50 ans après...

09 mai 2020

Ce que cette crise sanitaire m’aura appris

12733381_1013524508718898_2084957615836840409_nComme tous les évènements d’importance vécus, cette crise est porteuse de leçons et d’apprentissages. A l’instar, je crois de Nelson Mandela, je dirais que: « je ne perds jamais, j’apprends ».

Je dois à mai 68, la révélation d’un mouvement populaire, de ce qu’il porte de victoires comme de désillusions, aux années 70, tout à la fois la connaissance du marxisme, la réalité souvent inquiétante du progrès et de la croissance sans limites  et la nuisance de certaines technologies comme le nucléaire, les années 80 les désillusions, leurs conséquences, la fausse gauche et la limite des mouvements dits alternatifs et les années 2000/2010 la puissance des idées qui refont surface, l’éternel remise en scène des résistants à l’oppression, à la misère avec l’espérance comme épée et les sempiternelles fausses solutions, celles de l’impasse du capitalisme aménagé ou pas, celle des limites sur les meilleurs d’entre nous de l’électoralisme supplantant la stratégie, celle du mouvement improbable croyant le temps des forces organisées révolues…

Cette crise sanitaire comme les autres crises, m’aura apporté son lot de questionnements, de recherche, de temps d’analyse.

Bien sûr, ce temps forcé de confinement favorise ce type de réflexion, d’introspection ou d’analyse. Je n’aborderai pas ici ce qu’il m’apporta à titre personnel. Sauf à dire le bonheur qu’il y a à le vivre en maison avec petit terrain, sans oublier de penser à ceux qui durent supporter les difficiles conditions d’un studio ou petit appartement parfois avec enfants, le reste est du domaine de l’intimité qui ne concerne que ma famille et quelques amis très proches.

Non c’est de politique, de vie sociale et sociétale,  auquel ce blog reste fidèle, qu’il s’agit ici et cette période est riche des enseignements qu’il nous faudrait intégrer dans nos combats et même si je ne suis pas forcément optimiste sur leur devenir, même si je crains beaucoup que le monde d’après soit semblable, voire pire que celui d’avant, la vie militante doit être faite d’optimisme et d’espoir.

Cette crise est d’abord et avant tout révélatrice de la justesse des analyses et des constats que nous devons aux travaux de notre Parti de Gauche qu’il s’agisse de la nécessité d’une autre République, de l’exigence d’un nouveau contrat social et peut-être surtout de la charte pour l’Ecosocialisme.

Dès le début de cette affaire, la « majorité » issue de 2017 a montré son véritable visage. D’abord, elle a nié l’ampleur du danger, puis contrainte de se rendre à l’évidence le Président monarque a convoqué en urgence et un samedi pour bien montrer l’importance du fait, un conseil des ministres. Empêtré dans une Enième et inutile réforme des retraites, ce conseil majeur devait sacrifier l’affaire du corona virus pour faire voter par sa majorité de « godillots », le recours à l’article 49-3…Bon voilà une affaire qu’il croyait réglée mais celle-ci n’empêcha pas le virus de circuler et de se répandre…Il fallut donc se résoudre à mettre ce texte sous le boisseau et passer à l’action contre la pandémie…

Le confinement général fut donc décidé et s’appliqua dès le 17 mars…mesure nécessaire, bien acceptée et globalement bien respectée.

C’est sous l’angle de  l’organisation sociale qu’il convient de regarder tout ceci et de détecter les réalités historiques d’une situation, les positionnements qu’elle implique, les choix d’avenir bien cachés mais réels qui en sont la marque de fabrique.

La réalité historique apparaît d’abord avec l’affaire des masques, des tests, du système hospitalier.

Ainsi se révèle au grand jour la réalité de notre système de santé, la justesse des luttes des hospitaliers pour l’avenir de leur métier et de ce qu’elle ne peut plus apporter à la collectivité, la destruction sur 10 années environ (et plus si l’on y regarde de plus près) de tout un système reconnu comme l’un des meilleurs du monde et, en toute hypocrisie, les porteurs de cette situation encouragent les populations à applaudir nos soignants tous les soirs à 20 h, reconnaissance appréciable et méritée certes mais si aléatoire au regard du peu de soutien à leurs combats antérieurs…

Se démontre également dans la gestion de cette crise, la conséquence de la casse organisée, elle aussi, depuis tant d’années de notre capacité de production, de la fermeture de nos usines qui produisaient des masques ou autres accessoires indispensables et la volonté de la droite en général et de cette majorité en particulier de ne pas y remédier même temporairement par la réouverture ou la nationalisation de ces unités de production, choix criminels s’il en est…

Une autre révélation, celle des choix de chaînes commerciales

Certes ce n’est pas d’aujourd’hui que le système capitaliste a fait le choix de s’attaquer aux chaînes commerciales et de mettre en place avec de fallacieux arguments de grands trusts commerciaux évoluant au fil du temps en la concentration de 4 ou 5 grands propriétaires ou actionnaires de haut vol.

Ceci a pour conséquence depuis environ 5 décennies d’avoir vidé nos centres- ville de toute vie collective et d’avoir organisé une chaîne agro-alimentaire autour de la mort de milliers de petites exploitations paysannes. Ceci lui fut très facile autour du faux argument de bas-prix, de côtés dits pratiques, de facilités accordées par les mairies alléchées par les aménagements promis et de volonté du tout automobile à grands renforts de parkings gratuits.

Mais tout ceci ne demandait qu’à être conforté dans cette crise et notre gouvernement s’y est employé avec célérité… en interdisant dans un premier temps les marchés qualifiés de porteurs dangereux du virus tandis que circulaient librement et, au début tout au moins, sans précaution des milliers d’acheteurs en grande surface… en laissant se développer l’achat de produits impossibles à trouver en raison de la fermeture des commerces de proximité type librairies, bricolage etc…

Si seulement dans cette affaire, une prise de conscience se faisait chez tous ces artisans, commerçants, paysans que leur situation est proche de celle de millions de salariés et que  leur inclination historique à la droite ne sert aucun de leurs intérêts bien au contraire mais ça…

Une réelle utilisation liberticide

Je ne suis pas adepte des théories du complot, contrairement à ce que certains peuvent  penser, je ne vois pas le mal partout ni l’occasion de râler sur tout et sur rien. Mais, me limitant aux faits constatés, force est d’admettre que, au travers, de cette crise, une réelle volonté de ce gouvernement est de faire entrer dans les têtes et dans les textes, un certain nombre de décisions dangereuses pour nos libertés fondamentales.

Ainsi se mettent en place un certain nombre de droits, échappant aux décisions judiciaires,  ouverts aux forces de police, à certains catégories dont ce n’est en aucun cas la vocation, des encouragements à certaines formes de délation ou des outils numériques permettant de suivre chacune et chacun dans les lieux et actes de sa vie.

Parallèlement à ceci reviennent comme en d’autres temps les arguments du type rassurant « je n’ai rien à me reprocher donc je ne risque rien » "je dénonce pour l'intérêt général", c'étaient aussi les arguments d'un autre temps et m^me certains porteurs d'étoiles s'y étaient laissé prendre n'ayant effectivement rien à se reprocher…

Sachons simplement nous souvenir que ce qui est temporaire a toujours fini par devenir inscrit dans la loi et que tout droit rogné sur la liberté individuelle est par nature dangereux…

Souvenons-nous toujours de ce slogan répété à l’envi : « pour votre sécurité, vous n’aurez plus de libertés »

Une volonté d’en profiter pour casser le social

S’il en était besoin, n’oublions pas de nous souvenir également, combien de droits sociaux sont remis en cause sous couvert de remise en ordre de l’économie, en réalité pour satisfaire les desiderata du MEDEF…35 heures, droits à congés, utilisation abusive de RTT t sans doute demain remise en cause de la Sécu etc…

Une révélation de la justesse de notre choix écosocialiste

La situation de la planète, l’évolution des constats en quelques semaines de non production et de non circulation montre clairement la liaison entre la vie telle que nous l’impose le système capitaliste et l’évolution du climat, des crises sanitaires, de la vie ou disparition des espèces et intimement liée à ce système et qu’il ne peut y avoir de « capitalisme vert ». Ceci rend définitivement caduque toute conception de l’écologie « qui serait compatible avec le capitalisme » et redonne à nos engagements écosocialistes la force qu’ils méritent pour s’imposer dans le peloton de tête de l’écologie politique.

