50 ans après...

24 juin 2019

Et maintenant ?

10154533_10202461334187406_8914433111298552929_nUn certain nombre de mes contacts ou lecteurs de ce blog se sont étonnés de mon silence depuis les élections européennes…

Simplement comme tout un chacun, je me suis posé la seule question qui vaille en cas de défaite de nos idées: Que dire ?

Certes, le mouvement LFI a logiquement perdu ces élections, payant comme je le prévoyais une stratégie inadaptée d’un  « referendum anti Macron », faisant les frais d’atermoiements tristes sur la composition de la liste, perdant de ce fait bon nombre d’électeurs et les déclarations floues ou beaucoup plus graves de sa tête de liste sur la sortie des traités, le Venezuela ou la Palestine. Bon, fallait- il aller à cette élection en sachant que nous avions ce risque ? La question reste posée.

Je l’ai dit, je le redis, je me suis éloigné de la FI depuis décembre 2016 où, à la convention de Lille tirée au sort, procédé démocratique plus que discutable, le mouvement s’est engagé dans une démarche « raisonnable » ou, en d’autres mots consensuelle avec le système, bref de type PS bis sur la Constituante, le salaire net, la sortie des traités.

Je l’ai dit, je le redis, quelles que puissent être mes divergences avec le mouvement, je garde à Jean-Luc Mélenchon, au nom de 29 années de suivi,  le respect, l’admiration et le soutien à l’homme qui, dans le temps présent est l’un des très rares hommes d’Etat à pouvoir nous conduire au travers de l’élection présidentielle, son brillant discours d’hier en témoigne à nouveau et si demain, comme c’est hélas possible, son orientation va dans le sens de la stratégie dite PS bis ou dite Tsipras, qu’on ne compte pas sur moi pour jouer les Autain, vous savez l’une de ces pique-assiette d’une FI consentante, je me limiterai à entrer dans le silence qu’impose le respect à l’homme…Je suis un militant pas un politicien obnubilé par le décompte de voix.

Pour le reste, le dernier CN du PG n’a pas modifié sa ligne d’allégeance à la FI et je le regrette mais là non plus je ne ferai pas nombre avec ceux que je peux comprendre qui quittent le parti, je m’y battrai jusqu’à sa mort ou la mienne pour ce que je crois : un parti fort, organisé, démocratique et autonome des mouvements et alliances diverses et variées dans ses choix. Comme je l’ai écrit, le PG reste la base de la solution pour la Révolution citoyenne par la victoire présidentielle, avec lui nous n’aurons pas forcément gagné, sans lui de toutes façons nous avons perdu et sommes condamnés à pleurer après chaque scrutin perdu par la FI.

La convention FI  d’hier, ses conclusions, le discours de Jean-Luc n’ont en aucun cas atténué mon éloignement, au contraire, je considère être en désaccord total avec cette stratégie du mouvement, son rejet du parti etc…et il ne s’agit plus d’éloignement mais de séparation. Je n’en dirai donc pas plus sur la stratégie choisie et je m’abstiendrai, j’espère en être capable, de tout commentaire sur les positions prises ici ou là par le mouvement ou ses élus, ceci ne me concerne plus même si Adrien, le nouveau coordinateur est un camarade que j’apprécie en tant que tel mais aussi pour ses engagements, ses attitudes dans le PG d’alors.

Vous l’avez compris, je ne vois pas demain avec un optimisme béat mais 55 années de combat m’ont aguerri des vagues de désespérance, j’ai vu sombrer le PSU pour des visées électorales, mourir la CFDT révolutionnaire suite à son allégeance au PS, périr le mouvement alternatif en créant des légions d’éternels insatisfaits à la recherche permanente de l’organisation idéale des inorganisés, j’ai vécu avec bonheur le retour de tous nos objectifs des années 70 en 2008 avec le PG, l'allégeance au nouveau mouvement de recherche alternative aura une fin...

Avec optimisme, je sais que le temps reviendra inéluctablement où notre beau ressortira l’œillet et le chèche rouges, où le drapeau rouge et vert du parti ecosocialiste pour la République, le Socialisme et l’Ecologie brillera de nouveau dans les beaux rassemblements des luttes sociales, sociétales et écologistes.

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30 mai 2019

Et si ces élections confirmaient une hypothèse, celle que la solution ne peut être le mouvement

33585434_10213295834689505_3124957022760468480_nLes résultats sont tombés, que l’on soit militant de la FI, qu’on s’en soit éloigné comme moi, la nuit fut difficile et les matins ont des allures de de lendemain de beuverie, le goût du réveil d’un bon coup de massue.

Et pourtant tout est logique, nous vivons l’échec d’une stratégie, la logique d’un résultat et nous devons une fois de plus, sans pleurnicherie inutile, sans faux communiqués de victoire malgré tout, nous interroger, nous dire ce qu’ont dit nos parents et grands-parents face aux grands dangers : NO PASARAN

L’expérience des années trente, la montée des ligues, le racisme, les forces antisociales racistes (et il n’y a pas que le RN) ne doivent pas plus battre le pavé que nous ne devons tolérer la dictature du marché que nous impose la coalition ordo-libérale au pouvoir.

Il est donc temps d’analyser, de proposer, de mettre en œuvre une autre logique que celle où le mouvement FI nous a conduit dans cette affaire. Non pas que tout soit négatif, sur les 17 députés de ce groupe une bonne dizaine sont remarquables et font un travail formidable mais a quoi sert il au final ? 

Une précision d’emblée s’impose pour ce qui me concerne, ne cherchez pas à me faire nier mon soutien, mon admiration, mon adhésion à l’homme politique de haute culture, de courage que je suis et soutiens depuis 29 ans, avec qui j’ai vécu la belle aventure du Parti de Gauche et qui reste pour moi l’espoir de renouer avec notre stratégie initiale, celle de la Révolution citoyenne par la Présidentielle et la Constituante décrétée et non proposée, Jean-Luc Mélenchon…Précision également parce que je connais la vie politique que s’il arrivait que je sois en désaccord avec lui, mon attitude serait le silence, pas la route empruntée par ceux ou celles qui piétinent ce qu’ils ont adoré.

Enfin, une analyse ne peut se faire, à mon sens, sans un rappel de ce qui a conduit notre choix, celui de la déjà longue histoire, celle du PG et de la FI, de 2008 à 2019, désolé de vous en imposer la longueur mais elle me semble utile à la compréhension de la situation.

Ceci étant désormais clair, il convient de se poser et ce n’est qu’un avis personnel, n’étant rien et n’ayant ni le temps, ni la volonté de devenir ce que j’aurais aimé être, je ne m’institue pas en donneur de leçons ou en camarade qui possède toutes les clés.

2008 fut, avec la création du Parti de Gauche, la renaissance d’un grand espoir. Tous mes combats des années 70, mes espoirs  de mai 68 se retrouvaient derrière le courage politique de Jean-Luc Mélenchon.

Bien sûr, l’expérience de la vie militante m’avait rendu méfiant vis-à-vis de cette notion de parti dit creuset, de cet engouement pour le Front de Gauche où nous allions, comme par évidence, faire évoluer un parti communiste vers une force nouvelle… Le jeune militant exceptionnel camarade qui reçu mon adhésion au comité du Giennois m’expliqua que désormais, ce parti ne serait pas comme les autres et surtout pas comme le PS, que je pourrais m’y exprimer, m’y battre pour mes conceptions, participer clairement à la définition de sa stratégie.

Nous avons travaillé, implanté notre parti, participé aux scrutins, soutenu ardemment notre formation, ardemment travaillé amendements et réflexions aux différents congrès, réussi à force de débats et d'argent perso l'implantation d'un local. La réalité m’a assez vite amené à participer avec grand bonheur pendant 5 années au conseil national de notre parti. Dans ce cadre, inlassablement, conformément aux choix de notre comité, j’ai défendu la notion du parti fort, organisé, démocratique. Je vis comme tant d’autres le bonheur et l’espoir de notre congrès de Bordeaux.

Viennent ensuite les temps moins brillants, les municipales de 2014 avec la trahison du PCF et nous n’avons pas su profiter de la situation pour nous retirer de cette stratégie suicidaire, l’université d’été 2014 du PG où je me réveille stupéfait et inquiet de la décision communiquée au BN du retrait de la Présidence du parti pour Jean-Luc, certes promis à un autre destin mais qui fut quand même trop précipitée  et la création du M6R qui prive très vite le PG de toute réflexion autonome sur la 6ème République, les européennes déjà problématiques et commence la préparation du congrès de 2015.

