50 ans après...

13 mai 2018

50 ans de fidélité militante au 13 mai de l’espérance

 

Les mursIl faisait beau en ce lundi du 13 mai 1968, le ciel était bleu, nos rêves couleur d’espérance nous portaient en des lieux prometteurs.

Avec Jean-Pierre Reculé, nous portant une amitié très profonde qui ne s‘est jamais estompée même après la tragédie de son absence depuis 1976, nous nous intéressions de très près depuis la fin de 1967 aux luttes de nos camarades travailleurs mais aussi aux mouvements étudiants. Ensemble nous vivions l’espoir que les choses bougent, ensemble nous vivions les indignations portées par les étudiants, le pouvoir absolu des « mandarins » comme le mépris d’un article de l’huma parlant « d’anarchistes et trotskystes à la solde d’un juif-allemand » qui ressemblaient si fort au caporalisme, à la situation des jeunes que nous connaissions sur notre lieu de travail. Nous avions en effet cette chance, car c’en est une, d’être à la fois jeunes et travailleurs donc de faire la synthèse de ces deux problématiques, celle de jeune proche des camarades étudiants et celle de travailleurs confrontés aux réalités tant salariales que relationnelles de ce milieu.

Militant depuis fin 1964 à la toute jeune CFDT, j’étais responsable du groupe d’ adhérents que nous avions fait se syndiquer dans notre centre de tri postal et très sensibilisé à la dimension interprofessionnelle de l’action, j’avais été élu en avril 68 au bureau de l’Union départementale du Loiret.

La nuit du 10 au 11 mai, la fameuse nuit des barricades, nous étions sur notre poste de travail. A cette époque, bien sûr pas de portables, pas de transistors autorisés, nous rentrons dormir après notre vacation à 6 heures du matin et ne nous réveillons comme d’habitude que pour le repas de midi. Nous retrouvons donc les copains pour déjeuner comme chaque jour au restaurant des PTT qui existait rue des Ponts de Cé et là, Michel, un autre ami, me dit « ça a pété à Paris, Europe 1 appelle tous les responsables syndicaux à rejoindre leur UD, tu devrais te dépêcher » Bon je déjeune vite fait et je me dirige vers l’UD effectivement en grande ébullition.

Après m’être sévèrement fait tancer pour mon retard bien involontaire, je m’informe des réalités. La grève générale est décrétée pour lundi 13 mai, Eugène Descamps alors secrétaire général de la CFDT a appelé à la « nécessaire jonction des ouvriers et des étudiants » et après m’avoir à nouveau rappelé que j’avais retardé la réunion, nous nous mettons au travail….

Il fallait écrire et prononcer le discours du 13 mai sur la place De Gaulle à Orléans. Vexé un peu par les reproches, tout compte faits logiques qui m’étaient faits, dans toute l’inconscience de ma jeunesse et parlant en public pour la première fois, je m’entends prononcer cette phrase : « je veux bien participer à la rédaction et prononcer le discours ». Ce choix fut très vite entériné, mes camarades m’encourageant, me disant entre autres « t’inquiète pas, Orléans est une ville bourgeoise et s’il y a plus de 1000 à 1500 manifestants, c’est que la révolution est en route en France ».

Nous nous attelons donc à la tâche, rédaction de tracts, rencontres intersyndicales et pour nous un petit groupe qui se met à la rédaction du discours. Nous voulions être dans la ligne confédérale, celle de l’appel d ‘Eugène et placer la lutte sous le signe du rapprochement des ouvriers et des étudiants, sous l’exigence du changement sociétal nécessaire. Notre texte s’intitulera « Ce n’est pas la fin d’une lutte, c’est le début d’une libération » et s’articulera sur l’exigence du pouvoir dans l’entreprise, lancera comme partout le concept d’autogestion, posera les problèmes de la jeunesse etc…

Bien sûr notre fin de semaine fut intense, rencontres intersyndicales, distribution de tracts, assemblées générales et discussions, ne nous ont pas laissé un temps de sommeil bien fourni mais nous avions 21 ans…..

Arrive donc ce lundi 13 mai, porteur de mon discours, sans trop d’inquiétudes, je me dirige vers la place De Gaulle et déjà, la place est pleine, dépassant largement les 1000/1500 manifestants habituels. De l’endroit où avec les responsables des UD syndicales et de l’UNEF nous sommes postés, nous voyons les cortèges arriver par la rue des Carmes, par la rue Jeanne d’Arc encore décorée de ses fanions des fêtes Johanniques, par la rue de…… Finalement nous avons évalué cette manifestation à 10 000, les observateurs à 7000, peu importe, je mesure l’ampleur du phénomène.

Le responsable régional, Paul Raffin, s’approche de moi, s’enquiert de mon état d’esprit, me demande si je suis prêt … "ben oui, c’est comme à la piscine, si on sait nager, 2 mètres ou 40 mètres ne changent rien à l’affaire » lui réponds-je avec toute l’impétuosité de ma jeunesse, surtout pour un mec qui à l’époque ne savait pas nager…

Et finalement tout se passe très bien, cette position de la CFDT largement différente des positions syndicales traditionnelles basées sur les salaires et conditions de travail est très appréciée par l’UNEF et les étudiants et sera par la suite porteuse d’un grand développement dans la jeunesse des idées et des adhésions à la CFDT.

Puis nous partons pour la plus belle des manifs orléanaises, nous passons avec de grands sourires rue Bannier sous l’une des nombreuses citations des fêtes johanniques suspendues « laissez les aller, il ne convient pas à Messire qu’on les combatte aujourd’hui »

Sitting devant la préfecture où avec les étudiants nous relayons ce cri de « Libérez nos camarades », le 13 mai se termine, ce n’était pour nous que le début d’une libération, elle continue encore aujourd’hui.

Bien sûr d’autres textes viendront étayer cet espoir de Mai, on y retrouvera le congrès de l’évolution de 1970 avec le triptyque » Socialisme, Autogestion, Planification démocratique », on y retrouvera tous les combats sociétaux dans lesquels, nous militants du 13 mai nous sommes trouvés mêlés dans un grande camaraderie, la volonté de faire de la CFDT le pivot de l’action révolutionnaire, les luttes pour les droits des homosexuels, les droits des femmes, la démocratisation de l’armée, le Larzac, la découverte de l’écologie et des dangers du nucléaire au travers de Dampierre et tant et tant de combats….

Bien sûr, nous avons tenu notre poste, bien sûr j’ai vécu les désespérances, la mort de Jean-Pierre, la grave dérive de la CFDT, le combat pour une adoption dans la ligne de ce que j’ai toujours défendu où il fallut affronter l’impossible et les attitudes de quelques grenouilles de sacristie dans les services sociaux probablements devenues porteuses du slogan "un papa, une maman", les années de recherche d’un hypothétique ailleurs avec les alternatifs, la tentative désastreuse d’un compagnonnage avec le PCF, bien sûr il y eut des orages, la perte des amis dans les désaccords et le départ de la CFDT et puis il y eut le retour de l’espoir avec la voie choisie par Jean-Luc Mélenchon et la belle aventure du Parti de Gauche qui remettra au goût du joru l'ensemble de nos slogans et de nos combats de mai 68 et des années 70….

En ce moment où se dessinent les affres du crépuscule, je mesure le chemin parcouru, je suis fier de la fidélité à ce jour du 13 mai 68 qui n’était que le début d’une libération, je suis heureux de ce que nous avons fait évoluer, je savoure chaque jour l’investissement de la jeunesse que j’ai pu apprécier dans la belle aventure du PG en souhaitant ardemment que celui-ci résiste aux dérives dont il est l’objet parfois pour réaliser, ce que nous n’avons pas réussi avec la CFDT, être le vecteur de la force révolutionnaire de notre temps.