Un homme d’Etat confirmé

Les hommes et femmes politiques qui se sont révélés dans cette crise sont bien peu nombreux hormis quelques arrivistes avides de retour aux affaires, les uns du type Hulot ou Sarkosy prêts à conseiller le prince-président, les autres type Montebourg aux aguets du créneau qui ferait oublier leur triste soutien au gouvernement Hollande.

Mais deux groupes parlementaires n’ont pas failli dans cette période, le groupe dit Insoumis et le groupe dit GDR et un homme, un seul peut-être, est apparu comme un homme d’Etat, comme l’homme de la situation, soyons heureux qu’il soit des nôtres et que Jean-Luc Mélenchon porte tous nos espoirs pour les mois ou les  années à venir. Nous le savions mais étions peu suivis sur ce terrain, espérons qu'un aspect de cette période permette de modifier cette donne.

Avenir ?

Que sortira-t-il de tous ceci quand cette affaire sera derrière nous, ce qui peut encore être assez lointain ? Nul ne le sait…mais ce qui est sûr c’est que nous pouvons nous attendre au meilleur…ou au pire.

Ce Président et ce gouvernement sortent fragilisés par leurs erreurs voire leur incompétence à gérer la situation, cette majorité éclatera probablement en renforçant la droite, voire l’extrême droite.

Ce qui arrivera dépend de nous toutes et tous, de notre capacité à nous mobiliser, de notre volonté à ne pas attendre l’arme au pied une échéance électorale à venir qu’il s’agisse d’une législative ou d’une Présidentielle anticipées ou pas mais bien à savoir clairement reprendre et amplifier  les combats là où nous les avons laissés.

Les indicateurs sont au vert, sachons les utiliser pour qu’enfin revienne le temps du bonheur et des jours heureux.

 

 

 

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01 mai 2020

Un premier mai de lutte… comme toujours depuis 1886.

1er MaiLe premier mai n’est pas la fête du travail, invention pétainiste pour célébrer l’un des points de son odieuse devise, il n’est pas la fête du muguet, tradition qui remplaça l’églantine rouge des ouvriers,

IL EST LA CELEBRATION INTERNATIONALE DES LUTTES ET REVENDICATION DES TRAVAILLEURS.

Hélas ce premier mai prend un caractère particulier, celui d'un virus aidé par le caractère d’imprévision et le saccage depuis une décennie de nos services de santé, ne nous permet pas de manifester, confinés à juste titre à nos domiciles.

Cette situation ne nous permet ni d’oublier 134 ans de ces combats, ni le fait que la première de ces revendications fut celle de la journée de 8 heures.

Oui, comme le rappelait encore récemment à la tribune de l’Assemblée notre camarade Mélenchon, c’est notre camp qui fut porteur de toutes les avancées sociales «  La journée de 8 heures, c’est nous, l’interdiction du travail des enfants, c’est nous, les 40 heures c’est nous,  les deux semaines de congés payés c’est nous, les 3ème, 4ème et 5ème semaines c’est nous, les 39 puis 35  heures c’est encore nous »

Car la droite, le MEDEF, les gouvernements qui leur sont inféodés n’ont depuis la nuit des temps qu’une obsession, empêcher ou casser toute loi d’amélioration de la condition des travailleurs.

Il en est encore ainsi en ce temps où, profitant d’une crise sanitaire ils s’acharnent à démolir ce qui reste des droits du travail, au nom du fait que l’économie en aurait besoin, confondant allègrement sur ce point économie et intérêts des actionnaires, tandis qu’on continue de tolérer une évasion fiscale et des dividendes colossaux, tandis qu’on transforme un conseil des ministres spécial coronavirus en approbation de l’utilisation de l’article 49-3 pour une réforme scélérate des retraites et qu’on se prépare à un florilège de décisions arbitraires sur le temps et les conditions de travail au cours du « déconfinement » pris sans précaution au nom de la sacro-sainte nécessité de produire du chiffre d’affaires.

Mais le premier Mai, c’est aussi, dans le cortège des luttes, une autre réalité qui prend forme dans la célébration par le FN de la « fête pétainiste du travail » avec un corollaire, en 1995, une pensée émue pour notre camarade Brahim Bouarram jeté en Seine par des participants à leur sinistre manifestation et pour la première fois, nous ne pourrons cette année, être sur les berges de la Seine pour lui redire ; « Ni oubli, ni pardon ».

Depuis 55 ans que je milite, j’en aurai connu de  ces manifestations du 1er mai et quelques-unes sont restées dans ma mémoire, par exemple, celle de 68 bien sûr où nous étions quelques-uns, aux côtés des étudiants du 22 mars, à sentir que quelque chose de grand allait se passer, celle du 1er mai 2002, au lendemain d’un séisme électoral, résultat du jeu joué avec le FN pendant 20 ans et utilisation judicieuse pour les années à venir, du fameux vote utile.

Comment ne pas me souvenir aussi de cette manif giennoise, pour une fois colossale, où, au lendemain de ma prise de fonctions de directeur de centre, je rejoignais les employés de mon établissement, peu habitués à défiler avec leur « patron » et de ce 12 mai 2002 où, résistant aux ordres donnés, je refusais de pavoiser mon établissement pour la fête de Jeanne d’Arc devenue, très injustement, symbole du parti honteusement entré en grâce des divers gouvernements qui l’avaient conduit là où il était.

Oui aujourd’hui comme en 1886, aujourd’hui comme hier, et peut être plus qu’hier, là où nous sommes, comme nous le pouvons, notre place est dans la célébration des luttes, de toutes les luttes, celle du travail, celle de l’égalité des droits, celle de l’anti-racisme, celle de la lutte contre les idées nauséabondes de l’extrême-droite.

En solidarité avec les peuples du monde, avec les peuples qui tentent ou poursuivent leur libération, avec les camarades de Caracas et de La Havane, nous pouvons le dire même le chanter

« Groupons  nous et demain, l’Internationale sera le genre humain »

A toutes, à tous, bonne célébration de ce 1er mai

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26 mars 2020

La crise qui remet les pendules à la bonne heure…

corona MélenchonNous étions ces gauchos, ces braillards et râleurs permanents, ces faiseurs de grève et de manifs qui empêchaient le grand espoir En Marche de redresser ce pays à coup de casse des services publics, de finition des ébauches des deux quinquennats précédents, qui prenions des balles LBD parce que nous l'avions cherché, ces fainéants grévistes patentés des services publics de la SNCF, de l'ONF, de l'Education nationale, des finances, des services postaux et de tous les services publics.

Nous étions ces rêveurs d'un autre temps qui n'avaient pas compris que le salut est dans l'Europe libérale, la mondialisation et que l'économie de marché est compatible avec l'écologie, bref que le capitalisme est paré de vertus qui font défaut dans les économies socialistes, chez ces dictateurs cubains, vénézuéliens et autres dangers planétaires dont heureusement les USA nous protègent....

 Et puis un méchant virus est venu, s'est installé sur la planète et soudain nous semblons découvrir :

- que la santé est importante,

- que la détérioration hospitalière est un désastre comme l’avaient prévu les personnels qui se battent depuis des années,

- que l’Europe sous son statut actuel est totalement inopérante et que ce sont les systèmes de santé cubains qui, malgré la situation catastrophique dans laquelle est maintenu leur pays, se portent à notre secours avec l’une de ses réussites majeures, celle de la santé.

- que la recherche est aux mains de lobbies au service de labos pharmaceutiques qui pilotent en direction du rentable et non de l’humain.

- que les systèmes de retraite et de sécurité sociale que l’on tente de nous imposer de force démontrent dans le monde entier, leurs conséquences, leur faiblesse à la moindre difficulté sanitaire ou économique

- que la seule solution de gestion saine d’une société et d’une crise se joue autour de l’efficacité de services publics qu’on a volontairement saccagé depuis 37 ans au nom des vertus d’une « concurrence libre et non faussée » et dont on a moqué la détermination de ceux qui se battaient pour empêcher cette casse ;

- que cette majorité qui nous gouverne aujourd’hui à coup de pouvoir personnel, de 49-3 et, se sentant menacée, probablement avec application des articles anti démocratiques d’une constitution monarchique, patauge dans les décisions à prendre sans écouter, comme elle l’a toujours fait, les avis et suggestions des salariés, des professionnels, des organisations.

 

Au final, pour nous, militants de ce petit parti de Gauche qui, en 12 ans :

- a incarné ce que devait être une force de la vraie gauche

- a sans faiblir, posé en actes le soutien fraternel à toutes les luttes pour la santé, la défense des services publics, le respect et le droit dû aux femmes et aux minorités

- a posé clairement la réalité de ce que devait être un véritable combat écologiste au travers de sa « Charte pour l’Eco socialisme » et la base de la règle verte qui veut que nous en prenions pas à la nature plus que ce qu’elle produire

- a déclaré, en point numéro de un de sa finalité, la Révolution citoyenne par l’élection d’une Assemblée constituante avec mission de redéfinir une nouvelle constitution pour une République démocratique, sociale et éco socialiste…

Il est temps de dire combien nous avions raison et, d’en être fiers….