Je m’y situe dans un groupe de camarades proposant une alternative autour d’une position claire sur l’Euro, d’une sortie du FDG, de l’organisation d’un parti fort, organisé et démocratique. Notre plateforme atteint 45% des adhérents du parti et j’ai de plus l’honneur d’être élu à la commission des débats.

Notre plateforme aura apporté au parti un débat passionnant, bien sûr battu en brèche par la majorité et aura malheureusement abouti au congrès à une résolution ambigüe dite consensuelle sur la sortie de l’Euro, sur le Front de Gauche, sur l’organisation.

Les résultats conduisirent à une position néfaste sur notre attitude au second tour des régionales où notre slogan « plus jamais PS » fut loin d’être appliqué et se soldèrent par le départ de centaines de nos camarades qui nous manquent tant aujourd’hui pour continuer à faire de ce parti ce qu’il devait être, le nouveau grand parti de masse du socialisme. C’est dans ce contexte que Jean-Luc Mélenchon nous annonce sa déclaration de candidature et la naissance du mouvement La France Insoumise qu’il annoncera prochainement ce qui fut fait en février 2016.

Ma dernière intervention au CN sera pour refuser la notion proposée par notre direction nationale de « mise au service au mouvement », espérant lui substituer une idée plus précise de rôle critique. Ce fut bien sûr refusé…

Blessé par tant de réalités, par le sort réservé à nos camarades du 45% et desmots qui vont avec, je quitte à ce moment le conseil national. Erreur ou pas, je n’en sais rien mais comme beaucoup, je ne suis qu’un militant, un humain, pas un politicien au sens mauvais du terme.

Donc se crée la FI, basée sur une simple inscription gratuite sur un site Internet dédié et, parce que j’ai pensé que, malgré tout,  c’était une bonne idée pour la Présidentielle et qu’il était de mon devoir de soutenir JLM, je m’y suis inscrit.

C’est en décembre de cette même année, le mouvement convoque à Lille sa première convention et je n’exclue pas d’y participer, mais le premier acte, celui que nous refusions au PG se met en place, le tirage au sort pour moi tout à fait antidémocratique, il fut suivi de débats sans vote, celui-ci étant réservé aux « cliqueurs » et apparaissent 2 orientations qui me posent question, la référence à un salaire net contraire à toute logique de revendication salariale, limitant en sus le montant à un niveau différent de la revendication syndicale des 1800 € bruts et surtout, le choix d’une Constituante par procédure référendaire contraire d’ailleurs au déclarations du candidat quelques jours plus tôt et démontrant le choix du mouvement de s’inscrire dans une logique qui n’intègre pas la rupture et rejoint la cohorte des positions dites social-démocrate, gentillettes et consensuellement électoralistes…

La phase des candidatures aux législatives, avec son comité électoral, ses choix, ses dispenses de charte pour certain(e)s, sans parler de contingences plus locales sur les choix, les locaux PG chèrement acquis et livrés à la FI qui les rendra finalement sans autre forme de procès, ont eu raison de mon soutien à ce mouvement et limitent ma volonté à continuer le combat dans mon parti.

Les élections présidentielles donnèrent el résultat que l’on sait, Mélenchon approchant les 20 %, ce qui était logique, cette élection phare de la 5ème ayant été conçue comme » la rencontre d’un homme et d’un peuple », c’est Mélenchon qui a fait le résultat, (et en l'atat actuel des chose c'est Mélenchon qui peut le refaire et l'améliorer) et la gentille acceptation par la FI des résultats d’un scrutin chargé d’irrégularités, logique attitude très « responsable paraît il » de militants visant la prochaine échéance…

Survint le mouvement des Gilets Jaunes et son soutien sans réserves par la FI alors que dès son lancement ce moment posait quelques questions légitimes tant son choix de la non-organisation, son  refus de toute existence syndicale ou politique, ses propos et actes sur certains ronds-points, le soutien appuyé par la mouvance Salvini du gouvernement italien devait légitimement nous interroger et ne devrait pas permettre aujourd’hui de s’étonner de son non-soutien, voire bien pire aux élections européennes.

Puis vint le temps des candidatures choisies par un comité électoral dans des conditions encore pire que les législatives ( les groupes d’action n’étant même plus force de proposition) et les conséquences que l’on sait avec la sortie de camarades de haut niveau, capables d’animer et d’argumenter positivement une campagne, Corinne, Djordje, François et le choix d’une tête de liste certes jeune, cultivée et au passé militant réel mais qui manquait cruellement de l’expérience nécessaire avec des positions ambiguës voire inadmissibles sur le Venezuela, la Palestine, une FI qui cultiva l’ambigüité sur la sortie des traités, oublia le terrain social et faisant le minima sur l’écologie, les deux terrains qui étaient porteurs du vote populaire. Pour couronner le tout, on se permet, oubliant le slogan de 45 % des adhérents de 2015 « Plus jamais PS » d’ouvrir la porte, en position éligible, d’un chantre du parti Socialiste finissant qui porte comme tous ses compagnons la responsabilité des actes et décisions des gouvernements Ayrault et Valls. Le slogan choisi du referendum anti-Macron étant et de très très loin, l’erreur la plus grave de cette campagne.

Tout ceci explique cela mais la question importante qui se pose est essentielle : ET MAINTENANT ?

C’est trop facile d’accuser Mélenchon de tous les maux, y compris son attitude humaine, compréhensible que beaucoup d‘entre nous auraient eu lors des perquisitions, c’est trop facile de laisser croire qu’il pilote tout alors que le mouvement, que certes il a créé, est devenu incontrôlable et qu’il en peut être plus l’otage que le leader, c’est trop facile car le problème est tout à fait ailleurs.

Il est dans la nature même du mouvement en général. J’ai eu dans mon parcours militant, l’occasion de participer au mouvement alternatif des années 80. Il était consécutif à la sortie du PS de 83 et de l’amnistie des généraux d’Alger, bref d’une certaine découverte des perversions que peut susciter un parti. Comment avons-nous fini ? Par des querelles de ce genre, par une liquéfaction du mouvement en multiples chapelles et le terrain de milliers militants refusant l’organisation tout en recherchant jusqu’à nos jours, le mouvement des inorganisés. On en retrouve un certain nombre tant dans la FI que chez les GJ.

La conclusion qu’il convient d’en tirer, que j’en ai tirée et qui trouva son aboutissement dans l’espoir du Parti de Gauche, c’est que la solution n’est en aucun cas le mouvement mais bel et bien un parti politique, de nature nouvelle certes, qui laisse une large part à l’horizontal, au débat démocratique, respectant son corollaire syndical mais qui exige organisation, ligne politique majoritaire qui respecte l’expression de ses contestataires mais s’impose dans les combats, qui impose l’adhésion payante obligatoire pour droit à expression en son nom, qui se structure en groupes organisés et interdépendants dans les cités, les quartiers, les entreprises, qui forme ses militants, promeut des outils d’information performant.

Ce parti existe à la condition de le refonder, d’accepter le fait que nous nous sommes beaucoup trop effacés, d’inviter clairement les militants de la FI à nous y rejoindre à commencer par les députés, remettre les couleurs du social et l’écologie à l’ordre du jour, les couleurs de notre drapeau bien trop vite laissées pour compte au profit du seul drapeau tricolore (qu’il faut aussi valoriser bien sûr) mais qui, seul, cultive l’ambiguïté sur nos choix de gauche.

Bref le temps est venu de sortir de cette nuit du PG et de reprendre nos couleurs, notre objectif de révolution citoyenne pour une république sociale et écologique.

 

 

 

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17 avril 2019

Notre-Dame de Paris-de la tristesse à l’écœurement

Comme tsafe_imageout un chacun, j’ai été choqué, triste au vu des images, ce lundi soir, d’une œuvre d’art, une histoire, un patrimoine qui brûle tout comme je suis choqué et triste quand brûle une mosquée, une synagogue, un théâtre, une bibliothèque, un monument historique, comme je suis choqué et triste quand sont détruites des œuvres pour comme les statues géantes des Bouddha ou défigurés les sites merveilleux et historiques de Jordanie, comme je suis triste et révolté par l’abattage sans raison valable des arbres historiques de Gien ou d’ailleurs parce que j’ai ce profond respect pour les bâtisseurs, les créateurs, ces milliers d’anonymes qui ont installé ces merveilles au cœur de notre vie, pour ces centaines ou encore plus, ces milliers qui ont laissé leur vie dans les fondations et qu’un de mes « profs » de l’ESSEC qualifiait du nom de « peanuts à l’échelle de l’Histoire ».

Comme tout un chacun, à chaque fois, je me pose la question… Comment, avec ma solitude et mes faibles moyens, aider à rattraper cela ? Et cette question, je me la suis posée aussi lundi soir.