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30 avril 2018

Platanes, quais, démolitions de patrimoine en tout genre, interconnexion LGV-Gien Orléans etc…PARCE QUE GIEN…

26805012_483512412045148_3538153943628679554_nJe suis né dans l’immédiat après-guerre dans les ruines de Gien détruite par la bataille de la Loire, j’ai vécu sa superbe reconstruction. La défense de ma ville, de son histoire, de ce qui reste de son patrimoine historique fait partie, peut être en priorité, de mes combats. Certains en plaisantent, d’autres plus méchamment considèrent que je suis victime d’un blocage, de la « nostalgie d’un passé révolu », d’autres me confortent, me disent « fonce on te suivra » et se réinstallent dans leur confort de soutien béat à toute majorité élue quelle que soit sa couleur d’ailleurs….

Peu importe au final. Je n’ai qu’une ambition pour ma ville, participer à retrouver le vœu de Pierre Dézarnaulds «  faire de Gien la plus belle ville du Loiret » et la voir retrouver sa vitalité, son tourisme, le dynamisme de son commerce, le rayonnement que l’histoire lui a conféré.

En 580, Gontran, roi de Bourgogne et d’Orléans vend à Aunaire, évêque d’Auxerre ses terre de Giemus sur lesquelles existe une foire qui s’appellera plus tard foire des Cours, installée depuis les années mille à la deuxième semaine de carême. Martyrisée par un abandon, ou plutôt une réduction à un grand truc folklorique du dimanche matin en 1998, elle fut heureusement restaurée dans sa forme historique du mardi par la nouvelle municipalité. Il était normal que le passionné d’histoire que je suis, félicite la municipalité pour cet acte courageux et de plus couronné de succès.

En 1099, Gien est rattaché à la couronne de France, puis Louis IX lui donnera son premier pont de pierre. En 1429  Jeanne d’Arc, beaucoup trop ignorée des Giennois fera de Gien un élément essentiel de son épopée en 3 passages.

Jean de Berry inscrira à Gien, sa réalité de « porte du Berry »

Anne de Beaujeu, comtesse de Gien et pendant un temps régente du royaume, inscrira Gien dans les grandes villes du royaume en restaurant le pont Saint-Louis et en le dotant sur les bases du château féodal d’un bel ensemble  qui fait notre fierté aujourd’hui même si sa gestion confiée au département il y a quelques années fait que Gien en est désormais absent.

Gien vivra l’essor du 19ème siècle grâce notamment à la faïencerie et à l’action trop peu célébrée du maire d’exception que fut Guillaume Achille Gonat et les  tragédies des crues, de la guerre de 1870 et des épidémies.

Les années 1980, à la faveur d’une des crises de la faïencerie vit le début de l’essor de la grande distribution dont le premier magasin (je mets volontairement à part Printania/Prisunic qui procédait d’une autre logique) s’installe dans le quartier du Champ de foire et ce fut le début de la fin pour tout le quartier Palissy suivi de ses conséquences sur la disparition de Prisunic qui dynamisait tout le commerce de centre-ville.

Puis, dans les mandats municipaux qui ont suivi, nous avons vu la descente aux abîmes. Les collaborations, les aides, les soutiens ont permis de ceinturer la ville par l'hyper grande distribution et son commerce local de proximité en est à l'agonie en centre ville, ses quartiers sont désertifiés.

La chapelle Saint-Lazare bien entretenue par la faïencerie qui la possédait comme dépendance du couvent des Minimes vendue à la Révolution, mise en vente, et non préemptée par la ville, fut laissée à l’abandon par son dernier propriétaire et ce problème n’est toujours pas réglé.

Le dernier bâtiment de l’œuvre sociale de Pierre Dézarnaulds ancien maire de Gien, sous-secrétaire d’Etat du Front Populaire a été abattu pour les besoins d’une opération commerciale dite culturelle qui ne verra sans doute jamais le jour.

La mise en vente de la « poissonnerie Rousseau », bâtiment de facture historique, possédant des éléments de charpentes probables du XVème siècle a été vendue à un collège privé environnant avec rerstauration incluant des fonds publics. Il y aurait pu avoir des éléments d’exigence de rénovation de l’immeuble et de la rue médiévale environnante, seule a été préservée une partie de la façade et la rue est de style moderne ne correspondant aucunement à une quelconque mise en valeur du quartier médiéval de l’Hôtel-Dieu, réflexion qui reste à poursuivre… Et n’aura sans doute pas lieu…Quand on voit la belle rénovation dans son style du quartier Bourgogne d’Orléans, on ne peut que rester dubitatif devant de telles décisions…

Enfin venons-en aux combats du moment… les platanes et le rail. Il n’y a pas de petits combats et je mets sur le même niveau ces deux terrains de lutte.

LES QUAIS ET LES PLATANES

L’alignement des platanes des quais de Gien fut réalisé en 1832 à partir d’essences de platanes et de peupliers. Les peupliers détruits par les Prussiens en 1870 pour rectifier le pont coupé ont fait place à des platanes créant de fait le bel alignement qu’Alain Baraton qualifiait récemment « d’alignement à couper le souffle ».

Pour les besoins d’un aménagement nécessaire et, au niveau des prévisions, globalement très beau avec quelques rectifications mineures utiles, il est décidé que les platanes des quais devaient disparaître, remplacés sur avis de l’ABF, par des essences ligériennes. Il y eut pour étayer cette lamentable décision, des arguments discutables du type « attaques par le capricorne » alors que cette bestiole ne s’attaque pas à cette essence ou arbres malades, éternel argument de ceux qui abattent, ce qui se révéla faux puisque 11 arbres étaient atteints et pouvaient aisément être remplacés par la même essence. A l’annonce de cette décision fin avril 2016, mon cœur se serre et, comme souvent, je réagis rapidement grâce à la presse locale que je ne remercierai jamais assez pour le sérieux avec lequel elle traite mes avis et positions. Je ne suis suivi que par un seul vieux Giennois bien connu qui me téléphone aussitôt et contacte l’organisation qui a dans ses statuts la défense du patrimoine : la société historique où il se voit éconduit… Nous sommes donc seuls avec notre problème et notre indignation.

C’est donc avec un plaisir non dissimulé que je vois depuis un lit d’hôpital où une sale maladie m’a conduit un amoureux de la nature faire le « buzz » au salon des associations avec une banderole « sauvons les platanes ». Même si le temps perdu par indifférence, soumission ou résignation des Giennois m’incite à abandonner ce terrain, je me sens porté par le courage de ces militants et je leur témoigne ma sympathie immédiatement, c’est comme cela que je me suis retrouvé à leurs côtés sur le seul combat des platanes, ne désapprouvant pas le reste du projet, tout à fait réalisable sans abattage. Cependant, malgré leurs actions remarquables, le 12 octobre, à l’heure où l’on réveille les condamnés, sous protection policière, les arbres du quai Lenoir sont déchiquetés, laissant place à un paysage de désolation, le bel alignement de 1832 est rompu, il laissera place à une essence OGM sans cachet, à des réverbères potence, des poubelles plus que visibles et un stationnement sur trottoir non prévu au projet.

Avec douleur mais détermination, le groupe continue pour sauver ce qui reste, l’alignement du quai Joffre. Chaque dimanche où je le puis,  je les rejoins pour le rendez-vous hebdomadaire sous les platanes. Avec grande intelligence le groupe multiplie les actions comme cette belle réussite des parrainages dont nos arbres portent désormais l’inscription et les recours juridiques qui viennent de nous apporter une première victoire en suspendant les abattages jusqu’à jugement sur le fond. Goûtons donc cette victoire et si l’entêtement, l’acharnement pour abattre continue, ben le combat pour notre patrimoine ne cessera pas…

LA BATAILLE DU RAIL GIENNOIS

En 2010, un nouveau dossier affecte notre territoire giennois, la prévision d’une ligne LGV Paris Lyon Clermont qui prend dès le lancement un nom évocateur Paris-Orléans-Lyon-Clermont.