 

Nul ne sait ce qui sortira de cette crise quand nous en sortirons mais il est grand temps de rappeler à tout un chacun et à la collectivité que, comme nous le disions en mai 68, rien ne peut plus désormais être comme avant, que notre République doit devenir autre chose que cette monarchie suicidaire, qu’il nous faut sans barguigner dénoncer cette Europe libérale et sortir de ces traités,  que nos services publics sont la clé de voûte  de tout système équitable, que toute la politique de santé publique est à remettre en selle sur les bases de l’humain, du soin apporté à toutes et à tous donc du service public de santé efficient, que les systèmes de retraite et de sécurité sociale sur la base de ce qu’ils furent à leur création doivent être la règle et tant d’autres choses qu’il nous reste à faire ensemble avec nos organisations syndicales, nos partis politiques de la vraie gauche, en premier lieu le nôtre qu’il faudra savoir développer massivement et refonder pour porter à nouveau l’espoir et que reviennent enfin les jours heureux.

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21 mars 2020

Coronavirus…..Il est temps de penser l’après-crise

corona MélenchonNotre pays connaît une crise sanitaire de haut niveau.

N’étant pas docteur en médecine, peu compétent sur ce type complexe de problème, pas chargé, comme le sont nos députés et élus, de prendre sur mes épaules les poids des décisions difficiles à prendre et assumer, je me garderai bien d’avoir des avis et conseils sur les décisions prises, me limitant à appliquer scrupuleusement les consignes données, en premier lieu, celle du confinement indispensable. Je me limite à quelques points d’étonnement comme celui de refuser au BTP de s’arrêter en même temps qu’on empêche des équipes municipales de 10 à 50 personnes de s’installer en toute sécurité ou encore d’embêter quelques étals de marchés qui s’étalent à distance les uns des autres en laissant la foule envahir les hyper mais bon…

Ce qui me semble important dans cette crise que nous vivons c’est de regarder ce qu’elle révèle et de mesurer ce qui peut en sortir…ou pas.

La situation révèle deux faits majeurs :

La priorité donnée à la loi du marché a conduit à privilégier la rentabilité financière sur l’humain. Elle concerne tous les services publics sans exception, mais dans le problème présent examinons celui fondamental de la santé.

C’est ainsi que depuis 40 ans, depuis les attaques sur la gestion financière de la Sécu, depuis 35 ans de logique économique anglo-saxonne donc libérale, les difficultés de la santé, de l’hôpital public et de la médecine en général  se sont multipliées, économisant sur le recrutement des médecins, supprimant des centaines de structures hospitalières, diminuant les capacités en équipements illustrée par la suppression sévère du nombre de lits, négligeant les soutiens à apporter aux  services d’urgence, nous avons créé les conditions de la grave gestion de la crise d’aujourd’hui.

Sous les gouvernements depuis 25 ans, la seule réponse apportée aux  actions et grèves des personnels de santé s’est limitée à l’autisme des gouvernements et à la répression de plus en plus sévère au fil des années pour atteindre le degré gravissime qu’elle a connu sous les gouvernements Valls et Philippe.

Les gouvernements français soumis à 150 % aux directives européennes n’ont préparé en aucun cas la riposte à une telle situation, actant le fait que ‘l’Europe est aujourd’hui dans l’incapacité totale d’apporter ne serait-ce qu’une aide mutualisée et réfléchie à la situation des pays qui la composent et qui peuvent heureusement compter sur la Chine ou Cuba, ce dernier ayant au nombre de ses succès, une réussite médicale hors pair.

Les premières conclusions à tirer de cette situation sont donc claires :

Le capitalisme, porté par la loi du marché ne peut apporter aucune réponse à cette crise, il ne pourra que l’accentuer pour maintenir son taux de profit au prix d’un coût humain une fois de plus colossal.

Cette crise révèle aussi, l’énorme responsabilité écologique qui pèse sur nos épaules. La diminution de la croissance, le ralentissement économique démontre chaque jour davantage que seulement quelques jours d’arrêt de la course folle au profit permettent d’entrevoir une eau plus claire à Venise, un ciel plus bleu en Chine et des tas d’autres petites manifestations de cet ordre.

Pour maintenir leur domination, les forces du capitalisme se servent de cette situation tragique avec le cynisme que nous leur connaissons pour accélérer son opération de démantèlement des conquis sociaux de haute lutte.

C’est ainsi que dans notre pays, la damnée constitution de la 5ème République donne toute la mesure de sa conception monarcale, mettant en avant tous les pouvoirs du Président et du système législatif qui les accompagne. Nous voyons se mettre en place, peu à peu, sous couvert d’une prétendue solidarité nécessaire, de l’opportune nécessité d’une économie à redresser au plus vite, tout à la fois les règles répressives aggravées, la menace permanente des pleins pouvoirs, l’utilisation pernicieuse de la situation au travers de la remise en cause dite temporaire des acquis sociaux où tout y passe, les congés, les 35 heures etc. Nous suivons au jour le jour, les lois d’urgence votées par une Assemblée constitutionnellement soumise, depuis le choix du quinquennat,  au parti du Président où chaque amendement de l’opposition est balayé d’un revers de main.

Dans cette situation, les arguments, largement véhiculés par EELV d’une compatibilité du système capitaliste, de sa loi du marché avec l’écologie, les déclarations faites la main sur le cœur par le PS et une soi-disant gauche d’une Europe qui serait la protectrice de la paix et du développement ; tout ceci vole en éclats à l’épreuve des faits et nul ne sait aujourd’hui comment ce Président, ce gouvernement, cette assemblée sortiront de cette épreuve et il ne s'’agit plus ( si toutefois ceci devait exister avant) de viser 2022, il s’agit de poser le problème autrement et les forces politiques, en premier lieu le Parti de Gauche qui est le mien seraient bien avisés de s’atteler à la réflexion.

Dans toutes les grandes crises de notre histoire, la situation des femmes dans le conflit 14/18, la Résistance dans celui de 39/45, des hommes, des femmes, des groupes, des forces se sont attelées, à partir d’une crise dont ils savaient qu’on sortirait vainqueurs, à forger l’avenir dans des plans précis, celui du féminisme et du votre des femmes après 1918, celui du merveilleux programme du CNR après 1945.

Cette fois encore nous devons être prêts à l’après-crise et pour une des rares fois depuis longtemps, notre camp, nos idées, la chance d’avoir dans nos rangs un Jean-Luc Mélenchon à la valeur démontrée et forgé par cette crise comme l’homme d’opposition incontesté du pouvoir capitaliste en place.

Nous avons cette chance d’avoir des éléments de programmes crédibles, chiffrés, réalisables pour s’appliquer dès que la situation, la conjugaison des forces en lutte, la prise de conscience résultant de la piteuse gestion de la situation du moment auront eu raison de cette descente aux enfers que nous impose ce pouvoir.

Ces éléments de programme s’articulent autour de fondamentaux :

-La fin de cette Constitution par la convocation immédiate d’une élection d’Assemblée Constituante pour une nouvelle République sociale et éco socialiste

-La sortie inéluctablement nécessaire de l'Union Européenne sous sa forme actuelle et donc de l'Euro

-La mise en place d’un programme d’urgence sociale jetant aux orties 35 ans de casse des services publics, d’inégalités salariales, d’évasion fiscale etc…

-La concrétisation immédiate d’un programme éco socialiste, celui défini et  enrichi par notre parti basé sur l’application de  la règle verte

Je ne suis pas et de loin un stratège, j’assume la pauvreté de mon analyse politique et la limite de mes compétences  mais elle est mienne et si elle peut servir……

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04 mars 2020

Comment l’esprit 5ème République conditionne nos stratégies et nos fonctionnements

114428897Depuis 60 ans, en gros 2 générations, nous vivons la politique de notre pays sur la base d’un contrat politique, celui de la Constitution monarcale de la 5ème République.

Cette situation, que la formidable période de mai 68 et des années qui l’ont suivi n’ont pas réussi à enrayer en raison de la reprise en main des affaires par les partis politiques et l’absorption par le PS à la fois des forces PSU/CFDT et autres mouvements de la même ligne,  a profondément conditionné nos fonctionnements de citoyens  et surtout celui des stratégies, des méthodes, des objectifs de forces politiques.