Mais il en est ainsi de notre système capitaliste, prendre en toutes circonstances les moyens d’utiliser l’évènement. Ce fut le cas pour le Président Hollande utilisant le 11 janvier 2013 pour convier à Paris les chefs d’Etat du monde et s’octroyer en compagnie de Netanyahou (qui au passage massacre sans problème le valeureux  peuple palestinien), le statut de chef d’un peuple uni dans la douleur et se refaire à cette occasion le portrait d’un héros national, masquant ainsi pour un temps une lamentable politique économique et sociale.

La catastrophe de Notre-Dame est une tragédie pour notre pays, son rayonnement. Quoi qu’on fasse ‘la Forêt » ne sera plus jamais la forêt, la cathédrale de Maurice de Sully ne sera plus jamais la même et la flèche de Viollet-Le-Duc nous laissera le goût amer de son embrasement.

Et bien sûr il faut réparer ce patrimoine national, cette merveille qui avec tant d’autres participe au rayonnement de Paris et de la France dans le monde, ce témoignage de notre histoire, ce bijou planté il y a 8 siècles au cœur de la Cité.

Mais nous assistons depuis lundi à un écœurant scénario, celui de l’exploitation du malheur.

Ce fut d‘abord la notion de deuil national, un Président qui annule une intervention qu’il était d’ailleurs seul avec sa cour à juger importante, puis l’engagement solennel de rebâtir une « cathédrale encore plus belle », puis l’appel aux dons etc…

Et mardi soir, on y retourne pour une nouvelle intervention du monarque républicain devant ce bon peuple de France. Pour dire ce qu’il avait enregistré la veille. Que nenni, on respecte le temps du deuil, je vous parlerai de social quand ce sera « mon bon plaisir » mais si chacun reste à sa place, tout ira pour le mieux.

Et s’improvisant roi d’un « peuple de bâtisseurs », sa majesté décrète qu’on rebâtira en 5 années quel que soit l’avis des historiens d’art, des professionnels, des tailleurs de pierre et autres artisans qu’on a allègrement oublié de former dans cette période maudite de 2,5 quinquennats depuis 2007. Ben oui, c’est vrai, patrimoine ou pas, revendications ou pas, tout doit se tourner désormais vers ce choix idéologique, inutile, financièrement dangereux des JO Paris 2024, on fait donc sans souci du travail bâclé, on fixe une date sans étude préalable de faisabilité mais faut y croire les gens….

Et puis parlons de cet aspect du financement, un appel aux dons lancé sur les cendres encore fumantes d’un brasier non éteint, ceux qui, pour les salaires de leurs employés n’ont plus d’argent car leurs entreprises peinent tant, se jouent une course effrénée au meilleur donateur, ‘tu mets 100 millions, j’en mets 200 » et leurs amis au parlement qui simultanément tentent une réduction fiscale à 90 %, tout va donc pour le mieux dans le meilleur des mondes…

Ainsi ces riches qui, exemptées de l’ISF, ont sacrément diminués leurs dons aux organismes pour cause de non intérêt fiscal, au lu des statistiques, peuvent aujourd’hui faire de la communication et bénéficier de larges déductions fiscales en tentant de s’attirer les grâces des manants que nous sommes et qu’ils ont avec l’aide de ce gouvernement, considérablement appauvris….

Ceci, bien sûr, n’entame pas la générosité naturelle de tous ces petits ou moyens dont je suis et qui donnent ce qu’ils peuvent, sans bruit, sans espoir d’un gain fiscal pour le simple objectif d’une solidarité naturelle avec le malheur des gens ou des choses et la mienne n’est pas sélective, en contribuant, en combattant ou les deux à la fois, elle va naturellement vers ceux qui vivent avec un salaire de misère, avec tous les retraités et je ne les limite pas à 2000 euros qui ont vu leur pension amputée de centaines d’euros, leur retraite non revalorisée, elle va vers tous les massacres patrimoniaux des platanes de Gien, de Bordeaux ou d’ailleurs, des abattages sauvages de monuments ayant une valeur historique locale ou nationale, elle va vers les victimes d’éléments naturels ou provoqués de Notre Dame au recul de la banquise ou au massacre jusqu'à l'extinction d'espèces animales et toutes les hypocrisies, toutes les opérations de com, toutes les écœurantes mascarades n’y changeront jamais rien.

 

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01 avril 2019

La clé de la solution…toujours la même-J.L. Mélenchon et un Parti de Gauche refondé.

33585434_10213295834689505_3124957022760468480_nJe ne vais pas dans cet article de blog reprendre les éléments maintes fois expliqués de mon hésitation aux européennes entre vote blanc et FI.

Je ne traite pas non plus de cet amer sentiment d’échec sur ce que nous voulions faire de notre parti de l’espoir. Un bel article de blog paru dans Médiapart reprend la situation de ces 45 % dont j’étais qui en 2015, ont voulu donner au PG des perspectives claires en matière d’Europe en même temps qu’elle souhaitait le doter de perspectives d’organisation, de démocratie interne  et de développement.

Je ne vais pas évoquer ce terrible CN de janvier 2016 où notre parti s’est mis en allégeance de la FI au lieu de s’y inscrire  dans un rôle critique.

La situation, les douloureuses affaires internes ont fait, qu’hélas, mille fois hélas, une grande partie de ces 45 % ont quitté le parti et que ce dernier s’enfonce dans une agonie qui pourrait être mortifère tant les perspectives qu’offre la FI sont décevantes comme l’a montré son évolution dans les mois même qui ont suivi sa création, à Lille en décembre 2016 précisément, et comme le confirme la situation des européennes aujourd’hui.

Bien sûr, pour moi, comme pour les autres, pris et enthousiasmés par la perspective de victoire présidentielle, nous nous sommes contentés, à ce moment, de nous éloigner, soutenant le seul candidat capable de sauver la situation du pays, Jean-Luc Mélenchon, vivant avec douleur le non-accès au second tour et avec tristesse les conditions d’investiture aux législatives qui ont suivi.

Aujourd’hui, quelle est la situation ?

Le système politique issu de la Constitution pour la 5ème République est moribond, notre Président comme sa majorité utilisent, face à une crise sans précédent depuis mai 68, même si elles ne sont aps comparables, les deux  seules armes qu’il reste, celles des preuves  de sa faiblesse, le mensonge et la répression.

La crise politique issue de la colère justifiée du peuple face au pouvoir d’achat, portée non sans ambiguïté par le mouvement des Gilets jaunes a un mérite, celui d’avoir secoué les consciences. Malheureusement et tous les militants syndicaux révolutionnaires, la CGT et SUD, le savent depuis des décennies, aucune évolution sociale n’est possible sans la jonction des luttes dans l’entreprise et dans la rue et la FI devrait le savoir, l’appel hautement justifié de Jean-Luc Mélenchon le 23 septembre 2017 a fait flop parce que justement la jonction n’a pu se faire, la grève générale qui devait suivre cet appel n’a pas eu lieu. Ce n’est ni la faute de Mélenchon, ni celle de la CGT ou SUD, simplement celle d’un fait avéré. Les conditions de lutte possible en entreprise ont considérablement changé. D’évaluations personnelles à contrats d’objectifs individuels, de compétition entre entreprises à risque de spirale infernale du chômage, le combat est plus difficile qu’il ne l’a jamais été et la répression patronale plus forte et subtile.

Dès lors, où se trouve l’espoir ?

Incontestablement, l’espoir est du côté politique et en 10 ans, le Parti de Gauche créé avec bonheur et présidé trop peu de temps par Jean-Luc Mélenchon est le constructeur de cette espérance. Du bruit et la fureur au congrès de Bordeaux en passant par la charte éco socialiste, du rouge et vert de notre drapeau aux œillets de la révolution portugaise, de l’inspiration que nous avons reçu de la révolution bolivarienne à la reconnaissance internationale de notre camarade Jean-Luc, il ne nous restait qu’à consolider l’outil, l’organiser, le développer, lui donner de vrais outils de formation et d’information.

