50 ans après...

27 octobre 2020

Plus que jamais, devant le climat qui s’installe, soutien sans faille à Jean-Luc Mélenchon

119209150Jean-Luc est en réflexion sur une 3ème candidature à la présidentielle.

Sa décision, bien sûr individuelle, n’est pas simple même si pour ma part, je la souhaite ardemment pour des raisons maintes fois  exprimées : son courage, sa culture, sa détermination d’humaniste et d’homme de gauche, sa stature d’homme d‘Etat tant de fois démontrée.

Dès l’annonce d’une décision annoncée pour novembre 2020, les haines se déchaînent…

Oh pas sur le programme politique, ce qui, en démocratie serait tout à fait normal mais il serait vite démontré que ce programme tient la mer, qu’il est réfléchi et élaboré et surtout surtout qu’en face, au niveau éligibles, ne pourraient se présenter que des programmes qui finalement se rejoignent tous en se résumant  à une seule logique: un soutien et une dépendance aux institutions de la 5ème République avec en corollaire adhésion et soumission au libéralisme européen.

Non, ce serait trop demander, alors c’est à l’homme Mélenchon qu’on va s’attaquer et ce n’est plus sous la forme ridiculement éprouvée du « couteau entre les dents », aux perquisitions sur des fondements plus que discutables ou pire aux allusions sur sa vie privée.

Ainsi, seul avec ses petits bras, notre camarade est confirmé en quelques jours, sous fond de pensée globalement raciste avec les musulmans en bouc émissaire, dans le rôle du responsable de tous les maux, de tous les attentats, du climat qui affecte notre pays avec ce qualificatif ronflant d'islamogauchiste.

Peu importe que, notamment depuis l’installation tragique du sarkosime, assimilé par l’équipe Hollande/Valls sans difficulté, développé par le macronisme, notre pays ait sombré dans les pires contrats et embrassades avec tous les fauteurs de terrorisme du monde, peu importe qu’ils aient stigmatisé en permanence les musulmans de ce pays qui à 90% sont des gens pratiquant calmement, dans leur cœur, la religion qu’ils ont choisie ou pas de religion du tout d’ailleurs, peu importe qu’on ait exploité les tragiques évènements de Charlie ou du Bataclan, peu importe qu’on ait cassé les services de renseignements, utilisé et organisé la police pour chercher noise, à coup d'yeux crevés ou de mains arrachées, aux manifestants la plupart pacifiques, non tout cela ne compte pas, il faut un responsable qui prend le nom ronflant d’Islamo gauchiste. Il faut désigner un meneur qui ne peut s’appeler que Mélenchon et nous autres, camarades de ses combats, comme je le suis, qui de sa position courageuse de 1990 à la belle vie du Parti de Gauche en passant par la victoire de 2005, qui sommes à ses côtés, fidèles à son parcours et déterminés.

Alors, on va rechercher dans les archives et miracle, voilà qu’on a trouvé la cause de tous nos maux, le mal absolu qui peut couler le vieux militant.

Voilà, qu’un jour de novembre 2019, nous étions avec les camarades de dizaines d’organisations de gauche, politiques, syndicales, associatives en manifestation de soutien aux musulmans de France, victimes une fois de plus, d’une attaque raciste devant l’une de leur mosquées.

Peu importe qu’il y ait toutes ces organisations en signataires, peu importe la présence des camarades de la CGT, du PCF dont leurs députés, du NPA et de multiples personnalités, peu importe que la manif soit organisée suite à un attentat d'extrême-droite contre une mosquée, il y a un responsable, quelqu’un qui aurait pu côtoyer (et donc être des leurs et 200 % en accord avec eux) des militants dits islamistes, c’est Jean-Luc Mélenchon.

Moi je ne me souviens du seul motif invoqué pour être de cette manif « foutez la paix aux 99 % de musulmans pacifistes de notre pays » mais non, ce n’est que lubie d’islamo-gauchiste, l’un des auteurs de cette trouvaille n’ayant sans doute pas à répondre de ses participations aux manifs d’extrême droite espagnole…

Et telle la calomnie, le venin se répand, aujourd’hui c’est le PCF qui se voit gratifier du qualificatif de collabo, attaque odieuse vis-à-vis du parti qui tint un rôle majeur dans la Résistance, le parti des fusillés et peu importe nos désaccords de ce temps, nous ne devons pas l'accepter. Personne ne peut se laisser berner, il y a derrière tout cela la patte bien acérée de l’extrême droite , celle qui il y a 85 ans portait le slogan « plutôt Hitler que le Front Populaire », celle qui jouait les justiciers dans la guerre d’Algérie, celle des commandos d’Occident et autres engeances qui nous provoquaient en mai 68 et celle des attentats contre les musulmans devant leur mosquée.

Les actes et discours de la macronie, ceux des groupes de presse qui leur sont assujettis, c’est-à-dire 90 % de la presse tenue par une dizaine de milliardaires, mais aussi la fausse gauche des Valls et Hollande  qui nous classent au rayon de ce qu’ils appellent les islamo-gauchistes, terme qui ne veut à la fois rien dire et tout dire préparent, même s’ils s’en défendent, l’évolution des esprits vers une situation où la victoire de l’une ou l’autre de ces forces porte l’esprit populaire vers une dictature des idées, une restriction drastique des libertés individuelles et collectives.

Face à cette situation, il n’est qu’une urgence, celle de renverser la table, celle d’en finir avec un système monarchique, celui de la 5ème République, celle d’en finir avec une réalité antisociale, celle que nous impose l’Union européenne, celle d’en terminer avec une situation monétaire qui crée la misère et l’inégalité, celle de l’Euro, celle que seuls, avec Jean-Luc Mélenchon, nous proposons.

Devant cette urgence à laquelle se joint une situation climatique désastreuse que personne hormis notre courant ne prend vraiment au sérieux, il n’y a qu’une alternative la victoire présidentielle pour imposer de nouvelles règles avec une Constituante élue dès la victoire, il n’y a qu’un accompagnement nécessaire et incontournable, la mobilisation populaire par l’arrêt de l’économie et l’exigence de mettre en négociation favorable les forces du grand capital à savoir le grand patronat, celui du MEDEF et du CAC 40, il n'y a qu'une volonté celle d'ouvrir la voie d'une gestion écosocialiste de la production. .

Nous sommes donc arrivés à ce stade, celui de l’affrontement nécessaire entre les forces gigantesques du capital et la volonté populaire de sortir de cette misère. Tel est le ton du moment, le temps des courages et des déterminations.

Alors ça continuera, après le Mélenchon colérique, le Mélenchon « perquisitionnable » pour rien, le Mélenchon trainé devant les tribunaux, le Mélenchon milliardaire, nous voici au Mélenchon repeint en islamiste…que sera-t-il demain ? Le Mélenchon qui ramena le virus de ses voyages à l’étranger ? Le Mélenchon qui, par ses incantations a déréglé le climat pour enclencher une révolution mondiale ? Je ne sais ce qu’ils trouveront mais ils trouveront…c’est sûr

Alors oui, le temps n’est plus à barguigner sur une phrase d’il y a 50 ou 30 ans, et même si je suis, comme je l’ai toujours dit depuis 3 ans en désaccord sur la stratégie de la FI, je le dis et je l’affirme encore plus fort aujourd’hui, Mélenchon n’est pas la FI, il n’est pas limité à l’AEC  il est bien plus que ça, il est l’Homme d'Etat incontournable par lequel passe la victoire présidentielle qui nous est indispensable et devant les attaques odieuses dont il victime, notre devoir de militant de gauche, notre espérance d’un monde meilleur, notre vœu du retour aux jours heureux passe par:

UN SOUTIEN SANS FAILLE AU MILITANT HUMANISTE, A L’HOMME DE GAUCHE, AU FONDATEUR DU PARTI DE GAUCHE.