J’ai eu en son temps l’occasion de tenter de dénoncer ce phénomène dans mon propre parti ou l’exécutif s’est institué directeur et le CN directeur parlement sans pouvoir mais ce n’est pas le lieu ici de débattre de ce point, les refondateurs dont je suis s’en occupent en interne.

Revenons donc à la période présente et à l’influence de ce phénomène sur les méthodes d’action et de pensée qui prédominent.

Une formidable bataille se joue autour de la réforme des retraites. Depuis le 5 décembre 2019, des secteurs entiers de l’économie sont entrés en lutte, citons bien entendu l’énorme et remarquable implication des cheminots, des traminots, des secteurs de santé, des profs, des avocats et regrettons ensemble, cette faible entrée dans le combat des personnels du secteur privé.

Oh il ne s’agit en aucun cas, sous mon clavier, de vouer les travailleurs du privé aux gémonies.

Nous connaissons bien l’évolution organisée de l’entreprise pour parvenir à cette situation. La précarisation des emplois, l’utilisation des méthodes de management d’inspiration anglo-saxonne à base d’individualisation d’objectifs à atteindre, l’organisation de la compétition interne entre travailleurs ou entre branches de la même entreprise. Un des exemples révélateur de cette évolution, on peut le trouver dans l’ancienne administration des PTT cassée en 2 par le gouvernement Rocard et le ministre Quilès, la branche télécoms privatisée, la branche poste scindée en 2 métiers où l’on explique que le faux déficit qui oblige à réduire les frais vient de l’autre branche. Les PTT étaient eux aussi l’un des grands fers de lance des luttes sociales, le résultat de cette « évolution » c’est qu’on les a bien peu vus.

Dans cet extraordinaire combat cependant, des millions de citoyens se sont impliqués dans les manifs, dans les actions diverses et variées et la répression avec son cortège de blessés, de gazés, d’yeux crevés portée à un niveau que, même en 68 nous n’avons pas connu n’a pas réussi à entamer cette détermination de notre peuple qui reste à 61 % opposé à cette réforme et qui, à 72 % vomit ce président et cette majorité.

Dans la sphère politique, le combat se mène aussi avec courage autour des députés communistes et du groupe de Jean-Luc Mélenchon que, oh bonheur, la France citoyenne reconnaît comme le leader principal de l’opposition à cette loi et à ce gouvernement. Il est exact et indéniable que lors des travaux de la commission comme pendant les débats de l’Assemblée, notre groupe a fait preuve d’une part d’un travail colossal, d’une détermination sans faillir et d’une argumentation imparable sur chaque point qu’il a pu débattre dans un climat compliqué, franchissant allègrement chacune des chausse-trappe qui lui ont été tendues.

Le gouvernement a joué sa dernière carte, celle de l’impensable article de cette satanée constitution, le 49-3, l’opposition de gauche Groupe FI et groupe GDR s’y est située clairement, brillamment.

Cependant, des pièges sont à venir, non pas du point de vue de politiques aguerris encore que… mais surtout dans notre esprit et notre fonctionnement de militants et de citoyens, pièges liés aux choix d’objectifs et de moyens.

Notre objectif de militants du Parti de Gauche est depuis ce beau jour de novembre 2008 la Révolution Citoyenne par l’élection d’une Constituante pour une Nouvelle République Sociale. Sachons ne jamais en dévier et convaincre notre peuple.

Oui, nous l’avons dit, oui nous devons le maintenir, cette stratégie passe par la prise du pouvoir au niveau de l’Etat, elle passe par l’utilisation des pouvoirs démesurés qu’accorde la 5ème au Président, à savoir appliquer sans délai et sans fausse démocratie le premier point du programme à savoir la convocation de l’élection d’une Constituante en affrontant s’il le faut, les institutions chiens de garde du système, en s ‘appuyant sur la nécessaire mobilisation populaire sans laquelle rien n’est possible.

Depuis le début de cette crise sociale  majeure, j’entends s’élever dans les diverses lectures médiatiques, dans les réseaux sociaux, aux comptoirs de cafés une petite musique bien inquiétante : préparer 2022…savoir qui sera le candidat idéal…se dire que l’essentiel c’est de sortir l’actuel locataire de l’Elysée avec ce fameux slogan en guise de programme et qui préside à tant de scrutins "Sortons les sortants" et surtout renaître cette dramatique tendance : faire l’union d’une soi-disant gauche qui par le miracle de je ne sais quel calcul savant détiendrait la clé du succès.

Bien non, mes amis, mes camarades, s’engouffrer dans ce concert ce serait nous condamner à finir ces années d’espoir «  à la Tsipras » dans l’explication tortueuse que nous en pouvons pas de suite sortir des traités, que la Constituante il faudra attendre, bref que, comme en 81, la gauche étant au pouvoir, il convient de la laisser travailler.

Nous ne pouvons pas être de cette logique.

Conquérir le pouvoir central exige qu’il soit libéré avant 2022 si possible ou en 2022 à son échéance mais surtout que notre peuple soit acquis à cette Révolution citoyenne, qu’il porte à la Présidence certes les nôtres, et personnellement je souhaite que notre candidat soit Jean-Luc Mélenchon s’il le peut et s’il le veut, mais qu’il gagne avec la volonté d’un peuple déterminé, mobilisé, pas au prix d’un calcul d’alliances surtout avec tous els renégats de l’idéal socialiste qu’ils ne portent plus depuis 35 ans…

"Nous ne nous arrangerons qu'avec le Peuple lui-même" serment de la Poste de Versailles 2012

 

 

 

04 février 2020

Jean-Luc Mélenchon et puis c’est tout….

119209150Oh il m’arrive, comme tous les hommes, toutes les femmes, libres, de critiquer, d’avoir des doutes sur la stratégie qu’il porte, de ne pas comprendre certaines attitudes comme celle de laisser son mouvement dériver parfois vers une complaisante tendance à la social-démocratie ou de réagir trop mollement quand une tête de liste du mouvement renvoie dos à dos là-bas, dans un pays dont nous tirons d’excellentes leçons, un factieux téléguidé et autoproclamé et un Président légitime élu démocratiquement. Il m’est tout à fait possible de bouillir et de l’exprimer à la vue de sa non réaction à ces listes qui renouent avec la présence ou le soutien de faux socialistes et il m’appartient de vivre intérieurement certaines tristesses au vu de certaines réactions à mon égard et de souffrir sincèrement des procès en sorcellerie qui se font à son intention.

Mais je ne suis pas, je n’ai jamais été, de ceux qui quittent les outils du combat sur une phrase non comprise, sur un désaccord partiel. Mon passé militant me le rappelle quand il m’aura fallu 4 années de conflit intérieur avant qu’une étincelle en 1991 ne consomme ma rupture avec la CFDT dans laquelle j’avais tout donné pour en faire ce que nous espérions en faire dans les années 70, le pivot central du mouvement révolutionnaire.

Alors nombre d’amis m’interrogent, me conseillent, m’intiment parfois le conseil de renier un attachement de 30 années à l’homme du courage, de la culture, au visionnaire exceptionnel, de quitter cette défense de l’homme à qui je dois ma renaissance politique en 2008 et au parti qu’il fonda sur les thèmes qui furent ceux de ma jeunesse « soixante-huitarde ».

Le temps d’une explication à cet attachement est aujourd’hui venu pour tous ces détracteurs, pour ces amis qui ne comprennent pas et pour redire ce qui fait que je reste fidèlement attaché à la stratégie qui fut celle de notre parti : la Révolution citoyenne par les urnes par une Constituante élue pour une République sociale et éco socialiste.

Oh je ne l’ai jamais caché, être candidat et qui sait, être, après l’abbé Vallet, le deuxième député constituant Giennois de l’Histoire m’a non seulement effleuré l’esprit, mais a figuré en bonne place dans nos discussion d’avant avril 2017, vite temporisé hélas par le choix de la convention FI de soumettre, en cas de victoire présidentielle, cette élection à un nouveau vote du peuple français, admettant de ce fait, que le programme du Président n’avait pas force de loi. Cette intention fut bien sûr annulée par la défaite du premier tour, dont un des éléments fut sans doute aussi ce manque de clarté sur ce problème essentiel.

Je n’ai jamais caché non plus, quelles que puissent être de petites divergences sur tel ou tel point, sur telle ou telle déclaration, sur tel ou tel positionnement que la nécessaire victoire à l’élection présidentielle se pose à partir d’un nom. La constitution monarchique de la 5ème République, aggravée par l’élection du président au suffrage universel en 62 et complètement bloquante par l’absurde décision Jospin/Chirac du quinquennat conduit à ce fait inéluctable et vouloir, comme c’est notre stratégie, qu'imposer cette victoire nécessaire au processus révolutionnaire que nous entamons exige de savoir gérer cette contradiction.