Le choix de dépasser le parti pour rassembler un électorat en vue d’une victoire présidentielle n’était pas absurde s’il s’était limité à cet objectif, il a d’ailleurs apporté les preuves de son utilité dans cette affaire. Le choix du PG de « se mettre au service » au lieu de s’y situer en rôle critique, en aiguillon gardien de la ligne élaborée brillamment en 6 ans était beaucoup plus discutable. Ainsi, n’ont pu être analysées et critiquées ce que furent à mon sens,  les dérives du programme présenté à la convention de Lille, notamment le processus constituant devenu sage et légaliste, le non alignement sur la revendication du SMIC proposée par les syndicats et de plus, l’intégration d’une notion de revendication en salaire net contraire à toute logique de revendication salariale. Le refus du PG de s’interroger lors de ses deux derniers congrès sur ces aspects comme sur les choix de conception de la France en Europe ont permis que subsistent certaines ambiguïtés sur la sortie des traités. Eternel optimiste, je reste convaincu que la solution est  le parti, en aucun cas le mouvement et que notre parti est la solution d’avenir et que, de grè ou de force, il se refondera ou disparaîtra et que dans les deux cas je lui reste fidèle jusqu’à l’échéance quelle qu’elle soit, pour ça aussi qu’en son temps j’ai fortement contesté le choix de Liêm Hoang Ngoc de créer sa chapelle au lieu de conforter le PG, que je regrette aujourd’hui la tentative de Djordje Kuzvanovic, qui reste depuis le temps du PG un de mes excellents camarades que je suis avec conviction et dont je regrette sort qui lui fut fait par la FI,  de créer un nouveau parti alors qu’ils suffisait de s’investir clairement dans la refondation du PG.

Le fait qu’un homme, Jean-Luc Mélenchon, qui depuis près de 30  années est pour moi l’homme de l’honnêteté et du courage politique, le combattant de notre cause comme il en existe très peu par siècle, le prévisionnaire et tribun exceptionnel de notre temps se trouve, à mon sens, phagocyté par le mouvement qu’il a créé n’empêche pas qu’il est, dans la seule échéance importante à venir si possible avant 2022, la seule hypothèse d’une issue victorieuse.

Puisque la FI a choisi de s’investir dans cette échéance européenne, ce dont à mon avis elle aurait pu,  avec une autre analyse et une communication comme nous savons la faire, se dispenser, le slogan retenu d’un referendum anti-Macron n’a, je l’analyse ainsi, aucun sens. Que LREM soit affaibli, ce qui peut arriver, ne bénéficiera pas forcément d’ailleurs en faveur de la FI, ne changera absolument rien à la politique imposée contre des marées humaines exceptionnelles depuis 2 ans mais bon ce choix de participer a été fait et, pour ma part, si je regrette amèrement ce qui s’est passé sur la liste, si le doute qui ne me quitte pas sur l’orientation donnée et les atermoiements de la tête de liste, je me réjouis de voir enfin, lors de son dernier meeting, Jean-Luc Mélenchon reprendre les rênes de cette campagne et combien j’espère qu’il s’agit d’un signe, celui de sortir enfin des multiples contorsions de certains membres du groupe parlementaire pour s’imposer comme le porteur d’une seule ligne, celle qu’il a impulsée au Parti de Gauche, celle de l’affrontement avec l’oligarchie, celle de l’éco socialisme, celle d’une nouvelle République créée par une Constituante pour une République sociale et écologiste élue par le peuple y compris au prix d’un affrontement avec les institutions de la 5ème République, bref celle de notre seul objectif La Révolution Citoyenne.

 

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24 mars 2019

Retrouver la lumière de l'espérance....

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Celles et ceux qui nous ont gratifié de tous les noms d’oiseaux lorsque nous refusions de choisir entre la dictature fascisante et la dictature financière du marché peuvent, peut-être, battre leur coulpe en ces temps où la dérive autoritaire du pouvoir qui, acculé du fait de son soutien aveugle à l’oligarchie  appelle au secours l’armée après avoir commis depuis 4 mois une répression accrue et crevé un certain nombre d’yeux.

Parce que je préfère la lutte des classes à la lutte contre l’impôt et l’administration de la République, parce que je crois savoir les dangers de tout refus d’organisation, parce que je sais que toute solution évitant les forces politiques et syndicales de classe est vouée à des écueils bien connus, parce qu’enfin l’histoire depuis l’ère industrielle démontre que rien ne fut jamais possible en terme révolutionnaire sans le blocage de la production, je n’ai pas été un soutien inconditionnel des Gilets Jaunes tout en comprenant la colère populaire justifiée qu’ils représentent.

Nous sommes aujourd’hui dans une autre dimension, celle d’une dérive autoritaire d’un pouvoir aux abois qui ira jusqu’au bout de la logique de son soutien, comme il l’a toujours fait, ne pouvant supporter d’être battu. Cuba, le Venezuela, la répression de la Commune,  la chape de plomb abattue sur l’Espagne de 39, le pétainisme, la montée des fascismes en Europe et tant d’autres sont là pour nous rappeler que jamais le système capitalisme ne restera l’arme au pied face à une possible victoire de la classe des exploités.

Jamais la violence venus de nos rangs n’a été une solution et Jean-Luc Mélenchon a raison de dire et redire que « dans la violence, ce sont les meilleurs d’entre nous qui meurent en premier » mais c’est un fait inéluctable que ces forces, lors de notre victoire même électorale se déchaîneront contre nous.

Raison de plus, s’il en fallait une pour ne pas être naïfs et pour croire, je n’accuse personne de la croire mais il est préférable de prévenir, qu’il suffira d’un vote à l’élection présidentielle, suivi d’un respect des institutions de la 5ème République pour que tout se passe gentiment avec un respect par tous et toutes des résultats du suffrage universel.

C’est l’une des raisons pour laquelle, convaincu et admiratif de ce que nous avons fait au Parti de Gauche et  je lui garde jusqu’au bout mon adhésion et ma disponibilité, j’ai dès 2014 émis des réserves sur ces mouvements du type M6R.

C’est pour cette raison que, voyant dès la convention de Lille, s’instituer « la tarte à la crème » du tirage au sort faussement démocratique, entrer dans la logique des institutions en instituant une procédure référendaire à la mise en place de la Constituante au prétexte du fait que le Conseil constitutionnel refuserait une décision du président Mélenchon d’appeler à l’élection de la Constituante ainsi qu’un choix discutable d’un SMIC en net inférieur au souhait de la CGT que je me suis éloigné de la FI et me suis limité au PG.

Ceux qui mettent ceci sur le compte d’une aigreur etc… ont une dommageable attitude qui leur empêche d’analyser objectivement la situation.

Malgré un travail colossal de la plupart des députés du groupe parlementaire dit insoumis, force est de constater que le mouvement insoumis est dans une difficulté majeure. L’inutile participation à l’élection d’un parlement européen sans pouvoirs sur la base d’un slogan anti Macron n’aura, et combien j’aimerais avoir tort sur ce point, comme conséquence que de mesurer la perte de vitesse de ce que Jean-Luc Mélenchon a représenté comme espoir en 2017. La constitution de la liste, le départ ou le retrait de militants ayant prouvé au PG leur valeur, la pertinence de  leur analyse, je parle de François, de Djordje, de Corinne entre autres, la quasi absence des thèmes de la charte éco socialiste du PG dont nous devons être si fiers, sont autant d’éléments qui permettent d’envisager ce scénario catastrophe au soir du 26 mai…

Là encore, je l’ai dit et redis, notre combat est un combat de longue haleine, anticapitaliste, éco socialiste, il s’appelle Révolution citoyenne et la 5ème République, horrible dans sa conception, nous offre au moins un angle d’attaque, celui de l’élection présidentielle. Elle  permet dès cette victoire acquise, d’enclencher un processus qui permette calmement d’enclencher sans tarder l’élection de l’Assemblée  constituante sur décision du président investi quitte à porter l’affrontement inévitable avec les Institutions, affrontement qui ne se résoudra que par le peuple en lutte. C’est bien beau de porter aux nues le Front Populaire mais les victoires de Juin 36 n’auraient pas vu le jour sans la mobilisation des travailleurs et le blocage de la production. Il en sera de même cette fois.

Dès lors, allons-nous continuer, comme hélas nous le faisons depuis le lancement du PG, à mobiliser nos énergies sur toutes les élections qui se présentent, aujourd’hui les européennes, demain les municipales au lieu de mobiliser nos forces pour la construction du parti nécessaire à la seule victoire quoi compte….

Or que voyons-nous se dessiner, des camarades de valeur comme Djordje créer leur propre parti après avoir tant apporté dans le Parti de Gauche, une liste de la FI ouvrant grandes ses portes à tous les courants notamment celui des déçus du PS certains en position dite éligible qui,  à la veille d’une élection, se trouvent en délicatesse avec les restes du parti qu’ils ont soutenu y compris dans la période Hollande/Valls, des ex-camarades sortis du PG déçus à leur tour par l’évolution de la FI, par les tergiversations sur la sortie des traités européens ou les déclarations d’une tête de liste se demander comment continuer la lutte. Franchement, pour ma part, avec grande tristesse, je me dis quel gâchis ! Quelle belle occasion manquée !

