50 ans après...

09 décembre 2018

La révolte en cours…vers une révolution citoyenne ou une situation à l’italienne ?

10620527_771823629522602_5891450159602612604_nDepuis le 17 novembre, notre peuple est en ébullition.

Partie sur la révolte contre les augmentations de taxes sur les sacro-saints carburants, la révolte évolue vers une prise de conscience d’une réalité sociale due à des années, en fait 3,5 décennies de régression du monde du travail en matière de droits conquis par 150 années de luttes ouvrières ainsi que par le mépris inauguré par le Président Sarkosy qui devait, entre autres déclarations scandaleuses,  «liquider l’héritage de mai 68 », le Président Hollande auteur des lamentables lois travail et porteur à vie des répressions sanglantes sur nos camarades et du Président Macron dont les déclarations méprisantes pour le peuple sont légion sans compter  les lois scélérates imposées au pas de charge par une majorité de godillots sans réflexion autre que la décision du maître des lieux.

Personne ne peut nier ce fait réel et ce ne sont pas les sondages bidon, l’organisation de la peur et les tentatives de division par un pouvoir aux abois qui peuvent l’arrêter.

Cependant, pour ma part je reste dubitatif quant aux possibilités de sortie de cette crise et je ne partage pas l’optimisme de Jean-Luc Mélenchon et des militants dits insoumis dans cette aventure.

Ce mouvement est parti sur des bases et des thèmes qui sont ceux qu’avec JLM et le parti de Gauche nous n’avons jamais défendus notamment la négation de l’utilité, de l’honnêteté, du réalisme  des forces politiques et syndicales, encore moins le questionnement sur la nécessité de l’impôt, pas plus l’affirmation d’un anti-parlementarisme qui ressort au travers de points figurant au catalogue de revendications. Chaque jour apporte son lot de preuves sociologiques de la nature profonde d’une partie non négligeable des participants, déclarations homophobes, anti politique, refus de participation de militants syndicaux surtout CGT sous leurs couleurs, « livraison » de migrants à la police, orientation vers une liste dite apolitique aux européennes etc…

Alors quelle attitude avoir, quelle stratégie adopter car je le redis, personne ne peut nier que nous sommes entrés dans une révolte populaire qui prend ici ou là des tournures de la révolution que nous souhaitons? Personne de notre camp ne peut s’en désintéresser.

Les députés dits insoumis, le mouvement FI soutiennent la thèse de participer activement afin de peser de tout son poids sur une évolution vers le programme de l’Avenir en Commun copié en grande partie dans la liste des revendications à côté d’autres points beaucoup plus inquiétants. Je respecte cette position mais ne crois pas, à tort ou à raison, à la capacité du mouvement FI, son évolution des derniers mois, l’influence inéluctable des forces l’ayant rejoint malgré leur ardent soutien à la politique Valls/Hollande comme le témoigne la liste aux européennes, à orienter cette révolte vers la révolution citoyenne que nous voulons.

Le parti de Gauche quant à lui ne s’exprime plus, laissant totale carte blanche à la FI. Le PC est devenu si électoral qu’il ne renie en aucun cas ses accords avec le PS à chaque élection et ne calcule hélas qu'en nombre de sièges maintenus. La CGT forte de ses 700 000 adhérents tient compte de la réalité de la situation où rien n’est possible sans mobilisation des travailleurs en grève et sait très bien et à juste titre, résultats de son expérience historique, que ce n’est pas d’un seul appel de sa confédération que dépend le déclenchement de la grève générale et des occupations qui seraient la seule issue possible.

Les heures ou les jours qui viennent nous laissent présager une crise politique, celle-ci emportera-t-elle dans son sillage la défaite du pouvoir et de ses institutions…Je n’y crois pas, la 5ème République a été conçue pour ce genre de crise et quelle que soit sa nature, elle a les outils nécessaires, certains odieux certes  pour en sortir et perdurer tant que la production et l’économie ne seront pas bloquées car elles restent la seule solution de classe pour sortir par le haut.

Une dissolution de l’Assemblée est possible mais rien ne permet de penser, au vu des paroles saisies ici ou là sur les ronds-points que le vote des électeurs, ceux qui n’ont pas déserté ce terrain, qu’elle ne conduirait pas à un vote introuvable à droite et donc à un retour des forces antisociales dont Macron n’a pas le monopole

Une démission du Président reste certes  la meilleure solution, nous y sommes prêts avec notre programme et la valeur de notre candidat à la Présidence, encore faudrait-il qu’elle puisse avoir lieu. Macron n’est pas De Gaulle loin de là...si la grève sociale parvenait à s’imposer, elle est possible mais quand bien même elle aurait lieu, quel programme reste-t-il quand on voit la réalité des interprétations diverses de l'AEC.

Nous sommes donc à la croisée des chemins, quelles que soient les annonces supposées prochaines du Président Macron, quelle que soit la décision prise…saupoudrage de mesurettes sociales,  « démission » du gouvernement, dissolution de l’Assemblée, se posera la question de la suite.

Hormis le cas qui semble peuvprobable d’une démission du Président qui pourrait ouvrir une autre voie avec une candidature Mélenchon pour peu qu'elle puisse se faire à l’exclusion de toute autre hypothèse du mouvement FI, que pourrions–nous attendre d’une dissolution de l’Assemblée sinon une majorité hétéroclite élue par une minorité de citoyens et nous sommes dans la situation italienne où réapparaitrait sans doute une majorité du type de celle qui gouverne de l’autre côté des Alpes ou même pire, celle d’une majorité issue de listes fomentées par les Gilets Jaunes qui refléterait leur réalité sociologique et nous amènerait à une solution type Bepe Grillot , leurs revendications proches du programme l’Avenir en Commun risquant fort de n’avoir été que la copie nécessaire à la popularité du mouvement comme, copiées, elles le furent, très mal d’ailleurs,  par B.Hamon pour barrer la route à J.L. Mélenchon.

Certains lecteurs vont me trouver très pessimiste, d’autres vont très vite me qualifier de soutien objectif de Macron mais la vie militante m’a appris à me méfier, à douter du soutien rapide à tout ce qui bouge. La vie au PG m’a instruit du fait que l’essentiel est la Révolution citoyenne, pas l’élection à partir de toutes les opportunités même des meilleurs d’entre nous, la vie syndicale m’a conforté dans une certitude, c’est du monde du travail et de ses luttes que viendra la vraie révolution sociale qui ne souffre pas d’ambiguïtés et désigne l’adversaire clairement et cet adversaire c’est le capitalisme et ses serviteurs du grand patronat qui a su neutraliser les groupes de presse et organiser les lobbies nécessaires, pas l’élu du peuple, pas le service public du peuple, pas le militant syndical et nous paierons très cher le prix qu'elle n'ait pu s'imposer face aux lois anti sociales et de "détricotage" des conquis sociaux et du code du travail et là encore, il serait trop simple d'en accuser les seules directions syndicales, la situation des travailleurs, leur aliénation bien organisée par le fric, l'individualisme érigé en valeur en sont beaucoup plus responsables que le manque d'appel à une grève générale .

 

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28 novembre 2018

Il y a 10 ans, jour pour jour, renaissait l'espérance.

lancement PG_20181122_0001_NEWIls étaient près de 3 000 ce 29 novembre 2008 à l’Ile Saint-Denis, autour de Jean-Luc Mélenchon, de François Delapierre et des premiers fondateurs, en présence de Robert Guédiguian et Oskar Lafontaine pour lancer ce qui fut une très belle aventure, le Parti de Gauche.

Avec mes 44 ans de vie militante, avec près de 20 ans de suivi de ce grand homme politique courageux qu’est Jean-Luc Mélenchon, j’ai regardé ce rassemblement avec un  grand intérêt, avec beaucoup de prudence aussi, instruit comme je le suis des échecs douloureux vécus avec le PSU et la CFDT.

Ce lancement m’apparut cependant très vite comme la concrétisation d’une grande espérance, celle de voir renaître nos aspirations nées de mai 68 et des combats sociétaux inaboutis des années 70. Le choix fait par la plupart des fondateurs de quitter, comme je l’avais 25 ans plus tôt ce parti socialiste renégat qui avait trahi tous nos combats par l'amnistie des généraux félons d'Alger et son virage libéral de 1983, entraînant dans son sillage la CFDT que nous voulions construire comme le pivot du mouvement révolutionnaire…

Oh certes, divers choix de ce nouveau parti me paraissaient dangereux, cette notion du parti creuset et son corollaire du Front de Gauche dominé par le PCF où il me  semblait, au su de mon expérience de quelques années de « compagnon de route » que ce dernier nous utiliserait pour se débarrasser de nous dès que nous ne serions plus utiles…

Mais, localement, un jeune camarade, Bastien, très jeune militant politique qui m’avait fort impressionné par ses capacités d’analyse et de débat lors du combat pour le non en 2005, était de cette fondation. Nous prenons le temps d‘en discuter. Meurtri lui aussi par le temps qu’il passa au PS, il sait me dire qu’au PG, nous pourrions enfin débattre de nos divergences librement, jouer les cartes de ce que nous voulions faire évoluer et j’adhère.

Commençait alors pour moi, une extraordinaire renaissance, finies les années tristes des échecs militants consécutifs à la recherche de l’inaccessible étoile d’abord chez les alternatifs où après de belles campagnes municipale d’Orléans, législative et cantonale, après la recherche difficile d’une agrégation des mouvements, nous vivons le délitement et l’essaimage dans la nature de ces militants prônant la non-organisation en recherche permanente de l’association des inorganisés…, finies les années de « compagnon de route » du PCF où, parce que, pas au parti, ta place éligible sur la liste est refusée mais ta place non-éligible est vivement souhaitée en raison de ta notoriété locale…

Le Parti de Gauche a été pour moi la renaissance politique, les combats retrouvés, sociétaux, celui de l’égalité des droits hommes/femmes, homos/hétéros, celui de l’anti-nucléaire et de l’écologie, celui du social et de ce thème extraordinaire qui coiffe le tout : la Révolution Citoyenne.