On aura beau avoir le meilleur programme et, à quelques nuances près, nous avons le meilleur des programmes, on aura beau avoir usé nos énergies et, en un certain sens, les avoir épuisées sur toutes les campagnes intermédiaires, si nous sommes dans ce processus de révolution citoyenne, il nous faut passer par cette contradiction que la meilleure chance de victoire sera celui ou celle qui déploiera les mouvements de foule les plus importants, qui saura résister clairement aux chiens de garde médiatiques, qui encaissera toutes les infamies déployées et saura répondre par sa verve, sa culture immense, sa vision géopolitique du monde à ce défi extraordinaire.

Oh certes rien n’est inutile, surtout pas l’incroyable prise de conscience collective qui s’est faite depuis 18 mois de luttes, par le formidable conflit des retraites enfin porté par les forces syndicales de combat et je n’oublie en aucun cas que cette prise de conscience est l’atout majeur pour la mobilisation populaire qui doit accompagner la victoire politique, faute de quoi, nous referions Tsipras ou autre attitude de ce genre sans que le Président isolé puisse y faire quoi que ce soit…

Alors pourquoi Jean-Luc Mélenchon et rien d‘autre ?

D’abord resituons clairement ce qui me relie à l’homme Mélenchon, ce qui implique que je lui assure une fidélité sans faille, une critique, pas forcément publique, sans concession, une résolution s’il venait à dériver, ce qui en politique reste toujours hélas une hypothèse, de me taire à jamais et de ne pas participer au club des exécuteurs.

C’était un soir de 1990, je dinais chez un ami chilien, un de ces gamins accueillis en 1974 avec les réfugiés de Chilleurs-au-Bois. Nous apprenons la proposition de loi pour "organisation de la vie commune des couples de même sexe" du jeune sénateur Mélenchon, proposition à l'époque faite avec un réel courage. Mon ami hétéro, latino peu porté sur cette problématique mais doté d’une belle intelligence et une rare tolérance ne voit pas en quoi c’est important. Nous en discutons jusqu’aux aurores autour de quelques bières. Je ne connaissais pas Jean-Luc même de nom et de ce jour je me suis intéressé à ce camarade courageux, certes PS mais critique à souhait dans son parti.

Puis est venue la convention pour une 6ème République, la loi sur le PACS à partir de son projet, loi certes d’abord boycottée par les députés PS, puis retoquée et amputée pour ne pas déplaire mais loi votée quand même…

En 2004/2005, je m’inscris naturellement dans la campagne victorieuse pour le non, largement portée par mon camarade Mélenchon qui fut une victoire avant d'être trahie par Sarkosy et vient la décision historique, celle de 2008 où, accompagné de tout un courant du PS, il quitte enfin ce parti pour fonder le Parti de Gauche et ce coup-ci je l‘y rejoins.

J’ai découvert l’homme, ce camarade dont la verve, l’analyse, la vision galvanise les groupes et les foules mais aussi et peut-être surtout, ce copain de tribune, ce militant capable de sentir l’atout de centaines de jeunes impatients, cultivés politiquement, prêts comme nous l’étions en 68 à « embaucher le sirocco » pour fermer la bouche à ce vieux monde, ce gars d’expérience intégrant nos expériences de vies et aussi ce caractère alliant les joviales parties de rigolade et les engueulades sur un mot ou une déclaration qui n’épargnent personne et encore moins sans doute, ceux qui lui sont proches. Je le sais pour avoir, avec ce que je suis et la manière dont je m’exprime, critiqué les choix du PG de s’aventurer de la manière dont il s’y est intégré dans la stratégie FI que je conteste.

Voilà pourquoi, bien loin des analyses théoriques, des fumeux développements universitaires sur Marx, Gramsci ou autres, j’aime, j’admire et je soutiens que le meilleur porteur de la stratégie de révolution citoyenne par la victoire présidentielle et la Constituante élue s’appelle Jean-Luc Mélenchon et que pour se faire, il serait salutaire qu’il s’affranchisse de la tutelle d’un mouvement qui l’éloigne de la réussite et reprenne la stratégie autour d’un parti de Gauche refondé et tourné exclusivement vers cette campagne et sa victoire à quelque moment qu’elle se produise car l’échéance de 2022 n’est sans doute pas la seule hypothèse, par les temps de crise qui courent en « macronie » ; que le peuple peut rendre exécutoire plus vite que prévu…

Il ne tient qu’à nous de sortir enfin de ce régime monarcal, de savoir qui peut nous en sortir et comment…

Après la victoire viendra le temps de l’exigence et de la mobilisation populaire nécessaire pour que tout commence enfin  mais gagner la première étape est plus que jamais à l’ordre du jour.

Ainsi va, de tous temps, la vie politique, mue par les idées qu’imposent les réalités sociales et, pour notre temps, les exigences et urgences écologiques, par les masses qui les portent et les hommes ou femmes qui les incarnent.

Nous avons cette chance dans notre siècle, d’avoir l’homme de la taille d’un homme d‘Etat, le Jaurès des temps modernes, l’homme du courage politique pour atteindre le premier objectif, ne la gâchons pas….

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23 janvier 2020

La Révolution citoyenne et l’électoralisme…

Notr33585434_10213295834689505_3124957022760468480_ne pays est entré depuis 15 mois dans un processus rejoignant la stratégie défendue depuis 12 ans par le Parti de Gauche, fondé et brillamment représenté par Jean-Luc Mélenchon, celle de la Révolution citoyenne.

J’ai eu l’occasion de m’inquiéter de certaines positions de départ du mouvement des Gilets Jaunes, elles étaient fondées et fort heureusement, par une pratique hors pair de discussions sur les ronds-points, ces dérives se sont vite balayées, j’en suis heureux et, malgré les expériences  militantes  qui me font redouter dans tout mouvement, les dangers d’un refus de l’organisation et de structures permettant une véritable démocratie, l’erreur stratégique qui consiste à penser que les valeurs de gauche sont à rencarder au passé au profit de je ne sais quelle notion ou que les forces organisées type parti politique ou syndicat seraient contraires à une vision révolutionnaire des luttes.

Fort heureusement depuis le 5 décembre 2019, et il faut reconnaître le rôle prépondérant joué par la CGT, la mise à mal du système solidaire des retraites a permis que le combat incessant de la classe des travailleurs contre le capitalisme se retrouve enfin à la pointe du climat social qui domine notre pays .

Soyons clairs, depuis des décennies, voire des siècles, ceux qui travaillent luttent contre l’oligarchie, depuis Marx et l’analyse des forces de production, ceux qui travaillent sont dans un combat incessant contre la domination du capital, soyons également conscients que l’avancée sociale ne s’est toujours produite que par un seul effet, celui du blocage de la production dans l’entreprise ou de l’économie dans la nation et il nous faut arrêter de céder à la tentation populiste, développée par les GJ en son temps et beaucoup trop repris à mon sens, que l’ennemi serait le politique plutôt que le patronat, que le salaire ou l’indemnité des politiques serait plus grave que les profits des actionnaires, que le problème viendrait plus de tel avantage financier (parfois scandaleux et à combattre certes) que des milliards de la fraude fiscale.

Il est donc clair, et en cela je préfère l’analyse des forces révolutionnaires syndicales, en gros et trop rapidement certes, la CGT, SUD solidaires, une grande partie de la FSU et de FO et des partis politiques de la vraie gauche Parti de Gauche, NPA et la partie du PC qui n’est pas gangrénée par les alliances électoralistes de tous poils.

Le mouvement contre le projet retraites est en fait, le nier serait une faute stratégique, un mouvement qui par son ampleur, sa durée, ses slogans, ses actes, pose les bases claires d’un dépassement de la revendication de base pour accéder à cette nécessité de faire vaciller et si possible renvoyer à ses chères études le pouvoir macronien qui ne tient plus que par sa police, et pas forcément pour longtemps, en s‘affrontant sans faiblesse à son soutien de base : la haute finance donc le patronat.

Dès lors se pose le véritable débat, celui de la stratégie pour une révolution citoyenne qui ne peut se mener qu’avec quelques objectifs clairs, l’élection présidentielle, la convocation de la Constituante, la clarté sur le programme social de la victoire qui ne se fera qu’en posant clairement le choix de la sortie des traités et de l’Europe telle qu’elle est.