Sensibilisé, par l’histoire locale, au combat mémorable de Guillaume Achille Gonat sans qui Gien n’aurait vu ni sa gare ni même le train, je suis profondément choqué de cet atout supplémentaire dont veut nous priver encore Orléans, j’interviens une fois de plus grâce à la presse locale sur la base de ce que fit M. Gonat, la ligne naturelle du Paris-Clermont passe par Nevers donc par Gien, la désertification dont nous sommes victimes exige que cette ligne passe et s’arrête à Gien. Une fois de plus je vis sur ce dossier la plus grande des solitudes…

Pour les uns, Gien est trop près de Paris, ignorant sans doute qu’il en est plus éloigné qu’Orléans, pour les autres la priorité c’est le Paris Nevers et le TGV va contrarier cette ligne, pour les 3èmes, c’est l’opposition radicale au TGV, ignorant la belle technologie que les ingénieurs du service public ont développée et confondant l’outil et sa gestion.

Il a fallu l’idée d’un sénateur de la Nièvre, M.Gorce, pour que les élus cessent leur allégeance à Orléans et se décident enfin dirais-je à examiner cette possibilité, à voir que le trajet médian lié au projet Gorce pouvait faire de Gien une interconnexion entre les lignes du Bourbonnais, le Paris Lyon Clermont et la liaison souhaitée et nécessaire Orléans Gien.

Certes le projet patauge un peu du fait des décisions, des financements, de la situation de la SNCF et des projets en stagnation mais l’espoir revient avec, à Gien, la renaissance d’une association ancienne : les Amis du rail Giennois. Ils m’ont demandé de les accompagner et c’est avec bonheur que j’ai accepté de m’y investir.

Oui je vois bien les réactions… « Opposé politiquement au maire de Gien, opposé à cet édile sur l’aménagement des quais, acceptant mal la sourde oreille faite aux idées de concertation sur l’aménagement de qui reste du quartier de l’Hôtel-Dieu, tu acceptes de participer à  une association soutenue par ce Monsieur » bref quand on ne m’accuse pas de visées électoralistes, on m’accuse de double jeu….

Mais bon peut me chaut car :

L’IMPORTANT LOCALEMENT C’EST LE COMBAT POUR LA VILLE DE GIEN, POUR QU'ELLE RENOUE AVEC SON ENERGIE, SA RICHE HISTOIRE ET, S’IL M’ARRIVE SOUVENT PAR LES TEMPS QUI COURENT DE COTOYER L’IDEE DE QUITTER CETTE VILLE DONT LE MARTYR DE JUIN 1940 NE SEMBLE PAS AVOIR SUFFI ET SON INDIFFERENCE, JE NE DESERTE PAS LES COMBATS QU’ELLE MERITE LARGEMENT AU NOM DE SON HISTOIRE.

 

 

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23 avril 2018

23 avril 2013- victoire incomplète de 45 ans de combats pour l’égalité

408735_478355455532936_160131224_nOui j’ai eu l’âme réjouie ce 23 avril 2013 et j’ai admiré le courage de Christiane Taubira devant ces torrents de haine et d’insultes comparables d’ailleurs à ces tonnes de boue reçues en 1975 par Simone Weil.

Enfin, même si cette loi occultait cette part d’égalité que nécessite toujours l’adoption du droit à la PMA pour les femmes en couple, même si elle restait trop imprécise sur le désir d’enfant des homosexuels surtout masculins, cette loi adoptée était pour nous, pour moi, militants des années 60/70 pour la reconnaissance de l’homosexualité, un grand soir de victoire, un de ces jours où l’on repense à toutes ces années, à ces combattants de la première heure comme Jean-Louis Bory, Guy Hocqueheim que nous avons occasionnellement côtoyés et qui disparurent bien trop tôt.

C’était un soir de 1971, lors de l’un de nos voyages en Yougoslavie, assis au bord de l’un des merveilleux  lacs de Plitvice. Avec mon ami Jean-Pierre, nous discutions comme souvent depuis notre rencontre en 1966 et notre participation très active à mai 68, à bâtons rompus, de la vie, de la société, de l’espoir. Nous vivions l’un avec l’autre, une amitié très profonde, pour ne pas dire ambiguë mais l’époque, l’éducation, l’environnement social  avaient fait de nos sentiments des réalités un peu honteuses. Les jeunes d’aujourd’hui auront sans doute du mal à comprendre cette situation mais il faut savoir se replonger dans les époques et les climats du moment.

Donc sur ce banc du lac de Plitvice, la discussion vient sur le combat initié par Jean-Louis Bory, celui de la réalité de l’homosexualité et du FHAR initié par Guy Hocquenheim.

« Je ne vois pas pourquoi, il faudrait haîr ces gens qui pratiquent leur sexualité comme ils l’entendent…Tu as rencontré JLB comme tu m’as raconté,  me dit Jean-Pierre »

« Oui répond-je, c’était lors d’une des journées auxquelles je participais au domaine de Bierville, le centre de formation de la CFDT- Dans le train qui menait à Saclas, Jean-Louis était à côté de moi, je lisais une interview de Guy Hocquenheim ce qui lui a permis d’entamer la conversation. Nous avons discuté de ses combats, de ses réalités, ce fut passionnant et très enrichissant »

La discussion nous mena très tard dans cette belle nuit du mois d’août, nous passionnant sur l’égalité des droits, la différence essentielle entre l’amour et le désir sexuel, la Palestine, Cuba et tant d’autres choses et je me souviens encore, longtemps après la douloureuse disparition de mon ami, de cette phrase qu’il prononça : «  et si notre vrai combat était de pouvoir, en couple reconnu, faire le voyage dans une  Palestine ayant retrouvé sa souveraineté ».

Les années ont passé, Jean-Pierre est décédé l’année de nos 28 ans, la Palestine n’est toujours pas libérée, seul subsiste l'espoiur de Cuba mais les meurtrissures du temps n’ont pas entamé mon implication dans ces vrais combats que nous devons à ce beau mois de mai d’il y a 50 ans….

En 1981, ce que nous croyions être la gauche accède au pouvoir, nos combats ont porté leurs fruits et le Président Mitterrand charge le mistre Forni et Robert Badinter , l’admirable combattant de l’abolition de la peine de mort d’exécuter sa promesse de campagne, lever les pressions sur l’homosexualité et rétablir l’esprit de la loi de 1791. Ce fut fait le 27 juillet 1982  première victoire pour les droits.

Malheureusement ces années furent aussi celles de ce virus du SIDA qui tua tant et tant de nos camarades militants et qui permis, une fois de plus, aux tenants de l’ordre moral, aux églises, de culpabiliser les homosexuels, voire comme aux USA d’en faire les porteurs d’une punition divine….

En 1984, fidèle à nos valeurs et tenaillé par un désir d’enfant, j’entame un autre combat, celui de l’adoption d’en enfant en célibataire, combat épique hélas infructueux qui dura 6 années et que je narrerai sans doute un jour de manière plus complète…

Le combat continue cependant sans relâche avec l’aide de philosophes comme Elisabeth Badinter. Un jeune sénateur socialiste que je ne connaissais pas, accepte d’écouter avec sérieux les arguments des camarades de ce combat. Avec grand courage et belle argumentation, il propose une loi sur « l’organisation de la vie commune des couples de même sexe ». Il s’appelle Jean-Luc Mélenchon, je l’ai découvert à cette époque, ai suivi ses courageux combats, ne l’ai jamais rejoint au PS pour les raisons maintes fois expliquées et me suis naturellement inscrit dans son sillage avec la création du Parti de Gauche. Quelles que soient les routes suivies sur lesquelles nous pouvons diverger, pour cet acte de courage (et tant d’autres depuis 25 ans) jamais, au grand jamais, on n’arrivera à me faire dire du mal de ce camarade.

