédure auraient facilement pu être évitées pour peu que nos élus acceptent que leur projet puisse être amendé et qu’en démocratie, se mettre autour d’une table pour trouver des solutions aux désaccords, peut aussi être une formule intelligible.
Mais bon, pour ce temps, savourons notre victoire et  samedi à 15 heures nous commémorerons, là où le combat a vraiment commencé, sur la place Leclerc la triste journée du 12 octobre 2017 et redirons une fois de plus qu'il n'y a pas de petits combats et que seule la lutte paie.

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21 septembre 2019

Magnifique texte d'Adrien Quatennens pour 2 jours de procès politique

14053968_1236238763074043_4227564096527571278_nCes deux jours de procès sont terminés, le délibéré est prévu au mois de décembre.

N'oublions pas le lamentable déroulé médiatique de ces jours, consistant pour beaucoup à confondre les réquisitions avec le délibéré, continuant leur condamnation médiatique de nos camarades et attendons nous à les subir jusqu'en décembre.

Mille fois mieux que je ne saurais le faire, mon camarade Adrien a commis cette nuit cette relation du procès et des ressentis.

Je n'ai pu, pour des raisons qui tiennent aux réalités de la vie venir, hélas, que partiellement à Bobigny en soutien. c'est un devoir pour moi de reprendre en entier son billet dans cette note de blog.

"Notre dignité

Tout juste rentré à Lille dans la soirée, épuisé, j’étais parti me coucher. Mais ce soir, je ne trouve pas le sommeil. Après 48 heures passées à la contenir, l’émotion m’atteint. Le même sentiment d’injustice m’a envahi que le jour des perquisitions. Il m’a été insupportable de voir mes plus proches amis et camarades à la barre. En fait, je mesure l’ampleur de ce que nous venons de vivre pendant deux jours au tribunal correctionnel de Bobigny auprès de nos six camarades mis en cause pour les évènements ayant eu lieu lors des perquisitions contre La France Insoumise. Deux jours ? Que dis-je ! Ce que nous vivons depuis bientôt un an que le tribunal médiatique a utilisé contre nous les quelques images illustrant la profonde colère et l’injustice ressentie ce matin là sans que jamais l’ensemble de la matinée ni ses faits générateurs ne soient relatés malgré la disponibilité d’autres images, ni que les raisons de cette colère ne soient jamais interrogées.

Rappelons que tout ce cirque a commencé sur la base de deux dénonciations sans preuve et que c’est sur celle-ci qu’une opération disproportionnée digne du grand banditisme ou de l’anti-terrorisme, n’ayant pour seul et véritable objectif que de flétrir publiquement notre formation politique et son leader était lancée contre nous.

Peu importe qu’en plus de quarante ans d’engagement politique l’honnêteté de Jean-Luc Mélenchon n’ait jamais été mise en cause.

Peu importe que les procédures lancées contre nous à l’initiative du parquet dépendant hiérarchiquement de la garde des sceaux soient strictement incomparables à celles ayant visé d’autres politiques. Non, tout ne se vaut pas dans les « affaires » qui touchent des politiques !

Peu importe que le lien entre le parquet et le pouvoir soit établi au point qu’un procureur assume de « mentir » pour protéger le Président de la République.

Peu importe que sur la liste des 19 eurodéputés de toutes étiquettes politiques dénoncés par cette élue du Front National, le seul qui ait été inquiété soit Jean-Luc Mélenchon. Pourquoi ?

Peu importe que contrairement au MoDem, le Parlement Européen n’ait jamais mis en cause Jean-Luc Mélenchon concernant ses assistants parlementaires.

Peu importe que les comptes de campagne de Jean-Luc Mélenchon aient été validés sans irrégularité avant qu’un des membres de la Commission des comptes outrepassant sont devoir de réserve décida contre l’avis de la Commission de mettre en cause Jean-Luc Mélenchon.

Peu importe que la campagne de Jean-Luc Mélenchon ait été l’une des moins chère en proportion de sa durée et comparativement aux autres campagnes.

Peu importe que Jean-Luc Mélenchon ait invité à de multiples reprises à ce que l’on reprenne en détails l’ensemble des comptes de campagne ou le sien uniquement pour que cessent ces insupportables mises en cause.

Peu importe que les comptes de campagne d’Emmanuel Macron aient été signalés avec des irrégularités contrairement à ceux de Jean-Luc Mélenchon et que cela ait été classé sans suite. Pourquoi ?

Peu importe que lorsqu’il s’agit de proches du Président de la République, les perquisitions ne se passent pas de la même manière, comme chez Monsieur Benalla. Pourquoi ?

Peu importe que ces perquisitions se soient déroulées de manière incompréhensible avec des parlementaires qui peuvent entrer et d’autres pas sans que jamais on ne sache pourquoi.

Peu importe que ni Jean-Luc Mélenchon ni aucun insoumis n’ait jamais eu l’intention de s’y opposer mais seulement d’être présents comme c’était notre droit.

Peu importe qu’à plusieurs reprises ce matin là il n’y ait pas eu que de la colère mais que Jean-Luc Mélenchon et les insoumis aient aussi dit qu’il n’y avait « pas de violents parmi nous » et que nous ne nous opposions pas « à la bonne tenue des perquisitions ».

Peu importe que Jean-Luc Mélenchon ait clairement appelé le procureur à poursuivre sa perquisition après notre accès aux locaux et qu’il ait donné la consigne aux insoumis de « tout leur donner car nous n’avons rien à cacher et donc rien à craindre d’eux ».

Peu importe que les 45 minutes d’images tournées ce matin-là par « Quotidien » étaient entre les mains du parquet depuis le début, qui a refusé de les transmettre à nos avocats alors que ces rushs confirment que nous ne nous opposions pas à la tenue des perquisitions.

Peu importe que les PV d’auditions et les informations sur le dossier soient régulièrement transmis à la presse pour publication à des moments clés de nos campagnes électorales, en violation du secret de l’instruction, ce qui est un délit.

Peu importe que les six mis en cause aient appris leur convocation en lisant les journaux et qu’il s’agisse de ceux qui avaient les rôles les plus importants dans le dispositif de la campagne présidentielle de 2017.

