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De campagnes en campagnes.

Ma vie militante était essentiellement syndicaliste, malgré un passage au PSU des années 70 et une erreur, fort heureusement, vite réparée au PS de 1978 à 1983.

C’est en 1989 pour les municipales et au hasard d’une rencontre avec un camarade remarquable, qu’ont débuté mes véritables activités politiques. Lors de la campagne des municipales à Orléans, s’est posé comme il s'affiche éternellement le problème des alliances du second tour avec ses sempiternels débats « y aller » «  ne pas y aller ». Je suppose que la liste proche de la nôtre, celle du PCF conduite par un camarade de vieille date que je considère comme un modèle d’honnêteté et de courage militant, Michel Ricoud, devait discuter du même dilemme… Heureusement, la liste PS conduite par JP Sueur a tranché pour nous en se disant qu’ils pouvaient gagner seuls avec un « circulez y a rien à voir » donc pas de débat compliqué de fusion…Ouf.

Après une campagne législatives au résultat qui ne fut pas ridicule et une cantonale partielle moins brillante c’est vers cette belle ville de Gien, que j’aime pour son site et son histoire prestigieuse, cette ville de mon enfance que j’oriente mon action politique avec ce vieux rêve qui,  même s'il me hantait depuis l’adolescence, restera hélas inaccompli, être un jour le maire de cette cité…

En 1995, à partir de positions personnelles, sur cette gestion municipale conduisant Gien au déclin, que la presse locale de l’époque avait la gentillesse de reprendre et de présenter, le parti communiste giennois me propose une insertion dans liste. J’accepte avec joie, n’ayant jamais caché mon estime pour les militants communistes en général. Je me retrouve en 5ème position sur cette liste, participe à la campagne. Nous faisons 9%, l’appareil du parti s’auto félicite, ayant gagné près de 1% de voix depuis les dernières municipales… N’étant pas adhérent du parti, je fus vite oublié et n’ai reçu ni contact ni proposition pour les élections de 2001… Dont acte…

La vie continue, nous nous retrouvons dans le comité pour le Non où je repère un jeune camarade. Il était à PRS et sera un des membres  fondateurs du PG. Intuitivement, je sais que nous ferons un jour partie d’une force nouvelle qui se créera inévitablement.

Dans ce contexte, voyant le PC local faire déjà ses ronds de jambes au PS pour une liste commune, ce que pour ma part, je me suis toujours refusé, depuis 1983, à envisager. Le maire dit sans étiquettes, posant sa candidature pour un 3ème mandat, je me déclare candidat en appelant les citoyens du Giennois à me rejoindre.

Bizarre quand même de faire du Mélenchon avant l’heure !!!

Non soyons sérieux, je n’ai ni la carrure, ni la culture, ni la vision géopolitique de Jean-Luc et les moyens de communication n’étaient pas, surtout localement, à leur niveau actuel mais si cette expérience peut servir…

Du point de vue du monde politique dans le Landerneau du coin, bien sûr, les rires sous cape, les qualifications d’homme seul, le critère du manque d’expérience n’ont pas manqué. Après une période de petites phrases qu’ils trouvaient hilarantes, les journaux locaux et France Bleu ont été  très corrects.

Da quoi s’agissait il ? D’une ville historique, admirablement ressortie du désastre qu’il l’a frappée en juin 1940 mais d’une ville massacrée par 3 mandats successifs, par la désertification dont elle est victime comme tout le sud est du département au profit de la métropole orléanaise. Face à cela, les autosatisfactions locales et les atermoiements des politiques dits de gauche ne pouvaient répondre à la situation de ceux qui voyaient leur ville mourir, leur histoire foulée aux pieds, leurs entreprises décliner ou disparaître.

Quelques camarades de la campagne de 95 me rejoignent immédiatement, distribution de tracts financés par nos soins, accueil enthousiaste de beaucoup de nos interlocuteurs «  allez y les gars » « c’est vous qui avez raison » etc. etc.… quelques nostalgiques, souvent PCF d’une soi-disant gauche qui nous répètent à l’envi «  vous cassez l’élan de la gauche «  et autres formules auxquels nous répondons tranquillement «  mais non, venez avec nous, nous vous accueillons avec plaisir, on en discute quand vous voulez »

Bref, nous partons confiants, sûrs d’un soutien populaire qui va nous permettre de constituer cette sacro sainte liste de 33 noms à parité… Mais là commencent les réalités, des dizaines de ceux qui nous disaient « aillez-y les gars » qui nous répondent  «  ah non pas moi, je n’ai pas le temps", "j’ai un métier trop en vue", "je m’occupe d’abord de ma famille" etc… etc…   Eh oui, l’engagement oral ou au clavier c’est simple mais après…

Une décision du PCF traduite par distribution d’une lettre ouverte à notre encontre, déclarant leur tête de liste et nous demandant de les rejoindre s’ajoute au dossier des réalités locales, c’était bien évidemment inacceptable.