Nous travaillons, nous affichons, tout notre pays Giennois qui n’en a pas trop l’habitude, se couvre en permanence des affiches rouges de nos combats, des slogans de notre beau parti, nous réfléchissons, nous rêvons de ce temps où nous ouvrirons sur le Giennois notre local, où nous aurons notre journal et comment ne pas évoquer ces dimanches à réfléchir, amender les textes de notre ligne d’horizon, nous faisons adhérer, bref un temps radieux du bonheur politique retrouvé

2011, Bastien me propose d’être candidat à sa place au conseil national du parti, proposition appréciée à sa juste valeur, acceptée avec joie et je participe à mon premier CN ouvert par François Delapierre et clôturé par Jean-Luc Mélenchon. J’y découvre de jeunes camarades qui me rappellent ma propre expérience dans les conseils confédéraux de la CFDT en 69, ils auront nom Matthias, Alan, Raquel, Alexandre, Boris, Vincent, Bastien et tant d’autres qui sont restés pour la plupart, malgré les aléas dommageables qui se produisirent 5 années plus tard de très bons camarades, pour certains des amis estimés.

En rentrant, enthousiasmé de ce premier CN, je fais à mes camarades du Loiret mon compte-rendu, ne sachant pas encore que mon mandat serait renouvelé pendant 5 années, que je vivrais aux côtés de Valentin, un jeune camarade lui aussi qui était un ami, plusieurs de ces années de CN et deux congrès dont le sublime congrès de Bordeaux, celui ou François nous fit ajouter l'oeillet rouge à notre "panoplie" ignorant aussi que nous sortirions la plus belle des chartes écologistes, la charte écosocialiste du Parti de Gauche.

La présidentielle de 2012 fut un moment très fort,comment oublier ce meeting de la place Stalingrad, ces salles combles dans toute la France, ce serment de la porte de Versailles, ce beau résultat et même si j'ai jugé comme un marché de dupe la part qui nous fut réservée aux législatives, quel beau cru que ces milliers d'adhésions reueillies dans cette magnifique campagne.

2013, comme je l’avais subodoré, le Parti communiste que, grâce au Front de Gauche, Jean-Luc Mélenchon avait remis en selle, oubliait les accords et serments, s’alliait au PS à Paris et dans 50 grandes villes pour les municipales 2014 et je suis admiratif des capacités de notre petit parti qui, à Paris, se lance seul dans l’aventure, arrive à présenter des listes complètes dans les 20 arrondissements. Nous n’avions pas la capacité de faire quelque chose sur Gien, je me mets à la disposition des camarades de Paris, quelle belle expérience motivante, enrichissante !!! Malheureusement, le parti n’a pas compris dès cette époque qu’il était temps de sortir du FDG pour vivre en toute autonomie…

Investi à fond dans le parti, je me mets à la disposition de ce qui s’appelle le pôle organisation composé de volontaires compétents et sérieux mais vivant sans contrôle démocratique,  et je viens chaque semaine depuis ma ville désertifiée et avec grand bonheur, donner une journée de mon temps à mon parti, expérience où je découvre la situation organisationnelle, bien loin de ce que j’avais appris comme permanent de la CFDT où l’on m’avait formé au triptyque nécessaire à tout développement : «organisation-formation-outil d‘information» qui nous avait si bien réussi alors. Malgré un travail régulier et assidu d’argumentation au CN et à deux congrès, je ne fus point entendu sur ce point…Dommage…

Et puis est venu le temps politique des déceptions, des tristes réalités politiques, cancers permanents des partis en ces moments où la recherche de la victoire électorale prend le pas sur la grande espérance, où la victoire nécessaire à la présidentielle fait oublier que cette dernière n’a qu’un objectif, celui d’enclencher la révolution citoyenne.

Le congrès de 2015 fut pour nous, pour moi, militants de l’organisation, de la sortie des traités un grand moment d’espoir, approuvée par 46 % des adhérents, notre plateforme alternative devait permettre une belle évolution…Le fonctionnement fit qu’il n’en fut rien et les régionales 2015 devaient aboutir à une situation interne difficile qu’il ne convient pas de commenter sur un blog de ce genre mais qui provoqua le départ de camarades méritants, sincères et d'un haut niveau d'analyse et d'action, je n'en citerai que quelques uns, Ramzi, Mathilde, Alexandre, Stéphane, Sébastien. Il aboutit hélas, mille fois hélas, avec déception et grande tristesse à mon départ  du conseil national après cinq années vécues intensément qui auront marqué ma vie militante pour le temps qui me reste.

Ainsi les vieilles lunes sont revenues, le choix de la stratégie de la France insoumise, fort utile pour l’élection présidentielle mais dont je n’approuve ni la pérennisation ni l’évolution de la stratégie et qui, à mon sens, ne peut finir que comme ont fini les alternatifs a considérablement affaibli ce beau et prometteur parti et nous allons le payer très cher et pour longtemps.

Mais qu’on ne se méprenne pas, je ne suis ni aigri, ni révolté à la mode des curés ou des communistes défroqués, je suis un militant qui se bat pour des causes, celles qui furent toujours les miennes, celle du monde du travail, celle de l’écologie politique, celle de l’égalité des droits, celle de l’anti racisme et tant d’autres comme celles que le combat pour les arbres de Gien m’a permis de découvrir.

En ce temps où chacun se raccroche à tout ce qui bouge y compris ce qui s’agite porté par des idées dangereuses et incontrôlables, un Parti de Gauche clair, démocratique, solidement ancré dans les masses manque beaucoup au combat éco socialiste, ce phare d’un espoir renaissant.  Malheureusement l'histoire se renouvelle et le départ récent de camarades de haute valeur soit de la direction soit du parti doit être analysé comme une sortie de route désastreuse. 

J’en  suis toujours cependant et j’en reste un militant, même si l’âge, la maladie, une certaine lassitude consécutive aux échecs normaux de cette vie trépidante,  peuvent diminuer possiblement mes possibilités d’action. J’accompagnerai ce parti, qui m’a tant donné,  dans son agonie et, si le reste de vie me le permet,  je serai là au jour espéré de sa résurrection.

Je reste un inconditionnel de l’homme  Jean-Luc Mélenchon dont le courage qui me fut révélé un soir de 1989, confirmé le 29 mai 2005, décisif dans ma volonté de l’accompagner il y a 10 ans, est pour moi indissociable de lui dire mon ressenti quand le mouvement qu’il a créé dépasse son fondateur et le fait dériver de la ligne initiale de notre parti commun : La Révolution citoyenne et rien d’autre…

 Quoi qu’il arrive, quoi qu’on me dise, quoique l’on m’abreuve de propos acerbes voire insultants et quoi qu’on fasse l’aventure du Parti de Gauche est avec celle de la construction d’un syndicalisme révolutionnaire à la CFDT d’alors, la plus grande espérance de mon existence et la plus belle de ma vie militante et Jean-Luc reste l’homme qui aura incarné cette superbe renaissance politique des années 2000.

 

 

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17 novembre 2018

La perversité des idées bien plus dangereuse que les partis d’extrême droite, idiots utiles des grands se partageant le pouvoir…

crédit photo Sébastien RoussetteBon la journée « gilets jaunes » se termine, comme prévu les media ont fait une couverture exceptionnelle, bien loin des minorations ou de  l'ignorance volontaire des conflits sociaux, des manifestations de 120 000 personnes réduites médiatiquement à 7 000 ou des violences organisées imputées aux manifestants…

Même si je considère la colère populaire comme tout à fait légitime, je n’ai pas participé à cette journée et ai expliqué pourquoi, en ayant reçu mon lot habituel de critiques et certaines injures du type « troll au service de Macron ». Certaines venaient de camarades un temps côtoyés dans la belle aventure de l’espoir qu’était le PG. Peu importe, la vie militante et l’honnêteté intellectuelle à laquelle j'ai toujours été fidèle au prix des réussites électorales d'ailleurs, m’ont si bien habitué, sauf avec quelques amis tristement perdus,  depuis si longtemps, à ce genre de choses, que j’y survivrai.

Je n’ai pas participé à ce truc pour plusieurs raisons :

D’abord pour l’essentiel, l’éco socialisme, cette belle charte élaborée par le PG, reprise dans le programme 2017 du candidat Mélenchon qui pose le problème du carburant autrement que pour son prix. En effet dans cette affaire, le problème n’est pas le prix du carburant, c’est le carburant lui-même. Le choix que nous avions fait, celui que je prends en tous cas à mon compte, c’est bien la volonté de sortir des énergies carbonées et d’organiser la vie pour que désormais nous ne prenions plus à la planète plus qu’elle ne peut donner.

Sortir de l’énergie carbonée, c’est organiser le territoire pour que la voiture ne soit pas indispensable à la base de la vie, pour que l’école, la poste, le médecin, l’alimentation et les produits de nécessité  soient remise au centre du village en lieu et place des trusts capitalistes de la grande distribution, des maisons médicales en périphérie, des postes et des écoles disparaissant obligeant à la voiture , c’est concevoir la production pour éviter les approvisionnements coûteux en transports, sortir de la stratégie du «  juste à temps » et permettre sans sanction fiscale les stocks au plus près du lieu de vente, concevoir le déplacement nécessaire en transport en commun notamment ferroviaire, c’est mettre en place le vrai circuit court du paysan au consommateur par les formules de proximité, c'est bien sûr aussi taxer comme cela se doit les vrais pollueurs que sont le kérosène ou les gigantesques cargos et autres bateaux de croisière.