Admettez que, cela fait beaucoup, et il y en a d’autres, de « peu importe » créditant la thèse sérieuse d’un procès politique !

Malgré nos arguments solides que personne ne parvient sérieusement à contredire, cette thèse demeure « folklorique » pour toutes celles et ceux qui préfèrent se contenter de s’offusquer de la colère de Jean-Luc Mélenchon et d’un « ma personne est sacrée » qu’ils ont compris comme une hallucination divine parce qu’ils sont incapables d’en apprécier le sens historique qu’ils ignorent ou d’un « la République c’est moi ! » qu’ils ont traduit en égotrip plutôt que d’y voir la dévotion totale d’un homme à la cause républicaine.

C’est vrai qu’il est plus facile de commenter la colère de Mélenchon et de faire de l’incantation et du bla-bla inconséquent sur « l’indépendance de la justice » que de se creuser un tout petit peu la cervelle pour vérifier si nos arguments sont recevables !

Malgré le calme auquel je m’efforce face à nombre de ces « chiens de garde », j’en veux sincèrement et profondément à ces fainéants du commentaires, souvent unanimes pour nous jeter des pierres mais toujours étanches à nos arguments. Pourquoi ? Ne mérite-t-on pas d’être écoutés d’autant plus sérieusement que partout dans le pays et partout dans le monde les dérives autoritaires de pouvoirs bien que différents se constatent et se développent ? On peut ne pas être d’accord avec nos idées mais qu’on les combatte par l’argument sur le fond, pas par des mises en cause principielles confortables ! Depuis près d’un an, nous désignons la lune en argumentant pour démontrer qu’il y a bien un problème avec la manière dont le parquet nous persécute et diligente ces opérations contre nous. Depuis près d’un an, ils ne commentent que le doigt tendu de Jean-Luc Mélenchon et la colère qu’il a exprimé ce jour-là ! De la même manière que j’exprime ma colère à cet instant, je remercie toutes celles et ceux qui nous reçoivent sans balayer nos arguments d’un revers de la main. Il n’en demeure pas moins que notre capacité de riposte est sans commune mesure avec la puissance de l’émetteur médiatique. Que pèsent trente minutes d’interview d’un insoumis face à une journée d’images coupées en boucle et des flots de parole à charge de la part d’éditorialistes qui ne parviennent même plus à masquer la jubilation qu’ils éprouvent depuis un an à nous voir clouer au pilori et empêchés de faire ce que nous avons à faire : de la politique ?

Puisque bien malgré nous, ce procès en correctionnel de six de mes camarades était là, il fallait le saisir comme une occasion d’obtenir enfin le débat contradictoire dont nous sommes privés depuis près d’un an.
Aucun de mes six camarades n’était représenté car tous se sont directement présentés au tribunal de Bobigny, dont Jean-Luc Mélenchon et aucun des quatre parlementaires concernés n’a fait valoir son immunité. Les insoumis ne demandent qu’à être des justiciables comme les autres : pas au-dessus des lois, certes, mais pas en dessous !

Mais dès le matin du premier jour de ce procès, la mascarade reprenait de plus belle : de nouveau et comme prévu, les mêmes images en boucle sur toutes les chaines et le parquet qui a voulu et organisé ce procès qui commence par en demander le renvoi ! Demander le renvoi alors que mes camarades étaient prêts à se défendre, qu’un dispositif policier exceptionnel avait été déployé aux abords du tribunal, que des militants avaient fait le déplacement pour nous soutenir… En demandant le renvoi le parquet s’est ridiculisé et ajoute un argument à la thèse du Lawfare, cette guerre judiciaire qu’il mène contre nous. En demandant un renvoi, le parquet espérait-il nous infliger le supplice de la goute, étaler la confiture jusqu’aux prochaines élections peut-être ? Nous saluons la décision du Président de ne pas avoir donné suite à cette demande de renvoi du parquet.

La journée s’est poursuivie par les auditions de mes camarades qui ont pu se défendre et révéler un certain nombre de mensonges et de contradictions dans les déclarations des plaignants. Par exemple, une commandante de police a fini par retirer ses accusations contre notre attachée de presse mais elle a refusé de lui présenter des excuses. A la barre, un commandant de police s’est vu reprocher par le Président du tribunal d’avoir fourni une synthèse des faits qui « ne correspond pas du tout aux vidéos ». Quant à l’avocat Eric Dupond-Moretti, il s’est illustré comme on l’attendait en provoquant des incidents de séance à coups d’insultes du genre « tête de noeud », « énergumène », « ferme-là ! ». Après une journée de procès, la pièce tournait à la farce : que faisions-nous là ? Tout sort abimé : police, justice, institutions.

La deuxième journée a commencé avec le réquisitoire des deux procureurs. Durant une heure, nos persécuteurs se sont relayés pour tenter de nous accabler en employant des termes tels que « horde d’insoumis », « pitbull sur une tranche de jambon » et un véritable vocabulaire de guerre civile. À les entendre, les insoumis auraient dû tous se trouver sur le banc des accusés. Tous hors la loi !
Et soudain, le procureur a requis des peines : de l’argent pour tous et trois mois de prison avec sursis contre Jean-Luc Mélenchon !
Ces peines requises montrent bien que le parquet a reculé, incapable d’aller au bout de sa logique. Ses accusations se sont en effet heurtées aux images et aux auditions des policiers qui tous disent n’avoir subi aucune violence, aucune insulte, mais avoir entendu des gens revendiquer haut et fort leurs droits ! On nous accusait d’avoir empêché la perquisition : nous avons prouvé le contraire. On nous accusait d’avoir intimidé des policiers : pas une seule preuve matérielle n’a été présentée. Crier sur notre palier de porte et vouloir entrer dans notre local n’est pas un délit !

Puis, l’après-midi, nos avocats et chacun des six camarades ont pu se défendre. Chacune de leurs interventions nous a rendu un peu de notre dignité de militants politiques. Les avocats ont été spécialement brillants et ont démonté une à une les accusations contre nous après quoi, il paraissait clair que tout cette mascarade n’était que le procès de la vocifération devant une porte qui était la notre mais surement pas de rébellion et d’intimidation.

