IMG_0541Le 23 septembre2017, Jean-Luc Mélenchon appelait à l’union populaire face à la politique de casse du code du travail.

Réactions outrées des syndicats, la grande CGT à laquelle je suis adhérent, se référait, ce qui ne fut pas toujours  le cas dans sa longue histoire, à la charte d’Amiens, les syndicats dits réformistes faisaient la leçon à JLM et tous parlaient d’une nécessaire union syndicale que tous et toutes, nous savons impossible dans le cadre du style de la politique PS comme macronienne. Résultat, échec de la mobilisation, passage en force de la destruction du code du travail. Le Président, le gouvernement et leur majorité ont effectivement « marqué le point ».

Fort de cette première semi-réussite, la politique anti sociale dictée par l’Europe libérale continue son jeu de massacre et tente de casser l’un des bastions de la culture ouvrière, la SNCF.

Cette entreprise de service public, honneur de la France reconnue tant pour son attitude de Résistance que pour l’excellence des services qu’elle effectuait, a subi les premiers assauts de la casse par ce joujou dangereux, expérimenté et bien rôdé aux PTT, de la séparation des métiers et du retour « au cœur de métier ».

C’est ainsi que séparer lignes TGV  et lignes secondaires, que sortir le rail dans une branche spécifique ont abouti à un abandon de l’entretien, à une gestion régionale des lignes secondaires et à une surproduction coûteuse de la branche TGV. Il y a donc une première conséquence, monter les unes contre les autres les catégories de personnel et une deuxième conséquence, négliger l’entretien du réseau, la régularité des trains, la qualité du service liée à une jungle tarifaire qui permet de faire monter la grogne de l’usager.

Dès lors, ces objectifs, fruits de 30 années de gouvernements et de dirigeants SNCF, étant atteints, il convient pour ce gouvernement de terminer la mission : en finir avec le service public et vanter au maximum les vertus du privé.

Comme ils l’ont fait pour les fonctionnaires qualifiés dès 1982 en privilégiés, ils  organisent une opinion publique, exaspérée par la situation actuelle, contre les personnels et surtout contre un statut comme si l’abandon de celui-ci était la panacée universelle pour résoudre les problèmes et ce n’est pas un hasard si le résultat des enquêtes d’opinion paraît en leur faveur. Et pourtant, il suffit de lire ce statut pour savoir combien, d’une part, il n’a rien d’un statut de privilégié et mesurer d’autre part, combien il a apporté de solutions au développement et à la survie de ce service public.

Nous sommes donc au cœur de la situation où le gouvernement Philippe, le Président Macron et sa majorité de godillots devraient vaciller, la SNCF n’étant pas la seule affaire des cheminots mais bien celle de l’ensemble des usagers que nous sommes.

Or que voyons-nous se profiler et je le vois avec l’inquiétude que peut inspirer l’échec de l’appel Mélenchon du 23 septembre.

Avec une espèce de, comment dire, analyse du fait que l’Histoire repasserait les plats, est choisie, depuis déjà quelques semaines, la date du 22 mars pour une manif dite gigantesque de la fonction publique et des cheminots, certains « facebookiens » exprimant la certitude que mai 2018 sera un  mai 68 réussi. Soyons sérieux, je suis issu de mai 68, je suis fier du 22 mars comme du mois de mai, comme de la révolution sociétale qui s’y est enclenchée mais ne prenons pas l’Histoire pour une science exacte qui va reproduire les évènements tels que nous les espérons.

Bloquée sur cette date du 22 mars, la plus grande et la plus respectable des organisations syndicales reste axée sur cette nécessité d’une union syndicale qui nous a fait rater le rendez-vous contre la casse du code du travail, les syndicats dits réformistes ne veulent pas de cette date et en proposent d’autres et l’on va causer, discutailler sur la date d’une journée en souhaitant qu’elle dure un mois…

Est-ce bien ainsi qu’il faut prendre le problème ? Devant l’urgence de la réaction, devant la force des agressions qui touchent toutes les catégories de salariés et de retraités, devant la situation des services de la santé, du transport, des communications, devant tout cela, ne conviendrait-il pas de fédérer le peuple contre cette politique et ne serait-ce pas le rôle des syndicats revendicatifs, des forces politiques de gauche, c’est-à-dire grosso modo le PC, le PG, le groupe parlementaire porteur du programme l’Avenir en Commun de pousser, non pas à une date précise mais à lancer le débat, entreprise par entreprise, atelier par atelier, quartier par quartier sur les moyens à mettre en œuvre pour organiser très vite, plus que très vite, le blocage de l’économie comme ont si souvent su le faire, pour nos acquis, les cheminots de ce pays.

Nous sommes dans cette réalité, si cette réforme passe, si Macron marque ce deuxième point, alors mes amis, nous allons à une catastrophe d’un tel niveau qu’il nous faudra subir le sort qu’ont subi nos camarades Grecs et chacun devrait méditer sur ce point.