A NOUS D’ETRE PRETS A SUBIR LES INSULTES QU’IL RECOIT, A NOUS DE RIPOSTER CALMEMENT A CETTE BOUE REPANDUE, A NOUS DE SAVOIR QUE SA VICTOIRE EST INDISPENSABLE MAIS QU’ELLE NE SUFFIRA PAS ET QUE LA MOBILISATION POPULAIRE EST L’AXE FONDAMENTAL DE SA REUSSITE

23 septembre 2020

Mélenchon, la Constituante, 2022… et tutti quanti

120098240_10158831481873750_7344105649684809616_oIl y a eu 228 ans le 22 septembre naissait la République, idée neuve s’il en était, temps magnifique où un peuple rencontre son espoir, un peuple qui avait porté l’abolition des privilèges, puis cassé les baronnies locales en créant les départements, qui avait décidé la fin du pouvoir royal et remporté la veille à Valmy, la plus belle des victoires sur les coalisés des monarchies d’Europe.

Valmy, cette belle date de notre histoire concluait ce cycle de la révolution entamée en 1789 en permettant la décision du 22 septembre, celle d’instaurer la République en France et de porter son idéal universaliste aux peuples du monde.

Comme il sait si bien le faire avec grand talent, Jean-Luc Mélenchon a célébré hier ce grand évènement dans une magistrale démonstration des circonstances qui conduisent un peuple à ce cheminement qui va de la révolte souvent confuse face à des situations diverses pour arriver collectivement à ce constat qui s’impose à nous aujourd’hui : Il faut en finir avec cette situation et la voie de sortie porte un nom : Nouvelle République donc nouvelle constitution adaptée aux besoins non satisfaits de notre temps : besoins sociaux, sociétaux, économiques, écologiques, démocratiques, bref en un seul slogan les thèmes réfléchis, développés, formalisés par les orientations de ce beau Parti de Gauche, créé dans la prise de conscience de la dérive libérale du PS, en 2008 : Ecologie- Socialisme- République

Dès lors, bien sûr, chacun le sent bien, la seule hypothèse de candidature crédible pour porter efficacement ces thèmes est bien celle de Jean-Luc Mélenchon sur la base du programme qui fut le sien en 2017 pour peu qu’il sache en extraire les effets réducteurs apportés par le mouvement FI, notamment lors de la convention de Lille sur la base de critères essentiellement électoraux, qui sont, en grande partie, un des éléments explicatifs des voix manquantes aux résultats de 2017.

Ne pas tenir compte de la seule réalité qui soit, celle d’une non-rupture avec les règles de la 5ème République, celle d’une étrange alliance avec les responsables de la situation qui nous a conduit là où nous sommes, à savoir le PS, tout le PS et ses alliés divers conduiraient inéluctablement le Président Mélenchon, et ce qu’il le veuille ou pas,  à finir par devenir au mieux le Mitterrand de 83, au pire le Jospin de 98, c’est-à-dire épouser une stratégie de renoncement, de capitulation devant de soi-disant réalités économiques.

Je sais la difficulté qui est réelle pour un homme, fut il Jean-Luc Mélenchon à avoir le courage, la foi nécessaire à s’engager dans un tel combat mais devant l’histoire et le rôle qu’elle lui confère, s’il était compréhensible et humain qu’il renonce, une situation de non-candidat Mélenchon nous amènerait avec tristesse à repousser l’espoir de toute sortie du marasme et à laisser le champ libre peut-être à une issue aussi aventureuse que tragique. Difficile dilemme et solidarité Jean-Luc pour cette décision compliquée que cependant, je souhaite de tout mon être.

Et puis, pour revenir à ce débat essentiel, celui du programme, soyons clairs et ne renouvelons pas l’erreur majeure de 2017, celle qui depuis Lille, amena le point capital de notre programme, l’axe central de notre révolution à un nouveau débat référendaire relégué d’ailleurs assez loin dans le programme : La Constituante.

LE CHANGEMENT DE REPUBLIQUE, LA DEFINITION DE CE PROJET SONT L’AXE ESSENTIEL DE NOTRE ACTION.

Un maintien dans la constitution actuelle, un président monarque qu’il s’appelle Mélenchon ou pas, une assemblée nationale chambre d'entregistrement, fut elle majoritaire ce qui n’est pas prouvé ne résisteront pas longtemps aux institutions rôdées, verrouillées pour peu que forces de répression tirent les pieds pour se soumettre et que le peuple ait, comme c’est actuellement le cas, du mal à se mobiliser, ne pourra se terminer que par un moulage dans le système comme s’y est moulé Mitterrand en son temps et d’autres ailleurs en Europe.

Il nous faut donc assumer la rupture et la convocation de la Constituante doit être le premier acte du président investi comme, manifestement si l’on regarde ses intervention de septembre 2016 JLM le prévoyait avant Lille. La rupture doit se faire sans craindre les institutions et les règles de la 5ème. On ne peut pas, comme on l’a fait à Lille, arguer du fait qu’il nous faut rester réalistes et que nous ne pourrons décréter la Constituante sans un nouveau référendum du peuple qui l’autorise, avec les risques que ceci comporte, avec les grandes probabilités d’abstention record sur ce point, avec la tribune redonnées à toutes les forces de pression liguées pour donner le coup de grâce au Président élu.

Non, la Constituante doit être le point clé du programme, elle doit figurer en première place de la campagne, être le fédérateur qui redonne au peuple de France l’espoir et le sentiment qu’il peut retrouver sa place et le jour de la victoire. Avec l'élection du président le programme est adopté de fait, devient force de loi, il peut sans souci s’appliquer, légitimé par le scrutin populaire et être le premier élément d'affrontement y compris s'il le faut avec l'institution du Conseil Constitutionnel, ce conflit permettant au peuple de s'imposer autour de son Président.

C’est à ce prix et à ce prix seulement que peut s’ouvrir le chemin des jours heureux au tour du plus brillant de nos camarades et du bel espoir de la Révolution citoyenne..

 

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30 août 2020

Bien peur qu’on ne s’en sorte jamais, la fausse gauche est trop utile au système.

119209150Un billet en allure de petit coup de gueule à l’heure où le PS est présenté comme l’incontournable de la gauche et où la vraie gauche (tout au moins le mouvement qui se présente comme tel) n’a rien de mieux à faire que d’accepter leur invitation et même de participer activement.

Quoi de mieux pour illustrer ceci que se me remémorer 50 années de relations difficiles entre ce parti et les idées qu’avec tant d’autres je porte avec l’espérance du retour aux jours heureux.

Dans les évènements de 68, alors que le pouvoir est vacant pour quelques heures, M.Mitterrand alors à la SFIO se présente en recours. Avec mon ami, nous resituons l’attitude cet individu en Algérie et à ce titre, nous jurons ensemble de ne jamais voter pour lui.

Nous sommes donc indifférents à la création du PS en 1971 et pour ma part, j’ai adhéré au PSU en 1969.

Par attirance du pouvoir, le PSU fait le choix majoritaire de s’inféoder au PS avant les élections de 1974, fin de l’histoire pour moi, je quitte le PSU et ne vote pas Mitterrand mais Dumont aux présidentielles et abstention au second tour. Culpabilisation de tout ce que mon environnement compte de « gôche », je fais partie « des 300 000 qui firent élire Giscard »…Peu importe, le serment est tenu.

1978, après âpre explication avec un secrétaire de section du PS, intelligent et sincère, qui m’explique que le PS a changé, que Mitterrand a changé etc.., j’accepte une adhésion au PS et vote (seule et amère trahison de notre serment) Mitterrand en 81, je m’enthousiasme des avancées sociales, des nationalisations, de l’abolition de la peine de mort, de la dépénalisation de l’homosexualité etc...

L’enthousiasme est de courte durée, en 1982, Mitterrand amnistie les généraux félons d’Alger, (le PS proteste un peu pour la forme et finalement cautionne)  et fait le choix en 1983 de l’Europe libérale qui entraînera tout le lot des reculs qui suivirent.

C’en est trop, je démissionne de ce parti, me jurant de ne pas revenir dans un parti avant bien longtemps.

1990, découverte du camarade Mélenchon, de son courage, de sa culture. Cet homme-là porte pour moi un espoir mais si je suis avec passion ses positions et activités, je ne le rejoindrai pas tant qu’il reste au PS. C’est ainsi que je le vois se battre, non suivi, pour l’interdiction du FN ou pour la 6ème République.