Manuel Bompard a repris le procureur sur ses mots du matin quand il avait dit qu’il représentait 67 millions de Français moins nos soutiens dans la salle et ceux devant le tribunal car des centaines de soutiens avaient fait le déplacement. Les insoumis et leurs soutiens ne sont pas en dehors de la République et de la démocratie. Manuel a rappelé que si nous ne parlions pas de « complot » contrairement à ce qui a été parfois dit pour évacuer nos arguments, nous avons observé dans d’autres affaires la porosité entre le parquet et le pouvoir politique. Il a terminé en rappelant que nous sommes des militants politiques et que nous souhaitons que la vie politique se passe avec des débats et des élections mais pas en utilisant la justice avec une telle instrumentalisation.

Puis, c’est Alexis Corbière qui s’est exprimé pour s’adresser aux policiers assis sur les bancs en rappelant notre conscience de leur travail difficile et que cela ne nous empêcherait pas de dénoncer à chaque fois qu’un policier commettrait un acte illégal. Alexis a rappelé notre engagements auprès des policiers particulièrement touchés par les suicides, notre demande de commission d’enquête parlementaire à ce sujet, notre dépôt de PPR sur les risques psychosociaux dans la gendarmerie et que nous ne pouvions pas être taxés « d’anti-flics » comme un policier l’avait laissé entendre. Nous sommes des républicains et voulons réhabiliter la police républicaine et le terme de « gardien de la paix » en lieu et place de celui de « forces de l’ordre ».

Enfin, Jean-Luc Mélenchon a tenu à reprendre la parole. Ce fût un discours impressionnant, entre émotion et profonde détermination. Parmi les moments forts de son discours, je retiens ceux-là :

« Je viens de vivre deux jours qui m’ont donné un privilège auquel je n’ai pas eu droit avant : celui d’un débat contradictoire. Hors de ces murs, c’est pilonnage médiatique continu en boucle depuis un an avec les images de Quotidien. »
« Le parquet de madame Belloubet a été incapable de fournir le moindre éléments de réponse sur la raison pour laquelle j’aurais bien pu vouloir empêcher une perquisition alors que nous n’avons rien à cacher. Pourquoi l’aurais-je empêchée ? »
« Le parquet de madame Belloubet qui me persécute et utilise le Lawfare (guerre judiciaire) a monté une nouvelle fois de ses caractéristiques en demandant le renvoi. Pour que je subisse encore les images pendant des mois avant une nouvelle date de procès. »
« On m’a décrit comme le chef d’une « horde » prêt à bondir sur un pistolet. Mais si c’est le cas, vous devez demander mon inéligibilité ! Car cela voudrait dire que je suis indigne de ma fonction. Ou alors c’est que vous-même ne croyez pas à ce que vous dites ! »
« On me reproche d’être un rebelle. Mais c’est mon rôle ! Quand je suis à Marseille, je me rebelle contre les marchands de sommeil. Ça peut être véhément aussi. »
« Vous savez ce que c’est d’empêcher une expulsion locative quand on est élu ? On vient avec son écharpe tricolore et on empêche physiquement les forces de police d’entrer. »
« Depuis le début mes droits sont piétinés. Tous les procès verbaux fuient dans la presse. Je demande à Nicole Belloubet qu’elle fasse cesser ces délits : elle me répond qu’elle ne peut rien faire. »
« Puisque personne n’est capable de dire pourquoi j’aurais voulu empêcher la perquisition, je demande la relaxe. »
« Lorsqu’une règle démocratique est rompue, on a le droit de passer par d’autres chemins. C’est ce qu’a dit le tribunal de Lyon dans le procès des décrocheurs de portraits d’Emmanuel Macron. »
« Si on décide de me relaxer maintenant, on a une chance que la prochaine élection présidentielle ne soit pas un égout. Car sinon, la politique ne se réglera plus que devant les tribunaux à coups de citation d’adversaires. »
« Je suis un militant de la révolution citoyenne, je combats l’ordre établi. C’est pour cela que j’ai été élu. Je ne m’en suis jamais caché. Les gens n’ont pas voté pour moi parce que je connaissais par coeur le code pénal mais pour que je m’insoumette. »
« Notre vie politique ressemble à un sandwich : une tranche de justice, puis une tranche de politique et de nouveau une tranche de justice ! Alors que nous avons du travail et sommes attendus sur un tas de sujets, on passe notre vie à être convoqués, à être auditionnés etc… ce n’est pas tenable. »
« Je ne suis pas un voyou. Je suis un homme honnête. On n’a pas pu prouver une seule fois dans ma vie que j’étais malhonnête et ça n’arrivera jamais. »
« Relaxez-moi. Pas pour moi mais pour le service que l’on va rendre au pays en le faisant. Il faut finir avec cette histoire maintenant. Il faut arrêter cet engrenage pour de bon. »

Après un tel discours, plusieurs d’entre nous ne sont pas parvenus à contenir leur émotion. Tout comme il avait dit la veille aux policiers qu’il regrettait que ses décibels le jour des perquisitions les aient tellement atteints qu’ils aient eu des jours d’arrêts de travail, il assumait ici de pointer du doigt le parquet en dénonçant la persécution dont il faisait l’objet et en demandant qu’elle cesse enfin. Jean-Luc Mélenchon n’a pas peur et ça se voit. Je crois qu’aucun risque de condamnation n’est en mesure de lui faire baisser les yeux face à ce que nous considérons comme étant un procès politique. Il a dit son point de vue : « tout cela n’est arrivé que parce que nous avons fait 19,5% à la présidentielle et que nous étions la première force d’opposition à cette majorité ». Aucune condamnation n’est en mesure de lui faire céder le moindre pouce de terrain pour ce qu’il croit juste. Rien n’arrête son combat. Rien n’arrête sa tête politique en toutes circonstances. La vie de cet homme est entièrement dédiée, pour ne pas dire sacrifiée, au combat politique mené méthodiquement et vertueusement. C’est pour toutes ces raisons que Jean-Luc Mélenchon marchera devant nous jusqu’au bout. Ses prises de parole pendant l’audience nous ont rendu notre dignité et m’ont rendu, une fois de plus, si fier de mener le combat politique à ses côtés.