La situation de 1993 a fait que son projet n’a pu être examiné mais le grain semé depuis 1970 avait germé et l’organisation de la vie commune s’invitait allègrement dans le gouvernement Jospin en 1997.

Pour ma part même si je mesure l’avancée que fut le PACS, je ne garde pas de cette période un souvenir enthousiaste. Le PS porté par l’évolution des mentalités, ne pouvait éviter ce débat mais  il le porta la honte au front. Le projet est élaboré, le 12 octobre 1998, j’étais en formation de cadre supérieur à l’ESSEC, je sèche mes cours pour assister à ce débat tant espéré. Il fut ignominieusement boycotté par les députés de la majorité PS, ce qui conduit à son report et fit dire à Noêl Mamère que «  le PS, en fait, ne voulait pas d’une loi pour les pédés". Déçu depuis 15 ans par l’orientation de ce parti, je sais que ce jour-là, une fracture irréversible s’est définitivement creusée entre eux et moi.

La ministre de la justice parla d’incident de la vie parlementaire et promis un nouveau texte pour 1999. Celui-là fut émaillé de déclarations diverses et variées pour rassurer la « bien- pensance » populaire, la ministre parlant de texte pratique pour des accompagnants de personnes âgées, de cousins voulant rompre la solitude , le premier ministre assurant qu’il fallait que cette loi voit le jour mais que bien sûr, comme chacun le sait, il n’était pas concerné par ces tendances…bref autant d’âneries destinées à rassurer ses députés qui avaient si bien illustré leur opposition le 12 octobre….

Cerise sur le gâteau, un « quarteron de maires de droite » annonce qu’en aucun cas, ils ne célébreront de mariage homosexuel… Qu’à cela ne tienne, la ministre recule devant leur diktat et annonce que la cérémonie se réduira à une déclaration devant le tribunal. J’ai vécu cette décision comme la pire des trahisons, ainsi la vie commune se déclarait en cati-mini, loin de la représentation républicaine mais bon la loi est votée, promulguée, nous avons avancé….un peu... grâce à nos combats et à la proposition de loi Mélenchon.

Puis est venu 2002, l’avènement de la droite républicaine, suivie de la victoire de la droite forte, bref 10 années où il était hors de question que le PACS évolue.

Mais la réalité est plus forte que la réaction, le PACS a permis que des couples s’organisent et réfléchissent à leur situation, certains posant le souhait du mariage. Le député-maire Noël Mamère pose avec courage un acte symbolique en mariant deux hommes dans sa mairie de Bègles.

Certes je n’ai jamais été fan du mariage hétéro ou homo et j’ai longtemps pensé que la vie de couple organisée, protégeant les enfants et les intérêts du couple suffisait. Le mariage n’était pour moi qu’un sacrement religieux qui ne concernait pas la République. Mais bon, il était souhaité, il était légitime, en terme d’égalité des droits, qu’il soit possible à toutes les formes d’union d’avoir les mêmes droits.

L’arrivée aux affaires du PS en 2012 permit donc que ce débat fut posé. Il est des situations historiques qui exigent qu’un élément du programme élu soit voté très très vite avant qu’on ne laisse s’organiser une réaction, ce fut le cas de l’abolition de la peine de mort, ç’aurait pu être le cas pour le mariage pour tous, ce devrait être le cas demain pour la Constituante.

Mais, calculant sans doute l’intérêt à retirer d’une division des Français sur ce point pendant que les lois sociales difficiles à avaler seraient débattues, le gouvernement ne le posa pas en première session et choisit de poser ce débat dans le temps sur la place publique.

Il ne rata pas son coup, les forces de l’homophobie se déchaînèrent, les prières de rue des extrémistes religieux cathos ne gênaient aucune des personnes promptes à les dénoncer quand elles sont musulmanes, les manifestations du mouvement MPT auquel se joignaient les églises et  beaucoup de forces de la droite sarkosiste se développaient, nos manifestations aussi.

Bon finalement le 23 avril 2013, la loi fut votée. Portée par une ministre courageuse et brillante, les premiers mariages furent célébrés, heureux pour ma part de recevoir leurs témoignages de bonheur et de leur envoyer mes félicitations….

Cependant notre combat pour l’égalité n’est pas terminé, loin de là, la PMA pour les femmes en couple est loin d’être seulement abordée, le droit à l’adoption par des couples homos est sans cesse rendu difficile, la GPA est jetée aux orties alors qu’elle peut être encadrée et non marchande et l’émergence de la MPT a ravivé tragiquement els actes homophobes…

La vie est un combat…le bonheur aussi.

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12 avril 2018

De mai 1968 à mai 2018, c’est de la lutte contre le système qu’il s’agit

50 ans 68 recto_20180309_0001_NEWEn mars 68, la jeunesse universitaire qui voulait changer le système (et pas seulement, contrairement à ce que les élites bourgeoises et leurs serviteurs rabâchent, accéder au dortoir de l’autre sexe) se voyaient qualifier par certain journal de « anarchistes et trotskistes dans le sillage d’un juif allemand » et par les autres de «  jeunesse trop gâtée  qui se comporteraient autrement si la 12/7 (pour les non-initiés comme moi, c’était un fusil mitrailleur je crois)  lui avait frôlé les talons » propos véridiques entendus sur mon poste de travail….

En mai 68, nous jeunes travailleurs, politisés dans notre adolescence et notre jeunesse  par les récits de Résistance et les horreurs de la guerre d’Algérie étions  agacés en permanence par un autoritarisme qui n’avait rien à voir avec l’autorité et qui se traduisait par le :  travaille et tais-toi, mange et tais- toi, apprends et tais- toi, salue ton ainé et pour les filles, ne va pas au bal seule ou autres locutions du genre, « une femme s’occupe de sa maison et n’a pas besoin de longues études, la couture ou la comptabilité suffisent » etc….

Voulant un syndicalisme moderne, nous avions adhéré à la CFDT à partir de 1964, en mai 68 nous avons très vite décelé deux attitudes différentes, la nôtre et l’UNEF qui considérions le 13 mai comme le début d’une libération et celles de la CGT et de FO qui voyaient dans un mouvement social l’avancée vers les revendications salariales ou de conditions de travail.

Non pas que ces revendications ne intéressaient pas, bien au contraire…Elles ne nous suffisaient pas c’est tout. La CFDT a dès ce moment intégré le concept d’autogestion et nous voulions faire de notre organisation un pivot essentiel de la lutte révolutionnaire démocratique et pacifique.

En juin 1968, ils sont rentrés en criant « on a gagné », nous sommes rentrés en disant « ce n’est qu’un début ».

Et effectivement, ce n’était qu’un début, nous avons réalisé le beau congrès de la CFDT en 1970 basé sur le triptyque : Autogestion, Socialisme, Planification démocratique et les militants de la CFDT mais aussi les autres  militants de 1968 se sont retrouvés dans tous les combats de cette belle décennie :

-          Lutte des homosexuels avec J.L Bory, Guy Hocquenheim et le FHAR

-          Lutte des femmes avec Gisèle Halimi et les 343 salopes

-          Lutte des paysans du Larzac

-          Lutte pour les comités de soldats et pour une armée démocratisée

-          Découverte de l’écologie et du combat anti-nucléaire à artir de Dampierre-en-Burly

-          Et tous les terrains sociaux comme la grande grève des PTT de 1974 (après que VGE ait annoncé la nécessité d’une Compagnie Nationale du Téléphone), les LIP etc...

Nos combats ont porté une partie de leurs fruits en matière de libération des femmes quand le combat de Gisèle Halimi que nous soutenions à amener, sous VGE, le gouvernement à proposer et faire adopter la loi Veil…

Et puis est arrivé le PS issu d'Epinay... vers 1978, beaucoup de militants de la CFDT y ont vu un espoir… pour ma part, baigné par mes lectures, mon vécu, mon adolescence politisée, je n’avais aucune confiance en Mitterrand qui était pour moi le ministre de l’Intérieur de la période algérienne et avec quelles déclarations !!!! Mais pendant 16 mois et c’est une heureuse réalité, sous Mauroy et avec Badinter un certain nombre de combats ont vu un début d’aboutissement, le Larzac fut abandonné, la centrale nucléaire de Plogoff aussi, la peine de mort fut abolie, l’homosexualité dépénalisée, de multiples revendications sociales satisfaites mais ce ne fut qu’une courte embellie.