1998, la proposition de loi Mélenchon a fait son chemin et vient devant l’Assemblée, la loi pour un Pacte Civil de Solidariré. Boycott des débats par les députés PS, la loi est reportée. Ce jour-là, étant venu à l’Assemblée pour assister au débat qui consacre mes années de lutte pour l'égalité des droits, je me suis fixé dans la tête ce qui devint un slogan beaucoup plus tard « Jamais je ne voterai PS désormais ». La loi revenue un an plus tard est votée après une scandaleuse concession de la ministre PS : « pas de cérémonie en mairie » donc non reconnaissance par la République suite aux oppositions d’un quarteron de maires de droite.

Referendum de 2005, le PS appelle dans sa logique de 1983 à voter OUI, Mélenchon organise avec d’autres, les comités du NON et le Non l’emporte.

2008 enfin, je rejoins Mélenchon qui avec beaucoup d‘autres a quitté le PS et je fais le choix de l’accompagner en m’investissant à fond  dans cette belle aventure, ce grand espoir qu’est le Parti de Gauche.

Nous travaillons, ayant cette chance inestimable d’une génération de jeunes militants investis qui me rappellent mai 68, nous élaborons le beau programme qui fut celui de tous mes combats depuis le beau mois de mai et du congrès de l’évolution de la CFDT 1970, autour des thèmes de la démocratie, du socialisme, de la planification auquel par bonheur nous ajouterons avec des militantes de la valeur d’une Corinne Morel-Darleux, la charte de l’écosocialisme.

2012, JLM recueille 4 Millions de voix, le score à deux chiffres que nous espérions et tous les espoirs sont permis.

Mais commence la sempiternelle obsession des partis, celle des places à tout prix et c’est le désastre, l’hémorragie qui suivit les régionales 2014 et quelques alliances avec des PS ici ou là et fis prendre, aux 46 % de la plateforme alternative que nous étions, le slogan qui me réjouis et que j’applique avec fidélité « PLUS JAMAIS PS »

C’est avec grande joie que nous accueillons la décision de candidature de Jean-Luc Mélenchon et la mise en route d’un mouvement destiné à favoriser la victoire : la France Insoumise.

Comme en 1981, la joie fut pour moi de courte durée, les limites du mouvement devaient m’apparaître dès fin 2016, au travers d’un programme électoraliste de type PS Bis qui atténuait nos exigences en matière de rupture avec le système, qui imposait la notion de salaire net contraire à toute logique revendicative et remettait la Constituante au choix d’un aléatoire referendum… Je suis donc amené une fois de plus à prendre du recul avec ce mouvement.

Le scrutin présidentiel nous amenait à 7 millions de voix, à quelques petites marches du second tour et de la victoire possible. Malheureusement comme trop souvent, la lutte des places repris ses droits pour composer un groupe parlementaire, on se dispensa de quelques obligations, on permit des candidatures dispensées des contraintes édictées  et l’on rentra dans la traditionnelle valse des principes et des alliances pour les élections intermédiaires.

Le beau serment de 2012: "nous ne arrangerons avec personne d’autre que le peuple lui-même » prit un peu de plomb dans l’aile. Sans contestation interne une tête de file aux européennes put déclarer qu’au Venezuela « le président élu Maduro et le putschiste Guaido pouvaient être renvoyés dos à dos" en même temps que des anciens PS faisaient leur apparition sur la liste. Aux municipales la tambouille fut bien plus révélatrice et nous n’avons pas brillé sur ces deux scrutins…

Et aujourd’hui, une représentante intervient à l’université du PS qui ne se gêne pas pour en triompher et se présenter une fois de plus comme le pivot central d’une soi-disant gauche unie, c’est-à-dire une union autour de son choix de 83 de force active du néo libéralisme européen.

La boucle est bouclée, le PS a réussi son opération, la FI a terminé son cycle de force sage, fréquentable aux arguments électoralistes assumés, débuté en octobre 2016.

Il est temps de dire que pour moi, avec la tristesse d’un retour à nos errements d’antan, la page d’un quelconque  accompagnement de ce mouvement PS bis est tournée…Ca n’étonnera ni même m’émouvra personne…

Mais qu’on ne s’y trompe pas, depuis 1968, je suis et reste fidèle à mes idées, mes espoirs, mes serments intimes ou partagés et dans le temps présent l'un s’appelle Jean-Luc Mélenchon et, s’il se présente, il aura mon soutien et ma voix même si je n’accompagnerai pas la campagne du mouvement dont il est hélas, otage  et l'autre se nomme Parti de Gauche où jusqu’à sa mort ou la mienne, je militerai pour une refondation sur la base de nos superbes projets et de notre magnifique objectif : la Révolution citoyenne pour une République sociale, écosocialiste et républicaine.

Qu’on veuille donc bien admettre à la fois ma désillusion et mon espérance et savoir que » s’il n’en reste qu’un…et bien je serai celui-là ».

 

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29 juin 2020

Stratégie…élections…révolution citoyenne…finalement on en est où ?

114428897Je ne suis pas un fin analyste politique comme le sont certains amis du PG qui excellent en ce genre, je n’ai pas ce niveau et sans doute n’ai pas fait, pour cela, les efforts nécessaires. C’est donc en simple et vieux militant que j’apporte mon sentiment sur ce qui se passe dans notre pays.

Analyser l’état de notre combat qui devrait être le seul, celui de la Révolution citoyenne par une combinaison des urnes, de la mobilisation populaire, de la rupture avec le système par l’élection d’une Constituante imposée le soir de l’investiture du Président qui en l’état actuel des choses ne pourrait être que Jean-Luc Mélenchon, telle doit être la base de notre action.

Telle est la logique voulue dans mon adhésion en 2009 au Parti de Gauche, celle de mon combat permanent contre des solutions à seule vocation électorale, celle de mes oppositions à l’adhésion directe au Front de Gauche comme celle de mon refus d’une soumission sans esprit critique à la France Insoumise.

Il est dans la nature bourgeoise des forces politiques, notamment des partis de considérer que toute élection doit être honorée et le PG n’a pas hélas échappé à cette logique. Cette dernière a comme caractéristique essentielle de vouloir participer et gagner quelques sièges avec les combinaisons électorales que ceci implique et qui sont souvent bien malheureuses et comme conséquence accessoire d'éparpiller les forces et l'énergie au détriment de la construction d'un parti fort.

Nous l’avons vécu à tant et tant de reprise dans notre courte existence d’une décennie, nous avons connu la rupture du Front de Gauche par la seule volonté du PCF de pratiquer cette tambouille en 2014, nous avons vécu la triste et suicidaire crise interne du Parti de Gauche aux régionales de 2015 ou des accords de second tour faisaient face à notre slogan presque majoritaire du « plus jamais PS », nous avons subi les mascarades du comité électoral de la FI aux législatives de 2017, aux européennes et à ces municipales.

Et tout ceci n’a pas empêché la preuve éclatante à la présidentielle de 2017, qu’une autre stratégie est possible, qu’un programme autonome, certes insatisfaisant pour 20%, portant des relents dommageables sur des thèmes majeurs comme la Constituante ou la revendication de salaire, porté par un candidat d’exception frôle le second tour avec 7 000 000 de voix.

Faut-il se satisfaire pour autant de la stratégie qui, à ces municipales, nous conduit, nous Parti de Gauche à ne pas exister, à ceux qui me sont proches malgré tout, mes camarades du PG dans la FI, à se trouver noyés dans un océan de fausses analyses et de propagande médiatique pour de soi-disant victoires de ce qu’ils appellent la Gauche (en réalité l’attelage inconcevable du PCF et du Parti dit Socialiste responsable depuis 37 ans de notre situation) et d’une montée en puissance de ceux qui se font appeler Ecolos auto proclamés (et convaincus que le capitalisme est compatible avec l’écologie) depuis les Européennes comme solution d’avenir de tous les scrutins.