Je ne sais pas si «notre camp» devait se joindre à ce mouvement. Sauf chez les inconditionnels qui suivent sans réflexion et répondent parfois avec sectarisme, les avis diffèrent sur ce point et tous les arguments sont respectables. Mais s'il devait participer, j’aurais trouvé judicieux qu’au moins on y aille en développant ces points plutôt que cette tarte à la crème du « tous contre Macron » qui sert désormais de stratégie en lieu et place de la Révolution citoyenne que nous préparions au PG et j’aurais aimé que le discours du politique que j’admire et soutien, Jean-Luc Mélenchon, outre ce développement, revienne à ce qu’il avait dit si clairement à Lille « ceux qui participent ont droit à notre respect, ceux qui ne participeront pas également ». Malheureusement, l’outil FI qu’il a créé domine désormais sa stratégie et ne lui permettait pas autre chose que de se lancer dans ces slogans discutables de soutien absolu autour de la colère, du « fâchés pas fachos » ou du « Macron dehors ».

La seconde raison pour laquelle je n’ai pas participé est plus profonde, plus imprégnée de l’histoire et de l’expérience.

Certes pour ce mouvement, parti d’un appel aux opinions non identifiées, très très vite relayé par les deux partis d’extrême droite RN et LP, soutenu par la droite extrême des LR, ma réaction première était logique « je ne me mélange pas avec ceux qui me mettront en prison, m’enfermeront dans un stade ou me contraindront à l’exil », je n’ai jamais parlé de complot de ces partis pour la seule et bonne raison que ce n’en est pas un. Le problème est en effet ailleurs.

Le problème est dans la vulgarisation des idées et des comportements tragiquement libérée par les attitudes conjointes du PS des années 80 qui imposa leur parti porte parole comme ayant droit de cité et la période Sarkosi des années 2000 qui les a portées au pinacle.

Ne pas laisser la rue et la colère au RN et à LP, en se joignant à tout ce qui bouge, est à mon sens une fausse solution car elle est illusoire en termes d'efficacité dans le combat contre ces idées et ces idiots utiles de tous les partis se partageant le pouvoir depuis 35 ans élus au nom du moindre mal qui est quand même le mal.

Le problème, chacun peut le mesurer, il se trouve dans les têtes remplies par la logique du libéralisme qu’ont imposée à la fois PS, LR, LREM, facteur de banalisation d'idées enfouies dans des esprits qui les refoulaient jusqu'alors. Il se voit dans les discussions quotidiennes, dans la rue, chez les commerçants, au comptoir des cafés, dans les discussions d’amis ou de famille. Il se concrétise par les arguments de refus de la différence, de slogans du type « gitan voleur de poules », « arabe ou musulman systématiquement islamiste », » homo forcément pédophile », « juif riche, profiteur et avide de fric », dans l’utilisation d’un vocable qui use et abuse des termes révélateurs, les youpins (si si on l’entends encore) les bougnoules, les cousins, les gris, les voleurs de poule, les pédés et les gouines,  bref tous les éléments qui ont conduit tant de gens à se retrouver ensemble derrière certains barbelés. A titre d'exemple, j'ai eu ce 11 novembre, sur l'une de ces manifestations du souvenir une discussion avec un monsieur âgé, respectable, gentil, ancien ouvrier sans doute et très vite j'entends ce discours qui peut paraître décalé et tiré par les cheveux mais tellement révélateur que tout argument raciste est possible " tous ces morts de 14 n'ont pu faire d'enfants, donc à la libération, ces enfants auraient été nécessaires, nous sommes allés chercher des ouvriers dans le magreb, aujourd'hui leurs enfants qui n'ont pas de boulot et qu'on finance nous conduisent à l'islamisation". j'en suis resté coi mai oui, le mal est profond, très profond et le terrain est prêt pour renouveler l'horreur du fascisme.

Cette campagne pour la baisse du prix du carburant est révélatrice de cette situation. Sur les vidéos amateur qui ont circulé, dans les discussions qui ont alimenté ces journées pré-manifs, nous n’avons pas vu et entendu autre chose que «  les politiques sont corrompus » « tous pourris » « les syndicats tous achetés », et surtout la contestation de l’impôt en tant qu’impôt,  j’en passe et des meilleures qui sont le langage courant du comptoir de bistrot et de la « fachosphère ».

Ce n’est donc pas un  hasard si ce mouvement bénéficie d’une couverture médiatique exceptionnelle, encore moins si le nombre sera sans doute présenté comme réussi car le nombre n’est que le reflet de ces pensées profondes et dangereuses libérées.

Vouloir lutter contre ces idées en s‘y agglomérant relève pour moi, d’une attitude fort dangereuse, déjà tentée lors du poujadisme et dont le résultat fut la mise en selle de Le Pen dès les années 50 et je maintiens que « souper avec le diable même muni d’une cuiller à longue queue » est un jeu suicidaire.

Non décidément, la révolution telle que nous la voulons ne peut passer par ce genre de manifestation, elle ne peut exister que par la mobilisation du monde du travail, le blocage de la production et du service alliée en France à la prise du pouvoir central par une force imposant la Constituante pour une 6ème République, bref la stratégie du Parti de Gauche portée brillamment en 2012 et 2017 par Jean-Luc Mélenchon, pas du blocage de quelques ronds-points suite à appel ambigu et soutenu par quelques tristes sires….

Ensuite et bien, je dis banco…si ce mouvement continue socialement, si demain comme dans un certain mois de mai, l’un après l’autre les lieux de production sont occupés, si la grève devient enfin générale, si la revendication et l’action poussent ce pouvoir vers la sortie et cette 5ème République à en mourir pour laisser la place à notre camp en imposant la Constituante, s’il permet au mouvement syndical et à la vraie gauche portée par Mélenchon ou l’un ou l'autre de mes brillants camarades du PG d'incarner le peuple de gauche,  alors je ferai amende honorable et j’en serai.

Mais je suis malheureusement tenté par un autre pronostic, celui qui, au travers du prix du carburant et du refus de l’impôt, continue ou se manifeste au-delà de ce jour, ce dont je doute, il conduira à une toute autre issue, une catastrophe autour des idées nauséabondes où chacun, comme dans une autre époque, se défendra d’avoir pu la prévoir…

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04 novembre 2018

Etats d’âme

Aragon_20181104_0001_NEWEtat d’âmes fut le titre d’un bon film de fin des années 80 qui, malheureusement, n’a pas eu le succès et donc la diffusion qu’il aurait largement méritées.

Il exprimait toute la déception des militants de l’espérance révolutionnaire des années 70 qui ont conduit nombre d’entre nous à espérer de 81 et à vivre la désespérance qui surgit lors de l’amnistie des généraux d’Alger et  le virage de 83.

Le parcours de ce que nous fûmes, la recherche d’un ailleurs, la tentation des alternatifs et l’impasse de ce type de mouvement, le petit tour de valse non concluant du côté du PC, les tentatives personnelles pour tenter de rester cohérents et fidèles à nos engagements, les trahisons encore et encore du PS ou de la CFDT, nous sommes des centaines à les avoir vécues, à nous y être usés, à avoir espéré, convaincus qu’il y avait un chemin.

Puis revint la lumière, autour de Mélenchon, le 29 mai 2005, nous fêtons pour la première fois depuis si longtemps, la victoire du non au traité européen et je suis de ceux qui se sont enthousiasmés un soir de 2008 aux accents du « bruit et de la fureur » d’un parti qui intégrait nos aspirations nées de 68 et de nos combats des années 70, celle du socialisme à visage humain, de l’écologie et de la République, celles de la laïcité et de l’égalité des droits.

Avec le tempérament qui est le mien, je m’y suis engagé sans compter. Bien sûr, je pressentais les germes de quelques erreurs, la stratégie du parti creuset et du Front de Gauche pouvaient freiner le développement d’un grand parti de masse et de classe, empêcher de prendre cette place vide, désertée depuis si longtemps par le PS et victime des louvoiements électoraux du PCF. L’expérience de ma vie militante pouvait enfin être utile, apporter sans rien espérer en retour cette part d’éclairage était mon vœu le plus cher, porter  et tenter de faire partager les thèmes qui firent notre réussite dans le développement de la CFDT en son temps, développement, organisation, formation, information constituèrent l’essentiel de mes activités, elles ne furent pas comprises, pas grave pour ce qui est de mon ego, dommageable pour la vie de ce beau parti et de ce que nous aurions pu en faire mais regardons le temps présent.

Notre société vit au rythme des réseaux sociaux, dangereux s’il en est avec son corollaire non moins dangereux, le rejet de toute organisation. Que tel ou tel individu aux opinions non identifiables se plaigne du prix du carburant lance un appel relayé très vite par les forces de droite extrême ou de l’extrême droite et la machine embraye vantée par les media bien absents en d‘autres circonstances, entraînant les populations à la remorque d’un mouvement aux suites si incertaines qu’elles ne peuvent qu’‘être dangereusement inquiétantes et notre parti exsangue ne peut plus jouer le rôle critique que la situation imposerait, la mouvement dans lequel il s’est noyé se trouve condamné à une déclaration de circonstance et à se diviser sur l’attitude à tenir alors que les propositions du programme présidentiel de Mélenchon, l’AEC, portait les revendications les plus claires et les plus ambitieuses sur la situation.

Sur ces mêmes réseaux sociaux, ce jour, nous entendons un phénomène encore moins développé et, au combien inquiétant lui aussi, l’appel à détruire des boucheries au nom du véganisme…Faut-il aussi le relayer s’il se développe parce qu’il vient du peuple ?

Faudra-t-il relayer cette soi-disant colère lorsque que tel ou tel loustic appellera un jour ou l’autre à envahir telle ou telle banlieue pour y faire le ménage et qu’il sera lui aussi populaire ?

Non, de grâce, posons-nous et réfléchissons quelque peu à la différence qu’il y a entre colère et revendication, entre mouvement social et agitation mais qui peut le faire ?