Mais la vie militante n’est pas faite de regrets ou de nostalgie et elle m’a appris qu’il y a toujours un arc-en-ciel après l’averse, que le ciel redevient bleu après l’orage. Mai 68 fut l’espoir conforté par les années 70, la désillusion se révéla quand il s’est trouvé détourné à son profit par le PS, dans ces années, nous avons tenu le flambeau dans la nuit, le Parti de Gauche  avait rallumé l’espérance, demain inévitablement, l'heure de sa renaissance démocratique et organisée viendra.

Demain, autour de Jean-Luc Mélenchon qui reste, pour moi  le phare incontournable de la Révolution citoyenne par la Constituante et qui doit reprendre la tête de l’objectif présidentiel en 2022 ou avant si possible, nous serons encore là pour allumer la torche du combat permanent de la lumière sur l’obscurité de la nuit capitaliste.

 

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26 février 2019

Trois décennies d’incubation pour une nausée

Réalités e33585434_10213295834689505_3124957022760468480_nt mises en scène nous font vivre une situation écœurante et indigne de notre passé, celle du refus de l’autre, celle des faux prétextes et celle qui remonte des entrailles nauséabondes de certaines périodes de notre histoire où, de l’affaire Dreyfus à Vichy, les boucs émissaires furent légion, ils eurent nom Juifs, francs-maçons, communistes accusés de noyauter la République en étant pilotés par des puissances extérieures.

Le régime de Vichy en prêtant allégeance au régime nazi, fut sans complexe le fournisseur officiel  en juif, tsiganes, asociaux, homosexuels, politiques de gauche des camps de la mort.

Drapés dans la victoire de la Résistance et forces alliées, nous nous étions crus débarrassés de ce poison.

L’arrivée dans les années 50 d’un Le Pen laissait notre peuple de marbre, malgré ses frasques algériennes, il  n’inquiétait pas électoralement.

La guerre de libération du peuple algérien, la manière dont elle fut menée et conclue n’est cependant pas étrangère à l’expression d’un racisme anti-arabe latent mais qui n’atteignait pas le pouvoir politique qui utilisait ses armes pour la combattre. Les actions de l’OAS, le putsch des généraux félons soudaient notre peuple dans la détermination démocratique.

Et puis sont arrivées les années 80, on commença à tolérer la parole raciste, on décréta que le parti qui les portait avait droit de normalisation, tout ceci sur le fondement d’une gigantesque partie d’échecs qui permettait le maintien des majorités dans une parfaite alternance.

Et cette partie d’échecs a eu le résultat escompté le 21 avril 2002, le sieur Le Pen au second tour de la présidentielle. Les cris d’orfraies des militants du PS sonnaient bien mal dans une situation où depuis 1983, leur responsabilité n’est pas négligeable, d’abord par la partie d’échecs engagée, ensuite par une politique libérale ou poltronne qui va des « dénationalisations » au boycott de la première loi sur le PACS en passant par le choix de l'Europe libérale ou le scandale de la casse des PTT, ceci explique beaucoup de phénomènes de notre temps y compris l’abstention massive, ce qui ne l’excuse pas forcément.

Rendons justice cependant à plusieurs politiques dans cette triste évolution, d‘abord Jean-Luc Mélenchon qui, de là où il était à combattu fermement le parti nauséabond jusqu’à signer une demande d’interdiction non suivie d’effet pour cause de blocage de son parti d’alors et, ayons l’honnêteté de le reconnaître, le Président Chirac qui de Dreux en 1983 à la montée du sarkosisme a toujours combattu, je le crois avec sincérité, les avancées vers un rapprochement de la droite avec le FN.

Mai 2007 est arrivé…le sarkosisme triomphant avec lui et c’est parti pour la grande dégringolade, trahison du vote des Français contre le traité européen à Lisbonne, déclarations fracassantes contre les noirs, les Roms, les banlieues, ligne Buisson et rapprochements avec les idées du FN, abandon du respect historique des droits du peuple Palestinien pour soutenir Tel-Aviv . Bref pour garder le pouvoir, le PS jouait avec le Pen en pion sur l’échiquier, Sarkosi lui, joue officiellement contre le FN en popularisant les idées de ce dernier…

Mai 2012 voyait Sarkozy battu, arrivait Hollande qui commença par maintenir les décisions de Lisbonne et continua avec son ministre Valls, la stigmatisation des Roms, des banlieues etc… en y ajoutant la casse du droit du travail avec son ministre Macron et une organisation aussi méthodique que scandaleuse de la répression.

Mai 2017, une campagne de caniveau autour des affaires Fillon/Le Pen, une opération PS pour barrer la route à Mélenchon en l'ouvrant à Macron aboutissent à un record d’abstentions et au non-choix possible entre Macron et Le Pen qui aboutit à l’élection de Macron  avec à peine 20% des inscrits. La constitution de la 5ème République aggravée par la bêtise du quinquennat aboutit logiquement à la majorité parlementaire « godillote » que nous connaissons.

Dès lors, nous sommes arrivés à ce point de rupture qui tient à un écœurement, une nausée qui risque de conduire à tous les dangers que confèrent toujours et dans toutes les époques l’appel au refus de l’organisation, à l’anti parlementarisme, à des vertus supposées à tout ce qui bouge.

Nous sommes dans le temps du mensonge triomphant, dans le déploiement en pleine lumière de l’acceptation des plus vils desseins, de la justice de classe illustrée par l’affaire Benalla entre autres opposée à la répression expéditive policière et judiciaire des manifestants lambda, de l’antisocial qui brise tous les acquis du CNR et des lois sociales (SNCF, statut de la Fonction Publique, Sécurité sociale, Retraites etc…), dans ce temps nauséabond du retour sur la scène de la bête immonde qui  se nourrit  de racisme anti juif, anti arabe, anti noir, d'homophobie meurtrière et autres horreurs.

Dans cette situation, nous n’en sortirons ni par des incantations, ni par des énergies gaspillées dans des élections sans effets, ni par la seule occupation de la rue mais bien par deux incontournables, le blocage de la production par la grève générale illimitée et sa jonction avec  le programme politique structuré, porté par une force organisée qui ne peut être que le parti de masse et de classe qu’aurait pu et dû être le PG et par une personnalité capable du talent et du courage nécessaire. Jean-Luc Mélenchon est de cette trempe pour peu qu’il reprenne en mains la situation comme il sait si bien le faire avec l'apport d'une génération jeune et enthousiasmante issue du PG, en évitant la dérive social-démocrate et les jeux de pouvoir qui se font jour au sein du mouvement bien peu démocratique et maigrement organisé dit Insoumis.

Y parviendrons-nous, c’est mon rêve le plus cher en tous cas même s'il est teinté de beaucoup de doutes....

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27 janvier 2019

L’état policier doit être fermement combattu

11403220_10205330811288898_3516334211356826784_nDepuis ces décennies de vie militante, ces dizaines de grèves parfois dures et ces centaines de manifs, j’ai eu cette chance de ne connaître que quelques gaz lacrymo, une bonne rossée de nerfs de bœuf par le syndicat fasciste  à la porte d’une usine du Loiret et une seule et courte garde à vue…

C’est parce que j’aurais pu 100 fois être la jeune étudiante d’Orléans que j’ai vue à 18 ans trainée par les cheveux, parce que j'aurais pu finir comme Pierre  Overney, Rémi Fraysse ou Jérôme Rodriquez que je garde cette sensibilité à fleur de peau contre la répression ordonnée par le pouvoir et exécutée sans état d‘âme par ceux à qui le statut de la Fonction publique permet dans certains cas de dire non.

Oh il n’a jamais manqué de journalistes pour expliquer que la police fait son métier, que les casseurs se sont infiltrés, il y eut toujours de bonnes âmes pour expliquer que la violence c'est mal et qu'elle vient de supposés 2 côtés (alors que, comme l’a très bien expliqué Jean-Luc Mélenchon encore aujourd’hui, il n’y a pas deux côtés mais un peuple et une police/gendarmerie à son service, alors que tous ceux qui ont manifesté savent comment s’organise la répression en provocant jusqu’à l’escarmouche qui permettra la riposte, parce que l’infiltration de casseurs se tolère voire se facilite) ou encore qu’il suffit de ne pas prendre de risques en ne venant pas dans ces manifs etc… Mais laissons là ces faux arguments.

Je l’ai dit et redis, je ne suis pas Gilet Jaune pour de toutes autres raisons maintes fois expliquées et qui d’ailleurs commencent à se prouver de jour en jour mais ceci n'entame ni mes convictions révolutionnaires ni mes indignations face à la répression dans ce pays où tout ce que nous avons, à commencer par la liberté, a été gagné par la lutte.