La vérité, c’est que tout ceci n’a rien à voir avec l’aspiration d‘un peuple qui le manifeste par ce que Jean-Luc Mélenchon appelle une « grève civique » et qui, pour moi, risque fort de porter un autre nom, celui de la résignation car, enfin si la grève était civique, elle se traduirait par un transfert ailleurs de la protestation, par la grève sur le vrai terrain des luttes, celui des lieux de production, elle se traduirait par des manifestations touchant aux millions de participants, elle se traduirait par un refus des forces de police de jouer le sale rôle qu’on leur fait jouer, bref, elle serait porteuse d’un esprit révolutionnaire…Nous en sommes très loin.

Dès lors, il est plus que temps, de repenser la stratégie, de ne s’organiser qu’autour de deux objectifs bien ciblés la mobilisation populaire et la victoire présidentielle sans se perdre à nouveau dans l’élection intermédiaire qui vient, celle des régionales.

Il est plus que temps pour Jean-Luc Mélenchon de se positionner clairement comme l’homme de la situation, de se sortir du carcan que lui impose la FI qu’il a créée et qui ne joue que sur l’objectif du maximum de sièges à chaque élection au prix souvent de concessions sociales-démocrates et d’alliances de circonstances bien discutables, il est nécessaire de redonner au Parti de Gauche la place qu’il n’aurait jamais dû perdre et de le refonder pour le seul objectif qui doit être le sien, celui de l’outil central de la Révolution citoyenne écosocialiste, il est fondamental de replacer l’élection de la Constituante au centre de notre combat et le projet social urgent comme base de premières mesures.

Réaffirmer la rupture comme essentielle, assumer l’affrontement clair des idées avec les forces diverses du capitalisme, y compris, et sans doute surtout, celles du capitalisme vert ou du capitalisme dit social sont les bases des mois à venir faute de quoi, nous ferons le bilan habituel de la 3ème place et du regret sur le taux d’abstention en même temps que du deuil pour très très longtemps de toute émancipation de la classe qui est la nôtre, ce que nous avons parfois trop tendance à oublier.

 

 

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06 juin 2020

La police…pour essayer de réfléchir sans passion.

Le déb27657428_336616693502790_8376093662262326069_nat qui fait rage, celui de l’horrible affaire des USA, qui ravive en même temps la non moins scandaleuse affaire Traoré, a pour corollaire tout un développement de thèses et d’antithèses sur la racisme d’une partie de la police française.

Et si on essayait, malgré la légitime passion suscitée par ces scandales de réfléchir à ce qu’est la police, ce qu’elle fait, ce qu’elle devrait être car cette affaire dépasse, à mon sens, et de loin, le racisme réel qui l’a contaminée depuis les années 2000 et j’y reviendrai.

Entendons-nous bien, nous parlons ici de la Police Nationale, ni de la Gendarmerie, ni de la police municipale dont le rôle se doit d’être différente et qu’il grave et irresponsable de vouloir armer ici ou là.

Toute société, qu’elle que soit sa forme a besoin d’un corps qui, dans le cadre des lois et règlements qui le garantissent, garantit la paix civile, qui protège contre les crimes et délits, qui assiste le peuple et notamment les plus défavorisés dans les situations vécues.

Depuis 55 ans que je milite, que proteste et manifeste, j’ai eu comme tout militant des contacts positifs ou négatifs, individuels ou institutionnels avec les policiers.

Outre les périodes des années de collaboration et de guerre d’Algérie que je ne veux pas traiter ici mais qui intègrent soumission majoritaire aux ordres de Vichy et la guerre d’Algérie avec Charonne en point d’orgue, il convient de distinguer deux périodes dans ce parcours, celle qui va grosso modo des années 60 aux années 2000 et celles des années 2000/2010 où se manifeste une évolution tragique de situations jusque-là exceptionnelles se généralisant.

Des années 60 aux années 2000, j’ai vu les débordements, ma découverte à Orléans en 1964, sur ordre du préfet de l’époque, d’une répression d’étudiants manifestant calmement sur la place Albert 1er et particulièrement d’une jeune fille de mon âge trainée par les cheveux, mais je suis aussi témoin d’une police qui en mai 68 à Orléans, accompagnait nos manifs, nous contactait pour l’organisation voire certains policiers nous prévenant discrètement de tel ou tel risque. Bien sûr il y eut à Paris ou en plus grande ville certaine répression tout en ne taisant pas le fait que les consignes du préfet de police de l'époque étaient cadrées, responsables et respectées. Bien sûr il y eut les combats anti nucléaires, il y eut la tragédie de Creys Malville avec la mort de notre camarade Vital Michalon mais je me souviens aussi de notre combat contre Dampierre, de la grande manif rallongée de 3 kms en dernière minute vu l’affluence après concertation cordiale avec les forces de police, il y eut Malick Oussekine mais dans ces affaires, notamment pour Malick , les responsables ont été sanctionnés, les politique sont démissionné.

On peut donc dire, avec le minimum d’objectivité requis, qu’à cette époque, la police servait dans l’esprit de son statut, aux ordres du ministère de l’Intérieur et des Préfets, avec les débordements incités par quelques-uns de ces derniers mais avec un esprit républicain, ce qui ne veut pas dire oubli ou pardon pour certains de leurs actes mais analyse réaliste de ce qu’elle était.

Pourquoi les choses ont dévié dans les années 2000 et se sont considérablement aggravées dans les années 2010.

Pour ma part, je pense qu’analyser la situation à laquelle nous sommes arrivés sous le seul angle du racisme qui a gangrené ce corps, ce qui est une terrible réalité, est nécessaire mais notoirement insuffisant.

La crise économique, la ghettoïsation des banlieues, la misère accumulée ont abouti à une réelle nécessité de trouver d’autres formules que la répression pure et simple et c’est ainsi qu’est née et mise en application la police de proximité. Je suis suffisamment critique vis-à-vis du gouvernement Jospin pour me permettre sur ce point de dire combien il avait raison et, malgré le niveau de difficulté, ceci ne fut pas négatif loin de là.

Parallèlement, la montée du FN et de son idéologie raciste nauséabonde, fait partie du phénomène et la contagion au sein des forces de police a commencé.

L’arrivée au ministère de l’Intérieur de M.Sarkosy, très sensible comme il l’a prouvé dès sa Présidence aux sirènes anti banlieues, anti musulmanes et tutti quanti, son accession à la présidence ont enclenché le vrai phénomène du racisme, mettant officiellement la police en victime de la « racaille dont il fallait se débarrasser », couvrant systématiquement les actes de violences policières comme celles de 2005 avec la mort de Zyed Benna et Bouna Traoré.

Ce fut aussi la remise en cause de la police de proximité par le même M.Sarkosy, qui n’hésita pas à moquer, je crois à Toulouse, un policier pratiquant le rapprochement et le calme de cette banlieue au travers de matches de foot…

Avec la défaite de ce président en 2012, il eut été logique de croire que ces attitudes, ce soutien inconditionnel aux actes de violences policières allaient cesser. Que nenni, c’était bien mal connaître la nature du PS converti en 1983 aux vertus du nouvel ordre économique dont le marché est le seul maître et c’est ainsi que notre camarade Rémy Fraysse est abattu de dos par un tir de grenade au barrage de Sievens…Bavure ? Acte délibéré ? le ministre Cazeneuve reste silencieux, les enquêtes finissent en non-lieu, bref impunité totale pour le responsable de l’acte, impunité pour les décideurs, silence coupable du ministre.

Puis ce fut l’affaire Adama Traoré qui hante encore aujourd’hui tous les citoyens épris de liberté individuelle et simplement de respect de la vie.

Les choses ne pouvaient s’arranger avec son successeur, le sinistre Valls (dont on reparle hélas ces temps-ci), aux prises avec les lois Macron, El Khomri qui « perfectionne » la répression, organise les techniques de la nasse et commence, sous couvert de blacks blocs, arrivés par miracle dans les manifs, à utiliser les armes à base de LBD et nous pouvons compter le nombre de nos camarades aux yeux crevés, gazés, arrêtés, jugés en comparution immédiate.

Devant la révolte des Gilets Jaunes et dans le combat contre les lois retraite, cette expérimentation sera développée à très grande échelle, portée par un système médiatique acquis à l’information officielle qui voudrait que les forces de police n’ont fait que se défendre face à de dangereux manifestants alors qu’en réalité ces derniers qui manifestaient pacifiquement ont été nassés, gazés, débordés par des éléments infiltrés généreusement, excités parfois pour provoquer l’incident voulu.

