Crédit photo Rémy Blang

Le 26 m33585434_10213295834689505_3124957022760468480_nai, cette fameuse marée populaire a eu lieu. Ne perdons pas notre temps sur des bagarres de chiffres tout aussi faux les uns que les autres malhonnêtes dans certains cas quand on arrive à dénombrer 30 000 manifestants sur une place de la Bastille qui en contient 40 000 et déborde de toutes ses rues adjacentes.

Ce qui est important dans ce phénomène c’est de regarder et d’analyser les réalités ? Certes ce n’est pas le million espéré en septembre avant que cette proposition prometteuse ne tombe du fait d’un refus syndical de défiler avec le politique.

Ce 26 mai est cependant une date historique, celle où le syndicalisme de combat, les associations, les partis et mouvements ont réussi à appeler ensemble à une manifestation d’ampleur contre la politique de la majorité LREM mais elle est riche d’enseignements.

Nous attendions depuis des mois, des années même, le dépassement des luttes limitées à telle ou telle profession. Souvenons-nous de notre déception quand les dockers ou les raffineries en grève nous faisaient espérer une généralisation qui n'a pas réussi à globaliser et ne boudons pas notre plaisir de voir les conflits des cheminots, des fonctionnaires et de tas de catégories se retrouver avec tous les mécontents de la politique Macrobienne, les étudiants, les retraités dans 130 villes de France, certaines de taille très moyenne comme ce fut le cas à Gien par exemple.

C’est donc bien une vague de fond qui s‘est révélée ce jour et ce ne sont pas les commentaires médiatiques, les remarques sur un faible coefficient de marée qui pourront l’endiguer, elle enflera jusqu’au ressac qui abattra la falaise.

Mais cette situation implique pour nous tous, nous toutes une réalité sur quoi doivent porter nos coups de boutoir. Ne refaisons pas l’erreur de fin mai 68 où les tenants de la négociation sociale, réfugiés derrière la belle victoire indiscutable des accords de Grenelle, appelaient ou espéraient la fin de la grève et se trouvaient opposés aux travailleurs et aux étudiants qui voulaient continuer le combat. Même si je reconnais que les conditions du moment, notamment en terme de relais politique n’étaient pas les mêmes, ce fut pour moi une erreur vécue qui m’a poursuivie depuis dans tous mes rapports avec ceux qui croient à la primauté de la satisfaction de revendications sociales sur la volonté de s’affronter aux tenants d’un monde que nous devons abattre, le système capitaliste et ses serviteurs zélés et organisés.

Nous devons donc être clairs, ce n’est pas M.Macron que nous voulons abattre, c’est un système pour le remplacer  par d’autres relations sociales dans et en dehors de l’entreprise, c’est un combat pour abattre le premier bastion qui est celui de la 5ème République, c’est la volonté d’instaurer un pouvoir pour les ouvriers et les salariés à l’intérieur même de l’entreprise.

Cet objectif porte un nom, c’est celui de la République Sociale Ecologique et, dans notre option stratégique  ne peut s’instituer que par une Assemblée Constituante élue après que nous ayons gagné la seule élection qui nous y conduit, la présidentielle et sans renouveler l’erreur du légalisme poussé à son paroxysme comme lors de la convention de Lille car ne rêvons pas, ils ne nous épargneront rien, nous le voyons bien quand ils parlent du Venezuela et ce que nous aurons nous ne le gagnerons que par la mobilisation du peuple, croire autre chose, c'est de l'angélisme.

Cette stratégie n’a qu’une finalité, pousser par la généralisation des luttes et l’expression de la volonté populaire en manifestations, la majorité à se démettre et à provoquer au plus vite l’élection présidentielle qui nous permettra de commencer la révolution citoyenne par la mise en mouvement du programme l’Avenir en Commun.

Arrêtons donc de dire, d’écrire, de jouer sur des arguties.

Nous voulons la démission de M.Macron non pas parce qu’il ne serait pas légitime mais parce qu’il est temps de lui signifier que le Peuple ne veut plus de lui, de sa majorité, de son programme.

Nous voulons la démission de cette majorité non pas pour la remplacer mais pour instaurer par la Constituante, une autre forme de rapports sociaux et politiques, une autre expression de la démocratie, un autre programme social.

Bien sûr les syndicats, les partis, les associations ont chacun leur rôle différent à jouer mais nier pour les uns que le but est éminemment politique, croire pour les autres que de l’alliance de partis, et pas toujours de partis qui n’ont pas failli dans un proche passé, est la solution politique du moment, croire pour les troisièmes que l’essentiel est la lutte pour le salaire ou les conditions de travail dans l’entreprise ou la branche, penser enfin qu’il faut user nos forces dans des élections intermédiaires sont autant d’impasses qui conduisent inéluctablement à l’impuissance sur la nécessité du moment, en finir avec le système.

Plus que jamais, la vague qui va s’enfler doit être la résurgence de la volonté profonde du peuple et bien de son union à lui qu’il s’agit.

Il est donc inutile de savoir qui est le meilleur, qui a raison ou qui a fauté, notre révolution citoyenne, comme toutes les révolutions n’est pas un long fleuve tranquille, elle subit des progressions fulgurantes et des reflux spectaculaires, la seule gauche politique qui existe se retrouve dans quelques partis, ceux qui refusent les compromis avec le PS pour quelques sièges, la seule représentation syndicale contestataire se retrouve dans deux/trois confédérations, toute recherche d’unité au-delà de cette ligne n’est qu’énergie perdue et inutile.

Finalement, au-delà de tout ceci, la seule solution c’est la classe des exploités et victimes du système dans ses diverses composantes qui soit capable de s’unir dans la lutte et dans la rue et elle ne peut avoir qu’un programme l’Avenir en commun et pour des années encore un vrai porte-parole : Jean-Luc Mélenchon qui, par ailleurs, a su faire confiance à une grande équipe de camarades et à la jeunesse pour que le fil de notre victoire ne soit jamais rompu.