Oui qui peut le faire à part une organisation développée, pédagogique, structurée composée de vrais adhérents qui réfléchissent dans des structures organisées ?

Qui peut le faire alors que le tout numérique conditionne les individus à tout régler, sans aucun contact humain, derrière la machine ou le clavier, l’adhésion au parti comme les gestes élémentaires de la vie, des achats comme de la démarche administrative, la réaction épidermique sur tel ou tel évènement.

J’ai toujours cru que rien n’était perdu, que l’être humain avait les capacités pour se ressaisir, que si nous le voulions, nous pouvions maîtriser les situations et notre destin.

Au vu de ce qui reste de notre parti qui portait l’espérance, au vu du ballotement constaté du mouvement FI au gré des calendriers électoraux, des évènements ou des appels des réseaux, en ce temps de ma vie ou les affres cruspuculaires se font sentir, j’avoue avec tristesse voir revenir ce temps que de 2008 à 2016, je croyais révolu….celui des états d’âme, des incompréhensions, bref ce temps où l'on veut encore croire que notre belle jeunesse aura les sursauts salutaires mais où l'on souffre de notre réalité d'homme de devenir impuissant devant les forces colossales du capital.

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19 octobre 2018

16 octobre 2018 preuve que la révolution, même citoyenne, ne sera jamais un diner de gala.

119209150Les perquisitions, chez Jean-Luc Mélenchon, ses collaborateurs, nos locaux et les domiciles de ceux qui l’accompagnent dans notre combat, perquisitions qui sont entachées, semble-t-il de fortes irrégularités notamment le blocage des responsables à l’extérieurs des lieux perquisitionnés, l’absence des PV légaux etc… ne sont en fait qu’une mauvaise manœuvre d’intimidation et de mise à mal de la principale force d’opposition. La prestation du Président de la République, les suites judiciaires laissent à penser que l'opération va se retourner contre ses géniteurs.

Ils se sont opérés dans le cadre de procédures préliminaires, c’est-à-dire sur ordre du parquet dépendant du politique  et n’ont rien à voir avec ce qui s’est passé en d’autres situations (Fillon, Le Pen) où la procédure était judiciaire donc sous contrôle d’un juge indépendant.

Ajoutons que, contrairement à Mme Le Pen, nos camarades se présentent à la convocation des juges, Jean-Luc Mélenchon en tête.

C’est donc bien de politique et non  de justice qu’il s’agit et, quoi qu’en dise une presse anesthésiée par le libéralisme et la bien-pensance, quoi qu’en disent les media qui font leurs choux gras d’une altercation tout à fait légitime, quoi qu’en dise le parti majoritaire qui est chargé d’applaudir à chaque phrase du gouvernement et quoi qu’en pensent les partis, syndicats et mouvements qui se terrent dans le silence, l’indignation est légitime, la colère de gens réveillés injustement à l’aurore et l’impossibilité de responsables à assister à la perquisition de leurs locaux ne l’est pas moins.

Mais cette affaire, la première émotion passée, est éclairante sur l’attitude de classe et sur les moyens mis en œuvre pour contrer toute volonté d’en finir avec le vieux monde, de décréter la république sociale et le pouvoir du peuple sur la bourgeoisie.

Ce n’est pas nouveau, à chaque fois que les forces du capital sont aux abois et les 7 millions d’électeurs sur le programme de Jean-Luc Mélenchon font qu’elles le sont, à chaque chance de victoire, la classe dominante a toujours employé les mêmes moyens :

-         Intégrer presse et média dans le système de pensée par la possession financière, par la formation des journalistes qui cherchent deux ans avant qui sera le candidat au lieu de décortiquer honnêtement le programme, qui donnent le choix du second tour avant que le premier soit fait ou par la pression subtile sur ces derniers par les forces de l’argent.

-         Utiliser la force d’appoint du système qu’est l’extrême droite pour la mettre au pinacle et organiser à son profit la peur de la voir réussir

-         Criminaliser l’action syndicale et l’action politique par la répression des manifestants, par l’accusation de troubles, par l’action judiciaire.

-       Passer aux stades supérieurs que sont l’intimidation des responsables en vue, utiliser leurs colères et leurs déclarations pour casser leur mouvement.

-         Et enfin passer au stade ultime fascisant de l’empêchement d’agir par la prison ou l’assassinat.

 Ils ont utilisé ce déroulé dans toutes les périodes d’évolution pour la victoire, par l’assassinat de Robespierre et les accusations posthumes fausses et développées par l’histoire officielle  qui le concernent, par le massacre des communards, l’assassinat de Jaurès où ailleurs par le discrédit international sur Cuba ou le Venezuela là aussi par des informations fausses et ces mois derniers l’emprisonnement de Lula pour que triomphe leur outil politique d’extrême droite, on pourrait trouver les exemples à l’infini..

Les évènements de mardi situent la réalité française actuelle au point 4 de ce programme.

Nous le savons depuis belle lurette, la révolution ne sera pas un diner de gala.

S’il est foncièrement absolument exact que la victoire présidentielle nous est indispensable pour enclencher le processus, si dans le temps présent, il me paraît utile de réaffirmer que, pour moi, l’homme de la situation est Jean-Luc Mélenchon, l’époque est sans doute venue, à la lueur de ces évènements de nous réinterroger sur la stratégie employée.

Outre le fait que nous n’avons pas, me semble-t-il, à nous noyer dans un scrutin pour un parlement européen sans pouvoir ou à nous polariser comme force politique sur l’élection si compliquée des conseils municipaux, nous devons être clairs sur l’élection présidentielle et renoncer à cette attitude de la FI du légalisme à tout crin.

Oui nous devrons affronter les institutions de la 5ème République et ce n’est pas, par crainte du conseil constitutionnel, en demandant au peuple de confirmer son choix de la Constituante par referendum, que nous y arriverons. Revenons à la position initiale du PG : une Constituante élue décidée par le Président de la République et comme l’a dit en son temps Jean-Luc Mélenchon « dont l’élection sera convoquée dès le jour de l’investiture »

Oui nous devons mobiliser le peuple sur le terrain qui le concerne directement, celui du social où dès la victoire et encore mieux si c’est avant, il doit être mobilisé entreprise par entreprise, quartier par quartier sur la victoire sociale et replaçons-nous dans la tête du combat en relançant l’appel du 23 septembre 2017 au front social du monde du travail et des catégories exploitées.

Oui nous devons dénoncer, dénoncer sans cesse les mascarades du pouvoir, démontrer le mensonge permanent et s'il est exact qu’à défaut d’un parti fort et démocratique pour le faire, une bonne partie des députés du programme de l’AEC le fait très bien.

Mais de grâce, ne prenons pas le risque de nous embourber dans un légalisme exacerbé, dans cette fausse conception d’une démocratie, la démocratie bourgeoise, qui se limiterait à un chèque en blanc à des pouvoirs élus par une minorité d’électeurs, nous n’avons pas inventé la lutte des classes, elle est une évidence permanente mais organisons-nous pour reprendre le chemin de la victoire car pour le moment c’est la classe du patronat et de la finance qui la gagne.

Souvenons-nous simplement, clairement avec détermination que la victoire présidentielle n’est qu’un moyen, pas un but, que notre choix est le choix initial du Parti de Gauche, la Révolution par les urnes que nous appelons citoyenne mais la révolution, pas le gain de sièges locaux, européens ou départementaux. Evitons l’angélisme qui consisterait à penser que tout se passera en douceur, que ce système ne se défendra pas, que nous n’aurons pas face à nous en intérieur les forces institutionnelles et leurs auxiliaires, police, justice, media et qui sait même l'armée et que sans mobilisation des forces de notre peuple, nous referons inexorablement 1983 ou Tsipras.

Non vraiment, ne nous préparons pas à un diner de gala mais à un combat méthodique certes mais long et engagé…..

16 octobre 2018

Maurel et compagnie…bien triste fin de partie pour la Révolution citoyenne.

J’avais cologo PGmmencé la rédaction de cet article de blog hier, pensant le mettre en ligne ce matin. Il est bien sûr évident devant les éléments nouveaux de ce jour, à savoir une inacceptable et scandaleuse attitude de la « macronie » chez nos camarades, que ce ne sont pas quelques divergences de stratégie qui vont empêcher mon soutien qui reste inconditionnel à l’homme et camarade Jean-Luc Mélenchon, mon amitié aux camarades du siège de notre parti et ma solidarité dans l’épreuve aux camarades députés et militants de l’Avenir en Commun »

Ainsi ça y est, enfin dirais-je, après 35 ans de dérives du PS, après 5 ans d’une mandature scandaleuse, se drapant dans les couleurs d’une virginité retrouvée, les éléphants sortent de la jungle, se prétendant d’une aile gauche alors que nous le savons bien, la véritable aile gauche a quitté ce navire en 2008 derrière la courageuse attitude d’un Jean-Luc Mélenchon qui, créant le parti de Gauche sur le thème de la Révolution citoyenne a permis la renaissance d’un espoir perdu chez tous ceux qui, comme moi se trouvaient en « déserrance » des voies révolutionnaires nées d’un certain 13 mai 1968 suite aux « évolutions" libérales de la CFDT et du PSU, à l’impasse des mouvements alternatifs et à l’incompréhension avec le PCF.

Ces prétendus  frondeurs qui pendant ces dernières années ont allègrement laissé faire, voire soutenu dans certains cas les lamentables attitudes du gouvernement Valls, qui n’ont pas bronché quand Mélenchon fustigeait l’attitude d’un ministre de l’Intérieur immobile devant l’assassinat de notre camarade Rémi Fraysse à Sievens, quand un premier ministre faisait passer la casse d’un code du travail sous 49-3, quand dans chaque manifestation à Paris, à Rennes, à Nantes ou ailleurs, nos camarades se faisaient bloquer dans des nasses organisées et tabasser à tout va...