Comme on peut le voir dans cette analyse sans doute maladroite (je travaillais à 17 ans et n’ai fait ni l’ENA, ni Science Po), il serait trop simple de se limiter à un caractère raciste qui est réel, à l’implantation d’une mouvance majoritaire d’extrême droite dans les forces et l’un de leurs syndicats. C’est de la nature même de la conception républicaine du pouvoir et des policiers, de la limite d’obéissance aux ordres reçus (ce que permet le statut) des forces la Police Nationale, d'organisation générale de la sécurité, du respect du droit à s'exprimer et manifester qu’il s’agit.

QUAND NOUS AURONS DEMAIN, PAR L’ELECTION DE LA CONSTITUANTE, A TOUT REORGANISER, C’EST DE LA NATURE, DE L’ORGANISATION, DU FONCTIONNEMENT REPUBLICAIN DE LA POLICE ET SANS DOUTE DE CERTAINS COMPORTEMENTS A INTERDIRE ET SANCTIONNER.QU'IL NOUS FAUDRA TRAITER.

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09 mai 2020

Ce que cette crise sanitaire m’aura appris

12733381_1013524508718898_2084957615836840409_nComme tous les évènements d’importance vécus, cette crise est porteuse de leçons et d’apprentissages. A l’instar, je crois de Nelson Mandela, je dirais que: « je ne perds jamais, j’apprends ».

Je dois à mai 68, la révélation d’un mouvement populaire, de ce qu’il porte de victoires comme de désillusions, aux années 70, tout à la fois la connaissance du marxisme, la réalité souvent inquiétante du progrès et de la croissance sans limites  et la nuisance de certaines technologies comme le nucléaire, les années 80 les désillusions, leurs conséquences, la fausse gauche et la limite des mouvements dits alternatifs et les années 2000/2010 la puissance des idées qui refont surface, l’éternel remise en scène des résistants à l’oppression, à la misère avec l’espérance comme épée et les sempiternelles fausses solutions, celles de l’impasse du capitalisme aménagé ou pas, celle des limites sur les meilleurs d’entre nous de l’électoralisme supplantant la stratégie, celle du mouvement improbable croyant le temps des forces organisées révolues…

Cette crise sanitaire comme les autres crises, m’aura apporté son lot de questionnements, de recherche, de temps d’analyse.

Bien sûr, ce temps forcé de confinement favorise ce type de réflexion, d’introspection ou d’analyse. Je n’aborderai pas ici ce qu’il m’apporta à titre personnel. Sauf à dire le bonheur qu’il y a à le vivre en maison avec petit terrain, sans oublier de penser à ceux qui durent supporter les difficiles conditions d’un studio ou petit appartement parfois avec enfants, le reste est du domaine de l’intimité qui ne concerne que ma famille et quelques amis très proches.

Non c’est de politique, de vie sociale et sociétale,  auquel ce blog reste fidèle, qu’il s’agit ici et cette période est riche des enseignements qu’il nous faudrait intégrer dans nos combats et même si je ne suis pas forcément optimiste sur leur devenir, même si je crains beaucoup que le monde d’après soit semblable, voire pire que celui d’avant, la vie militante doit être faite d’optimisme et d’espoir.

Cette crise est d’abord et avant tout révélatrice de la justesse des analyses et des constats que nous devons aux travaux de notre Parti de Gauche qu’il s’agisse de la nécessité d’une autre République, de l’exigence d’un nouveau contrat social et peut-être surtout de la charte pour l’Ecosocialisme.

Dès le début de cette affaire, la « majorité » issue de 2017 a montré son véritable visage. D’abord, elle a nié l’ampleur du danger, puis contrainte de se rendre à l’évidence le Président monarque a convoqué en urgence et un samedi pour bien montrer l’importance du fait, un conseil des ministres. Empêtré dans une Enième et inutile réforme des retraites, ce conseil majeur devait sacrifier l’affaire du corona virus pour faire voter par sa majorité de « godillots », le recours à l’article 49-3…Bon voilà une affaire qu’il croyait réglée mais celle-ci n’empêcha pas le virus de circuler et de se répandre…Il fallut donc se résoudre à mettre ce texte sous le boisseau et passer à l’action contre la pandémie…

Le confinement général fut donc décidé et s’appliqua dès le 17 mars…mesure nécessaire, bien acceptée et globalement bien respectée.

C’est sous l’angle de  l’organisation sociale qu’il convient de regarder tout ceci et de détecter les réalités historiques d’une situation, les positionnements qu’elle implique, les choix d’avenir bien cachés mais réels qui en sont la marque de fabrique.

La réalité historique apparaît d’abord avec l’affaire des masques, des tests, du système hospitalier.

Ainsi se révèle au grand jour la réalité de notre système de santé, la justesse des luttes des hospitaliers pour l’avenir de leur métier et de ce qu’elle ne peut plus apporter à la collectivité, la destruction sur 10 années environ (et plus si l’on y regarde de plus près) de tout un système reconnu comme l’un des meilleurs du monde et, en toute hypocrisie, les porteurs de cette situation encouragent les populations à applaudir nos soignants tous les soirs à 20 h, reconnaissance appréciable et méritée certes mais si aléatoire au regard du peu de soutien à leurs combats antérieurs…

Se démontre également dans la gestion de cette crise, la conséquence de la casse organisée, elle aussi, depuis tant d’années de notre capacité de production, de la fermeture de nos usines qui produisaient des masques ou autres accessoires indispensables et la volonté de la droite en général et de cette majorité en particulier de ne pas y remédier même temporairement par la réouverture ou la nationalisation de ces unités de production, choix criminels s’il en est…

Une autre révélation, celle des choix de chaînes commerciales

Certes ce n’est pas d’aujourd’hui que le système capitaliste a fait le choix de s’attaquer aux chaînes commerciales et de mettre en place avec de fallacieux arguments de grands trusts commerciaux évoluant au fil du temps en la concentration de 4 ou 5 grands propriétaires ou actionnaires de haut vol.

Ceci a pour conséquence depuis environ 5 décennies d’avoir vidé nos centres- ville de toute vie collective et d’avoir organisé une chaîne agro-alimentaire autour de la mort de milliers de petites exploitations paysannes. Ceci lui fut très facile autour du faux argument de bas-prix, de côtés dits pratiques, de facilités accordées par les mairies alléchées par les aménagements promis et de volonté du tout automobile à grands renforts de parkings gratuits.

Mais tout ceci ne demandait qu’à être conforté dans cette crise et notre gouvernement s’y est employé avec célérité… en interdisant dans un premier temps les marchés qualifiés de porteurs dangereux du virus tandis que circulaient librement et, au début tout au moins, sans précaution des milliers d’acheteurs en grande surface… en laissant se développer l’achat de produits impossibles à trouver en raison de la fermeture des commerces de proximité type librairies, bricolage etc…

Si seulement dans cette affaire, une prise de conscience se faisait chez tous ces artisans, commerçants, paysans que leur situation est proche de celle de millions de salariés et que  leur inclination historique à la droite ne sert aucun de leurs intérêts bien au contraire mais ça…

Une réelle utilisation liberticide

Je ne suis pas adepte des théories du complot, contrairement à ce que certains peuvent  penser, je ne vois pas le mal partout ni l’occasion de râler sur tout et sur rien. Mais, me limitant aux faits constatés, force est d’admettre que, au travers, de cette crise, une réelle volonté de ce gouvernement est de faire entrer dans les têtes et dans les textes, un certain nombre de décisions dangereuses pour nos libertés fondamentales.

Ainsi se mettent en place un certain nombre de droits, échappant aux décisions judiciaires,  ouverts aux forces de police, à certains catégories dont ce n’est en aucun cas la vocation, des encouragements à certaines formes de délation ou des outils numériques permettant de suivre chacune et chacun dans les lieux et actes de sa vie.