Il y eut d’abord cet épisode qui, pour ce qui me concerne, fut le révélateur du fait que ce Président et ce parti ne seraient jamais le mien. Fin 1982, le président Mitterrand décide (probablement à la suite d’une promesse) que les généraux putschistes d’Alger (avril 1961) seraient amnistiés et rétablis dans leurs droits. Comme tous bons socialistes, les députés du PS, ont protesté et n'ont pas voté  la censure…Comme le jeune ado qui suivait ce putsch à la radio, j'en fus scandalisé et cette trace reste indélébile.

Et puis est arrivé 1983, le choix de l’Europe libérale triompha, grâce au choix présidentiel, sur celui de l’Europe sociale, la CFDT noyautée par le PS emboîta ce pas et pour ma part, je me suis senti perdu et suis entré dans la recherche d’une cohérence et des moyens d’une fidélité à ce pourquoi je me suis toujours battu et ce furent à la fois, le dossier d’adoption, le parcours avec les alternatifs, les expériences politiques électorales ou autres qui feront l’objet d’autres billets de blog…

La renaissance vint avec 2008 et la création du Parti de Gauche autour d’un camarade découvert en 1989, Jean-Luc Mélenchon. Le temps n’est pas venu sur ce blog de faire un bilan de cette magnifique expérience et de ce qu’elle deviendra mais au final, aujourd’hui 50 ans après que voyons-nous :

Une situation sociale portée par les cheminots qui situent très bien l’enjeu et qui savent qu’ils ne se battent pas pour eux mais pour la société, des étudiants avec qui, comme en 68, il faut réussir la fusion, un pouvoir répressif, beaucoup plus dur que ne l’était le pouvoir gaulliste avec un Président bien éloigné de la force et de la dimension de celui de l’époque et pour conclure ce billet, je dirais que comme en 68, nous retrouvons la même ambiguïté la CGT, le syndicat auquel j’ai adhéré après la scandaleuse réforme des PTT préparée par le PS et la CFDT, se situe dans sa logique : l’alliance avec les forces réformistes pour un combat social trop souvent branche par branche qui peut totaliser des acquis, qui le conduit à ne pas soutenir les appels venus de notre camp les 23 septembre 2017 ou le 5 mai 2018 et des forces plus disparates (hélas la CFDT de 68 n’existe plus) dont le parti de Gauche fait partie qui se battent sur la thèse qui a toujours la nôtre : rien ne sera gagné si nous n’affrontons pas, ensemble Travailleurs-Etudiants-Chômeurs-Défavorisés-Exclus le système représenté en France par la Constitution de la 5ème République et le monarque qui en est l’émanation.

Espérons vivement et travaillons à ce nécessaire sursaut de notre peuple qui fera reculer ce pouvoir vers la sortie et permettra enfin la Révolution Citoyenne qui débutera par la convocation et l'élection de la Constituante pour une nouvelle république sociale.

 

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27 mars 2018

10 000 visiteurs et les affres du crépuscule

11403220_10205330811288898_3516334211356826784_nCe blog vient de passer les 10 000 visiteurs, avec 11 360 pages vues…Merci les camarades, les amis, les curieux, les passionnés de la politique de notre pays.

Ce blog a été créé à l’origine pour mettre en perspective les années passionnantes au sein du parti de gauche avec le vécu, les joies, les peines, les réussites et les échecs de 50 années de vie militante qui coururent de ce beau mois de mai 68, l’espoir né avec la CFDT à laquelle j’adhérais en décembre 1964 à 17 ans, ce magnifique congrès dit de l'évolution en décembre 1970, ces bouillantes et si enrichissantes années 70, aux désillusions des années 80/90 pour aboutir à la renaissance de nos combats en 2008 avec la belle aventure du Parti de Gauche.

Je voulais y traiter beaucoup de sujets, je n’y ai pas renoncé d‘ailleurs, que ce soit sur ce blog ou dans une autre écriture. Ils concernaient les combats où, beaucoup épaulé par la CFDT de l’époque, j’ai participé, pour les droits des homosexuels dès 1970, pour « gardarem lou Larzac » où avec les copains militants et mon fidèle et très très proche ami Jean-Pierre Reculé qui nous quitta bien trop tôt, nous passions nos étés sur le plateau, pour la découverte de l’écologie à partir des actions anti nucléaires et de défense des deux pauvres paysans de Dampierre–en-Burly écrasés par la décision d’implanter cette énergie mortifère. Il s’agissait aussi de ce beau et si enrichissant dossier porté seul avec quelques amis que je ne remercierai jamais assez, celui, porté de 1985 à 1991, de l’adoption d’un enfant Haïtien et de ces paroles inoubliables d’une assistante sociale (poids important de ce dossier refusé par deux fois) « Que cet enfant soit en danger dans son pays n’empêche nullement qu’un enfant a besoin d’un papa et d’une maman » tant d’années après, ces paroles résonnent curieusement non ?

Je souhaitais y traiter cette traversée du désert qui va de 1983 à 2008 avec tous les essais de rattachements pour continuer ce que nous avions commencé en 1968 dans ce discours du 13 mai «  ce n’est pas la fin d’une lutte, c’est le début d’une libération », avec l’inscription dans les luttes antiracistes et anti FN du début des années 80,  la participation au mouvement alternatif de 1987 à 1993,  la découverte du courage porté par un Jean-Luc Mélenchon dès 1989 et les années compliquées où il a bien fallu qu’avec la CFDT devenue libérale, nos routes se séparent, le compagnonnage de route avec le PCF de 1995, l’accompagnement des opposants au OUI de 2005 et enfin  la création du PG qui devait m’apporter tant d’espoir et de bonheur de 2008 à 2016.

Aujourd’hui, en ce temps où les hasards de la vie, de l’histoire et des rencontres font que je suis sollicité pour témoigner de ces beaux évènements de mai 68 et de leurs suites, je vis avec bonheur les retrouvailles des militants, la découverte des parcours et cheminements des uns et des autres que l’âge nous permet de regarder sans juger.

C’était l’objectif initial du blog, cependant la vie sociale, les évènements ont très vite occulté cet objectif pour se consacrer presque uniquement aux campagnes de ce camarade exceptionnel qu’est Jean-Luc Mélenchon et aux positionnements politiques fondamentaux de notre parti à commencer par la charte éco socialiste et la sortie, qui nous fut imposée de ce qui était in fine une erreur de stratégie, celle du Front de Gauche.

Aujourd’hui, dans ce monde instable où les USA, maîtres de l’OTAN à laquelle le Président Sarkosi nous a réintégrés démontrent en permanence une dangereuse volonté guerrière, où les dérives libérales des pouvoirs y compris et surtout sociaux-démocrates nous conduisent à une misère catastrophique, où le fascisme progressant nous ramène aux années 30, plus que jamais les idées développées par notre parti et si bien exprimées par J.L.Mélenchon apparaissent comme la seule issue permettant d’éviter que notre pays se trouve au cœur de la catastrophe annoncée. Saurons-nous les porter jusqu’à la victoire ? Notre parti saura-t-il se refonder pour porter cet espoir et s’imposer comme force de gauche capable de gagner ? Saura t il trouver sa place et son autonomie dans le mouvement dit insoumis ou restera t il à ce qu'il appelle "en service" ?