Voyant le vent tourner et leur parti moribond s’enfoncer dans son agonie, après le candidat bloqueur de Mélenchon nommé Hamon, les dénommés Maurel, Lienemann et même Dray décident qu’il est temps de sortir et de s’assurer une place dans les scrutins à venir et plus directement avec la seule force qui porte un vrai programme de gauche, le mouvement dit Insoumis.

Soyons clairs, je ne pleure pas sur la situation qui en résulte pour ce parti libéral. La situation qu’ils créent par leur départ aurait même tendance à provoquer dans mon esprit un certain grand plaisir, après tout ils ont compris ce qu’est le choix de ce parti 35 ans après beaucoup d’autres dont moi-même  et 10 ans après l’aile gauche que portait Mélenchon.

Je n’interviens pas dans les positions de la France Insoumise qui ne me concerne plus depuis pas mal de mois et qui fera sans doute un choix conforme à sa nouvelle ligne politique en accueillant certains d’entre eux, les bras ouverts et les postes d’éligibles à la clé.

Non je ne me préoccupe avec tristesse que de la situation dans laquelle se trouve mon parti, le Parti de Gauche, initiateur de la conception de Révolution Citoyenne comme remède pour notre peuple, porteur d’un programme intégrant à la fois la nécessité de mettre fin à la 5ème République, de créer les conditions d’une république sociale et éco socialiste par la Constituante élue, de porter haut et fort l’idéal d’une révolution par les urnes appuyée sur la mobilisation populaire et qui « ne ferait aucun arrangement sur un coin de table » en « ne s’arrangeant qu’avec le Peuple lui-même ».

En perdant son rôle critique, en abandonnant son programme dans le mouvement FI, en se mettant au service inconditionnel, avec tristesse je suis amené à penser que notre parti s’est perdu lui-même.

Et pourtant quelle espérance, il a apporté. La détermination de son Président d’alors, la jeunesse rejoignant en grande masse nos rangs, l’apport inestimable des écologistes qui ne trouvaient pas leur place dans le mouvement dit du même nom et qui, avec le slogan magnifique « Dans le capitalisme vert, le problème n’est pas la couleur » ont largement contribué à ce travail magistral que fut la charte éco socialiste. Le choix exprimé par 46 % de ses adhérents d’une dénonciation claire des traités européens et de la sortie de l’Euro lors du congrès de 2015 confortaient cette volonté exprimée d’un parti fort, démocratique, développé pesant de tout son poids sur les choix électoraux auguraient d’une nouvelle période fructueuse pour notre parti et notre peuple et je garde au fond de mon coeur ce slogan qui est né chez beaucoup d'entre nous à la suite de l'horreur des régionales 2015 "PLUS JAMAIS PS".

Les mois qui ont suivi et le congrès de 2018 n’ont pas confirmé ces orientations, nous le  paierons très cher longtemps mais ce parti, pour ce qu’il m’a apporté, pour le travail que nous y avons ensemble accompli reste une grande part de moi-même et celles ou ceux qui me verraient le mettre en danger en seront pour leurs frais même si pour les années qui me restent, sans évolution, j'ai choisis d’en être un simple adhérent.

Parce que la révolution citoyenne passe effectivement par la prise du pouvoir central, elle ne peut avoir lieu sans la mobilisation des masses. Sans l’affrontement inéluctable avec les forces dominantes notamment les institutions de la 5ème République, tel est le sens de mon opposition à la procédure  référendaire préalable pour la constituante décidé à Lille.

Parce que la prise de pouvoir et la révolution citoyenne implique automatiquement un choix social de classe, tel est le sens de mon opposition au choix du salaire net sorti lui aussi lors de la convention de Lille.

Pour ces raisons, je me suis écarté de ce mouvement sur lequel j’étais dès le départ dubitatif, ayant déjà vécu l’expérience de ce genre de truc hors partis dans les années 80.

Les déclarations, prises de positions sur le plan B notamment, les rencontres ici ou là avec Hamon et compagnie, n’ont pas calmé, malgré les attitudes plus que positives de certains députés, je pense à Mathilde, Loïc, Adrien, Ugo, Éric, Caroline et bien sûr Jean-Luc notamment, mes inquiétudes.

L’accueil réservé à Maurel et autre Lienemann, dans les rangs, dans les statuts sur les réseaux sociaux, dans les déclarations de responsables dits insoumis est, hélas la révélation de ce qu’il adviendra de la FI car ce serait vraiment un angélisme béat que de croire que ces transfuges d’un PS qu’ils ont accompagné dans sa dérive droitière et même répressive vont accepter en l’état un programme de l’AEC dont ils ne peuvent accepter ni la dénonciation des traités, ni la sortie de l’Euro, ni même la fin de la 5ème et dans lequel ils militeront pour une amélioration du fonctionnement existant de l’Europe, conduisant de fait le mouvement dans les travers du PS Bis….

Face à tout cela, un PG fort, ayant son autonomie dans la FI, aurait pu le dire et dénoncer. Hélas, mille fois hélas, il ne fera ni ne le pourra.

 

 

 

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10 octobre 2018

9 octobre, une sacrée série de dates

408735_478355455532936_160131224_nTrois de ces 9 octobre auront marqué ma vie personnelle et militante.

Ce fut d’abord 1967, nous apprenons par nos transistors (que les moins de 30 ans ne peuvent pas connaître), là-bas vers Villegrande, l’assassinat de celui qui aura fait rêver mon adolescence, le tenant de l’Internationalisme, le combattant de la Sierra Maestra, l’un des commandantes libérateurs de Cuba, Ernesto Guevara, médecin argentin devenu citoyen et ministre de la nation cubaine qui choisit de continuer le combat pour libérer ce pauvre et martyr continent d‘Amérique du Sud.

Puis 1978, dans un autre genre, à 49 ans, le chanteur belge qui enchanta notre enfance et notre adolescence, Jacques Brel, quelque part là-bas aux Marquises tirait sa révérence après nous avoir gratifié de son dernier disque et d’un superbe hommage sous ce titre «  Pourquoi ont-ils tué Jaurès »

J’ai choisi pour ce 9 octobre de limiter mon propos, de retenir un autre évènement survenu en 1998, à l’histoire d’une trahison, celle d’une grande partie de majorité des députés de l’Assemblée nationale, vous l’aurez compris, celle des députés PS.

Depuis 1970, avec Jean-Louis Bory, Guy Hocquenheim et le mouvement qu’il a créé, le FHAR, je suis, parmi tant d’autres combats de cette époque bénie entre toutes, de cette lutte légitime, celle de la reconnaissance et de la dépénalisation de l’homosexualité. J’en étais comme j’étais militant du droit des femmes, bref femmes, homos etc… l’égalité des droits quoi…

La volonté politique d’un Robert Badinter devait consacrer notre lutte par la dépénalisation comme Simone Weil avait consacré les combats de Gis-èle Halimi pour le droit à l’IVG. Nos luttes avaient imposé le droit… comme toujours.

Le combat était loin d’être terminé, nous voulions l’égalité totale, le droit à l’union, à l’adoption et c’est avec bonheur que nous vîmes émerger ce débat porté également par Elisabeth Badinter sur la scène politique par la proposition de loi d’un jeune sénateur Jean-Luc Mélenchon.

Elections désastreuses pour le PS en 1993, la proposition ne sera pas suivie de débat et reviendra sur le devant de la scène avec la majorité issue de la dissolution de 1997 sous la forme d’un projet de loi appelé pacte d’Union Civile.

Présenté au débat le 9 octobre 1998, je « sèche un de mes cours de cadre supérieur à l’ESSEC pour enfin jouir de ce signe de nos victoires » mais en fait de débat ce fut bien d’une trahison que je fus témoin. La plus que grande majorité des députés PS désertera ce jour le débat, laissant le champ libre à une motion d’irrecevabilité portée par la droite. Le député Noêl Mamère aura ce mot « " le PS ne voulait pas d'une loi pour des pédés"   Guigou/Jospin bafouillaient des prétextes à la noix du type « je regrette même si vous savez bien, ce n’est pas mon mode de vie » (Jospin) ou « ce n’était pas que pour les homosexuels, ce texte pouvait organiser la vie de gens voulatn vivre ensemble, cousins, voisins etc.(Guigou).
L’ouvrage fut remis sur le métier en 1999, le texte fut mis en débat mais une fois de plus, devant la fronde d’un « quarteron » de maires de droite tonitruant que «  jamais, ils ne célébreraient une telle cérémonie »,madame la ministre retira du texte la cérémonie en mairie et les couples qui voudront se pacser se contenteront d’une déclaration au greffe du tribunal… Bref j’ai vécu cela comme une réplique de la trahison de 98, ainsi pas question d’accès pour des homos à la maison Commune, ce serait trop voyant... Si cela n'est pas révélateur d'une réelle homophobie...

2013, le PS évitera la décision rapide, organisera par ses cafouillages et son indécision claire, la montée des intolérances, de l'homophobie au travers de la MPT, refusera énergiquement d'inscrire le droit à la PMA et traitera par les déclarations méprisantes, un utile et intelligent débat sur la GPA. L'égalité des droits n'est toujours pas totalement assurée à ce jour.

1983 m'avait révélé le PS antisocial, 1998/1999/2013 m'auront prouvé le PS lâche et homophobe.

Autant d'éléments pour alimenter mon choix trentenaire du "plus jamais PS" et je m'y tiens...

Mieux vaut en effet ne jamais être élu que devoir sa place à ces gens....

Oui, sacrée date ce 9 octobre.

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26 août 2018

Jean-Luc Mélenchon oui mais…..