Non cette répression n’est pas digne du pays des Droits de l’Homme, non cette violence policière ne peut être tolérée d'autant plus qu’avec des armes aussi sophistiquées que celles qu’ont les policiers ils visent la partie du corps qu’ils choisissent et qu’en l’occurrence ils choisissent la tête.

Oui le président et le gouvernement sont responsables, et en premier lieu le ministre de l'Intérieur qui devrait en toute connaissance de ses responsabilités, démissionner ou être démissionné comme aurait dû l'être son alter ego à la mort de Rémi Fraysse mais également le ou les policiers qui exécutent ces ordres sans états d'âme et parfois avec zèle doivent en assumer les conséquences judiciaires...

La seule force qui permettrait de l’enrayer est la force organisée, celle des syndicats et des partis politiques. Une force dont l'organisation est à géométrie variable comme les GJ ne peut aboutir qu’à une escalade extrêmement dangereuse et pour ma part, je l’ai dit, je le redis clairement : ce n’est pas d’un épisode XII très dur dont notre peuple a besoin, c’est d’un coup très fort qui aurait dû, car il est peut-être déjà trop tard, être engagé dès la blessure de notre camarade alliée à l’arrestation de Bordeaux et au coup de force de l’extrême droite contre les militants de NPA et ce coup ne peut être porté que par les syndicats et partis politiques qui refusent l'instauration d'un état policier dans notre pays.

Qu’on ne me dise pas c’est compliqué, nous l’avons déjà fait notamment le 11 mai 68 et ce n’était pas plus simple qu’aujourd’hui, bien au contraire. Décidé dans la nuit du 10 au 11,  nous l'avons réussi le 13 mai 68, c’est comme ça que le feu qui couvait grâce aux étudiants a bénéficié de l’étincelle…

Il fallait, oui, dès hier après-midi qu’une des forces syndicales ou politiques appelle les forces organisées du peuple de gauche à se réunir immédiatement et à organiser la riposte. Malheureusement, alors que nous nous gorgeons de nos technologies qui soi-disant permettent tout, cette allumette n’a pas été grattée…

J’aurais tant aimé qu’à l’instar d’un Eugène Descamps, secrétaire général de la jeune CFDT en son temps, ce soit mon beau parti, le Parti de Gauche qui prenne cette initiative, c’est hélas un acte manqué…..

 

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22 janvier 2019

Parce que démolir Jean-Luc Mélenchon, ça suffit

La m27973258_155321615275899_1917419852262668404_node est à la chasse au Mélenchon et aux espoirs qu’en notre nom il porte.

J’ai toujours été très clair, je ne suis pas dans une secte, Jean-Luc Mélenchon n’est pas un gourou encore moins mon seul maître à penser et je n’ai jamais ni en privé ni en public, caché nos points de désaccord, tout comme j’ai toujours donné la primauté au parti qu’il a fondé, dans lequel je l’ai accompagné, tout comme j’ai regretté la place que mon parti a délaissé lors de la création de la FI en s’auto affaiblissant à cette occasion, tout comme j’ai déploré l’évolution social-démocrate de la FI progressive depuis sa mise en place lors de la convention de Lille, tout comme je regrette le sort de mes camarades Djordje, Corinne ou François et certains propos tenus à cet égard, tout comme je déplore le sort fait par la FI et pas forcément par Jean-Luc à l’éco socialisme pour lequel nous sommes tant battus au profit de revendications plus électoralistes, tout comme je n’adhère pas à l’engouement pour le mouvement dit des Gilets Jaunes même si je peux le comprendre à la place qu’il occupe.

Mais cette chasse est infâme, indigne de celles et ceux qui la profèrent.

Ainsi, selon ce qu’on entend, ce qu’on lit, JLM serait en perte de vitesse, JLM serait responsable de tous les maux d’un affaiblissement du mouvement dans lequel il n’est d’ailleurs  que le Président d’un groupe parlementaire de 17 députés.

Alors, quels que soient ces fameux désaccords, soyons un peu sérieux et un peu capables de discernement.

En 1990, alors qu’au milieu de tous les combats que depuis 1968 et l’espérance portée, nous avons menés avec des centaines de camarades, alors que la désespérance de 1983 m’avait éloigné de toute force politique et surtout de ce parti dit socialiste que je considérais comme traitre à ce pourquoi il était élu, alors que je m’apprêtais, pour les mêmes raisons à quitter le syndicat auquel j’avais tant donné depuis 26 ans, alors que j’expérimentais et commençais à voir les limites du mouvement alternatif, un jeune sénateur que je ne connaissais pas sortait du lot et avec le grand courage de ceux qui comme moi se sont investis dans l’égalité des droits homos/hétéros, présentait en un temps où c’était loin d’être évident la proposition de loi « pour l’organisation de la vie commune des couples de même sexe ».

Projetant qu’un jour il y aurait conflit entre cet homme-là et ce parti-là, je me suis senti porté par son courage et l’ai suivi dans ses déclarations et ses actes. Je n’ai pas pour autant adhéré au PS même dans son courant, ceci me paraissait absolument impossible

Je me suis engagé en 2005 dans le débat pour le « Non au traité européen » qu’il portait là-encore avec grand courage et la victoire fut au rendez-vous.

Enfin vint novembre 2008, enfin Jean-Luc et l’aile gauche avaient quitté ce satané parti et naissait le Parti de Gauche.

J’y ai adhéré avec enthousiasme, j’ai applaudi, même si logiquement je n’étais pas dans la salle, «  le bruit et la fureur » et commença pour moi une des deux belles aventures militantes de ma vie.

Mes camarades du Loiret me font l’honneur d’être délégué au conseil national et c’est là, qu’au-delà de l’admirable tribun, du visionnaire géopolitique, j’ai découvert l’homme Mélenchon et je ne fus vraiment pas déçu.

Jean-Luc Mélenchon est un camarade sensible, d’une culture hors du commun que j’ai encore vérifiée dans ce beau reportage récent sur LCP dans Livres et vous. C’est un homme en recherche permanente de transmission de l’expérience et du savoir et ce n’est pas par hasard mais bien grâce à Jean-Luc que le Parti de Gauche s’est révélé comme la pépinière exceptionnelle de centaines de  jeunes talents brillants en analyse, en expression, maintenant en mandats électifs comme nous le voyons avec les députés Adrien Quatennens, Ugo Bernalicis ou autres et leurs assistants. C’est enfin un être social, doté d’une sensibilité à fleur de peau, qui produit certes une attitude comme celle des perquisitions que, contrairement à beaucoup, je ne considère pas comme une erreur, mais qui se révèle au quotidien dans les conseils qu’il donne, dans les situations qu’il comprend, dans les aides morales qu’il apporte.

Pour revenir sur le terrain politique, je continue à croire que JLM n’a qu’un objectif, conduire ce pays à le porter à la Présidence pour décréter la convocation de la Constituante en espérant qu’il puisse se débarrasser des « peureuses décisions » de la convention de Lille, redonner à la France sa démocratie et sa grandeur,au peule sa place et partir heureux d’une vie accomplie.

Alors oui, il y a des désaccords sur la stratégie, non je ne sais rien de l’avenir et je ne sais pas si Mélenchon sera Mendès France capable de ne pas renier l’objectif ou Mitterrand qui lui le fut tout à fait, je ne suis sûr de rien mais l’homme Mélenchon garde et gardera la confiance et l’admiration que je lui porte depuis ce soir de 1990 où, avec un ami Chilien exilé, hétéro et peu enclin à tolérer,  son initiative permit une longue nuit de discussion, autour d’un rhum cubain découvert ce jour, sur les réalités des homosexuels et sur les compréhensions mutuelles que le débat incarne.

Oui je sais, comme dans notre combat nous le savons tous, rien ne nous sera épargné ni la répression, ni la médisance, ni les déclarations les plus absurdes par une presse aux ordres ni même l'altération des sentiments et des amitié. Oui je sais le poids des réseaux et l’exploitation des mots et des phrases, oui je sais la faiblesse des hommes, nos erreurs, nos doutes mais gardons une seule chose à l’esprit :

LES PROGRAMMES POLITIQUES, LES STRATEGIES DOIVENT ETRE DISCUTEES, NOUS POUVONS NOUS Y ECHARPER, SOUVENT NOUS LE DEVONS MEME MAIS EN AUCUN CAS LA VIE PERSONNELLE, LA VIE INTIME, LES IDEES PERSONNELLES DES HOMMES ET DES FEMMES QUI PORTENT LE MESSAGE NE MERITENT DE TELLES INDIGNITES ET POUR CONCLURE MERCI JEAN-LUC POUR TOUT CE QUE TU AS REDONNE COMME SENS A LA GAUCHE ET CE QUE TU NOUS A APPRIS…..