C’est donc sur la base de ces choix que doit s’analyser la suite des mouvements en cours.

Notre base, notre objectif depuis la création du Parti de Gauche, c’est à l’aide de pouvoirs qui nous seraient conférés par une victoire Présidentielle, d’imposer la rédaction d’une nouvelle Constitution par le décret de convocation à l’élection d’une Assemblée Constituante. Ceci doit être le cœur de campagne du candidat qu’il est souhaitable, en l’état actuel des choses de voir confier à Jean-Luc Mélenchon. Bien sûr le programme social et la sortie des traités européens fait partie des priorités.

Il ne s’agit donc pas de se disperser, à l’instar de ce que fait hélas la France Insoumise, sur toutes les élections qui se présentent ou vont se présenter dans les mois à venir et le spectacle qu’offre la préparation des municipales ne peut être de nature à nous rassurer, accords ici ou là avec des forces que nous voulions voir disparues de nos alliances, disparition ailleurs de nos organisations dans une conception appelée citoyenne, véritable tarte à la crème dans laquelle peut se noyer l’électorat. Il y a certes un équilibre à trouver entre cette aspiration citoyenne et notre programme, on en trouve quelques exemples qui paraissent intéressants comme à Châteauroux mais globalement, la stratégie FI pour ces élections apparaît comme une nébuleuse pilotée par un seul objectif électoraliste.

Oui mais me dit-on, « dans ma ville, faut virer le maire » ou encore, « la victoire nationale doit s’ancrer localement » voire « on va ici faire le laboratoire de ce que nous ferons au pouvoir » et autres bons arguments. En vérité, que chacun dans sa ville fasse ce qu’il a à faire suivant sa logique, suivant son vécu local, ses combats et ses souhaits pour sa ville est une chose, la stratégie d’une organisation dont l’objectif devrait être la révolution citoyenne est d’une toute autre nature et une  telle situation dans une élection locale ne peut que conduire, à mon sens, à l’affaiblissement de l’objectif porté nationalement.

Mais ce problème n’est pas nouveau, il est au cœur de la stratégie FI depuis octobre 2016 où le choix de notre Parti de Gauche de la Révolution citoyenne et du beau programme qu’il a porté et fait figurer dans l’AEC s’est transformé en une volonté de victoires électorales au prix de faire plaisir à l’électeur. Ainsi le cœur du programme présidentiel : la convocation de l’élection de l’Assemblée Constituante s’est mué en une consultation supplémentaire et dangereuse par référendum sur la convocation ou pas, ainsi l’on a demandé à atténuer nos drapeaux rouges et vert et l’Internationale dans nos manifestations diverses, ainsi on s’est limité à une revendication raisonnable en matière de salaire, introduisant la notion de salaire net sans parler de son alignement sur la revendication syndicale.

En fait cette participation de la FI, et ayons l’honnêteté de le reconnaître du PG d’alors,  à tous les scrutins représente une contradiction qui nous fera disparaître si nous ne voulons pas la dépasser. Les européennes de 2014 ont affaibli le parti de Gauche tout comme les municipales, départementales. Les régionales de 2015, par les alliances de second  tour qu’elles ont suscitées dans certaines régions pour le simple fait d’avoir des élus ont consacré et dangereusement aggravé la situation de notre parti que son refus de politique démocratique d’organisation n’a pu redresser.

La stratégie de la FI de février 2016 était de nature, pour peu qu’elle se limite à son objectif, à organiser une victoire sur l’objectif qui doit être le nôtre,  celle d’une victoire présidentielle pour changer les règles du jeu par la convocation à l’élection d’une assemblée constituante. Dommage, qu’elle ait choisi, par des modifications de stratégie sur la constituante et le programme social, la voie de séduction du corps électoral, délaissant la seule voie qui pouvait valider notre stratégie de révolution citoyenne, celle  du discours volontariste, du « dès mon investiture, je convoquerai l’élection d’une assemblée constituante » prononcé quelque temps auparavant par JLM, celle de dire clairement que nous opposerions avec le peuple qui nous aura élu à tous les corps constitués de l’ancien régime y compris et surtout le Conseil Constitutionnel.

Alliée à la valeur, la clairvoyance, les qualités de tribun de Jean-Luc Mélenchon, elle a néanmoins permis le recollement de 7 millions de voix sur la personne de notre candidat. Comment avons-nous capitalisé ces millions ? Comment avons-nous mobilisé sur la base de notre objectif ?

Fallait-il dès lors, alors que savons une réalité, celle que dans la Constitution de la 5ème, surtout depuis l’aberrante institution du quinquennat par Jospin/Chirac, la majorité législative est quasi-automatiquement celle du Président élu, investir sous couvert de la FI, dans des conditions discutables de validation des candidatures à plusieurs endroits, avec des accords dans certains cas pour des candidats dispensés de charte, une élection hors partis politiques et surtout hors parti de Gauche ?

Oh loin de moi, l’idée de dire que dans sa grande majorité, le groupe de députés, surtout ceux issus du PG ne font pas un travail formidable, bien au contraire et je suis le premier à les en remercier à chaque occasion qu’il s’agisse de leurs déclarations, de leurs interventions ou de leur présence remarquable partout sur le terrain des luttes. Mais à quoi sert ce travail ? Cette énergie à poser les bonnes questions, à déposer les meilleurs amendements au prix de la volontaire surdité qui leur est imposée sert-elle la seule stratégie qui est la nôtre ?

Mais le vrai problème de l’électoralisme au détriment de l’objectif réel qui est le nôtre prend tout son sens dans cette séquence actuelle des élections municipales. D’un côté nous avons une déclaration qui ressort à chaque interview « La France Insoumise ne présente pas de listes aux municipales ». Cependant la France Insoumise participe à créer  des listes avec l’argument officiel qu’elle permettrait par ce biais une prise de conscience collective, pourquoi pas en effet? …si c’était le cas…

Cependant, à part quelques exemples comme celui de Chaâteauroux cité plus haut et que je crois sincère que voyons-nous? Ici, un accord de partis avec, c’est un comble, le PS, ici et là une liste citoyenne ayant fait le boulot retoquée par un comité électoral, là-bas un accord EELV/FI, ailleurs un candidat isolé LFI qui rejoint une fausse liste citoyenne allant de la droite au PCF…Bref pour une organisation qui a banni la tambouille de ses pratiques, on peut légitimement se poser quelques questions.

La vérité de tout ça, c’est que le mouvement est dans la nasse, celle du piège électoraliste, avoir des élus à tout prix, exactement la tactique que nous reprochons, à juste titre depuis Paris 2014, au PCF.

Désolé de ce long billet, sans doute mal exprimé, je n’ai pas forcément la clarté d’analyse de certains camarades que j’admire mais il veut traduire ce ressenti, cette rigueur perdue que j’ai connue au PG au temps du courage d’élections parisiennes en 2014, au temps de notre slogan partagé à 46 % du plus jamais PS, au temps de l’espoir et de la clarté des objectifs, ceux du combat pour une seule cause : la Constituante pour une nouvelle République sociale éco socialiste, bref pour l’avènement de la Révolution citoyenne, propos si bien introduits dans un livre publié aux éditions Eric Jamet, le Temps Constituant par Henri Pena Ruiz : « Un appareil d’Etat qui a servi à la domination ne peut servir à l’émancipation sans une refonte radicale ».

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08 janvier 2020

Il nous faudra le courage d’être Cubains, avoir la détermination des Vénézuéliens

114428897La grève historique en cours contre la « réforme » du régime solidaire des retraites s’inscrit avec brio dans nos luttes, celles de nos parents, de nos grands-parents et de nos aïeux contre le seul responsable de tous nos maux, ceux de la misère qui se répand comme celle d’un écosystème qu’il détruit, le système capitaliste.

Les cheminots comme toujours, dans l’histoire ouvrière de notre temps, nous montrent la voie. Ainsi se démontre comme dans toutes les grandes périodes de notre histoire la nécessaire généralisation du conflit face à un pouvoir, outil du néolibéralisme européen, branche efficiente du système capitaliste.

En ce temps où une propagande effrénée veut nous amener à nier la fonction essentielle du syndicalisme qui serait la défense d’intérêts corporatistes, individuels ou locaux alors que la base même de son existence est le combat sans cesse réaffirmé pour une autre organisation sociale et intervient obligatoirement de ce fait sur le terrain des idées et de la politique au sens noble du terme, cette grève est l’occasion de rappeler le sens et le combat de la gauche politique et plus spécialement, pour ce qui me concerne, des partis de la véritable gauche.