Aux insoumis mais au delà, à celles et ceux qui se sont regroupés autour de la candidature de Jean-Luc Mélenchon et du programme l’Avenir en Commun en 2017, je dis qu’ils doivent savoir que rien ne nous arrêtera car nous croyons en la force des idées que nous défendons.

Le délibéré sera rendu le 9 décembre prochain. Nous espérons la relaxe car les juges du siège sont le dernier rempart possible à toute cette mascarade organisée par le parquet.

Puis, il faudra que l’on puisse, de la même manière, faire valoir nos arguments sur les deux affaires issues des dénonciations à l’origine de tout cela, c’est-à-dire sur le fond : les comptes de campagne et les assistants parlementaires. Il y aura donc encore d’autres séquences judiciaires à prévoir. Cela n’est malheureusement pas près de se terminer.

Malgré tout la vie politique doit continuer. Car c’est une des techniques du Lawfare que de vous neutraliser, vous paralyser pour vous empêcher de faire l’essentiel de ce que vous avez faire : de la politique. On nous a beaucoup reproché par exemple en cette rentrée de ne parler que de notre procès. C’est faux. La semaine dernière, je donnais une conférence de presse de rentrée au siège du mouvement. A l’ordre du jours, j’ai fait exprès de mettre tous les sujets de la rentrée, sauf le procès de mes amis : réforme des retraites, ADP, municipales… Toutes les questions des journalistes ont porté sur… le procès, évidemment !

Après ces deux jours de parenthèse pour soutenir mes camarades qui se sont et qui ont été formidablement défendus, je reprends le cours normal de mes activités politiques. Il y a tant à faire et tant de mobilisations utiles ces jours-ci comme la marche climat qui s’est tenue aujourd’hui et la grève sur les retraites prévues la semaine prochaine.

Je vais en rester là pour ce soir. Il est déjà une heure très avancée de la nuit. Je vais tenter d’aller trouver le sommeil. Peut-être qu’avec ce procès nous avons pu contribué à renverser un peu la vapeur. J’observe cependant que cet après-midi alors que notre défense démontait méthodiquement les accusations contre nous, il y avait beaucoup moins de reprises dans la presse qu’aux autres moments du procès. Coïncidence ?

De même, on voit des commentateurs de sondages se réjouir d’un « effondrement » de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages alors que quand on regarde de plus près on voit un regain de popularité conséquent et que quand Macron prend moins de points que Jean-Luc Mélenchon n’en a repris depuis les perquisitions, on raconte qu’il monte fort dans les sondages !

Une chose est sûre : toutes celles et ceux qui ont participé à cette séquence se sont renforcés dans leurs convictions et leurs capacités. Qu’il s’agisse des militants venus en soutien devant le tribunal, des dispositifs de ripostes sur les réseaux et de veille médiatique qui ont pourchassé sur internet ceux qui mentaient à la télévision ou refusaient d’entendre nos arguments, tout le dispositif insoumis a été une fois de plus absolument remarquable. Il faut dire que l’équipage commence à être habitué à naviguer par temps de tempête. On croit nous abattre ? Non, nous sommes encore plus forts !

Adrien Quatennens"

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20 septembre 2019

Bobigny : un procès politique signe inquiétant d’une dérive du système

70478247_10157740325931057_296663926689497088_nC’est à Bobigny qu’hier et aujourd’hui, Jean-Luc Mélenchon et cinq de nos camarades sont convoqués pour un procès hors normes, du jamais vu depuis la crise algérienne, une scandaleuse évolution d’un pouvoir affolé et donc dangereux.

Car oui, il faut le dire, l’écrire, le chanter sur tous les tons si nécessaire, c’est bien d’un procès politique qu’il s’agit, c’est bien de la volonté d’un pouvoir de se débarrasser d’un des principaux opposants qu’il faut parler.

Depuis 2005, Jean-Luc Mélenchon incarne une ligne politique, celle de la place de la France dans le concert des nations, depuis 1989 avec bonheur et soutien sans faille, je soutiens ses combats et ai eu cet honneur de l’accompagner dans la construction de ce beau parti de gauche que nous voulions le nouveau parti du socialisme dans l’axe final de notre adhésion : la révolution citoyenne par une constituante pour une nouvelle République sociale, citoyenne, écologiste, pour l’accomplissement de notre devise: Ecologie-Socialisme-République.

2005 fut un coup de tonnerre, trahi en 2008 par Sarkosi à Lisbonne, 2017 et les près de 20% de voix sur sa personne ont donné au système la plus grande peur de son existence depuis des décennies.

IL FALLAIT DONC A CE SYSTÈME QUI A PLACE SA SURVIE DANS LES MAINS DU BANQUIER MACRON, UNE RÉPONSE A LA HAUTEUR DE SES AMBITIONS.

Se débarrasser de Mélenchon, briser l’élan qui s‘est fédéré autour de lui est donc la solution qu’ils ont élaboré méthodiquement depuis mai 2017.

Dès lors, la méthode utilisée dans diverses situations et qui, parfois, a fait ses preuves est mise en route.

Loin de moi l’idée de comparer des situations dont le contexte ne le permet pas, loin de moi l’idée de comparer le sort de Mélenchon à celui de Lula, heureusement pour nous et pour Jean-Luc, nous n'en sommes pas encore là et JLM lui-même d’ailleurs, contrairement à ce qui s’écrit et se véhicule, ne fait pas non plus la comparaison en ces termes. Mais les intentions et les processus peuvent servir à analyser ce qui est en route dans notre pays de la macronie qui se voudrait triomphante.