27973258_155321615275899_1917419852262668404_nCe n’est un secret pour personne, je pense;  j’ai pour Jean-Luc Mélenchon depuis 1989, le respect, l’admiration pour l’homme de courage, pour le tribun, pour le fin analyste géopolitique qu’il est et je garde au fond de mon esprit ce que je lui dois dans la magnifique aventure que nous avons vécue avec le Parti de Gauche. N’étant en aucun cas groupie, ce qu’on a pu lui dire de moi, ce qu’il peut penser ou écrire à mon sujet ne fait rien à l’affaire, il aura toujours, parce qu’il est l’un des quelques hommes remarquables de nos républiques depuis Robespierre, mon soutien sans faille tant qu’il s’agit de son nom et de ses combats.

Ce n’est pas de cela qu’il s’agit dans les débats en cours, dans la formidable partie qui se joue contre le capital depuis des siècles. Ce qui est en jeu c’est l’avenir des forces et des projets qui nous mènent vers ce qui nous a fédérés, motivés, au sein du parti qui était notre ciment, la Révolution Citoyenne via la construction par le peuple lui-même d’une rupture avec les forces oligarchiques, donc avec les institutions de la 5ème République par une Constituante imposée par le président élu.

Et ce n’est en aucun cas, ni faire injure à Jean-Luc Mélenchon, ni renier nos combats et notre objectif commun que de dire que, non seulement nous nous sommes trompés au PG auquel, que personne ne se réjouisse, je reste fidèle adhérent, mais que la FI nous entraîne sur une pente tout à fait contraire à l’objectif fixé.

La révolution citoyenne exige des outils et une stratégie.

La stratégie, nous la connaissons, conquérir le pouvoir présidentiel, décréter la Constituante et convoquer son élection, commencer avec le parlement élu et en soutenant la pression populaire indispensable le programme des réformes sociales pour mettre fin à la misère organisée par 35 années d’euro-libéralisme.

En quoi avons-nous fauté ? Pourquoi n’avons-nous pas réussi à fédérer les classes populaires contre les lois Macron/El Khomri ? Comment n’avons-nous réussi la formidable campagne contre la casse du statut des cheminots ?

Beaucoup de questions sur tous ces thèmes mériteraient une profonde réflexion interne à notre parti et accessoirement au sein de la FI si tant est que ce mouvement ait un avenir. Réflexions qui à elles seules auraient motivé le maintien de l’université d’été du PG, désormais bien trop absent du paysage et qui auraient dû mobiliser ces fameux amfi2018 à Marseille.

Commençons par le Parti de Gauche. J’ai la chance et elle m’aura marqué pour longtemps, d’avoir rencontré ce parti, d’avoir vécu la belle aventure de conseils nationaux en conseils nationaux, de congrès en congrès. Même si j’ai combattu la stratégie du parti creuset, de l’erreur enfin reconnue du Front de Gauche et fortement douté, à l’expérience je n’avais pas tort, de celle de la FI, je me suis battu sincèrement et je le crois respectueusement, sans jamais tomber dans les attaques ad hominem, parce que ce n'est pas mon fonctionnement et que si tout venait de quelques hommes ou femmes, ce serait simple à régler, pour ce à quoi je crois.  

Et ce que je crois, je le dis et le redis sur tous les tons : il n’y a pas de solutions sans un parti fort, clair sur la stratégie et les alliances éventuelles de circonstance ( on ne peut pas passer de l’extrême d’aduler le PCF à l’extrême de ne plus le rencontrer par exemple, encore moins et de loin du « plus jamais PS » à l’acceptation d’une soi-disant aile gauche valable ou de socialos porteurs des aberrations « hollandiennes » ), un parti organisé, développé, démocratique avec une politique décentralisée de cotisations, de formation, avec un outil d’information performant. Avec les nombreux camarades qui se retrouvaient sur cette ligne et qui contraints ou écœurés, ont malheureusement quitté le navire, je reconnais que nous avons perdu et que l’allégeance à la FI est un naufrage dans lequel nous serons les premiers à sombrer. Cependant cette réalité du parti fort n’est pas nouvelle, le PC par son organisation en fut très fort en son temps et reste solidement ancré, le PS à Epinay s’en est servi pour conquérir le pouvoir, même s’il a dérivé en 1983.

Mais aujourd’hui, la FI sur un programme qui était celui du PG, y compris, et peut être surtout, la belle charte éco-socialiste, qu’elle s’est contentée d’amender et pas en bien pour ce qui concerne la Constituante mais surtout et beaucoup plus grave, par l’abandon de la notion de salaire en faisant référence au salaire net etc. se situe en mouvement électoraliste. Faut-il trouver normal que la lutte contre le capital se transforme uniquement en lutte anti-Macron avec l’aide éventuelle de forces de droite qu’il s’agisse de LR ou de PS ? Ne doit-on pas s’inquiéter d’utiliser tous les scrutins, y compris le scrutin européen à cet effet ? Faut il accepter que les idées et fonctionnement personnel soient modifiées pour quelques voix? Devons-nous systématiquement nous user dans toutes les élections, y comris le  plus inutiles pour notre stratégie ou construire enfin la seule victoire importante dans notre état, la victoire au niveau du pouvoir national?

Certes, nous avons élu des députés et la majorité d’entre eux, celle  que je ne soupçonne pas d’ambitions électorales démesurées, fait un travail formidable, je pense notamment à Loïc, Mathilde, Ugo, Adrien mais le fonctionnement de cette Assemblée, les méthodes de débats, la volonté justifiable d’exister et d’apparaître ne risquent-elles pas de conduire à des compromis sur la ligne du programme l’Avenir en Commun qui, même imparfait sur certains points, reste et doit rester notre seul base électorale ?

Surtout ne mettons pas sous le tapis la réalité de notre pays, des services publics massacrés, un service de santé exangue, une pauvreté qui se répand de mois en mois, le programme du CNR aux oubliettes, une détérioration écologique consécutive à la loi du fric. C'est sur ces points que l'étincelle mettra le feu à la plaine et nous devons être prêts à la soutenir et à y répondre, c'est plus important que nos milliers d'amendements déposés et bananés par la majorité de godillots qui sera toujours une réalité dans la 5ème République et dans l'imbécilité du choix du quinquennat.

La logique d’un mouvement dit « gazeux » qui, par nature n’a ni structures viables, ni vrais pouvoirs de décision sur la ligne ne conduit elle pas au pouvoir exorbitant de ses élus et n’est-ce pas ce que nous découvrons peu à peu dans une évolution qui va de la révolution citoyenne à la construction d’un nouveau PS qui ne sera pas celui d’Epinay mais celui qui conduisit à la dérive libérale et finalement au « Hollandisme », à une organisation qui fonctionne à coups de clics et de tirages au sort, empêchant de fait toute vie réellement démocratique..

Sans esprit critique, l'admiration légitime peut conduire, et je l'ai vécu plusieurs fois au soutien d'un homme ou d'une équipe. Il est vital d'y faire toujours attention et dans la création de la FI, dans l'allégeance du PG à la FI, dans la campagne des législatives, il y eut de ça aussi...restons ce que nous sommes, des militants conscients, critiques, c'est notre meilleur atout.

Autant de questions qui me vaudront sans aucun doute le retour habituel des accusations d’aigreur, de redondance, de lourdeur et j’en passe mais qui ne me feront pas dévier du fil de ma pensée. Oui Mélenchon est et reste l’homme d’état dont nous avons besoin, oui les années de travail du Parti de Gauche permettent l’espoir et il de la responsabilité de ceux qui ont la force et à qui reste la motivation d’exiger du PG qu’il prenne enfin sa place de parti de la Révolution Citoyenne et qu’il remplace l’allégeance à la FI par l’esprit critique…faute de quoi, mes amis, nous avons perdu pour longtemps et les discours brillants et mobilisateurs ne remplaceront pas la nécessaire force pour une société nouvelle, .sociale et démocratique, bref pour que viennent enfin les jours heureux.

 

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21 août 2018

Faut-il le redire ? Militant …pas politicien

15741187_646532938851467_8415851070963041619_nJ’ai déjà eu l’occasion de l’écrire, je suis un militant qui se bat contre le système capitaliste, contre ses conséquences injustes, contre ses iniquités, contre ce qu’il produit de haine, de guerre, de divisions entre les individus sous prétexte de races, de différences d’orientation sexuelle, de couleur de peau et autres discriminations…

Ce combat-là ne cessera jamais et je me situe clairement au niveau de la réalité de la lutte des classes, dans la classe qui est la mienne, celle des victimes et des exploités.

En son nom, la vie m’a donné ce bonheur d’être à leurs côtés dans le combat syndical depuis ce jour de décembre 1964 où je m’y suis investi, depuis la belle espérance révolutionnaire de mai 68, depuis tous les combats sociétaux des années 70 où j’ai découvert les réalités des situations vécues dans les luttes pour l’égalité, contre la situation faite aux femmes ou aux homosexuels, les combat des paysans au Larzac, les dangers du nucléaire et cette action du pot de terre contre le pot de fer à Dampierre suivie de tant d’autres qui durent encore aujourd’hui. Grâce à elle, j’ai découvert le goût du voyage et ces premières études si enrichissante du système Yougoslave en 1971/72, ensuite de Santa Clara à la zone DMZ du Vietnam se révélait de magnifiques espérances, celle des vainqueurs de notre camp contre les impérialismes du capital et je devais m’inscrire à jamais dans l’espoir d’une Palestine libérée de ses colonisateurs et en paix…enfin.

Le monde politique quant à lui, ne m’aura pas réservé les mêmes espérances. Longtemps, très longtemps, j’ai cru que la victoire politique était le complément indispensable à nos combats et que sans cette victoire, dans ce qu’est aujourd’hui notre pays, nous n’avions aucune chance de réussite, je le crois encore aujourd’hui en partie, mais en partie seulement…

Même si, en politique je n’ai caressé en réalité qu’un rêve , devenu aujourd’hui difficile en raison de l’âge et des turpitudes de la vie politique locale, celui d’être le premier magistrat de ma ville de naissance qui a subit tant d’avatars depuis sa belle renaissance dans les années Dézarnaulds, le pouvoir n’a jamais été mon objectif de vie…Fort heureusement sans doute, la vie politique me l’a bien rendu.