09 décembre 2018

La révolte en cours…vers une révolution citoyenne ou une situation à l’italienne ?

10620527_771823629522602_5891450159602612604_nDepuis le 17 novembre, notre peuple est en ébullition.

Partie sur la révolte contre les augmentations de taxes sur les sacro-saints carburants, la révolte évolue vers une prise de conscience d’une réalité sociale due à des années, en fait 3,5 décennies de régression du monde du travail en matière de droits conquis par 150 années de luttes ouvrières ainsi que par le mépris inauguré par le Président Sarkosy qui devait, entre autres déclarations scandaleuses,  «liquider l’héritage de mai 68 », le Président Hollande auteur des lamentables lois travail et porteur à vie des répressions sanglantes sur nos camarades et du Président Macron dont les déclarations méprisantes pour le peuple sont légion sans compter  les lois scélérates imposées au pas de charge par une majorité de godillots sans réflexion autre que la décision du maître des lieux.

Personne ne peut nier ce fait réel et ce ne sont pas les sondages bidon, l’organisation de la peur et les tentatives de division par un pouvoir aux abois qui peuvent l’arrêter.

Cependant, pour ma part je reste dubitatif quant aux possibilités de sortie de cette crise et je ne partage pas l’optimisme de Jean-Luc Mélenchon et des militants dits insoumis dans cette aventure.

Ce mouvement est parti sur des bases et des thèmes qui sont ceux qu’avec JLM et le parti de Gauche nous n’avons jamais défendus notamment la négation de l’utilité, de l’honnêteté, du réalisme  des forces politiques et syndicales, encore moins le questionnement sur la nécessité de l’impôt, pas plus l’affirmation d’un anti-parlementarisme qui ressort au travers de points figurant au catalogue de revendications. Chaque jour apporte son lot de preuves sociologiques de la nature profonde d’une partie non négligeable des participants, déclarations homophobes, anti politique, refus de participation de militants syndicaux surtout CGT sous leurs couleurs, « livraison » de migrants à la police, orientation vers une liste dite apolitique aux européennes etc…

Alors quelle attitude avoir, quelle stratégie adopter car je le redis, personne ne peut nier que nous sommes entrés dans une révolte populaire qui prend ici ou là des tournures de la révolution que nous souhaitons? Personne de notre camp ne peut s’en désintéresser.

Les députés dits insoumis, le mouvement FI soutiennent la thèse de participer activement afin de peser de tout son poids sur une évolution vers le programme de l’Avenir en Commun copié en grande partie dans la liste des revendications à côté d’autres points beaucoup plus inquiétants. Je respecte cette position mais ne crois pas, à tort ou à raison, à la capacité du mouvement FI, son évolution des derniers mois, l’influence inéluctable des forces l’ayant rejoint malgré leur ardent soutien à la politique Valls/Hollande comme le témoigne la liste aux européennes, à orienter cette révolte vers la révolution citoyenne que nous voulons.

Le parti de Gauche quant à lui ne s’exprime plus, laissant totale carte blanche à la FI. Le PC est devenu si électoral qu’il ne renie en aucun cas ses accords avec le PS à chaque élection et ne calcule hélas qu'en nombre de sièges maintenus. La CGT forte de ses 700 000 adhérents tient compte de la réalité de la situation où rien n’est possible sans mobilisation des travailleurs en grève et sait très bien et à juste titre, résultats de son expérience historique, que ce n’est pas d’un seul appel de sa confédération que dépend le déclenchement de la grève générale et des occupations qui seraient la seule issue possible.

Les heures ou les jours qui viennent nous laissent présager une crise politique, celle-ci emportera-t-elle dans son sillage la défaite du pouvoir et de ses institutions…Je n’y crois pas, la 5ème République a été conçue pour ce genre de crise et quelle que soit sa nature, elle a les outils nécessaires, certains odieux certes  pour en sortir et perdurer tant que la production et l’économie ne seront pas bloquées car elles restent la seule solution de classe pour sortir par le haut.

Une dissolution de l’Assemblée est possible mais rien ne permet de penser, au vu des paroles saisies ici ou là sur les ronds-points que le vote des électeurs, ceux qui n’ont pas déserté ce terrain, qu’elle ne conduirait pas à un vote introuvable à droite et donc à un retour des forces antisociales dont Macron n’a pas le monopole

Une démission du Président reste certes  la meilleure solution, nous y sommes prêts avec notre programme et la valeur de notre candidat à la Présidence, encore faudrait-il qu’elle puisse avoir lieu. Macron n’est pas De Gaulle loin de là...si la grève sociale parvenait à s’imposer, elle est possible mais quand bien même elle aurait lieu, quel programme reste-t-il quand on voit la réalité des interprétations diverses de l'AEC.

Nous sommes donc à la croisée des chemins, quelles que soient les annonces supposées prochaines du Président Macron, quelle que soit la décision prise…saupoudrage de mesurettes sociales,  « démission » du gouvernement, dissolution de l’Assemblée, se posera la question de la suite.

Hormis le cas qui semble peuvprobable d’une démission du Président qui pourrait ouvrir une autre voie avec une candidature Mélenchon pour peu qu'elle puisse se faire à l’exclusion de toute autre hypothèse du mouvement FI, que pourrions–nous attendre d’une dissolution de l’Assemblée sinon une majorité hétéroclite élue par une minorité de citoyens et nous sommes dans la situation italienne où réapparaitrait sans doute une majorité du type de celle qui gouverne de l’autre côté des Alpes ou même pire, celle d’une majorité issue de listes fomentées par les Gilets Jaunes qui refléterait leur réalité sociologique et nous amènerait à une solution type Bepe Grillot , leurs revendications proches du programme l’Avenir en Commun risquant fort de n’avoir été que la copie nécessaire à la popularité du mouvement comme, copiées, elles le furent, très mal d’ailleurs,  par B.Hamon pour barrer la route à J.L. Mélenchon.

Certains lecteurs vont me trouver très pessimiste, d’autres vont très vite me qualifier de soutien objectif de Macron mais la vie militante m’a appris à me méfier, à douter du soutien rapide à tout ce qui bouge. La vie au PG m’a instruit du fait que l’essentiel est la Révolution citoyenne, pas l’élection à partir de toutes les opportunités même des meilleurs d’entre nous, la vie syndicale m’a conforté dans une certitude, c’est du monde du travail et de ses luttes que viendra la vraie révolution sociale qui ne souffre pas d’ambiguïtés et désigne l’adversaire clairement et cet adversaire c’est le capitalisme et ses serviteurs du grand patronat qui a su neutraliser les groupes de presse et organiser les lobbies nécessaires, pas l’élu du peuple, pas le service public du peuple, pas le militant syndical et nous paierons très cher le prix qu'elle n'ait pu s'imposer face aux lois anti sociales et de "détricotage" des conquis sociaux et du code du travail et là encore, il serait trop simple d'en accuser les seules directions syndicales, la situation des travailleurs, leur aliénation bien organisée par le fric, l'individualisme érigé en valeur en sont beaucoup plus responsables que le manque d'appel à une grève générale .

 

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28 novembre 2018

Il y a 10 ans, jour pour jour, renaissait l'espérance.

lancement PG_20181122_0001_NEWIls étaient près de 3 000 ce 29 novembre 2008 à l’Ile Saint-Denis, autour de Jean-Luc Mélenchon, de François Delapierre et des premiers fondateurs, en présence de Robert Guédiguian et Oskar Lafontaine pour lancer ce qui fut une très belle aventure, le Parti de Gauche.

Avec mes 44 ans de vie militante, avec près de 20 ans de suivi de ce grand homme politique courageux qu’est Jean-Luc Mélenchon, j’ai regardé ce rassemblement avec un  grand intérêt, avec beaucoup de prudence aussi, instruit comme je le suis des échecs douloureux vécus avec le PSU et la CFDT.