Ainsi, sur ordre du parquet, qui, rappelons- le n’est pas indépendant mais désigné par le gouvernement, le 16 octobre 2018, à l’heure du laitier, avec 100 policiers mobilisés, une perquisition est lancée au domicile de plusieurs de nos camarades dont Jean-Luc lui-même et  dans les locaux du PG et de la FI à la recherche de preuves sur des comptes de campagne reconnus justes et validés peu de temps avant. Nos camarades, surpris réagissent, quoi de plus normal, s’offusquent de leur impossibilité d’assister à la perquisition alors que des dossiers sensibles, comme la liste qui comprend nos noms, les déclarations que nous avons pu faire etc…Fallait-il rester sans réaction sur un tel déploiement de forces quand on sait comment ont été menées les investigations dans d’autres affaires comme celle Benalla. Face à cela, nos camarades sont restés responsables, appelant sans cesse au calme comme le démontre un reportage enfin sorti du secret et dont seulement quelques éclats de voix légitimes avaient été communiqués, permettant aux médias serviles de démolir à fond notre camarade, petit élément de la stratégie en place.

Comme ceci ne suffisait plus, il fallait aller plus loin, des policiers traumatisés par les quelques minutes de cris un peu forts de Jean-Luc qui leur ont provoqué une ITT de quelques jours (ben oui…sont fragiles ces braves gens) portent plainte ou sont incités à le faire.

Et nous voici donc à Bobigny, l’étape apparaît claire, prendre le TGV stratégique de  la chute du pivot central de notre combat en condamnant Jean-Luc à  la prison peut-être, à l'inéligibilité, ce qui serait encore plus jouissif pour ce pouvoir aux abois et les partis et mouvements qui l'accompagnent à la pénalité financière mortelle. En cela la situation est comparable à celle de Lula, c’est tout ce qu’a voulu dire Jean-Luc depuis la prison illégitime de ce dernier et aucunement la crise mégalo qu'on véhicule sur les réseaux.

C’est si vrai que toute la journée d’hier, sur place, les éléments se sont dévoilés, les attitudes aussi, celles de nos camarades démontant calmement, de manière construite l’absurdité de la situation, la volonté d’un procès politique, celles d’un avocat de la partie civile qui perd ses nerfs et se comporte de manière beaucoup plus grave que les deux ou trois coups de gueule de Mélenchon il y a 11 mois, celle de media audiovisuels, véritables chiens de garde qui n’ont eu de cesse que de tourner en boucle toute la journée les colères et le caractère de notre camarade ou d’instituts de sondage qui publient des chutes de popularité telles qu’elles passent de 20% à 24 %...Si ce n’était si grave, on rigolerait….

Comme tout un chacun, je ne connais pas l’issue de ce procès, mais quelle qu’en soit l’issue il est des choses dont je suis sûr…

Celle qui veut que si, nous ne nous débarrassons pas de ce système par une révolution citoyenne, notre réalité sociale, climatique conduit notre condition humaine à la misère et à la mort et, quelles que soient mes divergences sur la stratégie FI, celle que l’homme de la situation pour nous en sortir, à notre niveau et vu nottre place dans le monde, est et reste le camarade honnête, courageux, loyal, visionnaire Jean-Luc Mélenchon et que ce soit de l’Elysée ou de sa prison, il aura pour très longtemps encore ma fraternelle amitié et mon soutien.

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12 septembre 2019

Ce n’est ni en disant « s’il vous plait, retirez votre loi » ni en clamant « élisez-nous, faites nous confiance » qu’on gagnera

33585434_10213295834689505_3124957022760468480_nDepuis bien longtemps notamment 1983 et surtout Maastricht, les dés des rapports sociaux sont pipés au travers d’une fausse démocratie sous allégeance à une Europe du Capital.

Cette adhésion au néo libéralisme, ce choix économique de type anglo-saxon, cette inféodation des pouvoirs de droite et de fausse gauche ont pollué les rapports sociaux qui avaient fait de décennies de luttes ouvrières, sociétales et écologistes, une société certes à améliorer mais vivable et relativement heureuse.

Ceci a commencé par la voie du « nouveau réalisme » imposé par le PS et sa mouvance Rocardienne dès 1983, adulé par l’effet médiatique, entraînant dans son sillage libéral l’évolution révolutionnaire de la CFDT, conduisant à des réformes structurelles des pans entiers de la Fonction Publique, le plus marquant étant sans doute, la loi de 1991 sacrifiant la belle administration des PTT sur l’autel des réformes dites salvatrices.

Est venu Maastricht, puis la réforme de la monnaie. Heureusement, grâce à la pugnacité d’un Mélenchon et à l’adhésion du PCF de Marie-Georges Buffet au NON, nous avons vécu avec bonheur notre victoire de 2005, finalement trahie dans le virage de la démocratie par le plus sinistre des Présidents de notre République en 2008 à Lisbonne et entérinée par son non moins discutable successeur en 2012.

Depuis 2017, nous vivons la phase d’achèvement du massacre de nos acquis, issus du beau programme du CNR, par le Président de la Banque et des Riches et sa majorité « godillotte ».

C’est ainsi que passe à la moulinette libérale, la quasi-totalité du programme du CNR notamment la sécurité sociale, les régimes de retraites et les statuts exceptionnels telle la Fonction Publique en même temps que se désagrègent les plus beaux fleurons de nos services publics : l’ONF, la SNCF, la Santé, Air France.

La situation des syndicats et des forces politiques de la vraie gauche s’en ressent et très loin de moi l’idée de sombrer dans la vision trop simpliste et faussée de confédérations bureaucratisées ou pourries par les subventions ou de partis politiques dépassés dont la seule alternative serait dans des mouvements actant cette réalité et refusant toute organisation voire toute démocratie interne.

Simplement, les syndicats ne sont pas devenus bureaucratiques et les partis ne sont pas dépassés, ils sont la seule possibilité de maîtrise d’un mouvement populaire de masse et de classe mais alors que se passe t il ?

La culture de l’individualisme au travers des nouvelles règles de management au travers de la réussite d’objectifs  individuels prétendus faussement atteignables, de l’appréciation « négociée », de la compétition avec le camarade de la position de travail ont fait que dans l’entreprise, la réaction collective, alliée au risque réel du chômage, et surtout la recherche permanente et bien exploitée du privilège supposé de ceux de l’usine d’à côté empêche toute mobilisation généralisée pourtant nécessaire.