Parallèlement à ceci reviennent comme en d’autres temps les arguments du type rassurant « je n’ai rien à me reprocher donc je ne risque rien » "je dénonce pour l'intérêt général", c'étaient aussi les arguments d'un autre temps et m^me certains porteurs d'étoiles s'y étaient laissé prendre n'ayant effectivement rien à se reprocher…

Sachons simplement nous souvenir que ce qui est temporaire a toujours fini par devenir inscrit dans la loi et que tout droit rogné sur la liberté individuelle est par nature dangereux…

Souvenons-nous toujours de ce slogan répété à l’envi : « pour votre sécurité, vous n’aurez plus de libertés »

Une volonté d’en profiter pour casser le social

S’il en était besoin, n’oublions pas de nous souvenir également, combien de droits sociaux sont remis en cause sous couvert de remise en ordre de l’économie, en réalité pour satisfaire les desiderata du MEDEF…35 heures, droits à congés, utilisation abusive de RTT t sans doute demain remise en cause de la Sécu etc…

Une révélation de la justesse de notre choix écosocialiste

La situation de la planète, l’évolution des constats en quelques semaines de non production et de non circulation montre clairement la liaison entre la vie telle que nous l’impose le système capitaliste et l’évolution du climat, des crises sanitaires, de la vie ou disparition des espèces et intimement liée à ce système et qu’il ne peut y avoir de « capitalisme vert ». Ceci rend définitivement caduque toute conception de l’écologie « qui serait compatible avec le capitalisme » et redonne à nos engagements écosocialistes la force qu’ils méritent pour s’imposer dans le peloton de tête de l’écologie politique.

Un homme d’Etat confirmé

Les hommes et femmes politiques qui se sont révélés dans cette crise sont bien peu nombreux hormis quelques arrivistes avides de retour aux affaires, les uns du type Hulot ou Sarkosy prêts à conseiller le prince-président, les autres type Montebourg aux aguets du créneau qui ferait oublier leur triste soutien au gouvernement Hollande.

Mais deux groupes parlementaires n’ont pas failli dans cette période, le groupe dit Insoumis et le groupe dit GDR et un homme, un seul peut-être, est apparu comme un homme d’Etat, comme l’homme de la situation, soyons heureux qu’il soit des nôtres et que Jean-Luc Mélenchon porte tous nos espoirs pour les mois ou les  années à venir. Nous le savions mais étions peu suivis sur ce terrain, espérons qu'un aspect de cette période permette de modifier cette donne.

Avenir ?

Que sortira-t-il de tous ceci quand cette affaire sera derrière nous, ce qui peut encore être assez lointain ? Nul ne le sait…mais ce qui est sûr c’est que nous pouvons nous attendre au meilleur…ou au pire.

Ce Président et ce gouvernement sortent fragilisés par leurs erreurs voire leur incompétence à gérer la situation, cette majorité éclatera probablement en renforçant la droite, voire l’extrême droite.

Ce qui arrivera dépend de nous toutes et tous, de notre capacité à nous mobiliser, de notre volonté à ne pas attendre l’arme au pied une échéance électorale à venir qu’il s’agisse d’une législative ou d’une Présidentielle anticipées ou pas mais bien à savoir clairement reprendre et amplifier  les combats là où nous les avons laissés.

Les indicateurs sont au vert, sachons les utiliser pour qu’enfin revienne le temps du bonheur et des jours heureux.

 

 

 

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01 mai 2020

Un premier mai de lutte… comme toujours depuis 1886.

1er MaiLe premier mai n’est pas la fête du travail, invention pétainiste pour célébrer l’un des points de son odieuse devise, il n’est pas la fête du muguet, tradition qui remplaça l’églantine rouge des ouvriers,

IL EST LA CELEBRATION INTERNATIONALE DES LUTTES ET REVENDICATION DES TRAVAILLEURS.

Hélas ce premier mai prend un caractère particulier, celui d'un virus aidé par le caractère d’imprévision et le saccage depuis une décennie de nos services de santé, ne nous permet pas de manifester, confinés à juste titre à nos domiciles.

Cette situation ne nous permet ni d’oublier 134 ans de ces combats, ni le fait que la première de ces revendications fut celle de la journée de 8 heures.

Oui, comme le rappelait encore récemment à la tribune de l’Assemblée notre camarade Mélenchon, c’est notre camp qui fut porteur de toutes les avancées sociales «  La journée de 8 heures, c’est nous, l’interdiction du travail des enfants, c’est nous, les 40 heures c’est nous,  les deux semaines de congés payés c’est nous, les 3ème, 4ème et 5ème semaines c’est nous, les 39 puis 35  heures c’est encore nous »

Car la droite, le MEDEF, les gouvernements qui leur sont inféodés n’ont depuis la nuit des temps qu’une obsession, empêcher ou casser toute loi d’amélioration de la condition des travailleurs.

Il en est encore ainsi en ce temps où, profitant d’une crise sanitaire ils s’acharnent à démolir ce qui reste des droits du travail, au nom du fait que l’économie en aurait besoin, confondant allègrement sur ce point économie et intérêts des actionnaires, tandis qu’on continue de tolérer une évasion fiscale et des dividendes colossaux, tandis qu’on transforme un conseil des ministres spécial coronavirus en approbation de l’utilisation de l’article 49-3 pour une réforme scélérate des retraites et qu’on se prépare à un florilège de décisions arbitraires sur le temps et les conditions de travail au cours du « déconfinement » pris sans précaution au nom de la sacro-sainte nécessité de produire du chiffre d’affaires.

Mais le premier Mai, c’est aussi, dans le cortège des luttes, une autre réalité qui prend forme dans la célébration par le FN de la « fête pétainiste du travail » avec un corollaire, en 1995, une pensée émue pour notre camarade Brahim Bouarram jeté en Seine par des participants à leur sinistre manifestation et pour la première fois, nous ne pourrons cette année, être sur les berges de la Seine pour lui redire ; « Ni oubli, ni pardon ».

Depuis 55 ans que je milite, j’en aurai connu de  ces manifestations du 1er mai et quelques-unes sont restées dans ma mémoire, par exemple, celle de 68 bien sûr où nous étions quelques-uns, aux côtés des étudiants du 22 mars, à sentir que quelque chose de grand allait se passer, celle du 1er mai 2002, au lendemain d’un séisme électoral, résultat du jeu joué avec le FN pendant 20 ans et utilisation judicieuse pour les années à venir, du fameux vote utile.

Comment ne pas me souvenir aussi de cette manif giennoise, pour une fois colossale, où, au lendemain de ma prise de fonctions de directeur de centre, je rejoignais les employés de mon établissement, peu habitués à défiler avec leur « patron » et de ce 12 mai 2002 où, résistant aux ordres donnés, je refusais de pavoiser mon établissement pour la fête de Jeanne d’Arc devenue, très injustement, symbole du parti honteusement entré en grâce des divers gouvernements qui l’avaient conduit là où il était.

Oui aujourd’hui comme en 1886, aujourd’hui comme hier, et peut être plus qu’hier, là où nous sommes, comme nous le pouvons, notre place est dans la célébration des luttes, de toutes les luttes, celle du travail, celle de l’égalité des droits, celle de l’anti-racisme, celle de la lutte contre les idées nauséabondes de l’extrême-droite.

En solidarité avec les peuples du monde, avec les peuples qui tentent ou poursuivent leur libération, avec les camarades de Caracas et de La Havane, nous pouvons le dire même le chanter

« Groupons  nous et demain, l’Internationale sera le genre humain »

A toutes, à tous, bonne célébration de ce 1er mai

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26 mars 2020

La crise qui remet les pendules à la bonne heure…

corona MélenchonNous étions ces gauchos, ces braillards et râleurs permanents, ces faiseurs de grève et de manifs qui empêchaient le grand espoir En Marche de redresser ce pays à coup de casse des services publics, de finition des ébauches des deux quinquennats précédents, qui prenions des balles LBD parce que nous l'avions cherché, ces fainéants grévistes patentés des services publics de la SNCF, de l'ONF, de l'Education nationale, des finances, des services postaux et de tous les services publics.