Je n’ai bien sûr pas cette réponse. Au crépuscule d’une vie où j’ai donné mon maximum pour rester fidèle aux idéaux de la jeunesse de 68, j’ai vécu dans ce parti de la Révolution citoyenne, la réalité de cette jeunesse qui ressemble tant à la mienne,  avec en plus une culture que la situation de l’époque permettait à très peu de fils d’ouvriers d’acquérir, je garde cette conviction que la longue marche vers le goût du bonheur continue sans trêve ni repos et que comme le dis Jean-Luc «  Je ne sais pas quand notre heure viendra, mais elle viendra »

Pour ma part, fort de votre soutien, fort des 10 000 visiteurs et je l’espère des 15 000 que nous atteindrons, ce blog reprendra désormais sa fonction initiale de témoignage sur ces 50 années de route pour atteindre enfin l’inaccessible étoile….

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15 mars 2018

Mai 68 le temps des témoignages Châteauneuf-sur-Loire 24 et 25 mars

50 ans 68 recto_20180309_0001_NEWNon Mai 68, ce n'était pas que Cohn Bendit, c'était aussi Sauvageot qui nous a quitté mais n'a pas bénéficié de la même couverture malgré des positions beaucoup plus claires et constantes, ce n'était pas que Georges Séguy et les accords de Grenelle mais aussi Eugène Descamps qui appela dès le départ à l'unité des étudiants et des ouvriers, c'était l'UNEF de l'époque avec qui nous portions des slogans si proches, c'était aussi la vraie naissance de la CFDT que nous voulions révolutionnaire, qui a posé le concept d'autogestion, qui incarna l'espoir à son congrès de 1970 avec le tryptique Autogestion, Socialisme, Planification démocratique, qui tout au long des années 70 a porté les revendications sociétales des femmes, des homos, qui soutenait le combat du Larzac, qui m'a permis la découverte du combat anti nucléaire et tant d'autres combats.

Qu'elle ait sombré dans le cadre de son inféodation au PS, dans la dérive du libéralisme européen, ne retire rien à ce que nous voulions en faire et qui mérite d'être redit en cette année anniversaire. Ne sombrons donc pas dans les commentaires stériles de placer la CFDT de 68 dans son comportement d'aujourd'hui.

50 ans 68 verso_20180309_0001_NEW

Agé de seulement 21 ans, la CFDT m'a fait le bonheur et surtout la confiance de me demander de prononcer à Orléans le discours du 13 mai sur le thème hautement sociétal et révolutionnaire de "Ce n'est pas la fin d'une lutte, c'est le début d'une libération ".

La lutte ne s'est jamais arrêtée, le plus bel hommage que nous pourrions faire à ces évènements, c'est de développer le combat que beaucoup d'entre nous, au prix de leur démission de cette confédération, ont porté sans relâche et, au moment de ces satanées lois, ordonnances et comportements anti sociaux du moment, bloquer encore ce pays hasta la victoria...

Une date à noter, l'association CITUDI de Châteauneuf-sur-Loire organise un week-end exposition/débats à l'occasion du cinquantenaire de Mai 68, coïncidant avec la date du 22 mars, importante s'il en est dans ce mouvement.
Ils m'ont fait l'honneur et la grande joie de solliciter mon témoignage à la fois sur les évènements, les combats qui en sont issus et le parcours du militant que je suis resté.
Expos, témoignages, débats, vraiment ça vaut le coup d'inscrire ces dates sur votre agenda....

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10 mars 2018

Parce que l'Assemblée doit faire la loi, plus que jamais, la VIème République par une constituante élue du peuple

5 mai ensembleJ’aurai l’occasion d’y revenir dans un texte plus élaboré mais il me semble utile et important de communiquer ce texte qui,  pose clairement le fait que le passage à une VIème République par une Assemblée constituante élue apparaît comme l’impérieuse nécessité du moment avec son corollaire indispensable, la concentration sur l’élection présidentielle, garante de sa convocation.

« Texte signé par l'ensemble des députés de la France insoumise

Le Premier ministre a entamé mardi une série de "consultations" sur la réforme constitutionnelle. Le groupe parlementaire de "La France insoumise" souhaite, à cette occasion, qu'un véritable débat de fond ait lieu sur le rôle et le fonctionnement de l'Assemblée nationale, qui soit d'une toute autre ampleur que les comptes d'apothicaires, étroits et mesquins, menés actuellement par monsieur De Rugy. Nous appelons en effet à un véritable renouveau institutionnel. A libérer l'Assemblée du carcan présidentialiste de la Ve République. A couper le cordon entre l'exécutif et un "pouvoir législatif", qui n'a de "pouvoir" et de "législatif" que le nom.

"Les réformes des insoumis pour l'Assemblée, je les attends toujours!" s'exclamait le président de Rugy, lundi 19 février au matin sur France Inter. Alors, c'est qu'il ne doit pas bien nous écouter. Ou qu'il ne veut pas nous entendre. Nous, nous l'écoutons, nous l'entendons. Et c'est toujours la même petite musique qui revient: dévaluer l'institution qu'il préside pour la ramener à sa hauteur. Un dimanche, il suggère de retirer les bureaux des député·e·s, de louer des locaux par la plate-forme Airbnb. Un autre jour, en un coup de colère au perchoir, il envisage carrément de supprimer les questions au gouvernement. Ou encore, en proviseur face à des cancres, il menace les absent·e·s – qui appartiennent surtout à son camp – de sanctions financières. Mais son grand dessein, sa "grande" réforme, c'est de procéder à un plan social, de passer de 577 député·e·s à 400. Voilà la modernisation en cours!

Dans toutes ces mesures, François de Rugy s'attache à des détails, à la forme, pour mieux éviter le fond, la question qui fâche, la seule qui vaille à vrai dire: à quoi sert-on? A quoi sert le Parlement? A quoi doivent servir ses élu·e·s? Notre réponse, assez évidente: l'Assemblée devrait faire la loi. Or, c'est un secret de Polichinelle, elle ne la fait pas. La loi est impulsée de l'Élysée, transite par les ministères, avec à l'arrivée le Parlement comme chambre d'enregistrement des désirs du président. Les textes sont votés en cadence par une majorité godillot, celle d'En Marche aujourd'hui, celle socialiste hier, celle de droite avant-hier. On peut, certes, dans l'hémicycle, en commission, donner de la voix, nuancer un amendement, mais nul ne s'y trompe: la séparation des pouvoirs est une fiction, l'exécutif a la main sur le législatif. Quand il ne s'assoit pas carrément dessus, imposant la loi travail par ordonnances, et maintenant le statut des cheminot·e·s...

Cet obstacle majeur, jamais François de Rugy ne l'évoque dans ses entretiens. Pas plus que, dans sa "grande" réforme, il n'émet cette hypothèse: que l'Assemblée fasse la loi. Voilà qui n'a, semble-t-il, jamais effleuré son esprit. Et l'idée de couper le cordon ombilical avec l'Élysée paraît franchement taboue. Et pour cause: cette grande réforme est imposée, elle aussi, depuis l'Élysée. Le président de l'Assemblée ne sert, ici, que de valet, ou de – soyons polis – courroie de transmission aux désidératas du président de la République. Le premier doit d'ailleurs tout au second: c'est Emmanuel Macron qui l'a installé, intronisé au perchoir, le retournement de veste rapportant plus que le port de maillot de football. Un chef de l'Etat qui, au passage, ne fut jamais député, et qui a toujours fait montre d'un mépris pour cette fonction. C'est dire si l'émancipation du Parlement n'est pas dans les tuyaux...

A défaut de faire la loi, François de Rugy a pour marotte "le contrôle et l'évaluation", sous-entendu de l'exécutif par le législatif. Mais qui effectuerait ce contrôle? Ces mêmes député·e·s qui, chaque jour, témoignent d'une fidélité sans faille au président de la République? Qui obéissent le doigt sur la couture du costume? Qui ont interdiction de signer une proposition de loi venant d'un autre camp? Qui jamais ne soutiennent un amendement qui n'émane pas de leurs rangs? C'est cette majorité au vote automatique qui viendrait, demain, contrôler et évaluer l'exécutif? L'Élysée doit trembler.