Tant il est vrai que tout ne se fera que par la jonction du mouvement populaire et de la prise du pouvoir politique, le temps est venu de se remémorer ce concept inspiré des évolutions latino-américaines et qui est et reste la base du Parti de Gauche né en 2008 de la volonté, du courage et de la clairvoyance d’un Jean-Luc Mélenchon, celui de la Révolution citoyenne.

C’est sur deux jambes que doit s’articuler cette révolution, celle de la victoire présidentielle qui doit intervenir le plus vite possible et doit se situer dans une stratégie de rupture, pas celle de timides réformes comme nous avons pu le pressentir autour de la méthode de décisions sur la Constituante, pas dans une composition alambiquée pour sortir des traités sans fâcher personne, pas dans des concessions sur la notion de salaire pour chercher quelques voix mais bien dans la volonté clairement affirmée d’imposer dès l’investiture le programme qui, de fait, a force de loi, en convoquant l’élection de la Constituante quitte à assumer le conflit avec les institutions du type Conseil constitutionnel. Mais quelle que soit la détermination et les multiples valeurs de l’homme ou la femme que nous aurons porté au pouvoir, même si je garde toute confiance en la détermination, la clarté, la culture d’un Jean-Luc Mélenchon, l’un des rares politiques capable s’assumer ce rôle, si la mobilisation populaire n’est pas au rendez-vous, si par malheur la France Insoumise rejoue le scenario de 81/83 et demande au peuple d’attendre sagement les réformes, inéluctablement nous referons 1983, inéluctablement nous reverrons le scenario à la Tsipras, inéluctablement, comme ça semble être le cas en Espagne, nous reverrons les alliances incompréhensibles avec la fausse gauche qui ont déjà commencé aux européennes ou dans certaines villes aux municipales prochaines.

Certes nous ne sommes pas dans la situation du Cuba de Baptista et même s’il m’arrive comme tout un chacun de rêver, la France ne peut pas, et sans doute, n’est-ce pas souhaitable refaire la Sierra Maestra et Santa Clara, ce qui n’empêche pas que la Révolution commencée à Cuba il y a 61 ans, qui résite admirablement à 58 ans de blocus, doit nous inspirer et souhaiter que notre peuple, celui de 89, de la Commune et de la Résistance ait à nouveau le courage d’être Cubain.

Mais la France peut et doit entrer dans ce processus bolivarien, en cours au Venezuela et dans quelques pays d’Amérique latine ce qui veut dire clairement que, comme dans toutes les révolutions du monde depuis 1789, nous aurons avec toute sa force, avec ses institutions, avec ses esprits formatés, en premier lieu celui des hauts fonctionnaires et des grands groupes de media, avec les USA comme pays dominant, le système capitaliste qui ne rendra pas les clés si facilement et utilisera, s’il en est besoin son arme éprouvée, celle de la guerre. Il nous faudra donc sans ambiguïté, la détermination des Vénézuéliens.

La victoire par les urnes, le concept de révolution citoyenne  n’ont donc de logique que si leur objectif n’est pas le pouvoir pour le pouvoir, même armé de bonnes intentions sociales ou sociétales et en ce sens, il convient de s’interroger sur la stratégie, notre stratégie, celle de la France Insoumise et du PG qui, faisons en sorte que ce ne soit que temporaire, lui est soumis.

Les orientations de la convention de Lille, avec sa constituante, point clé du programme, soumise à une nouvelle consultation du peuple avant que d’être décidée, la subsitution de la notion de classe au profit de la notion de peuple, les calculs électoraux qui conduisent à la jouer gentils sur la notion de salaire minimum sans tenir compte de la revendication syndicale et fixant la revendication en salaire net, les attitudes aux européennes avec certaines déclarations notamment sur le Vénézuela, certains retours d’ex PS en recherche de siège assuré et l’absence d’étiquettes clairement affirmées aux municipales, la présence de dits insoumis sur certaines listes ici, les alliances avec la fausse gauche ailleurs  sont des signes qui peuvent paraître inquiétants et qui militent au fait objectif que, si la victoire présidentielle d’un Jean-Luc Mélenchon paraît une vitale nécessité, la mobilisation populaire est et reste la seule clé du succès de notre révolution.

La situation des conflits en cours, la difficulté que nous ne devons pas nous masquer à les généraliser, la réalité de la réussite du système à freiner tout blocage de l’économie par son organisation d’un chacun pour soi  pour lequel, il sort tous ses atouts, des formes de management inspirées des USA au développement du numérique, d’Internet et de l’absence d’humain pour que la machine tourne dans tous les cas augurent d’une grande difficulté à cette mobilisation si la conscience collective ne s’éveille pas à temps…

Oui vraiment, dans tous les cas, et surtout dans le cas d’une victoire souhaitée et souhaitable à la présidentielle, il nous faudra le courage d’être Cubain avec la détermination des Vénézueliens.

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15 décembre 2019

De la grève…

                                                                                                                                                                                

70478247_10157740325931057_296663926689497088_nL’histoire sociale de l'humanité n’est rien d‘autre que l’histoire de la lutte des classes.

La manière dont est présentée quotidiennement dans nos médias, dans leurs fameux micro trottoirs où quelques citoyens lambda pleurent sur leurs difficultés du moment ainsi que dans la propagande gouvernementale doivent être l’occasion de rappeler à chacune et à chacun ce qu’est la grève et comment elle s’inscrit légitimement, tout comme le syndicalisme dans la grande histoire des luttes contre le capitalisme.

De tous temps, des esclaves de Spartacus aux grandes grèves de notre époque, des jacqueries du Moyen-âge aux sardinières de Bretagne, la définition de la grève tient en peu de mots :

L’ORGANISATION D’UN RAPPORT DE FORCE DESTINE A CHANGER RADICALEMENT LES RAPPORTS DE PRODUCTION ET PAS VOIE DE CONSÉQUENCE A EN FINIR AVEC LE SYSTÈME QUI LES PORTE : LE CAPITALISME.

Elle n'est issue d'aucune autre règle que celle-ci. Tout ce qui fut organisé, réglementé ne l’a été que soit comme résultat de son action, soit comme pression ou répression de cette même action permanente des exploités, spoliés et victimes sociales de toutes sortes.

Les résultats positifs pour le salariat de l’action de grève sont légion, il est inutile de les citer tous, ils sont connus même de celles et ceux qui les réfutent, prenons en seulement quelques marquants :

En premier lieu le droit de coalition, le droit d’organisation qui donna lieu à la nécessaire naissance des syndicats sans lesquels, les luttes ouvrières n’auraient en aucun cas abouti par le processus logique d’obliger le patronat et les gouvernements à négocier.

Bien sûr, chacun connaît l’immense bénéfice des grèves en matière de salaire, de congés payés, de multiples avantages sociaux gagnés entreprise par entreprise, branche par branche ou bien évidemment pour l’ensemble de la société type juin 36 ou mai 68.

Mais logiquement le système se défend et cette défense va de la récupération à la répression, en passant par l’arsenal idéologique d’opposition des exploités entre eux.

La récupération des acquis est une obsession depuis la nuit des temps du système, des pouvoirs et mentalités bourgeoises qui le soutiennent.

Ainsi lors de chaque conquis, la propagande se déchaîne sur le thème invariable de la mise en danger de l’économie, sur la faillite inéluctable de l’entreprise et le chômage qui en découlerait. Pendant des décennies, gouvernements de droite, y compris bien sûr ceux du PS ou des coalitions autour de lui, vont s’échiner à revenir sur ces choix, c’est le cas des conquis congés payés, des systèmes de retraite ou de sécurité sociale comme des 35 heures, du SMIC comme du petit avantage gagné ici ou là.

Les droits sociaux en général s’inscrivent dans le même processus, les droits syndicaux par exemple, gagnés de lutte en lutte se récupèrent par la notion substituée de partenaires sociaux en oubliant qu’ils sont d’abord  des syndicats, représentants naturels et légitimes des travailleurs. Cette notion de partenaires sociaux est finalement très pratique, il est possible de les diviser, il est facile surtout avec un système médiatique plus en recherche de scoop que d’analyse, de les marginaliser en faisant de ceux qui résistent les empêcheurs de tourner en rond et il grave de réussir à imposer aux syndicats, au nom du refus de « la politique de la chaise vide », des négociations sans pression oubliant ce beau précepte énoncé par Henri Krasucki qu’un « recul social ne se négocie pas mais qu’il se combat ».

