Un ami a transmis le lien de mon blog à un poète breton de sa connaissance: Camille Jaouen

Ce dernier, en retour a transmis un message de soutien fort sympathique accompagné de deux de ses poèmes qu'il m'autorise à reproduire ici. Par respect pour son oeuvre, merci de ne pas les partager sans son autorisation.

C'est avec grand plaisir que je fais profiter les lecteurs de ce blog de ces deux poèmes en incitant chacun, comme je vais el faire moi-même à approfondir les créations de cet artiste:

 

XLVII- Un crime affreux ! ‒ « Ils ont déchiré la chemise Du patron de leur entreprise ! Inconcevable, scandaleux,

C’est d’une violence sans nom : On en croit à peine ses yeux, Mais où va-t-on, mais où va-t-on ? Ils ont déchiré la chemise Du patron de leur entreprise ! Qu’on vienne, à l’aube, les quérir, Comme brigands et assassins, Qu’on les laisse en prison pourrir, Qu’ils y perdent le goût du pain ! »

‒ « Soit ! mais, pourquoi, quand en Bretagne, Mettent le feu à la campagne Ces "bonnets rouges" déchaînés, Ne soufflez-vous mot, bonnes gens ? Ces voyous-là, vous les aimez, Pour eux, vous êtes indulgents !

Pourquoi les paysans qui saccagent À peu près tout sur leur passage Lorsqu’il vont, criant haut et fort, Que trop bas sont les cours du grain, Vous semblent-t-ils n’avoir pas tort D’agir pis que des malandrins ? Et ce patron qui sacrifie Sans vergogne mille familles, Qui, pour à la Finance plaire, Jette à la rue comme des chiens De pauvres bougres prolétaires, Est-il, pour vous, homme de bien ? » ‒

« Oui, mais quand même la chemise Du patron de leur entreprise ! Et puis, pour parler franchement, Aucune commune mesure Entre rouges débordements Et droitière désinvolture ! »

« On a sali la dignité Des chefs ! », clame la Société. Mais de ceux qu’on prive d’emploi, Nul ne paraît avoir souci : Faut-il en plus qu’ils restent cois, Ou, pourquoi pas, disent merci ?

10.2015.

 

La fin d’un rêve.

Il n’y a plus de camarades,

Les drapeaux rouges sont en berne...

Allons noyer à la taverne La nostalgie des balivernes Qui enflammaient nos esplanades !

L’espoir est mort, adieu l’espoir... 

Les loups s’en viennent au galop, On n’entend plus que des salauds Et de prétendus intellos, Qui optent déjà pour le noir.

Les collabos sont de retour ! Ils ont du flair, ils ont senti Que les portes du paradis Allaient s’ouvrir pour les bandits Prônant racisme et désamour. Mieux vaut être du camp des forts ! Dès lors, ils prennent les devants Et vont sur le petit écran Éructer sur tout ce qu’avant Ils portaient aux nues, haut et fort...

Et nous restons seuls, quelques uns, À fixer notre désarroi, Nous demandant comment, pourquoi La France est devenue la proie D’une horde de gens malsains.

Oh, je sais bien que dans mon camp Qu’il eût fallu propre, sans tache, Ont essaimé pleutres et lâches Qui ont facilité la tâche Des populistes arrogants. Les hommes étant ce qu’ils sont, Ils ont l’ivresse du pouvoir, Et, sans vergogne, laissent choir Leurs idéaux, donnant à voir L’image de la trahison. S

i bien que le peuple aux abois, Comme d’habitude floué, Dans ses croyances bafoué, Ne sait plus à quel saint se vouer, Vers quel parti tourner sa foi.

Ah, si vous aviez tenu bon, Laissant le Kremlin à distance, Refusant toute connivence Avec la criminelle engeance, Si vous n’aviez souillé ce nom, Ce joli nom de camarade, Nous n’en serions, certes, pas là, Condamnés par tous les médias À regarder triompher la Blonde vipère péliade.

10.2015.