JLMLe Parti de Gauche a appelé de ses vœux dès janvier 2016, une candidature de Jean-Luc Mélenchon aux élections présidentielles de avril mai 2017, approuvant la stratégie choisie de la France Insoumise pour cette élection.

Par son acceptation de cette candidature dès février, approuvée en quelques heures par des milliers de soutiens qui approchent ce jour les 130 000, soutenue par des dizaines de groupes d’appuis qui sont aujourd’hui 1 200, Jean-Luc Mélenchon a démontré qu’il n’était ni l’homme seul ni le candidat autoproclamé que certains décrivent.

Pour ma part, quelle que soit la situation, comme 'l'écrivait récemment mon excellent camarade Luc "envers et contre tout, je suis encore et toujours avec Mélenchon, en dépit de ses défauts, de ses gaffes, de sa "cour", de son sale caractère qui le dessert (et le sert, aussi), c'est, fondamentalement, je crois, parce qu'il est le seul à appeler un chat un chat, et à rendre les coups au lieu de baisser la tête, en allant à l'encontre de la bienséance médiatique autant qu'il le faut tant que la cause est juste."

Notre campagne est donc clairement définie depuis maintenant 8 mois. Les écrits, les meetings dont les plus importants pour le moment sont celui Stalingrad et celui de Toulouse, les participations aux émissions de radio et télé tant de Jean-Luc que de ses fidèles soutiens que sont Alexis Corbière ou Raquel Garrido, sa participation plus qu’active aux manifestations contre la loi El Khomri ou au contact des camarades en lutte dans les entreprises ou dans les luttes essentielles de l’écologie font de cette candidature, celle de l’espoir pour des milliers de déçus. Il nous faut certes les convaincre d’aller voter mais ils voient un discours cohérent, construit, un programme de plus en plus élaboré et dont la touche finale sortira de la convention des 15 et 16 octobre prochains à Lille.

Certes, et je ne m’étendrai pas sur ce point dans ce blog, il eut été souhaitable qu’un rôle de complémentarité soit mieux défini entre notre parti et le mouvement France Insoumise (utile à mon sens à la stratégie présidentielle mais qui, je le crois sincèrement, s’arrêtera à cet évènement). Cependant ce n’est ni l’endroit, ni sans doute le moment de reprendre cette réflexion, l’heure étant incontestablement à conjuguer les efforts pour une victoire possible de nos idées et de notre programme.

Toutes les conditions d’une victoire n’ont jamais été autant réunies. Nous avons le candidat, nous avons un actif, nos 4 millions de voix de 2012, nous avons une position claire et précise sur la 6ème République, sur l’Ecosocialisme (débarrassé des verrous qui empêchaient notre action anti nucléaire). Lorsque nous parlons avec les gens, avec les maires pour les parrainages, tou-te-s reconnaissent le haut niveau culturel et pédagogique de notre candidat.

Nous avons face à nous une situation confuse…Les Républicains sont embarqués dans des primaires qui aboutiront probablement, car tout a été mis en place pour ça, au choix de Nicolas Sarkosi qui tient depuis des années le discours du FN, le PS est enlisé dans des primaires qui aboutiront de toutes façons au ralliement de tous les candidats à celui qui portera leur politique de droite, un parti communiste qui, pour avoir trop tergiversé, va se trouver contraint soit à avoir son propre candidat, soit à rejoindre Montebourg qui porte, par son opportunisme une grave responsabilité dans la dérive du PS, soit à soutenir JLM dans les pires conditions pour lui-même.

Mais nous avons contre nous un risque beaucoup plus inquiétant, celui d’une certaine forme de maladie commune aux forces comme les nôtres, celle de croire la victoire impossible et de se comporter comme tel.

Passons sur les différents textes et commentaires lus ou entendus ici ou là qui conduisent à implorer les camarades du PCF de faire le bon choix, passons sur les souhaits exprimés du retour à l’erreur stratégique et suicidaire du front de Gauche et regardons la réalité.

Nous avons une ligne, un choix de société, une stratégie, celle d’utiliser les institutions de la 5ème République pour abattre cette dernière, nous avons le candidat pour le faire, nous savons que la victoire ne nous permettra de lancer la révolution citoyenne que si elle s’accompagne d’un enthousiasme et d’une mobilisation populaire qui devrait logiquement résulter de l’accession de JLM à la Présidence…

NOUS AVONS LES ATOUTS POUR GAGNER-NOUS DEVONS NOUS CONDUIRE EN GAGNANTS

Alors soyons très clairs, la victoire présidentielle nous conduira à décider très vite de faire élire et installer ce qui est au cœur de la stratégie : l’Assemblée Nationale Constituante et nous conduira à garder la majorité présidentielle dans l’Assemblée Nationale Provisoire élue selon les règles en vigueur.

Nous conduire en gagnants, c’est préparer simultanément les 3 élections de mai juin Présidentielle, Constituante, Législatives et il est de notre responsabilité historique d'être clairs sur la Constituante, sa mise en place, sa fonction. Nous devons savoir répondre partout où la presse commence à nous poser la question, comme je l'ai lu dans un des écrits de mon camarade René Revol " vous me demandez si je suis candidat aux Législatives, moi je suis candidat à la Constituante"

Rien ne serait pire que de tomber dans le piège tendu et qui voudrait dire que la victoire n’est pas assurée, celui de nous comporter comme si JLM ne pouvait être élu et qu’il faut donc se préparer, comme de tous temps dans la 5ème à regagner des points dans les législatives, ce qui du fait des règles du quinquennat conduit la majorité à être de la couleur du Président et donc à ne gagner que quelques sièges négociés pour avoir un groupe inefficace.

Ceci nous conduirait avec certitude à user nos énergies et peut être à terminer l’agonie de notre parti dans les débats d’alliances stériles qui nous ont déjà coûté si cher.

Bien sûr cet article n’est qu’une contribution au débat, il ne demande qu’à être enrichi.