Ceci ne veut pas dire qu’il faille jeter aux orties les confédérations syndicales, notamment la plus forte et la plus structurée d’entre elles, la CGT mais ceci induit qu’il nous est un devoir de savoir la critiquer positivement et de ne pas nous contenter d’invectives inutiles et moins fondées que ceci en a  l’air de son secrétaire général. Je suis de ceux qui pensent qu’il serait plus que temps, au nom de l’intérêt même du monde du travail, de nous interroger sur notre participation à la CES de Berger, sur nos attitudes face à ce gouvernement et notamment sur cette culture de la négociation utile à quelque chose. En face d’un gouvernement et d’un patronat qui font de la négociation un outil de leur management de projet, qui déclarent qu’on négocie pour que rien ne change et qui annonce que de toutes façons tout est décidé, il n’y aurait pas d’autre attitude logique que de dire « dans ces conditions, vous n’aurez pas notre caution par notre présence » et le temps n’est plus, s’il le fut un jour, à dire « s’il vous plait, retirez votre réforme » quitte à se déclarer déçu à la sortie. Non le temps est bel et bien à dire aux masses ouvrières, " Nous refusons ces mascarades, tout dépend de vous, votez la grève, ensemble, à la même date de début et nous négocierons sous le poids de votre force » mais ceci implique une mobilisation, une adhésion à l'attitude des syndiqués eux-mêmes.

Le même phénomène existe sous l’aspect politique, celui qui rassemble l’ensemble de nos intérêts de classe.

Nous assistons au phénomène inimaginable il y a encore une décennie, de la police politique, du procès politique type de celui qui va frapper mes camarades Mélenchon et une partie de nos responsables dans le procès du 20 septembre, du jamais vu depuis pas mal de décennies sur base d'informations erronées et de volonté destructrice d'un courant d'opposition, nous vivons le blanchiment d'actes délictueux pourvu qu'ils soient du bon côté et de centaines d’arrestations arbitraires sur simple présomption, de morts, de blessés contestant le grand massacre social engagé ou, ce qui est  peut-être plus grave la réalité écologique et nous sommes acculés à la fois à un peuple anesthésié et à la naissance de mouvements disparates et incontrôlés s’en prenant parfois plus à l’état en tant que tel qu’au patronat qui pilote le pouvoir en place.

2008 a vu, avec Mélenchon et le Parti de Gauche renaître l’espoir perdu depuis trop longtemps sur la base de la solution: la Révolution Citoyenne. Ne laissons pas une évolution de ces derniers laisser croire qu’il suffit de croire à la victoire d'un mouvement hétéroclyte en 2017 puis en 2022 ou de gagner quelques postes au prix d'alliances discutables dans des élections intermédiaires ou à coup de listes hors partis et surtout qu’il faudra, tels les bisounours, ne pas s’affronter aux corps constitués, se mouler temporairement dans les exigences européennes ou constitutionnelles et ne pas poser sans ambiguité les deux réformes nécessaires, celle de la fin de la 5ème par la Constituante élue et déclarée sans délais dès l’investiture y compris contre l’avis du Conseil constitutionnel et celle de la dénonciation rapide, claire et précise des traités européens.

Non sur le terrain politique comme sur le terrain social, les victoires doivent s’accompagner de la mobilisation populaire sur la scène de l’histoire ou se transformer en défaite et elles ne pourront s’accomplir que soutenues et accompagnées  par les organisations syndicales et les partis politiques qui s’en réclament au nom de la République, du Socialisme et de l’Ecologie.

A nous tous de participer à ce travail de remise en état...Tout le reste n’est que verbiage, illusion ou recherche effrénée de telle ou telle place d'élu.

01 août 2019

Steve, le cœur au bord des lèvres….

La fête 67625619_2347431335293026_72372376486019072_nde la musique, cette très belle manifestation festive qui célèbre l’arrivée de l’été depuis 37 ans a cette année le goût amer de la charge policière de Nantes sur des jeunes qui, conformément à la nature des choses, fêtaient la musique jusqu’au bout de la nuit.

14 jeunes sont poussés dans la Loire par la charge, 13 en ressortent, Steve, un jeune de 24 ans qui, semble- t- il, ne savait pas nager disparaît. Dans un silence assourdissant des pouvoirs publics, notamment de l’Intérieur, du gouvernement et de sa majorité de godillots relayés par de services media, de toute la France s’élève la seule question qui vaille : Où est Steve ?

A force de mobilisation, les recherches s’activent en cette fin de mois de Juillet et le corps de ce pauvre jeune est retrouvé dans la Loire à quelques centaines de mètres de l’endroit où il est tombé.

 

Une enquête de l’IGN, structure interne de la police a été lancée et sort ses conclusions le jour où ce corps est retrouvé, juste à temps pour que le premier ministre flanqué de son ministre de l’Intérieur puisse dire qu’il n’y a pas de rapport entre la charge de police et la mort de Steve, comme il n'y avait aucune responsabilité du gendarme qui tira sur Rémi Fraysse, tout comme il n'y a pas lieu d'enquêter sur les affaires Benalla, tout comme il y a lieu de juger en comparution immédiate un manifestant en gilet ou aps qui a lancé 2 ou 3 tomates sur la police qui le gazait…

Ces faits sont, pour la conscience universelle, profondément révoltants et aucune personne, ayant une once d’humanité, ne peut se réfugier derrière une protection de la police prétendue républicaine, personne ne peut sans ressentir un profond dégoût prétendre que ces jeunes ont abusé de leur jeunesse en faisant la fête au bord de notre magnifique fleuve, personne ne peut dédouaner les décideurs, ministère de l’Intérieur comme préfet, de leur responsabilité totale et des conclusions de démission volontaire ou imposée qui devraient en découler.