Nous étions ces rêveurs d'un autre temps qui n'avaient pas compris que le salut est dans l'Europe libérale, la mondialisation et que l'économie de marché est compatible avec l'écologie, bref que le capitalisme est paré de vertus qui font défaut dans les économies socialistes, chez ces dictateurs cubains, vénézuéliens et autres dangers planétaires dont heureusement les USA nous protègent....

 Et puis un méchant virus est venu, s'est installé sur la planète et soudain nous semblons découvrir :

- que la santé est importante,

- que la détérioration hospitalière est un désastre comme l’avaient prévu les personnels qui se battent depuis des années,

- que l’Europe sous son statut actuel est totalement inopérante et que ce sont les systèmes de santé cubains qui, malgré la situation catastrophique dans laquelle est maintenu leur pays, se portent à notre secours avec l’une de ses réussites majeures, celle de la santé.

- que la recherche est aux mains de lobbies au service de labos pharmaceutiques qui pilotent en direction du rentable et non de l’humain.

- que les systèmes de retraite et de sécurité sociale que l’on tente de nous imposer de force démontrent dans le monde entier, leurs conséquences, leur faiblesse à la moindre difficulté sanitaire ou économique

- que la seule solution de gestion saine d’une société et d’une crise se joue autour de l’efficacité de services publics qu’on a volontairement saccagé depuis 37 ans au nom des vertus d’une « concurrence libre et non faussée » et dont on a moqué la détermination de ceux qui se battaient pour empêcher cette casse ;

- que cette majorité qui nous gouverne aujourd’hui à coup de pouvoir personnel, de 49-3 et, se sentant menacée, probablement avec application des articles anti démocratiques d’une constitution monarchique, patauge dans les décisions à prendre sans écouter, comme elle l’a toujours fait, les avis et suggestions des salariés, des professionnels, des organisations.

 

Au final, pour nous, militants de ce petit parti de Gauche qui, en 12 ans :

- a incarné ce que devait être une force de la vraie gauche

- a sans faiblir, posé en actes le soutien fraternel à toutes les luttes pour la santé, la défense des services publics, le respect et le droit dû aux femmes et aux minorités

- a posé clairement la réalité de ce que devait être un véritable combat écologiste au travers de sa « Charte pour l’Eco socialisme » et la base de la règle verte qui veut que nous en prenions pas à la nature plus que ce qu’elle produire

- a déclaré, en point numéro de un de sa finalité, la Révolution citoyenne par l’élection d’une Assemblée constituante avec mission de redéfinir une nouvelle constitution pour une République démocratique, sociale et éco socialiste…

Il est temps de dire combien nous avions raison et, d’en être fiers….

 

Nul ne sait ce qui sortira de cette crise quand nous en sortirons mais il est grand temps de rappeler à tout un chacun et à la collectivité que, comme nous le disions en mai 68, rien ne peut plus désormais être comme avant, que notre République doit devenir autre chose que cette monarchie suicidaire, qu’il nous faut sans barguigner dénoncer cette Europe libérale et sortir de ces traités,  que nos services publics sont la clé de voûte  de tout système équitable, que toute la politique de santé publique est à remettre en selle sur les bases de l’humain, du soin apporté à toutes et à tous donc du service public de santé efficient, que les systèmes de retraite et de sécurité sociale sur la base de ce qu’ils furent à leur création doivent être la règle et tant d’autres choses qu’il nous reste à faire ensemble avec nos organisations syndicales, nos partis politiques de la vraie gauche, en premier lieu le nôtre qu’il faudra savoir développer massivement et refonder pour porter à nouveau l’espoir et que reviennent enfin les jours heureux.

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21 mars 2020

Coronavirus…..Il est temps de penser l’après-crise

corona MélenchonNotre pays connaît une crise sanitaire de haut niveau.

N’étant pas docteur en médecine, peu compétent sur ce type complexe de problème, pas chargé, comme le sont nos députés et élus, de prendre sur mes épaules les poids des décisions difficiles à prendre et assumer, je me garderai bien d’avoir des avis et conseils sur les décisions prises, me limitant à appliquer scrupuleusement les consignes données, en premier lieu, celle du confinement indispensable. Je me limite à quelques points d’étonnement comme celui de refuser au BTP de s’arrêter en même temps qu’on empêche des équipes municipales de 10 à 50 personnes de s’installer en toute sécurité ou encore d’embêter quelques étals de marchés qui s’étalent à distance les uns des autres en laissant la foule envahir les hyper mais bon…

Ce qui me semble important dans cette crise que nous vivons c’est de regarder ce qu’elle révèle et de mesurer ce qui peut en sortir…ou pas.

La situation révèle deux faits majeurs :

La priorité donnée à la loi du marché a conduit à privilégier la rentabilité financière sur l’humain. Elle concerne tous les services publics sans exception, mais dans le problème présent examinons celui fondamental de la santé.

C’est ainsi que depuis 40 ans, depuis les attaques sur la gestion financière de la Sécu, depuis 35 ans de logique économique anglo-saxonne donc libérale, les difficultés de la santé, de l’hôpital public et de la médecine en général  se sont multipliées, économisant sur le recrutement des médecins, supprimant des centaines de structures hospitalières, diminuant les capacités en équipements illustrée par la suppression sévère du nombre de lits, négligeant les soutiens à apporter aux  services d’urgence, nous avons créé les conditions de la grave gestion de la crise d’aujourd’hui.

Sous les gouvernements depuis 25 ans, la seule réponse apportée aux  actions et grèves des personnels de santé s’est limitée à l’autisme des gouvernements et à la répression de plus en plus sévère au fil des années pour atteindre le degré gravissime qu’elle a connu sous les gouvernements Valls et Philippe.

Les gouvernements français soumis à 150 % aux directives européennes n’ont préparé en aucun cas la riposte à une telle situation, actant le fait que ‘l’Europe est aujourd’hui dans l’incapacité totale d’apporter ne serait-ce qu’une aide mutualisée et réfléchie à la situation des pays qui la composent et qui peuvent heureusement compter sur la Chine ou Cuba, ce dernier ayant au nombre de ses succès, une réussite médicale hors pair.

Les premières conclusions à tirer de cette situation sont donc claires :

Le capitalisme, porté par la loi du marché ne peut apporter aucune réponse à cette crise, il ne pourra que l’accentuer pour maintenir son taux de profit au prix d’un coût humain une fois de plus colossal.

Cette crise révèle aussi, l’énorme responsabilité écologique qui pèse sur nos épaules. La diminution de la croissance, le ralentissement économique démontre chaque jour davantage que seulement quelques jours d’arrêt de la course folle au profit permettent d’entrevoir une eau plus claire à Venise, un ciel plus bleu en Chine et des tas d’autres petites manifestations de cet ordre.

Pour maintenir leur domination, les forces du capitalisme se servent de cette situation tragique avec le cynisme que nous leur connaissons pour accélérer son opération de démantèlement des conquis sociaux de haute lutte.

C’est ainsi que dans notre pays, la damnée constitution de la 5ème République donne toute la mesure de sa conception monarcale, mettant en avant tous les pouvoirs du Président et du système législatif qui les accompagne. Nous voyons se mettre en place, peu à peu, sous couvert d’une prétendue solidarité nécessaire, de l’opportune nécessité d’une économie à redresser au plus vite, tout à la fois les règles répressives aggravées, la menace permanente des pleins pouvoirs, l’utilisation pernicieuse de la situation au travers de la remise en cause dite temporaire des acquis sociaux où tout y passe, les congés, les 35 heures etc. Nous suivons au jour le jour, les lois d’urgence votées par une Assemblée constitutionnellement soumise, depuis le choix du quinquennat,  au parti du Président où chaque amendement de l’opposition est balayé d’un revers de main.

Dans cette situation, les arguments, largement véhiculés par EELV d’une compatibilité du système capitaliste, de sa loi du marché avec l’écologie, les déclarations faites la main sur le cœur par le PS et une soi-disant gauche d’une Europe qui serait la protectrice de la paix et du développement ; tout ceci vole en éclats à l’épreuve des faits et nul ne sait aujourd’hui comment ce Président, ce gouvernement, cette assemblée sortiront de cette épreuve et il ne s'’agit plus ( si toutefois ceci devait exister avant) de viser 2022, il s’agit de poser le problème autrement et les forces politiques, en premier lieu le Parti de Gauche qui est le mien seraient bien avisés de s’atteler à la réflexion.