La France insoumise est habitée d'une autre ambition. D'une constituante, d'une 6ème République qui en finirait avec la toute puissance du président monarque, qui rendrait le peuple, comme l'écrivait Jaurès, "roi dans la cité". Des commentateur·trice·s, et M. de Rugy en premier lieu, pourront trouver cette perspective lointaine, utopique, incertaine. Alors, très immédiatement, et dès l'été dernier, nous avons proposé une mesure simple: la déconnection des élections présidentielle et législatives. Qu'on les inverse, par exemple, ou qu'elles se déroulent à un an d'intervalle. Voilà qui éviterait les majorités pléthoriques, quasi-systématiques, avec des député·e·s qui doivent tout à leur président·e, la campagne électorale réduite à apposer sa photo à côté de la leur. Voilà qui renforcerait la légitimité des parlementaires élu·e·s. Voilà qui, à défaut de couper le cordon ombilical avec l'Élysée, le distendrait.

Et nous sommes convaincu·e·s qu'alors, le président de Rugy n'aurait plus à multiplier les coups de sang, les menaces, les sanctions, à dénombrer en petit comptable les présent·e·s et les absent·e·s, car les député·e·s l'éprouveraient avec joie, avec fierté, qu'elles et ils ont un rôle à jouer dans cette Assemblée redevenue une arène incertaine, le lieu d'expression des espoirs, des colères, des contradictions qui traversent notre pays. Tandis que, intimement, aujourd'hui, elles et ils ressentent l'inverse avec tristesse, que le débat y est réduit à la portion congrue, à du formalisme, à des postures, et leur rôle, le nôtre, n'est que celui de figurant·e.

La France est malade de sa démocratie. L'Assemblée en est le poumon, aujourd'hui silicosé. Tel est l'enjeu. Faute de remède, faute d'oser le remède, émanciper l'Assemblée, François de Rugy préfère brandir un bâton de gendarme en une gesticulation puérile et rageuse.

Signataires: Clémentine AUTAIN, Ugo BERNALICIS, Eric COQUEREL, Alexis CORBIERE, Caroline FIAT, Bastien LACHAUD, Michel LARIVE, Jean-Luc MELENCHON, Danièle OBONO, Mathilde PANOT, Loïc PRUD'HOMME, Adrien QUATENNENS, Jean-Hugues RATENON, Muriel RESSIGUIER, Sabine RUBIN, François RUFFIN, Bénédicte TAURINE »

 

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27 février 2018

Du 23 septembre au statut de la SNCF….Pour que Macron ne marque pas le deuxième point.

IMG_0541Le 23 septembre2017, Jean-Luc Mélenchon appelait à l’union populaire face à la politique de casse du code du travail.

Réactions outrées des syndicats, la grande CGT à laquelle je suis adhérent, se référait, ce qui ne fut pas toujours  le cas dans sa longue histoire, à la charte d’Amiens, les syndicats dits réformistes faisaient la leçon à JLM et tous parlaient d’une nécessaire union syndicale que tous et toutes, nous savons impossible dans le cadre du style de la politique PS comme macronienne. Résultat, échec de la mobilisation, passage en force de la destruction du code du travail. Le Président, le gouvernement et leur majorité ont effectivement « marqué le point ».

Fort de cette première semi-réussite, la politique anti sociale dictée par l’Europe libérale continue son jeu de massacre et tente de casser l’un des bastions de la culture ouvrière, la SNCF.

Cette entreprise de service public, honneur de la France reconnue tant pour son attitude de Résistance que pour l’excellence des services qu’elle effectuait, a subi les premiers assauts de la casse par ce joujou dangereux, expérimenté et bien rôdé aux PTT, de la séparation des métiers et du retour « au cœur de métier ».

C’est ainsi que séparer lignes TGV  et lignes secondaires, que sortir le rail dans une branche spécifique ont abouti à un abandon de l’entretien, à une gestion régionale des lignes secondaires et à une surproduction coûteuse de la branche TGV. Il y a donc une première conséquence, monter les unes contre les autres les catégories de personnel et une deuxième conséquence, négliger l’entretien du réseau, la régularité des trains, la qualité du service liée à une jungle tarifaire qui permet de faire monter la grogne de l’usager.

Dès lors, ces objectifs, fruits de 30 années de gouvernements et de dirigeants SNCF, étant atteints, il convient pour ce gouvernement de terminer la mission : en finir avec le service public et vanter au maximum les vertus du privé.

Comme ils l’ont fait pour les fonctionnaires qualifiés dès 1982 en privilégiés, ils  organisent une opinion publique, exaspérée par la situation actuelle, contre les personnels et surtout contre un statut comme si l’abandon de celui-ci était la panacée universelle pour résoudre les problèmes et ce n’est pas un hasard si le résultat des enquêtes d’opinion paraît en leur faveur. Et pourtant, il suffit de lire ce statut pour savoir combien, d’une part, il n’a rien d’un statut de privilégié et mesurer d’autre part, combien il a apporté de solutions au développement et à la survie de ce service public.

Nous sommes donc au cœur de la situation où le gouvernement Philippe, le Président Macron et sa majorité de godillots devraient vaciller, la SNCF n’étant pas la seule affaire des cheminots mais bien celle de l’ensemble des usagers que nous sommes.

Or que voyons-nous se profiler et je le vois avec l’inquiétude que peut inspirer l’échec de l’appel Mélenchon du 23 septembre.

Avec une espèce de, comment dire, analyse du fait que l’Histoire repasserait les plats, est choisie, depuis déjà quelques semaines, la date du 22 mars pour une manif dite gigantesque de la fonction publique et des cheminots, certains « facebookiens » exprimant la certitude que mai 2018 sera un  mai 68 réussi. Soyons sérieux, je suis issu de mai 68, je suis fier du 22 mars comme du mois de mai, comme de la révolution sociétale qui s’y est enclenchée mais ne prenons pas l’Histoire pour une science exacte qui va reproduire les évènements tels que nous les espérons.

Bloquée sur cette date du 22 mars, la plus grande et la plus respectable des organisations syndicales reste axée sur cette nécessité d’une union syndicale qui nous a fait rater le rendez-vous contre la casse du code du travail, les syndicats dits réformistes ne veulent pas de cette date et en proposent d’autres et l’on va causer, discutailler sur la date d’une journée en souhaitant qu’elle dure un mois…

Est-ce bien ainsi qu’il faut prendre le problème ? Devant l’urgence de la réaction, devant la force des agressions qui touchent toutes les catégories de salariés et de retraités, devant la situation des services de la santé, du transport, des communications, devant tout cela, ne conviendrait-il pas de fédérer le peuple contre cette politique et ne serait-ce pas le rôle des syndicats revendicatifs, des forces politiques de gauche, c’est-à-dire grosso modo le PC, le PG, le groupe parlementaire porteur du programme l’Avenir en Commun de pousser, non pas à une date précise mais à lancer le débat, entreprise par entreprise, atelier par atelier, quartier par quartier sur les moyens à mettre en œuvre pour organiser très vite, plus que très vite, le blocage de l’économie comme ont si souvent su le faire, pour nos acquis, les cheminots de ce pays.

Nous sommes dans cette réalité, si cette réforme passe, si Macron marque ce deuxième point, alors mes amis, nous allons à une catastrophe d’un tel niveau qu’il nous faudra subir le sort qu’ont subi nos camarades Grecs et chacun devrait méditer sur ce point.