Oh certes, nous militants, de la Sociale savons depuis la nuit des temps de quel côté se trouve toujours la police. Des jacqueries aux révolutionnaires du 19ème et 20ème siècle. Des manifestations de Fourmies au métro Charonne, des morts de Chicago à Overnay, Oussekine, Fraysse, des yeux crevés et autres traumatismes des manifestations contre les lois travail à la sauvage répression des Gilets Jaunes, force est de constater la rapide et réelle évolution des forces de répression et donc de la volonté des Valls, Cazeneuve, Collomb, Castaner et de ceux qui les ont nommés et soutenus, d’en finir avec le droit de manifester et pour, tout dire, de nier le droit de s’organiser en partis ou syndicats contestataires, la répression des syndicalistes faisant bien sûr partie du lot…

Mais dans cette sinistre affaire Steve, nous assistons à un palier supplémentaire. Il ne s’agit plus de mater les militants, les manifestants, ceux qui en veulent à ce système mais de s’attaquer à tout ce qui peut bouger et non plus au peuple qui manifeste mais aussi  à la jeunesse qui fait une fête.

Il est des réalités, il faut à une démocratie une police dont le rôle est de faire respecter précisément la démocratie et son fonctionnement.

Qu’on ne me fasse pas dire ce que je ne dis pas, il existe une conscience chez certains policiers de ce fait, Alexandre suspendu pour avoir dénoncé les ordres reçus en est l'illustration mais il convient aussi de ne pas s’abriter derrière son rôle originel républicain pour accepter sa dérive vers le soutien inconditionnel d’un état liberticide, pour oublier en quel pourcentage ces forces dites de l'ordre votent pour des forces inquiétantes pour la démocratie, pour ne pas se souvenir de son rôle exécuté sous Vichy,  pour ne pas comprendre qu’elle choisit son camp, tout fonctionnaire (dans le statut qu’on tend à supprimer bien sûr) ayant le droit voire le devoir de ne pas exécuter un ordre contraire à la démocratie ou à la conscience….

Pour Steve, pour sa famille, pour notre conscience républicaine, à notre slogan « Où est Steve ? » doit se substituer le combat qui qui continue avec

« QUI A TUE STEVE ? »

 

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17 juillet 2019

Parce que l’écologie, la gauche etc.

sans-titreSuite à la démission de M. de Rugy, le poste de ministre qu’il occupait avec grande incompétence sur ce secteur, stratégique s’il en est, vient d’être confié à la ministre qui démantela le seul transport écologique réel qui soit en laissant au passage, libre-court au remplacement d’un train de primeurs par  25000 camions entre Perpignan et Rungis.

Dans ce sempiternel mépris du peuple et de la planète, les mots devenus tarte à la crème comme gauche et écologie reviennent en boucle dans les écrits et paroles de nos ministres, nos media, toutes les forces politiques…

Il ne s’agit pas dans mon esprit de tancer ces positions, hormis les forces nauséabondes du racisme et de la xénophobie, toutes les formations ont leur conception et analyse des situations et les combattre comme je le fais n’empêche en aucun cas que je les  respecte et leur reconnais le droit de les développer. Chacun, chacune  de celles et de ceux qui partagent ma sensibilité seraient heureux qu’il en soit de même dans l’autre sens, ce qui est bien loin d’être le cas…

Alors, au lieu de nous appesantir sur une affaire de homard qui sent plus le rance que l’air de l’océan, essayons de nous pencher sur la vraie nature des débats nécessaires.

« Le capital use à la fois le travailleur et la planète » aurait déclaré Marx. C’est en effet bien de cela qu’il s’agit. « Celui qui refuse la rupture, celui-là n’a rien à faire au Parti Socialiste » a approximativement, mais surtout très hypocritement, déclaré François Mitterrand à Epinay en 1971. Ces deux phrases reprennent bien le cœur de ce débat essentiel.

D’abord, il nous faut être clair avec le terme de gauche. En dehors du positionnement de l’Histoire en période de la grande Révolution, la gauche, son idéal, sa stratégie ne peuvent se concevoir autrement que dans un mot LA RUPTURE, rupture avec le système capitaliste, rupture avec la loi du marché libre et mondialisé, rupture avec les superstructures qui en sont les supports.

Pour avoir renié cette réalité, le PS comme les Verts, comme le PRG ont volontairement et délibérément quitté le camp de la gauche, ceux qui pour quelques places accessoires d’ailleurs, se sont alliées avec eux, ont conforté ce choix. De ce fait, la gauche réelle, celle que nous avons tenté de construire tant avec ce qui, hélas, a été trahi par leurs propres choix, le PSU ou  la CFDT des années 70, qu'avec celle qui s’est révélée comme impasse en refusant l’organisation, le parti, le syndicat et s’appela Les Alternatifs s’était évanouie dans les méandres de la douce illusion de 1981.

Il a fallu attendre 2008, pour que le courage d’un Jean-Luc Mélenchon et de quelques autres remette la gauche sur ces pieds et que nous puissions reprendre avec le Parti de Gauche, l’espoir d’une voie anticapitaliste. Que notre parti ait commis l’erreur de revenir à cette croyance éculée du mouvement hors parti ne change rien à l’affaire, il était et il reste, s’il veut bien se refonder, la seule voie crédible d’un retour de la gauche non pas avec le but de « revenir aux affaires » mais avec la volonté de rompre avec le système capitaliste comme tentent de le faire, de Cuba au Vénezuela, les révolutions populaires, citoyennes, bolivariennes.

Mais posons-nous le second volet vital, urgent, celui du peu de temps qu’il nous reste pour sauver l’espèce humaine d’une mort annoncée en moins d’un siècle, celui de la conception de l’écologie.

« Dans le capitalisme vert le problème n’est pas la couleur » affichions-nous, fièrement, sur les murs de nos villes et combien, en cet heureux temps, nous avions raison.

En effet, l’écologie n’est pas soluble dans le capitalisme et ceux , à l’instar des Verts qui proclament comme Jadot qu’elle est compatible avec la loi du marché, n’ont pas tout compris, ceux qui comme Hulot (qui, soit dit en passant n’a jamais répondu à nos courriers pour défendre les platanes de Gien) croient qu’il faut être ministre de droite pour la défendre ne font que tromper leur monde, ceux qui à longueur d’émissions nous expliquent que la solution est en chacun d’entre nous, dans notre détermination à trier nos déchets, couper l’eau en nous lavant les dents ou prendre moins de douches et surtout pas de bains, à rouler en vélo en toutes occasions ne font que justifier la réalité qu’ils ne veulent surtout pas voir...