Plein d’espoir et d’énergie, en parallèle de mes engagements syndicaux et sociétaux, je suis entré en 1969 dans le PSU au travers de la campagne de Michel Rocard. Mon ami, Jean-Pierre, beaucoup plus clairvoyant que je ne l’étais, m’avait prévenu de cette impasse avec une phrase que je n’ai jamais oubliée… « Être élu, député ou même choisi comme ministre ne servira à rien tant qu’il n’existera pas un couple d’hommes mariés pouvant se rendre en Palestine libérée ». C’était une image, quelque peu provocatrice bien sûr mais qui résonne si bien au terme de toutes ces décennies de combats…

Le PSU, belle aventure, belle école de formation politique a fini par me révéler la perversité du système, celle de la volonté de la conquête de sièges et de l’ambition électorale qui conduisit le parti à se fondre dans le PS pour un seul objectif, celui de la conquête du pouvoir présidentiel pour celui qui passa allègrement du pouvoir autogestionnaire à son soutien au virage de 1983…et bien pire ensuite…

Vint ensuite la période des alternatifs, comme tous les déçus de l’échec du PSU, de la CFDT révolutionnaire et surtout du virage droitier de la « gauche au pouvoir » en 1983, j’ai fréquenté le mouvement alternatif, celui qui croyait que les partis étaient dépassés et qu’il fallait passer au « mode citoyen ». Avec eux, j’ai porté 3 candidatures, municipales d’Orléans 1989, législatives 1993, cantonales Orléans 1994. Cette expérience là aussi fut très riche d’enseignements dans ce qu’est le mouvement politique. Certes nous avions rassemblé des centaines de non-engagés, nous avions fédéré des énergies et nous avions cru à leur agrégation…La suite nous a démontré les limites de ce type d’organisation et de ce qu’il produit comme générosité et comme désillusion, celle de l’illusion de vie démocratique interne  et notamment celle de créer des légions de déçus qui se retrouvent à chaque élection dans le but de rechercher « l’organisation idéale des non-organisés »

1995, pour les élections municipales de Gien, le PCF me contacte pour participer à leur liste, sorte de compagnonnage de route. Malgré les réserves que je pouvais faire sur l’attitude de ce parti en mai 68, vous savez, le fameux « juif-allemand », je me dis que tout parti évolue et je m’y engage. J’y ai découvert toutes les qualités et tous les vices que ce parti véhicule, j’y ai côtoyé des militants admirables, un idéal officiel proche du mien et un comportement permanent qui n’a pas changé et que je puis résumer en « pas de vérité en dehors du parti », les accompagnants sont les bienvenus, l’unité est un mot d’ordre mais la décision, l’analyse sont de la seule responsabilité du parti et de ses membres. Je vérifierai cette position lors de l’aventure, l’erreur comme j’ai essayé de le faire comprendre à mes camarades, beaucoup plus tard dans l’aventure du Front de Gauche.

Et puis se présenta le plus beau des espoirs un jour de novembre 2008. Un des politiques qui reste pour moi, en dépit de ce qu’il peut dire ou penser de mes analyses actuelles, l’homme du courage, le camarade brillant tribun qui sera un jour notre Président et je l’espère le dernier de cette 5ème République, Jean-Luc Mélenchon fonde le Parti de Gauche.

J’hésite, échaudé par les expériences politiques. Un jeune camarade, Bastien, admirable animateur local du Non en 2005 est le responsable local du parti. Je le contacte, J’adhère et découvre que les thèmes sont ceux, dans leur intégralité que je porte depuis mai 68, que le fonctionnement m’est assuré comme celui d’une totale liberté d’action et d’expression pour les adhérents et je me dis, naïvement sans doute, que le désaccord sur la stratégie « creuset » et » Front de Gauche » peut se modifier de l’intérieur. Je m’investis donc pleinement, comme dans tout ce que je fais, dans cette belle espérance.

Mes camarades me font l’honneur et la joie de me porter au conseil national du parti. Je prends cette décision comme une possibilité supplémentaire de me battre pour l’évolution du parti, pensant ingénument que je pourrais lui apporter l’expérience de toute cette vie militante. Ainsi commence pour moi, l’action pour un parti fort, organisé, démocratique avec les triptyques qui ont fait en son temps, la CFDT révolutionnaire des années 70 : organisation, information, formation. Une décennie après sa fondation, qu’en est-il ?

L’échec prévisible du Front de Gauche s’est révélé dès 2013 avec la perspective des municipales et l’attitude permanente du PCF qui se révèle conforme à sa nature. L’attitude du Parti de Gauche, notamment à Paris est courageuse et admirable. Ce petit parti (12 000 adhérents à l’époque) est capable de se mobiliser de constituer des listes dans les 20 arrondissements parisiens et de réaliser un score, certes moqué par les pisse-vinaigre de l’époque, mais remarquable par les conditions même du scrutin. Nous le mesurons encore aujourd’hui par l’attitude claire et déterminée de la seule élue du Parti de Gauche au conseil de Paris.

Nous avions donc tous les atouts. Portés par un programme riche, amendé positivement par la charte éco socialiste, il nous suffisait à ce moment de dénoncer la stratégie du Front de Gauche et de nous engager résolument dans une attitude de parti autonome, dans son développement massif, dans une politique de formation et d’information offensive.

Malheureusement, il n’en fut rien, dès l’été 2014, notre fondateur, le candidat que nous portons comme la seule solution, je le considère encore aujourd’hui, fait le choix du mouvement plutôt que du parti sur une analyse qui lui est propre, que je respecte mais à laquelle je n’adhère pas tant la vie m’a démontré que cette stratégie est suicidaire et ce fut l’émergence du premier mouvement dit M6R se fondant sur un seul thème certes fondamental mais isolé de la stratégie, la 6ème République

Mais  la logique électorale de conquête des places eut très vite raison de mes espérances, des centaines de militants engagés dans les élections départementales, des accords inadaptés dans les régionales eurent très vite raison de la faible évolution du congrès de 2015 où, pourtant avec enthousiasme et des mois de débats, nous avions inscrits dans les textes tout au moins, la non-viabilité de la stratégie du Front de Gauche et la volonté d’une politique de développement et d’organisation.

Puis ce fut la belle aventure de la présidentielle avec son déroulement parfait, ses meeting colossaux et le développement d’un talent de stratège et d’orateur hors pair. La campagne s’est faite sur la base d’un choix, celui du mouvement appelé France Insoumise, stratégie électorale pourquoi pas ? À la seule condition qu’elle reste une stratégie électorale….

La FI s’est construite sur le programme l’Avenir en Commun,  base des 8 années de travail du Parti de Gauche, sur le programme et la charte pour l’éco socialisme très vite amendés par quelques exigences électoralistes type le respect de la Constitution de la 5ème République pour convoquer la Constituante ou, ce qui est peut être pire, l’abandon de la notion de salaire brut au profit du salaire net. Le PG quand à lui, dès janvier 2016 se met en position de service et non de soutien critique du mouvement FI.

Se pose dès lors la question de la nature de la stratégie qui doit nous conduire à l’inévitable affrontement avec les forces du capital, en premier lieu le libéralisme imposé à toute l’Europe par le traité de Maastricht et l’Euro. Une visée électorale certes nécessaire en ce qui concerne la présidentielle vaut elle certains abandons type la nécessaire sortie de l’Euro par le plan B ? Vaut elle la mise en conformité d’un non affrontement avec les institutions de la 5ème  des 20 années combat de Mélenchon pour une 6ème République ?

Comme beaucoup le savent et comme chacun l’aura compris, je pense que la FI est une impasse, que les structures politiques de parti restent la solution, que le refus des partis par l’électorat est une légende et qu’enfin d’autres stratégies se sont construites et ont tenu le haut du pavé qu’il s’agisse du PS renégat mais qui s’est battu sur la phrase autant historique qu’hypocrite de François Mitterrand « celui qui ne croit pas à la rupture, celui-là n’a aucune place dans le parti socialiste » ou sur l‘organisation, à défaut d’une stratégie que je n’approuve pas, du PCF qui a su mobiliser quartier par quartier, usine par usine, fédération par fédération et bâtir une structure qui lui permet de tenir encore aujourd’hui beaucoup plus solidement qu’on ne le croit.

Pour toutes ces raisons, et les invectives de mes camarades, y compris ceux que j’admire le plus, ne vont pas manquer mais je le dis et l’écris, je ne suis pas un soutien de la FI, pour tout ce qu’il m’a donné et parce qu’il est notre seul espoir, je ne quitte pas le Parti de Gauche, je me mets en réserve de sa vie avec la conviction que l’histoire me donnera raison même si en cette semaine, il sacrifie son université d’été pour être « au service de la FI » et je maintiens, contre vents et marées, contre ce qui peut se dire ou se penser de mon analyse, mon admiration et mon soutien total à Jean-Luc Mélenchon en espérant sa victoire et sa persistance après dans les engagements qu’l porte.

Pour le reste, militant je suis, militant je reste et si, au moment de ces affres crépusculaires, les forces mentales et physiques continuent d eme le permettre on me trouvera dans els luttes sociales, dans les luttes écologistes du nucléaire au respect de la vie animale et végétale, notamment celle des arbres massacrés pour les projets  capitalo pharaoniques, aux côtés des migrants comme du valeureux peuple palestinien.

 

 

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17 juillet 2018

Triste fin de vie politique….la vie militante continue…entre autres

29498101_1835907056440541_1670714151881058648_nMilitant depuis mon adolescence marquée par les années de répression de la guerre algérienne de libération, l’horreur du putsch d’Alger vécu par radio interposée et des actes odieux de l’OAS y compris dans nos petites villes et les victoires du peuple cubain à Santa Clara mais surtout Playa Giron, il me serait impossible de renier cette situation et d’y mettre un terme.