Finalement, nous ne l’avons pas complétée cette fameuse liste des 33 et l’équipe municipale sortante est réélue…l’agonie de notre cité est repartie pour 6 ans.

2008, c’est une autre date importante, fondamentale pour des militants comme moi, la décision de Jean-Luc Mélenchon de quitter enfin le PS et de créer le Parti de Gauche et le congrès de 2009 se tient, enthousiasmant mais j’ai quelques doutes sur la stratégie dite du Front de Gauche, rappelant à mes camarades de 2005, fondateurs de ce parti d’espoir, la réalité de mon vécu avec le PCF mais bon, un parti se construit dans la durée et j’ai confiance dans les qualités et l’honnêteté de JLM, j’adhère au PG et j’y vis avec tous les autres tout autant l’enthousiasme de la campagne de 2012 que la réalité des législatives ou, mes camarades du comité PG et moi bataillons pour une présence de candidats PG dans notre circonscription dont enfin Gien a retrouvé un rôle central… Un refus catégorique nous est opposé au nom des accords du Front de Gauche, bref le Loiret ce sera un candidat PG ailleurs et 5 candidats PCF dont un pour celle de Gien ….. Sans autre commentaire, on connaît le résultat de l’opération.

Les élections municipales de 2014 se pointent à l’horizon… Personne d’entre nous n’a oublié ni 2008, ni l’opposition qui nous a été faite en 2012. Personne d’entre nous n’ignore que des tractations d’ailleurs publiques existent entre le PCF local et le PS départemental. Notre analyse nous conduit donc à fixer un seul point d’ancrage pour notre parti dans ces municipales : Gien avec une tête de liste PG.

Nous repartons donc en campagne, soutenant une équipe PG qui a travaillé sur un programme, qui a la volonté et qui appelle les Giennois à rejoindre nos quatre camarades sur ce programme…Inévitablement, nous recevons les rappels à l’ordre de nos camarades du PC en même temps qu’ils font le siège de la liste PS pour y être intégrés en bonne place.  Nous tenons bon avec une seule réponse « aucun obstacle si vous annoncez clairement votre refus de candidature commune avec le PS » cohérent n’est ce pas mais obstacle infranchissable semble t il par nos « alliés » qui nous répondent « le PS local n’est pas le PS national » Ah bon ? Je reçois m^me une proposition très alléchante et difficile à refuser de la tête de liste PS ( camarade méritoire mais qui n'a qu'un handicap, être soutenu par le PS)...Bien sûr, alléchante ou pas, je la refuse.

Nous menons notre campagne, nous n’arrivons qu’à une liste de 17 sur 33 avec d’énormes problèmes de parité et sommes à nouveau, une fois de plus victimes de notre faible implantation partidaire et de l’indifférence des électeurs qui d’ailleurs ne manqueront pas de nous dire après l’élection aux résultats pires que ceux de 2008 «  quel dommage que vous n’ayez pas présenté votre candidature »

Tout ceci pour dire qu’à mon sens, dans l’idéal la liste citoyenne est la solution, dans la réalité elle n’est pas si simple.

MAIS DANS LE CONTEXTE NATIONAL DU MOMENT, DANS L’ATTENTE DE NOS CONCITOYENS POUR SORTIR D’UNE SITUATION CREEE PAR LA POLITIQUE LIBERALE EUROPEENNE SOUTENUE ARDEMMENT TANT PAR LA DROITE SARKOSISTE QUI A TRAHI A LISBONNE LE VOTE DE 2005 ET PAR LE PS QUI L’A REPRIS A SON COMPTE DES L’ETE 2012, JEAN-LUC MELENCHON A RAISON.

Pour moi, toute idée de primaires, d’accords de premier ou de second tour que certains qualifient entre politiques et techniques est tout simplement inconcevable.

Je n’aurai pas l’outrecuidance de comparer Gien 2008 et 2014 à la réalité du pays en 2017, mon propos est simplement de pointer du doigt la difficulté d’implication des citoyens si un parti fortement implanté n’est pas là pour organiser ladite implication mais dans le contexte, je le dis fortement :

JEAN-LUC MELENCHON EST DANS LE VRAI EN POSANT CETTE CANDIDATURE, 60 000 SIGNATAIRES EN 10 JOURS SONT LA POUR LE CONFIRMER.

A NOUS D’ASSUMER NOTRE ROLE DE CITOYEN, NOTRE VOLONTE DE SORTIR DE CETTE SITUATION MONARCHIQUE AUSTERITAIRE.

NE REFAISONS PAS LES ERREURS DES CITOYENS DE GIEN EN SON TEMPS, IMPLIQUONS NOUS A FOND ET SANS TARDER DANS LA CAMPAGNE EN COLLANT, TRACTANT, CREANT DES COMITES JLM2017.

Renseignements, signatures et implications sur www.jlm2017.fr