 

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22 février 2018

De Siemens à Bure, ils n’ont qu’une réponse : la répression De Bure à Belleville, ils continuent leur industrie mortifère

27973258_155321615275899_1917419852262668404_nLa semaine dernière, nous apprenons qu’à Belleville-sur-Loire, au pied d’une des deux centrales qui encadrent le pays Giennois, serait envisagé un stockage énorme de déchets nucléaires. Bien sûr, cette information révélée par Reporterre qu’il nous faut remercier pour l’avoir sortie car bien entendu, le lobby nucléaire, bien rôdé par les années du secret qui entoure les implantations, n’en avait dit mot.

Catastrophe pour notre région, déclaration en semblant d‘indignation du président PS de la Région qui en profite pour glisser que nous avons déjà beaucoup de boulot pour la nécessaire prolongation de 20 ans des 4 centrales de la région Centre-Val de Loire…Bref, pour nous anti nucléaires de la première heure, convaincus à la position tenue sans faille par le Parti de Gauche depuis qu’il élabora la charte éco socialiste et qui n’est pas prêt à la sacrifier pour quelques sièges en s’alliant avec ceux qui ont tout renié de la Gauche et de l'écologie, il n’y a qu’une attitude logique, légitime : combattre un tel projet s’il vient à voir le jour avec tous les moyens appropriés et sans exclure, si nécessaire, l’occupation du site jusqu’au retrait d’une telle perspective.

Dans le projet en cours d’élaboration, là-bas dans la Meuse, à Bure, nos camarades anti nucléaires mènent ce combat depuis des années, les militants locaux du parti de Gauche sont à leurs côtés depuis le début et le temps, les évènements du jour commandent aujourd’hui d’être plus que jamais solidaires de nos camarades comme le fait la députée Caroline Fiat qui, portant l’écharpe de sa fonction est sur place et apporte le beau  soutien comme doit le faire une élue de la Nation appartenant au courant de gauche.

En effet depuis ce matin, aux premières lueurs de l’aube naissante, 500 policiers aux ordres du Préfet, représentant de la République française, vous savez ce beau régime issu des Lumières, de la grande Révolution et de la déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen,  sont à la manœuvre pour déloger 40 occupants. Ils y sont comme ils étaient à Sievens, ils y sont comme ils seront à Notre Dame des Landes sous les ordres d'un Etat qui ne connait que la répression.

Parce que le nucléaire a prouvé son caractère dangereux, parce que le lobby et en premier lieu EDF a bloqué toute possibilité de recherche sur le renouvelable, parce que la finalité dépasse largement la production d’électricité, il est vital, comme le préconise le programme l’Avenir en Commun porté par Jean-Luc Mélenchon, de décider le processus de sortie de cette énergie et de lancer la mise en route des énergies renouvelables pour prendre le relais au plus vite.

On pourrait parler de ça, on pourrait, notamment au Parlement, avoir ce débat sur les déchets produits car effectivement il y a matière à débat mais que nenni… Ils ont la solution…après avoir utilisé les fonds marins, l’enfouissement dans la terre… La situation de la planète, la mort des hectares de terre viable, on verra ça plus tard… c’est-à-dire dans 28000 ans quand les déchets commenceront seulement à perdre une partie de leur force radio active…

Alors oui, nous combattons cette politique énergétique, nous en voulons pas d’une terre piégée par la volonté de lobbies irresponsables et la seule réponse apportée aux courageux militants qui font obstruction à cette politique mortifère c’est 500 policiers pour 40 manifestants… Telle est la sinistre réalité de ces années d’irresponsabilité politique qui aboutit à Sievens à la mort de notre camarade Rémy Fraysse, mort dans laquelle  le donneur d’ordre n’a aucune sanction et le tireur sort blanchi. Souhaitons simplement ce soir que ce scenario dramatique ne se reproduise pas.

Ce soir, à 18 h, pour tous ceux et toutes celles qui le peuvent et qui sont près des villes où les rassemblements de protestation se font, exprimons notre refus de cette répression sauvage et notre solidarité avec les zadistes de Bure.

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02 février 2018

Fonctionnaires : Au nom de tous les nôtres.

10154533_10202461334187406_8914433111298552929_nLe président Macron, le gouvernement Philippe et leurs députés inféodés au point de s’octroyer le droit de ne pas  siéger dans l’hémicycle quand parlent les députés du groupe dit insoumis, s’attaquent aujourd’hui à la Fonction Publique après avoir cassé les 150 années d’acquis du code du travail.

Ils en ont décidé la fin, au travers de plans de sortie pour les fonctionnaires et de recours au droit privé pour l’embauche. Ce plan déjà testé depuis 1991 aux PTT, produit les résultats que l’on sait en matière de qualité de service et  de stress des agents.

Ce procès en emplois privilégiés lancé en 1982 par le gouvernement PS qui préparait sa régression vers le libéralisme, symbolisé en services non adaptés par la scandaleuse loi « socialo-cédétiste » de massacre des PTT par Rocard/Quilès, illustré par la désertification de nos zones rurales ou péri-urbaines, démontré dans la misère des services de santé ou dans le sort réservé aux enseignants du public quand des millions coulent à flots vers l’enseignement privé, tué par les décisions de privatisation de Mitterrand, Chirac, Jospin ou Sarkosi arrive aujourd’hui à sa phase braderie par un plan dit de départs volontaire où nos chers media se font déjà un plaisir immense à dévoiler ce que chacun va toucher dans cette généreuse opération….

Au nom de mes camarades fonctionnaires, au nom de 43 années de services que je crois loyaux, dans les différents services de ce qu’étaient les PTT, je vis ces évolutions avec douleur et tristesse, avec cette volonté déterminée aussi d’une mobilisation populaire de grande ampleur qui en finisse avec ces lamentables politiques….

Comment, dans ces tristes moments, oublier ce qu’est la Fonction Publique, ce modèle dont devrait se glorifier notre pays ; comment ne pas se souvenir du travail difficile, nécessaire et dont nous bénéficions toutes et tous de ces infirmières, de ces aides-soignants sur-employés, mal payés et malgré tout  avenants quand ils ont à nous supporter dans la maladie, comment oublier nos maîtres et maîtresses de l’école publique à qui nous devons notre instruction et notre culture, comment ne pas me souvenir des services effectués en 43 ans de services où j’ai vu des facteurs braver la Loire en crue en faisant un détour de 20 minutes pour passer le fleuve, de ceux qui en bottes sur les quais de Gien inondés faisaient leur tournée quotidienne, des agents des guichets allongeant leur temps de trajet pour rejoindre dans les temps, sur neige et verglas,  leur poste, et pourquoi ne pas exprimer ma fierté d’être de cette famille, de celle de mon grand-père blessé de guerre, devenant fonctionnaire facteur à ce titre qui effectuait ses 3 tournées quotidiennes (réduites à 2 le dimanche), dans les années 30, de mon père receveur remplaçant qui rejoignait ses bureaux à mobylette en respectant scrupuleusement l’obligation de présence du dimanche soir au samedi 16 h, de ma mère au téléphone avec ses horaires à la noix et ses rappels incessants pour le service soit parfait.

Oui, nous étions si privilégiés que les fins de mois étaient souvent difficiles et que depuis 6 années bientôt notre point d’indice est gelé, nous étions si nuls que le modèle de la Fonction Publique française s’imposait comme référence dans le monde, nous étions si peu performants que dans les jours et les nuits de galère, nous réparions le téléphone avec objectif d’en finir dans les 3 heures, nous assurions aux guichets les services bancaires de tous ces pauvres ou ces classes moyennes qui, à l’époque n’intéressaient en aucun cas les banques privées.

Mais bon, taper sur la Fonction Publique, c’est comme maltraiter la fonction d’homme et femme politique, c’est un sport national dans ce pays… Regrettable mais faut faire avec…

Dommage simplement que ceux qui ont été élus par le Peuple relaient ce sentiment pour se faire une clientèle électorale comme d’autres et pour certains, ils cumulent, font usage des idées nauséabondes du parti du racisme pour coller à ce qu’ils croient être le sentiment du peuple Français.

Posté par Micmilitant Gien à 10:00 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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