Ce lancement m’apparut cependant très vite comme la concrétisation d’une grande espérance, celle de voir renaître nos aspirations nées de mai 68 et des combats sociétaux inaboutis des années 70. Le choix fait par la plupart des fondateurs de quitter, comme je l’avais 25 ans plus tôt ce parti socialiste renégat qui avait trahi tous nos combats par l'amnistie des généraux félons d'Alger et son virage libéral de 1983, entraînant dans son sillage la CFDT que nous voulions construire comme le pivot du mouvement révolutionnaire…

Oh certes, divers choix de ce nouveau parti me paraissaient dangereux, cette notion du parti creuset et son corollaire du Front de Gauche dominé par le PCF où il me  semblait, au su de mon expérience de quelques années de « compagnon de route » que ce dernier nous utiliserait pour se débarrasser de nous dès que nous ne serions plus utiles…

Mais, localement, un jeune camarade, Bastien, très jeune militant politique qui m’avait fort impressionné par ses capacités d’analyse et de débat lors du combat pour le non en 2005, était de cette fondation. Nous prenons le temps d‘en discuter. Meurtri lui aussi par le temps qu’il passa au PS, il sait me dire qu’au PG, nous pourrions enfin débattre de nos divergences librement, jouer les cartes de ce que nous voulions faire évoluer et j’adhère.

Commençait alors pour moi, une extraordinaire renaissance, finies les années tristes des échecs militants consécutifs à la recherche de l’inaccessible étoile d’abord chez les alternatifs où après de belles campagnes municipale d’Orléans, législative et cantonale, après la recherche difficile d’une agrégation des mouvements, nous vivons le délitement et l’essaimage dans la nature de ces militants prônant la non-organisation en recherche permanente de l’association des inorganisés…, finies les années de « compagnon de route » du PCF où, parce que, pas au parti, ta place éligible sur la liste est refusée mais ta place non-éligible est vivement souhaitée en raison de ta notoriété locale…

Le Parti de Gauche a été pour moi la renaissance politique, les combats retrouvés, sociétaux, celui de l’égalité des droits hommes/femmes, homos/hétéros, celui de l’anti-nucléaire et de l’écologie, celui du social et de ce thème extraordinaire qui coiffe le tout : la Révolution Citoyenne.

Nous travaillons, nous affichons, tout notre pays Giennois qui n’en a pas trop l’habitude, se couvre en permanence des affiches rouges de nos combats, des slogans de notre beau parti, nous réfléchissons, nous rêvons de ce temps où nous ouvrirons sur le Giennois notre local, où nous aurons notre journal et comment ne pas évoquer ces dimanches à réfléchir, amender les textes de notre ligne d’horizon, nous faisons adhérer, bref un temps radieux du bonheur politique retrouvé

2011, Bastien me propose d’être candidat à sa place au conseil national du parti, proposition appréciée à sa juste valeur, acceptée avec joie et je participe à mon premier CN ouvert par François Delapierre et clôturé par Jean-Luc Mélenchon. J’y découvre de jeunes camarades qui me rappellent ma propre expérience dans les conseils confédéraux de la CFDT en 69, ils auront nom Matthias, Alan, Raquel, Alexandre, Boris, Vincent, Bastien et tant d’autres qui sont restés pour la plupart, malgré les aléas dommageables qui se produisirent 5 années plus tard de très bons camarades, pour certains des amis estimés.

En rentrant, enthousiasmé de ce premier CN, je fais à mes camarades du Loiret mon compte-rendu, ne sachant pas encore que mon mandat serait renouvelé pendant 5 années, que je vivrais aux côtés de Valentin, un jeune camarade lui aussi qui était un ami, plusieurs de ces années de CN et deux congrès dont le sublime congrès de Bordeaux, celui ou François nous fit ajouter l'oeillet rouge à notre "panoplie" ignorant aussi que nous sortirions la plus belle des chartes écologistes, la charte écosocialiste du Parti de Gauche.

La présidentielle de 2012 fut un moment très fort,comment oublier ce meeting de la place Stalingrad, ces salles combles dans toute la France, ce serment de la porte de Versailles, ce beau résultat et même si j'ai jugé comme un marché de dupe la part qui nous fut réservée aux législatives, quel beau cru que ces milliers d'adhésions reueillies dans cette magnifique campagne.

2013, comme je l’avais subodoré, le Parti communiste que, grâce au Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon avait remis en selle, oubliait les accords et serments, s’alliait au PS à Paris et dans 50 grandes villes pour les municipales 2014 et je suis admiratif des capacités de notre petit parti qui, à Paris, se lance seul dans l’aventure, arrive à présenter des listes complètes dans les 20 arrondissements. Nous n’avions pas la capacité de faire quelque chose sur Gien, je me mets à la disposition des camarades de Paris, quelle belle expérience motivante, enrichissante !!! Malheureusement, le parti n’a pas compris dès cette époque qu’il était temps de sortir du FDG pour vivre en toute autonomie…

Investi à fond dans le parti, je me mets à la disposition de ce qui s’appelle le pôle organisation composé de volontaires compétents et sérieux mais vivant sans contrôle démocratique,  et je viens chaque semaine depuis ma ville désertifiée et avec grand bonheur, donner une journée de mon temps à mon parti, expérience où je découvre la situation organisationnelle, bien loin de ce que j’avais appris comme permanent de la CFDT où l’on m’avait formé au triptyque nécessaire à tout développement : «organisation-formation-outil d‘information» qui nous avait si bien réussi alors. Malgré un travail régulier et assidu d’argumentation au CN et à deux congrès, je ne fus point entendu sur ce point…Dommage…

Et puis est venu le temps politique des déceptions, des tristes réalités politiques, cancers permanents des partis en ces moments où la recherche de la victoire électorale prend le pas sur la grande espérance, où la victoire nécessaire à la présidentielle fait oublier que cette dernière n’a qu’un objectif, celui d’enclencher la révolution citoyenne.

Le congrès de 2015 fut pour nous, pour moi, militants de l’organisation, de la sortie des traités un grand moment d’espoir, approuvée par 46 % des adhérents, notre plateforme alternative devait permettre une belle évolution…Le fonctionnement fit qu’il n’en fut rien et les régionales 2015 devaient aboutir à une situation interne difficile qu’il ne convient pas de commenter sur un blog de ce genre mais qui provoqua le départ de camarades méritants, sincères et d'un haut niveau d'analyse et d'action, je n'en citerai que quelques uns, Ramzi, Mathilde, Alexandre, Stéphane, Sébastien. Il aboutit hélas, mille fois hélas, avec déception et grande tristesse à mon départ  du conseil national après cinq années vécues intensément qui auront marqué ma vie militante pour le temps qui me reste.

Ainsi les vieilles lunes sont revenues, le choix de la stratégie de la France insoumise, fort utile pour l’élection présidentielle mais dont je n’approuve ni la pérennisation ni l’évolution de la stratégie et qui, à mon sens, ne peut finir que comme ont fini les alternatifs a considérablement affaibli ce beau et prometteur parti et nous allons le payer très cher et pour longtemps.

Mais qu’on ne se méprenne pas, je ne suis ni aigri, ni révolté à la mode des curés ou des communistes défroqués, je suis un militant qui se bat pour des causes, celles qui furent toujours les miennes, celle du monde du travail, celle de l’écologie politique, celle de l’égalité des droits, celle de l’anti racisme et tant d’autres comme celles que le combat pour les arbres de Gien m’a permis de découvrir.

En ce temps où chacun se raccroche à tout ce qui bouge y compris ce qui s’agite porté par des idées dangereuses et incontrôlables, un Parti de Gauche clair, démocratique, solidement ancré dans les masses manque beaucoup au combat éco socialiste, ce phare d’un espoir renaissant.  Malheureusement l'histoire se renouvelle et le départ récent de camarades de haute valeur soit de la direction soit du parti doit être analysé comme une sortie de route désastreuse. 

J’en  suis toujours cependant et j’en reste un militant, même si l’âge, la maladie, une certaine lassitude consécutive aux échecs normaux de cette vie trépidante,  peuvent diminuer possiblement mes possibilités d’action. J’accompagnerai ce parti, qui m’a tant donné,  dans son agonie et, si le reste de vie me le permet,  je serai là au jour espéré de sa résurrection.

Je reste un inconditionnel de l’homme  Jean-Luc Mélenchon dont le courage qui me fut révélé un soir de 1989, confirmé le 29 mai 2005, décisif dans ma volonté de l’accompagner il y a 10 ans, est pour moi indissociable de lui dire mon ressenti quand le mouvement qu’il a créé dépasse son fondateur et le fait dériver de la ligne initiale de notre parti commun : La Révolution citoyenne et rien d’autre…

 Quoi qu’il arrive, quoi qu’on me dise, quoique l’on m’abreuve de propos acerbes voire insultants et quoi qu’on fasse l’aventure du Parti de Gauche est avec celle de la construction d’un syndicalisme révolutionnaire à la CFDT d’alors, la plus grande espérance de mon existence et la plus belle de ma vie militante et Jean-Luc reste l’homme qui aura incarné cette superbe renaissance politique des années 2000.

 

 

Posté par Micmilitant Gien à 23:17 - Commentaires [6] - Permalien [#]
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