Acteur investi à fond dans l’espoir de Mai 68 qui continue encore aujourd’hui, j’ai vécu comme déjà relaté, tous les combats qui en ont découlé, qu’il s’agisse du pouvoir dans l’entreprise, de la révolte légitime de la jeunesse et de l’espoir de la révolution sociétale que nous portions.

Je me suis jeté à corps perdu dans l’évolution que nous voulions pour la CFDT révolutionnaire notamment le plus beau des congrès en 1970 où, grâce à Eugène Descamps nous avons proposé à ce peuple du monde du travail le fameux triptyque  AUTOGESTION- PLANIFICATION DEMOCRATIQUE-SOCIALISME et reconnaissant comme base du combat social de la lutte de classes. Ce congrès ouvrait aussi pour moi, la plus belle expérience de ma vie, celle de permanent confédéral chargé, comme 2 autres camarades,  du développement et de l’organisation dans l’union régionale interprofessionnelle du Centre et de la structuration de l’union régionale des syndicats PTT.

Les années 70 furent celles de tous les combats sociétaux qui perdurent encore aujourd’hui : la rencontre avec les militants de la cause homosexuelle Jean-Louis Bory et Guy Hocquenheim et le début d’un long, très long combat pour le respect des différences et l’égalité des droits, ce furent Gisèle Halimi, Simone de Beauvoir, les 343 salopes pour le droit à l’avortement, ce fut le Larzac, la démocratie dans l’armée et la découverte des dangers et de la supercherie du nucléaire avec Dampierre, et au travers cela du problème global de l'écologie…

Les années 80, outre la déception portée par le virage de la CFDT dans le sillage de celle du PS, fut pour moi celle d’un grand combat solitaire, trop solitaire sans doute, d’un dossier d’adoption en célibataire, période où j’ai découvert la perversité d’un système, celui de la loi qui prévoit le cas, des réactions catho des assistantes sociales qui parlent d’intérêt de l’enfant avec le slogan « l’intérêt de l’enfant commande un papa-une maman », du Conseil d’Etat qui invalide la décision négative du TA et de la DDASS moralisatrice qui sait détourner la décision judiciaire en publiant de nouveaux arguments jusqu’à la lassitude du demandeur et probablement la disparition de l’enfant à sauver dans un pays en guerre civile.

Curieux temps que celui que nous vivons où un certain politique notamment PS a récupéré les lauriers de la gloire en  adaptant ou pas, les victoires nées de ces combats. Gisèle Halimi est restée dans l’ombre de la « panthéonisée » Simone Veil, les militants des 50 ans pour la cause homosexuelle sont effacés par la loi Taubira en oubliant même, sauf chez les militants, le courage d’un Mélenchon en 1989, le nucléaire s’est banalisé et anti-nucléaires d’aujourd’hui nous sommes encore plus ringardisés que nous l’étions il y a 45 ans, le Larzac continue à Bure, à Notre-Dame des Landes avec des difficultés et des répressions que la droite giscardienne n’a jamais voulu nous infliger à ce point…

Le temps de la vie, c’est le temps long, pas celui de la prochaine étape électorale, celui de la cause sociale et sociétale, celui de la longue marche vers les jours heureux que probablement je ne connaitrai pas mais de laquelle je suis un militant et jusqu’à ma dernière opération, mon dernier traitement même lourd, mon dernier souffle, je le resterai, fidèle, toutes proportions gardées à mes symboles admirables de jeunesse: Che, Fidel,Camillo, Ho Chi Minh, Tito, Jean Moulin et tant il reste de causes à défendre en dehors du champ politicien…Citons les combats du moment, la lutte contre la désertification de nos villes moyennes et zones rurales et pour ce qui me concerne, ma ville aimée de Gien, le combat pour le respect des êtres vivants et, récemment découverte, la nécessaire globalisation des actions contre les abattages absurdes et mercantiles des arbres plus que centenaires de nos villes, le droit à la vie des peuples colonisés, en premier lieu les Palestiniens, le développement au rail public et déjà se profilent d’autres combats comme les compteurs Linky. Oui comme depuis le début, je suis, je reste et je resterai un militant.

La vie politique c’est autre chose, depuis 1970, je pense que la victoire politique est la condition indispensable d’aboutissement de nos rêves et de nos utopies qui ne sont comme chacun sait, que les évidences de demain mais depuis 1970, le choix politique est aussi le lieu de toutes mes déceptions et le cimetière de nos espérances.

En 1969, porté par les écrits et déclarations de Michel Rocard, j’adhère au PSU, lequel finira comme chacun le sait dans l’escarcelle du PS sous le poids des ambitions électorales de Rocard qui porte une lourde responsabilité dans la dérive libérale de 1983 et bien plus dans celles années 90. Je suis donc amené à le quitter assez rapidement.

En 1978, un peu anesthésié par les sollicitations d’amis, j’accepte une adhésion au PS, pensant que je pouvais être utile et que Mitterrand qui n’est pas ma tasse de thé depuis l’Algérie ou sa tentative de récupération en mai 68, serait vite dépassé par de jeunes et brillants camarades…Belle erreur de ma part même, si je respecte l’homme de culture que j’avais rencontré avec une délégation conduite par Edmond Maire en 1974, et son statut de grand Président. En 1982, il amnistie les généraux félons d’Alger, en 1983 il choisit clairement l’Europe libérale face à l’Europe sociale…Je rectifie donc mon erreur en quittant ce parti immédiatement.

Et puis est venue l’expérience des alternatifs avec qui j’ai été une fois candidat aux législatives, deux fois à des élections locales, les municipales d’Orléans et les cantonales. Ce que j’en retiens, c’est la générosité des militants mais la limite de ce type de mouvement, limite qui atteindra inévitablement la France Insoumise, à savoir que le refus d’organisation conduit très vite des militants à l’isolement et la recherche permanente de l’organisation idéale des anti-organisation.

Une expérience électorale fut la dernière en compagnon de route du PCF à Gien en 1995 où j’ai vite compris la réalité de ce parti…Ou tu y entres comme en religion ou tu ne seras sollicité que pour faire effet sur la prochaine liste pour le prochain scrutin….

2008 fut pour moi une autre révélation, un homme d’exception comme il existe peu, un camarade courageux, un tribun comme on n’en voyait plus, auteur de la proposition de loi pour la vie commune des couples de même sexe en 1989, animateur du combat pour le non en 2005 quitte enfin le PS pour créer le Parti de Gauche; Jean-Luc Mélenchon.

Etudiant ce projet, découvrant avec grand intérêt qu’on y retrouvait, mis au goût du jour, tous nos espoirs et nos thèmes de 1968 et de la CFDT révolutionnaire, ayant établi une relation personnelle dans le Giennois avec un brillant jeune camarade qui m’impressionna en 2005 et qui l’animait, j’adhère immédiatement et nous faisons un boulot formidable sur notre secteur qui me conduit assez vite à entrer et j’en remercie mes camarades du Loiret au Conseil National du PG pendant 5 années, à faire l'effort malgré la distance d'une journée par semaine au secteur organisation, à participer aux congrès ou universités d'été.

Ces années furent formidables, ce furent vraiment les seules années passionnantes de ma vie politique et pour cette raison, quoi qu’il arrive, ce parti encaissera toujours ma cotisation. Nous avons su, dès 2013, nous apercevoir que la stratégie du front de Gauche nous conduisait à l’impasse, nous avons élaboré la plus belle des chartes : la charte éco socialiste.

Malheureusement le travers de toute organisation politique, l’ambition électorale  a gagné notre parti dont le but était la révolution citoyenne basée sur la victoire à la présidentielle et l’affrontement politique avec les forces de l’ancien monde notamment la constitution de la 5ème République, électoralisme qui nous conduisit au gaspillage d’énergie sur toutes les échéances, y compris les plus inutiles stratégiquement et à la constitution d’un mouvement qui apparaît de plus en plus électoraliste, qui impose de s‘adapter aux exigences du système, qui remplace le choix d’appeler à la Constituante dès la victoire par l’anticipation de l’opposition réelle des forces de la 5ème République, qui oublie peu à peu la réalité de la lutte des classes pour une union du peuple qui peut conduite à recréer l'illusoire union de la gauche, qui cherche à coller aux instincts rapides du peuple électoral et qui conduit même à la conversion au sport populaire et à ses dérives mercantiles.

Malheureusement, alors qu’il se devait d’être l’aiguillon anti dérive organisé et fort, notre beau parti a choisi de se mettre « au service », c’est sa plus grosse erreur de stratégie.

Chacun l’aura compris, la situation marque tristement pour ce qui me concerne la fin de toute vie politique, même si, je le répète, pour les raisons invoquées je ne quitterai pas le parti de gauche, même si je ne répondrai jamais aux invectives qui me sont faites. Inutile pisse-vinaigre sans doute mais inutile pisse-vinaigre respectueux du bonheur retrouvé que ce parti et son fondateur m'ont permis…

Et maintenant…. Eh bien, la vie continue, le militant sera toujours présent sous les platanes de Gien, dans les combats contre le nucléaire, l’homophobie et tous les racismes, le peuple de Palestine et tant d’autres luttes nécessaires.

L’individu quant à lui, entré dans ce temps du crépuscule et de ses affres, outre la recherche et publications sur l’Histoire de Gien, essaye de s’atteler à une tâche rêvée depuis l’adolescence, l’écriture sous la forme d'un roman autobiographique si une vie militante aussi riche peut-être utile…

En espérant que les centaines d’amis, au moins ceux qui n’ont pas cessé de communiquer en raison d’une forme de sectarisme, continueront de témoigner de nos sentiments réciproques, en tous cas la maison leur reste ouverte….

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