Dans ce contexte comme dans beaucoup d’autres, le Parti de Gauche a travaillé, réfléchi, posé les vrais prIMG_20190717_0002oblèmes

, élaboré la seule charte écologique qui vaille, celle de l’Eco socialisme reprise dans le programme électoral de Jean-Luc Mélenchon et longuement explicitée dans les magnifiques rassemblements de la campagne présidentielle.

La règle verte, la volonté de ne pas prendre à la planète plus de ressources qu’elle ne peut en renouveler, la réalité de ce fait que c’est sur la production qu’il convient d’agir, l’urgence qu’il y a à décréter la nécessité d’enrayer la course folle du profit face au dérèglement climatique sont en effet les seules thèses à développer, face aux destructions de la forêt, aux bétonnages des projets commerciaux ou mégalomaniaques de nos édiles, aux gaspillages du tourisme de masse et de ses navires de croisière ou autres avions à bas coût, au choix délibéré de destruction du transport écologique de la SNCF, à refuser de voir la catastrophe nucléaire à venir et à développer la voiture électrique sans en maîtriser les conséquences écologiques,  sont les enjeux, les seuls enjeux possibles dans le désastre social et écologique qui s’annonce.

Ou bien nous en prenons conscience, ou bien nous acceptons que les enfants qui naissent aujourd’hui ne voient pas la fin de ce siècle et vivent la douleur d’une planète sans intérêt qui aura sacrifié leur vie à un seul impératif, celui du fric donc du capitalisme.

Il n'existe donc décidément qu'une voie, celle tracée par le Parti de Gauche avec sa charte écosocialiste. A chacun de bien vouloir s'en saisir et de réfléchir face au blabla ambiant autour d'un ministère qui n'a cure de la transition écologique nécessaire !!!!

 

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24 juin 2019

Et maintenant ?

10154533_10202461334187406_8914433111298552929_nUn certain nombre de mes contacts ou lecteurs de ce blog se sont étonnés de mon silence depuis les élections européennes…

Simplement comme tout un chacun, je me suis posé la seule question qui vaille en cas de défaite de nos idées: Que dire ?

Certes, le mouvement LFI a logiquement perdu ces élections, payant comme je le prévoyais une stratégie inadaptée d’un  « referendum anti Macron », faisant les frais d’atermoiements tristes sur la composition de la liste, perdant de ce fait bon nombre d’électeurs et les déclarations floues ou beaucoup plus graves de sa tête de liste sur la sortie des traités, le Venezuela ou la Palestine. Bon, fallait- il aller à cette élection en sachant que nous avions ce risque ? La question reste posée.

Je l’ai dit, je le redis, je me suis éloigné de la FI depuis décembre 2016 où, à la convention de Lille tirée au sort, procédé démocratique plus que discutable, le mouvement s’est engagé dans une démarche « raisonnable » ou, en d’autres mots consensuelle avec le système, bref de type PS bis sur la Constituante, le salaire net, la sortie des traités.

Je l’ai dit, je le redis, quelles que puissent être mes divergences avec le mouvement, je garde à Jean-Luc Mélenchon, au nom de 29 années de suivi,  le respect, l’admiration et le soutien à l’homme qui, dans le temps présent est l’un des très rares hommes d’Etat à pouvoir nous conduire au travers de l’élection présidentielle, son brillant discours d’hier en témoigne à nouveau et si demain, comme c’est hélas possible, son orientation va dans le sens de la stratégie dite PS bis ou dite Tsipras, qu’on ne compte pas sur moi pour jouer les Autain, vous savez l’une de ces pique-assiette d’une FI consentante, je me limiterai à entrer dans le silence qu’impose le respect à l’homme…Je suis un militant pas un politicien obnubilé par le décompte de voix.

Pour le reste, le dernier CN du PG n’a pas modifié sa ligne d’allégeance à la FI et je le regrette mais là non plus je ne ferai pas nombre avec ceux que je peux comprendre qui quittent le parti, je m’y battrai jusqu’à sa mort ou la mienne pour ce que je crois : un parti fort, organisé, démocratique et autonome des mouvements et alliances diverses et variées dans ses choix. Comme je l’ai écrit, le PG reste la base de la solution pour la Révolution citoyenne par la victoire présidentielle, avec lui nous n’aurons pas forcément gagné, sans lui de toutes façons nous avons perdu et sommes condamnés à pleurer après chaque scrutin perdu par la FI.

La convention FI  d’hier, ses conclusions, le discours de Jean-Luc n’ont en aucun cas atténué mon éloignement, au contraire, je considère être en désaccord total avec cette stratégie du mouvement, son rejet du parti etc…et il ne s’agit plus d’éloignement mais de séparation. Je n’en dirai donc pas plus sur la stratégie choisie et je m’abstiendrai, j’espère en être capable, de tout commentaire sur les positions prises ici ou là par le mouvement ou ses élus, ceci ne me concerne plus même si Adrien, le nouveau coordinateur est un camarade que j’apprécie en tant que tel mais aussi pour ses engagements, ses attitudes dans le PG d’alors.

Vous l’avez compris, je ne vois pas demain avec un optimisme béat mais 55 années de combat m’ont aguerri des vagues de désespérance, j’ai vu sombrer le PSU pour des visées électorales, mourir la CFDT révolutionnaire suite à son allégeance au PS, périr le mouvement alternatif en créant des légions d’éternels insatisfaits à la recherche permanente de l’organisation idéale des inorganisés, j’ai vécu avec bonheur le retour de tous nos objectifs des années 70 en 2008 avec le PG, l'allégeance au nouveau mouvement de recherche alternative aura une fin...

Avec optimisme, je sais que le temps reviendra inéluctablement où notre beau ressortira l’œillet et le chèche rouges, où le drapeau rouge et vert du parti ecosocialiste pour la République, le Socialisme et l’Ecologie brillera de nouveau dans les beaux rassemblements des luttes sociales, sociétales et écologistes.

Posté par Micmilitant Gien à 12:29 - Commentaires [5] - Permalien [#]
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