Dans toutes les grandes crises de notre histoire, la situation des femmes dans le conflit 14/18, la Résistance dans celui de 39/45, des hommes, des femmes, des groupes, des forces se sont attelées, à partir d’une crise dont ils savaient qu’on sortirait vainqueurs, à forger l’avenir dans des plans précis, celui du féminisme et du votre des femmes après 1918, celui du merveilleux programme du CNR après 1945.

Cette fois encore nous devons être prêts à l’après-crise et pour une des rares fois depuis longtemps, notre camp, nos idées, la chance d’avoir dans nos rangs un Jean-Luc Mélenchon à la valeur démontrée et forgé par cette crise comme l’homme d’opposition incontesté du pouvoir capitaliste en place.

Nous avons cette chance d’avoir des éléments de programmes crédibles, chiffrés, réalisables pour s’appliquer dès que la situation, la conjugaison des forces en lutte, la prise de conscience résultant de la piteuse gestion de la situation du moment auront eu raison de cette descente aux enfers que nous impose ce pouvoir.

Ces éléments de programme s’articulent autour de fondamentaux :

-La fin de cette Constitution par la convocation immédiate d’une élection d’Assemblée Constituante pour une nouvelle République sociale et éco socialiste

-La sortie inéluctablement nécessaire de l'Union Européenne sous sa forme actuelle et donc de l'Euro

-La mise en place d’un programme d’urgence sociale jetant aux orties 35 ans de casse des services publics, d’inégalités salariales, d’évasion fiscale etc…

-La concrétisation immédiate d’un programme éco socialiste, celui défini et  enrichi par notre parti basé sur l’application de  la règle verte

Je ne suis pas et de loin un stratège, j’assume la pauvreté de mon analyse politique et la limite de mes compétences  mais elle est mienne et si elle peut servir……

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04 mars 2020

Comment l’esprit 5ème République conditionne nos stratégies et nos fonctionnements

114428897Depuis 60 ans, en gros 2 générations, nous vivons la politique de notre pays sur la base d’un contrat politique, celui de la Constitution monarcale de la 5ème République.

Cette situation, que la formidable période de mai 68 et des années qui l’ont suivi n’ont pas réussi à enrayer en raison de la reprise en main des affaires par les partis politiques et l’absorption par le PS à la fois des forces PSU/CFDT et autres mouvements de la même ligne,  a profondément conditionné nos fonctionnements de citoyens  et surtout celui des stratégies, des méthodes, des objectifs de forces politiques.

J’ai eu en son temps l’occasion de tenter de dénoncer ce phénomène dans mon propre parti ou l’exécutif s’est institué directeur et le CN directeur parlement sans pouvoir mais ce n’est pas le lieu ici de débattre de ce point, les refondateurs dont je suis s’en occupent en interne.

Revenons donc à la période présente et à l’influence de ce phénomène sur les méthodes d’action et de pensée qui prédominent.

Une formidable bataille se joue autour de la réforme des retraites. Depuis le 5 décembre 2019, des secteurs entiers de l’économie sont entrés en lutte, citons bien entendu l’énorme et remarquable implication des cheminots, des traminots, des secteurs de santé, des profs, des avocats et regrettons ensemble, cette faible entrée dans le combat des personnels du secteur privé.

Oh il ne s’agit en aucun cas, sous mon clavier, de vouer les travailleurs du privé aux gémonies.

Nous connaissons bien l’évolution organisée de l’entreprise pour parvenir à cette situation. La précarisation des emplois, l’utilisation des méthodes de management d’inspiration anglo-saxonne à base d’individualisation d’objectifs à atteindre, l’organisation de la compétition interne entre travailleurs ou entre branches de la même entreprise. Un des exemples révélateur de cette évolution, on peut le trouver dans l’ancienne administration des PTT cassée en 2 par le gouvernement Rocard et le ministre Quilès, la branche télécoms privatisée, la branche poste scindée en 2 métiers où l’on explique que le faux déficit qui oblige à réduire les frais vient de l’autre branche. Les PTT étaient eux aussi l’un des grands fers de lance des luttes sociales, le résultat de cette « évolution » c’est qu’on les a bien peu vus.

Dans cet extraordinaire combat cependant, des millions de citoyens se sont impliqués dans les manifs, dans les actions diverses et variées et la répression avec son cortège de blessés, de gazés, d’yeux crevés portée à un niveau que, même en 68 nous n’avons pas connu n’a pas réussi à entamer cette détermination de notre peuple qui reste à 61 % opposé à cette réforme et qui, à 72 % vomit ce président et cette majorité.

Dans la sphère politique, le combat se mène aussi avec courage autour des députés communistes et du groupe de Jean-Luc Mélenchon que, oh bonheur, la France citoyenne reconnaît comme le leader principal de l’opposition à cette loi et à ce gouvernement. Il est exact et indéniable que lors des travaux de la commission comme pendant les débats de l’Assemblée, notre groupe a fait preuve d’une part d’un travail colossal, d’une détermination sans faillir et d’une argumentation imparable sur chaque point qu’il a pu débattre dans un climat compliqué, franchissant allègrement chacune des chausse-trappe qui lui ont été tendues.

Le gouvernement a joué sa dernière carte, celle de l’impensable article de cette satanée constitution, le 49-3, l’opposition de gauche Groupe FI et groupe GDR s’y est située clairement, brillamment.

Cependant, des pièges sont à venir, non pas du point de vue de politiques aguerris encore que… mais surtout dans notre esprit et notre fonctionnement de militants et de citoyens, pièges liés aux choix d’objectifs et de moyens.

Notre objectif de militants du Parti de Gauche est depuis ce beau jour de novembre 2008 la Révolution Citoyenne par l’élection d’une Constituante pour une Nouvelle République Sociale. Sachons ne jamais en dévier et convaincre notre peuple.

Oui, nous l’avons dit, oui nous devons le maintenir, cette stratégie passe par la prise du pouvoir au niveau de l’Etat, elle passe par l’utilisation des pouvoirs démesurés qu’accorde la 5ème au Président, à savoir appliquer sans délai et sans fausse démocratie le premier point du programme à savoir la convocation de l’élection d’une Constituante en affrontant s’il le faut, les institutions chiens de garde du système, en s ‘appuyant sur la nécessaire mobilisation populaire sans laquelle rien n’est possible.

Depuis le début de cette crise sociale  majeure, j’entends s’élever dans les diverses lectures médiatiques, dans les réseaux sociaux, aux comptoirs de cafés une petite musique bien inquiétante : préparer 2022…savoir qui sera le candidat idéal…se dire que l’essentiel c’est de sortir l’actuel locataire de l’Elysée avec ce fameux slogan en guise de programme et qui préside à tant de scrutins "Sortons les sortants" et surtout renaître cette dramatique tendance : faire l’union d’une soi-disant gauche qui par le miracle de je ne sais quel calcul savant détiendrait la clé du succès.

Bien non, mes amis, mes camarades, s’engouffrer dans ce concert ce serait nous condamner à finir ces années d’espoir «  à la Tsipras » dans l’explication tortueuse que nous en pouvons pas de suite sortir des traités, que la Constituante il faudra attendre, bref que, comme en 81, la gauche étant au pouvoir, il convient de la laisser travailler.

Nous ne pouvons pas être de cette logique.

Conquérir le pouvoir central exige qu’il soit libéré avant 2022 si possible ou en 2022 à son échéance mais surtout que notre peuple soit acquis à cette Révolution citoyenne, qu’il porte à la Présidence certes les nôtres, et personnellement je souhaite que notre candidat soit Jean-Luc Mélenchon s’il le peut et s’il le veut, mais qu’il gagne avec la volonté d’un peuple déterminé, mobilisé, pas au prix d’un calcul d’alliances surtout avec tous els renégats de l’idéal socialiste qu’ils ne portent plus depuis 35 ans…

"Nous ne nous arrangerons qu'avec le Peuple lui-même" serment de la Poste de Versailles 2012