Cette attitude gouvernementale a aussi un côté voulu, celui de séparer les organisations syndicales du monde ouvrier comme d’ailleurs celui du monde politique avec les électeurs  au prix d’un développement inorganisé des conflits menant à la répression féroce que nous connaissons et de l’abstention record avec les conséquences que l’on connaît, celles de la montée fascisante.

De la même manière, les restrictions au droit de grève, se sont faites légalement jour, de la loi gaulliste des années 60 instituant le préavis dans les services publics aux lois sarkosistes de déclaration préalable dans les transports. Elles se sont faites par les lois des réquisitions et suis assez vieux pour me souvenir de mon père caché en 1953 contre la réquisition des postiers en grève face aux décrets mettant en cause déjà le système de retraites ou d’autres utilisations de ces lois.

Et comment tairais-je l’attitude du PS après la victoire de 1981, nous expliquant, à nous syndicalistes, que la gauche étant désormais au pouvoir, il convenait de modérer nos ardeurs, d'oublier nos utopies comme 'la chanté Ferrat, en matière de grèves et de revendications pour «  ne pas compromettre « l’espérance en cours » alors que c’est tout le contraire qu’il fallait faire.

Tout cela pour dire que ce matraquage en cours sur les fêtes de Noël qui seraient compromises par l’action de nos vilains grévistes fait partie de ce processus permanent et que rien ne serait plus grave que d’y céder. Il est urgent de rappeler que la grève est d’abord et avant tout une volonté collective de combat, que les directions syndicales ne sont qu’au service de la lutte des travailleurs et que jamais, ils ne peuvent déclencher une grève si celle-ci n’est pas le fait des travailleurs, qu’ils ne peuvent non plus décider d’arrêter un conflit quand celui-ci est porté par la volonté populaire, Séguy et la CGT l’ont bien compris un soir de mai 68 à Billancourt.

Ils peuvent donc appeler à la sagesse, faire des demandes pressantes comme si les syndicats étaient un service public à leur botte, essayer de diviser avec de soi-disant des familles déchirées aux gueuletons de Noël, expliquer un faux déficit des caisses de retraite, les médias peuvent bien continuer à distiller leurs analyses à 10 balles sur les conséquences économiques, organiser leurs micro-trottoirs à la noix,  et faire croire que ce sont les grévistes et non la scandaleuse attitude répressive du gouvernement Philippe qui mettraient disent-ils la France au bord de la guerre civile,

ils n’empêcheront pas une évidence, celle que la grève et la manifestation sont, depuis la nuit des temps, la seule et unique arme que possèdent les exploités du système, le seul outil que possèdent les peuples pour se libérer y compris et surtout si par bonheur, nous réussissions à porter celui de notre camp d’espérance à la victoire de la prochaine présidentielle.

 

 

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24 novembre 2019

5 décembre, une lutte jusqu’à la victoire ou une défaite dramatique et durable

12802844_10153947809077970_5107639456700288819_nLa situation sociale, sociétale, politique de notre pays est dans une impasse.

En 12 ans, 3 présidents et leurs majorités ont conduit par leurs choix et leur soumission à la politique libérale européenne une situation qui est la nôtre aujourd’hui. A cette situation s’ajoute l’évolution autoritaire logique du gouvernement vers la répression policière et judiciaire politique si bien décrite dans le dernier sorti des excellents livres de Jean-Luc Mélenchon : « Et ainsi de suite »

En ouvrant toutes grandes les vannes de la pensée xénophobe au travers de la ligne Buisson, en menant une politique internationale de guerre et de règlements de comptes sur le base d’un retour dans le commandement intégré de l’OTAN et de guerre en Lybie, en favorisant les banques, en trahissant à Lisbonne le vote du peuple français en 2005, le Président Sarkosy a ouvert la voie.

En acceptant sans en changer une virgule le traité de Lisbonne, en favorisant par ses maladresses la montée des intolérants de tous poils autour des religieux de toutes obédiences, en organisant avec le ministre Valls tout à la fois la plus grande casse du système social français et notamment celle du  droit du travail et en mettant en place la plus grande et intolérable répression qui soit, le président Hollande a réussi non seulement à détruire un parti qui se disait de gauche (appellation très exagérée par ailleurs) mais à, éloigner des urnes une frange importante de l’électorat, ce qui est beaucoup plus grave.

Par deux fois cependant notre peuple a confirmé l’espoir que portait Jean-Luc Mélenchon et le programme largement inspiré du travail de notre beau Parti de Gauche. Conforté par le passage de la barres des 11% en 2012 et aux portes du second tour en 2017, il s‘est malheureusement heurté à la logique du PS jouant la carte Hamon pour barrage et ralliement logique de ce dernier  à Macron au second tour.

C’est ainsi que porté par un phénomène de jeu ridicule et dangereux avec Le Pen et avec une couverture médiatique idoine, notre actuel Président règne sur notre pays depuis 30 longs mois.

Il ne lui restait plus qu’à surfer sur les bases installées par ses deux prédécesseurs pour enclencher la guerre sociale telle qu’ils l’avaient préparée.

Ainsi sur la base de la casse du programme du CNR, mois après mois, sous les applaudissements d’une assemblée de godillots et malgré la valeur, l’engagement, l’énergie d’une grande partie du groupe présidé par Jean-Luc Mélenchon dont tous les amendements passent à la trappe, en soumission totale aux desiderata de la commission européenne, se votent les lois scélérates et tout y passe. Ainsi dans la droite ligne de son prédécesseur, la répression prend des proportions jamais atteintes depuis la lointaine période de la guerre d’Algérie, des policiers à bout de force ont quasiment en toute impunité, la possibilité de tirer à bout portant sur les yeux de manifestants, des nasses pour concentrer les manifestants avant d’interdire leur manifestation comme place d’Italie samedi dernier et un Préfet, fonctionnaire d’Etat qui a porté serment d’être au service de la Nation peut se permettre, outre ses exploits de Bordeaux et Paris sur deux députés et des dizaines d’éborgnés, de se déclarer dans l'un des camps de ladite Nation, ceci couvert par les ministres devant lesquels il est responsable.

Le climat social de notre pays prend donc, sous la seule responsabilité de son gouvernement et de sa majorité, des allures dangereuses menaçant la paix civile.

Parce qu’il est intelligent le système a organisé tous les moyens de sa survie, y compris les plus infâmes. Ne nous faisons aucune illusion il les utilisera tous si nous ne savons pas y faire barrage.

Déjà, à coup de misère sociale, de chômage, de prise en main du système médiatique (n’oublions pas que la presse, au travers de ses concentrations, est dans les mains de 9 milliardaires, ce qui ne remet pas en cause dans mon esprit le talent, les qualités, l'honnêteté de milliers de journalistes) et de maîtrise des instituts de sondages, ils réussissent à convaincre, comme le dit un slogan circulant sur les réseaux attribué je crois à Olivier Besancenot que « "ce sont ceux qui gagnent 150000€ qui arrivent à faire croire à ceux qui gagnent 1500€ que ce sont ceux qui touchent 400€ qui sont le problème".

C’est donc le temps de la cristallisation des colères où la rue ne suffira pas à faire reculer, où la grévette d’une journée chacun à son tour se révèlera être une impasse, c’est le temps de la grève générale reconductible où il faut savoir perdre un peu de salaire pour empêcher de se séparer de beaucoup plus et, en vieux soixantehuitard que je suis, je reste toujorus étonné devant ces micro-trottoirs où des interlocuteurs gémissent de ne pouvoir se rendre à leur travail en cas de grève alors que la seule réflexion à se faire est : "Comment dans mon entreprise, organiser cette participation à la grève générale".

Le 5  décembre, ce qu’il est convenu d’appeler le peuple de gauche n’a pas le choix… se mettre collectivement, ensemble, étudiants, travailleurs, chômeurs, retraités en rébellion collective, pas à la manière de la décennie passée  en grèves catégorielles à dates différentes, pas en mode gilets jaunes, action tout à fait respectable et juste mais qui a le défaut d’oublier  la réalité du salariat et de la lutte de classe en ne s’attaquant qu’au politique et peu au grand patronat mais bien à la seule forme de combat qui n’a jamais failli dans ses résultats et dans ce qu’elle a apporté de positif au monde, la lutte déterminée ensemble et durablement….ou…disparaître pour longtemps dans les méandres de forces politiques avides de place dont le seul objectif est électoral.

C’est la logique du concept de révolution citoyenne qu’avec le Parti de Gauche nous avons porté, la victoire présidentielle de notre camarade Mélenchon, la Constituante élue pour tout refonder et la mobilisation populaire pour y parvenir.

Posté par Micmilitant Gien à 11:55 - Commentaires [0] - Permalien [#]
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